Actualité: Convergence des luttes

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jeudi, septembre 2 2010

FSM CONTRE CES

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-declaration-du-front-syndical-de-classe-56044916.html

 

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-fsm-contre-ces-56400623.html

 



Déclaration du Front Syndical de Classe

TOUS ENSEMBLE LE 7 SEPTEMBRE DANS L’ACTION

UNITE POUR LE RETRAIT DU PROJET DE CASSE DES RETRAITES

Protection sociale, salaires, emploi, services publics, libertés : une seule voie pour gagner, l'action sur les revendications de la base

Après un 24 juin d'une très forte intensité, la journée d’action du 7 septembre s'annonce exceptionnelle de participation et de combativité. En effet, la colère populaire continue de grandir contre la casse des retraites et plus généralement contre un pouvoir ultra-minoritaire qui n’a de cesse d’attaquer l’emploi, les services publics, la protection sociale, les salaires et le pouvoir d’achat… afin de soutenir les profits des monopoles capitalistes : les entreprises du CAC 40 qui ont présenté leurs résultats au premier semestre 2010 ont plus que doublé leurs profits par rapport à 2009 (33,1 milliards d’euros contre 14,7) tandis qu’elles sont à l’origine de la forte augmentation des prix de base.

Et de nombreux appels à la grève et de nombreuses déclarations de syndicats et de structures territoriales (intersyndicales départementales, UL, UD, régions CGT) confirment que le mot d’ordre qui s’exprime à la base est :

RETRAIT DU PROJET SARKO-MEDEF DE CASSE DES RETRAITES !

De leur côté, les directions syndicales réunies à nouveau le 23 août en intersyndicale ne reprennent pas cette exigence (à part FO), tout en essayant de ne pas perdre le contact avec leurs bases. Pour Chérèque, « la loi ne doit pas être votée en l'état. Nous arracherons tout ce que nous pourrons pendant le débat parlementaire. » (Télégramme de Brest, 20 juillet). Les déclarations de Bernard Thibault ne doivent pas être non plus prises à la légère : «Sur les retraites, l'exécutif va devoir bouger» mais "je refuse qu'on s'inscrive dans une stratégie du tout ou rien. Parler de grève générale, c'est une stupidité." (Mediapart et Le Monde, juillet 2010).

Ne soyons d’ailleurs pas dupes : juillet et août ont été propices aux discussions clandestines entre les émissaires syndicaux et Soubie, l'homme de l'Elysée pour le social, afin de trouver un consensus sur quelques aménagements à la marge du projet Sarko (en réalité le projet européen de Barcelone 2002 signé par Chirac et Jospin) ne touchant rien au fond, c'est-à-dire la retraite à 67 ans à l'horizon 2020 nivelant tous les régimes par le bas.

Pour les états-majors réunis depuis des années dans la Confédération Européenne des Syndicats et le syndicalisme de collaboration entre partenaires sociaux, la ligne est claire : pas de retrait du projet euro gouvernemental, négociation sur les moyens de la régression.

Dans ces conditions, avec pour seule perspective le 7 septembre et une nouvelle réunion intersyndicale le lendemain, nous risquons de repartir dans le schéma de 2009 ou du premier semestre 2010 avec comme résultat l'enterrement automnal des luttes.

Rien n’est joué, tout dépend de la base

Toutefois, rien n’est joué à l’avance, si les travailleurs et les militants syndicaux prennent les choses en main à la base comme cela s’est fait en 1968. Le 16 mai au soir, les gars de Billancourt réunis en meeting dans l'île Seguin déclenchaient la grève générale sans demander aucune autorisation à personne. 48 heures après, le pays comptait 10 millions de grévistes et la classe ouvrière remportait le plus grand succès revendicatif du 20ème siècle avec 1936, face au général de Gaulle qui avait une autre stature que le sieur Sarko.

Même si la direction CGT n’a malheureusement plus rien à voir avec ce qu’elle était à l’époque, ce chemin gagnant pour la classe ouvrière existe toujours. Aujourd’hui aussi, c’est l’ensemble du monde du travail qui est en effervescence, des salariés des Services Publics dégraissés et étranglés aux salariés du Privé précarisés, délocalisés, surexploités en passant par les étudiants aux aides réduites et aux frais de scolarité qui explosent, les retraités qui subissent d'année en année la perte de leur pouvoir d'achat, ou la petite production indépendante écrasée par les banques et la grande distribution (petits paysans, petits pêcheurs) ….

Loin d’être une « stupidité » comme le proclame B. Thibault insultant au passage l’héritage de la grande CGT, le « tous ensemble en même temps » privé public étudiants est en réalité le seul moyen pour le mouvement populaire de marquer des points et de sortir de l’infernale spirale de reculs sociaux issue de la stratégie du syndicalisme rassemblé privilégiant la négociation et le « dialogue social » sur l’action et la lutte de classe pour gagner.

Pour cela, il faut faire du 7 septembre un grand succès à partir des exigences de la base, en oeuvrant dans le même temps à développer les liens avec les peuples en lutte à partir de l’appel de  la Fédération Syndicale Mondiale à faire du 7 septembre une journée internationale contre la crise capitaliste et les sacrifices imposés aux travailleurs.

Mais une journée d’action ne suffira pas. C’est bien une grève reconductible tous ensemble qu’il convient non pas de décréter mais de mettre en débat. Que le soir du 7 septembre dans toutes les entreprises et les bassins d'emploi se réunissent les travailleurs pour décider du sens et des suites de la lutte.

LA REGRESSION NE SE NEGOCIE PAS

LE 7 SEPTEMBRE TOUTES ET TOUS DANS L'ACTION POUR LE RETRAIT DE LA CONTRE-REFORME WOERTH-SARKOZY

PREPARONS DES MAINTENANT LA SUITE POUR GAGNER

 

mercredi, septembre 1 2010

DE DAKAR A GRENOBLE

 

 http://www.damnesdelaterre.com/index.php?option=com_content&view=article&id=459:l-afrique-a-tous&catid=37:communiques&Itemid=53


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-de-dakar-a-grenoble-56340144.html

 

La France aux français, l'Europe aux européens, l'Afrique à tous

Cher French doctor, je préfère être déserteur que complice. Trop c'est trop. Le discours de Grenoble et l'attitude du président de la république tire sa source de la mentalité et du comportement de tous les politiques de droite et de gauche depuis plus de 40 ans dans ce pays. Quelle farce et quelle injustice !

La communauté rom bannie, rejetée par ses propres compatriotes et méprisée partout en Europe sert aujourd'hui de bouc émissaire. Cette histoire de « problème de roms » dont tout le monde parle aujourd'hui cache la problématique posée par

le discours de Grenoble. Ne nous voilons pas la face, les vrais indexés se sont les immigrés, les hommes et les femmes issus de l'immigration, surtout africaines.

Les roms ne sont ils pas des européens? Expulser des roms vers la Roumanie c'est aussi insensé que d'expulser un breton de Paris vers Rennes.

Convoquer des représentants roumains pour soi-disant trouver une solution au sort des roms en Roumanie, ceux-là même qui ont toujours nuis à leur existence et contribué à leur déchéance, voilà qui montre nettement le sort réservé à ces européens par leurs propres compatriotes.

Si la France est capable d'avoir une telle attitude vis à vis des femmes et des hommes de sa propre communauté, que fera-t-elle demain envers les femmes et les hommes venus d'ailleurs ?

On entend comme à l'accoutumée des discours post-présidentiel venant de notre chère gauche, tout ceci n'est qu'une farce.

Mon message s'adresse aux immigrés africains devenus français de quatrième zone et considérés en tant que tels.

Vous êtes des centaines de milliers à vivre en France avec la nationalité française, politiquement absents de la vie politique française tout en vous occupant pleinement de la scène politique africaine. Plutôt que de courber l'échine, longer les murs et faire la sourde oreille, il est temps de se positionner, organisez-vous politiquement dans ce pays dans lequel vous avez « des droits »,  prenez vos cartes dans les partis politiques de votre nouveau pays et affirmez vous en tant que citoyens ou rendez votre carte d'identité et participez pleinement à l'indépendance totale des pays d'Afrique. Par votre absence sur la scène politique, vous contribuez à la main mise de ceux qui vous traitent comme des moins que rien pour des intérêts personnels conjugués. Le discours de Grenoble est le complément du discours de Dakar du président de la république.

Vous êtes devenus français par opportunisme, êtes vous incapables de créer chez vous des universités, des hôpitaux, des routes, de résoudre le problème de l'insuffisance alimentaire ?

Mes chers, un sacrifice s'impose pour relever l’Afrique et surtout soulager sa population. Sachez qu'une dose de patriotisme aide au développement économique.

Je ne terminerai pas ce texte sans tendre la main à mes compatriotes sénégalais. Les gars, l'heure n'est plus au collectif ni à l'association des sénégalais de l'extérieur mais au parti des sénégalais de l'extérieur.

Vous avez les moyens de le faire et vous devez le faire. Comme vous le savez aussi bien que moi, nous devons tout à notre peuple, essayons avec le peu de moyens dont nous disposons de soulager sa souffrance en nous organisant pour libérer notre pays de la domination néo coloniale. Aujourd'hui les roms, demain ce sera votre tour.

Trouvez-vous normal le nombre d'africains emprisonnés dans ce pays avec pour tout délit d'être sans papier et les centres de rétention remplis ? Sans parler des milliers de jeunes qui perdent leur vie chaque année en essayant de rentrer en Europe. Tout cela au vu et au su de tous. Le plus grave c'est que les premiers concernés qui devraient les défendre acceptent sans broncher la situation, acceptent la répartition des ressortissants d’Afrique par catégories : ceux devenus français de quatrième zone, les immigrés carte de séjour de dix ans, immigrés carte de séjour de cinq ans, immigrés carte de séjour d' un an, et même immigrés avec carte de séjour de deux mois.

Quand on accepte d'être des sous-hommes, on reçoit le traitement que l'on mérite. Notre « cher » ministre de l'immigration vient d'en rajouter une couche, la loi qu'il prépare pour destituer de la nationalité, tenez-vous bien, ne concernera que ceux devenus français depuis 10 ans. Mon cher ministre, de quoi avez-vous peur ? Pourquoi cette limitation dans le temps ? Mon petit doigt me dit que vous avez peur de gêner une grande partie de votre équipe qui est loin d'être française de souche.

La France a été très ingrate vis à vis de l'Afrique, il faut que les africains restent grands comme toujours. Répondre au coup de pied de l'âne c'est se mettre à son niveau.

Chers Damnés de la Terre, n'épousons pas les tares et l'égoïsme des femmes et hommes qui gouvernent cette terre.

Nous demandons la libération de tous les opprimés, privés de vie, dans ce pays et préparons un grand projet pour contribuer à diminuer la souffrance des femmes et des hommes restés sur la terre qui nous a vu naître, ce continent africain dont nous pouvons être si fier, qui a toujours reçu des coups, du marché triangulaire à nos jours. La France n'a pas rendu sa monnaie de la pièce à l'Afrique, la terre française est truffée d'enfants d’Afrique venus pour sa libération ou sa construction de 14-18 à 2010. Le triste constat c'est que si Sarkozy s'appelait Mamadou, il ne serait jamais à l’Élysée. La France a déroulé le tapis rouge aux soldats américains à Deauville en oubliant complètement le rôle joué par les fils d'Afrique dans cette deuxième guerre mondiale. Sans leur engagement dès les premiers jours, jamais les américains n'auraient eu les moyens de mettre le pied sur le sol français. Tout cela c'est du passé disent certains, d'autres disent qu'ils n'étaient pas nés alors pas concernés, c'est ce que commencent à dire ceux qui ont utilisé les immigrés à la fin des années 60 au début des années 70 pour contribuer à l'économie de ce pays. Quelle ingratitude!

La pratique précède la théorie. L'heure est venue de montrer qu'une autre Afrique est possible. Et là, c'est aux africains de s'y mettre « sans complexe », comme ils le disent.

Bamba GUEYE LINDOR


 

LES ROMS DE MONTREUIL

 

Déclaration pour la création à Montreuil d’une plate forme unitaire de solidarité et de protection pour les roms.

Réunis le 25 août à Montreuil, les associations, groupements, mouvements, organisations, partis et personnes soussignés ont adopté la déclaration suivante :

Depuis le début de l’été, le Président de la République et le gouvernement ont multiplié les déclarations hostiles, discriminatoires et xénophobes vis à vis des roms, citoyens européens, présents sur le territoire français. Sur leur ordre, les forces de police ont lancé des actions brutales de démantèlement des camps, jetant à la rue et dans l‘errance des centaines de familles, ainsi coupées des liens qui avaient pu se constituer avec l’école, le suivi sanitaire, les associations de solidarité et d’insertion...

Nous condamnons fermement cette politique et ces actions.

Parce que les roms sont des citoyens européens

Nous exigeons qu’une autre direction soit prise : intervention auprès de l’Union Européenne pour une action globale en faveur des roms d’Europe de l’Est, où qu’ils se trouvent à cet instant, reconnaissance des droits des roms à l'instar des autres citoyens européens, arrêt des discriminations en Roumanie, Hongrie, Bulgarie et dans les Balkans.

Pour ce qui est de la France, nous demandons la mise en place d’une politique d’accueil, d'insertion et respectueuse du droit commun pour les roms vivant sur notre territoire, la fin des discriminations à l’embauche, ainsi que l’inscription des roms dans un plan national visant à l’éradication des bidonvilles et de l’habitat insalubre, l’application de la loi de réquisition, l’aide aux collectivités locales et aux associations en vue d’une action durable d’insertion sociale et professionnelle.

Dès à présent à Montreuil, nous entrons en désobéissance civile et en résistance contre cette politique.

Nous créons une plate forme montreuilloise unitaire de solidarité et de protection avec les roms.

Nous nous adressons ensemble à nos concitoyens montreuillois pour faire reculer les préjugés et les sentiments anti-roms qui reposent sur la méconnaissance de leur histoire et de leur situation réelle.

Nous demandons aux parlementaires et à tous les élus montreuillois d’intervenir dans le sens indiqué ci dessus dans leurs assemblées respectives, de même qu’auprès des maires des communes voisines, de la communauté d’agglomération « Est Ensemble » et du Conseil Général de Seine Saint Denis, pour que chacun prenne en main une part de la solidarité nécessaire.

Nous exigeons et agirons pour la tenue d’une conférence régionale de l'ensemble des collectivités et associations sur la question de l’accueil des familles roms en Ile de France.

Comme l’a fait la Maison Ouverte, nous décidons d’ouvrir nos locaux pour la protection et l’hébergement des trente six roms expulsés récemment d’un squat.

Nous prenons les dispositions pour recueillir tous les dons permettant aux familles de s'alimenter, de se soigner, de scolariser leurs enfants si le besoin s'en fait sentir.

Nous mettons en place six groupes de travail destinés à examiner solidairement le recensement des lieux et des locaux pouvant prendre le relais de la Maison Ouverte pour l’hébergement des trente six roms, à partir du 3 septembre et pour des séquences d’au moins deux semaines, le soutien juridique aux personnes ayant reçu des OQTF (Obligation à Quitter le Territoire Français), la création d’activités solidaires ou d’utilité sociale pouvant impliquer les roms et leur procurer un minimum de revenu, les conditions d’un logement durable global pour les populations roms et en errance, la mise en place d’un dispositif de parrainage des enfants et des familles roms qui le désirent par des citoyennes et des citoyens montreuillois et les élus (es) et les actions utiles auprès de nos concitoyens pour faire reculer les préjugés et les sentiments anti-roms.

Dans la continuité des efforts effectués par la municipalité dans le cadre de la Maîtrise d’oeuvre urbaine et sociale qui intervient en direction de plus de la moitié des populations roms présentes sur le territoire, nous lui demandons dans les semaines qui viennent d’inscrire dans les écoles les enfants en âge de scolarisation, de favoriser l’accès aux soins des personnes qui en ont besoin, de faire procéder à la domiciliation administrative par le CCAS des familles qui en feraient la demande, d’assurer l’enlèvement des déchets aux abords des terrains occupés par les roms et d'appuyer les demandes d'accès à l'eau et à l'électricité.

Unissant nos voix et nos forces, nous demandons l'arrêt des expulsions ainsi que l'abrogation des mesures transitoires inscrites dans le CESEDA (Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile) à l'encontre des Bulgares et des Roumains.

Fait à Montreuil le 25 août 2010

Premiers signataires : Ecodrom 93, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, Les Verts, Ligue des Droits de l'Homme, Municipalité de Montreuil, Solidaires 93, Sud personnel communal, Dominique Attia, Stephan Beltran et Murielle Bensaïd (élus communistes de Montreuil)

 

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-les-roms-de-montreuil-56337840.html

 

 

LA BATAILLE DES RETRAITES

 

http://www.lariposte.com/spip.php?page=article&id_article=1452

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-la-bataille-des-retraites-56332744.html

 


La bataille des retraites : quelle stratégie syndicale ?   

Tout a été dit – notamment par L’Humanité et la CGT – sur la régression sociale majeure que constitue le projet du gouvernement sur les retraites. Les mensonges et les arguments démagogiques de l’UMP ont été mis en pièce. Résumons. Les contre-réformes qui se sont succédées, depuis vingt ans, ont fait baisser de 20 % le niveau moyen des pensions. La « réforme Woerth » aggraverait encore la situation. L’objectif, à terme, est d’ouvrir aux assurances privées un marché potentiellement colossal. Et tant pis pour ceux qui n’auront pas les moyens de s’assurer. Quant aux arguments budgétaires et démographiques du gouvernement, ils signifient, au fond, que nous vivons trop bien et trop longtemps. Sous le capitalisme, la population est priée de faire marche arrière – à l’exception d’une petite couche de privilégiés qui possèdent tout.

Une nette majorité de Français est opposée à cette contre-réforme. Même parmi les travailleurs qui la jugent « nécessaire », beaucoup en craignent les conséquences – mais doutent, au fond, qu’on puisse y faire obstacle. Et c’est bien là le nœud du problème. Depuis plusieurs mois, une question domine les assemblées générales de la CGT : quelle stratégie syndicale nous donnera une chance sérieuse de l’emporter ? Rarement les directions confédérales ont été autant critiquées par les militants. Ce n’est pas surprenant. Ces dernières années, la stratégie des « journées d’action » n’a pas fait reculer Sarkozy d’un centimètre. C’est un échec. Si on veut gagner la bataille des retraites, il faut le reconnaître et en tirer les conclusions.

Malheureusement, les directions confédérales s’obstinent. Les dirigeants de la CFDT acceptent carrément le principe d’une contre-réforme. Ils souhaitent juste qu’elle soit un peu moins douloureuse. On les en remercie, mais cela n’impressionnera pas beaucoup Sarkozy. Chérèque est l’incarnation vivante de la formule : « la faiblesse invite à l’agression ». Quant à la direction de FO, elle se livre à ses contorsions habituelles, dans le seul but d’apparaître comme « plus radicale » que la CGT. Après avoir organisé toute seule une « grève générale » fantôme, le 15 juin, elle multiplie les déclarations fracassantes. Ce faisant, elle cherche à exploiter les carences de la direction de la CGT, qui est la force décisive, dans cette lutte.

Détermination du patronat

Dans une adresse à tous les syndicats CGT, le 16 août dernier, le Bureau confédéral appelle les militants à la mobilisation pour réussir la journée du 7 septembre. Mais il n’y a pas un mot sur les éventuelles suites à donner à cette journée. Le Bureau confédéral affirme que « la force des arrêts de travail, le nombre des manifestants, la détermination des salariés et des organisations syndicales peuvent imposer une autre réforme des retraites, d’autres solutions pour son financement, mais également des succès revendicatifs sur les conditions de travail, les salaires, l’emploi, les Services Publics… ». Or, même si la mobilisation du 7 septembre dépasse celle du 24 juin, il est parfaitement clair que cela ne suffira pas à faire reculer le gouvernement sur les retraites, sans parler de « succès revendicatifs sur les conditions de travail, les salaires, l’emploi », etc.

A la lecture du courrier du Bureau confédéral de la CGT, on se demande si ses membres ont compris la détermination du patronat à détruire nos retraites. Cette contre-réforme, comme la casse programmée de toutes nos conquêtes sociales, n’est pas le fruit d’un caprice : c’est une nécessité vitale, pour la classe dirigeante, qui est confrontée à une crise économique majeure et à des déficits publics colossaux. Que ceux qui en doutent regardent ce qui s’est passé en Grèce, ces dix derniers mois. Depuis que le gouvernement du PASOK a déclaré la guerre aux travailleurs grecs, les syndicats de ce pays ont organisé sept grèves générales de 24 heures, dont celle du 5 mai, qui était d’une ampleur historique. Quelle a été la réponse du gouvernement grec ? Non seulement il n’a pas retiré son plan d’austérité, mais il a annoncé de nouvelles coupes drastiques. Or, Sarkozy et sa clique ne sont pas moins déterminés que
Papandréou.

Une grève générale de 24 heures ne doit pas être une fin en soi. C’est un moyen de tester la combativité de la classe ouvrière et de lui faire sentir sa propre force – avant de faire monter la mobilisation d’un cran, si les conditions sont réunies. A l’inverse, l’organisation d’une succession de journées d’action de 24 heures fait courir le risque d’épuiser les éléments les plus militants de la classe – sans le moindre résultat positif. En Grèce, la participation aux grèves générales a fini par refluer, faute de perspectives claires. Ce fut également le cas, en France, lors des journées d’action de 2009.

Grève illimitée

Le 28 août, Bernard Thibault a laissé entendre que le rythme des mobilisations pourrait s’accélérer à partir du 7 septembre. Cela pourrait prendre la forme de journées d’action très rapprochées. Est-ce juste une menace destinée à faire pression sur Sarkozy – ou est-ce la stratégie arrêtée par la direction confédérale ? On l’ignore. Aux militants, la direction ne parle que du 7 septembre. Au lieu d’une stratégie et d’une perspective claires, on doit donc se contenter de vagues allusions de Bernard Thibault dans les médias. En outre, si elle paraît moins absurde que des mobilisations à plusieurs semaines d’intervalle, la stratégie des journées d’action rapprochées reste hasardeuse. La lutte des classes n’est pas un robinet qu’on peut ouvrir et fermer à volonté selon un calendrier arrêté dans les bureaux de la Confédération, à Montreuil. Ce qui a payé à l’époque de la lutte contre le CPE – dans le contexte d’une mobilisation historique de la jeunesse – risque de se révéler inefficace, cette fois-ci.

Il faut dire la vérité aux travailleurs. Sans un mouvement de grève illimité d’une ampleur significative – comme celui de décembre 95 –, il est très probable que le gouvernement passera en force. Or, l’organisation d’une grève illimitée exige une sérieuse préparation dans les entreprises. Un nombre croissant de militants syndicaux l’ont compris et le réclament.

La direction de la CGT doit également cesser de demander à Sarkozy « d’authentiques négociations ». Qu’y a-t-il à négocier, au juste ? En l’état actuel du rapport de force, Sarkozy n’inviterait les syndicats que pour négocier la régression sociale. Ce doit être exclu. La direction de la CGT doit refuser tout recul. A cet égard, elle doit immédiatement abandonner son idée d’une augmentation des cotisations salariales, pour « partager l’effort » du financement des retraites. Cela signifierait une baisse des salaires ! Non ! Aucun recul ! Le gouvernement a trouvé des milliards pour les banques, mais déclare que les caisses sont vides lorsqu’il s’agit de financer les retraites, l’éducation et la santé. Il faut placer l’intégralité du « financement des retraites » sur le dos du patronat. Les travailleurs créent toutes les richesses. A soixante ans, ils doivent avoir droit à une retraite décente, quel que soit le nombre d’années travaillées. On ne doit pas descendre en dessous de cette exigence.

La pression des compagnies d’assurance, des organismes de crédit et des banques est un facteur important dans l’acharnement du gouvernement contre nos retraites. Les capitalistes du secteur financier tournent autour de cette vaste source potentielle de profits comme autant de vautours. Il faut donc lier la lutte pour la défense des retraites à la revendication de la nationalisation de l’ensemble du secteur financier.


 

mardi, août 31 2010

SINISTRA CRITICA

 

http://www.canempechepasnicolas.over-blog.com/article-en-italie-comme-en-france-une-veritable-alternative-a-la-politique-du-capital-ne-peux-se-concevoir-qu-en-dehors-de-l-union-europeenne-56108892.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-sinistra-critica-56286731.html



Italie : unifier les luttes et construire l'alternative à la droite et au centre-gauche

Même si elle se situe à un niveau de politique politicienne et sans avoir un intérêt social réel dans l'immédiat, la rupture qui est survenue entre Berlusconi et Fini ouvre une nouvelle page de la politique italienne tout en dissimulant une crise plus profonde qui n'est pas sans rappeler celle qui toucha le gouvernement de Prodi il y a deux ans.   

Bien que tous les acteurs cherchent à cacher le lien qui existe entre la rupture au sein de la majorité et la crise économique et sociale (comme s'est empressé de le faire le porte parole du gouvernement, Minzolini), les événements mettent en lumière l'incapacité pour cette majorité bipolaire à gouverner dans un contexte de crise. Pendant que la rupture est à l'oeuvre, la Chambre approuve les mesures d'austérité, la première émanation directe de la crise économique et de ses conséquences sociales.

En fait, la crise interne dans la direction du PDL (le parti «Popolo della Libertà» de Berlusconi, NDLR) dissimule la manoeuvre antisociale qui est en cours et les coups que reçoivent les travailleuses et les travailleurs, en particulier dans les services publics. Si on ajoute à cette manoeuvre les récents événements de l'entreprise FIAT, on comprend que c'est une véritable « guerre sociale » contre les travailleurs qui est lancée: concertée au niveau européen et appliquée au niveau national.

Le gouvernement de Berlusconi et Tremonti est en train de baser sa gestion de la crise sur ces éléments et la complaisance avec laquelle le ministre de l'économie se vante d'être soutenu par la population dans ces mesures ne change rien au fait que la majorité est en train de perdre l'approbation populaire et son emprise sur les événements sociaux. C'est surtout de ce côté là que se situe la crise du Berlusconisme, en plus du fait qu'il n'a jamais réussi à se construire une base sociale stable qui le soutienne.

Fini est bien conscient qu'une phase est en train de se conclure de la même manière dont la phase Prodienne s'était terminé en 2008. Il l'exprime clairement et tente petit à petit d'amener le Cavaliere à bout de ses ressources. Ce dernier tente à son tour d'anticiper les coups de son adversaire et ex-compagnon de route en menaçant d'en arriver à des élections anticipées, qui signifieraient pour lui la seule sortie de secours devant l'épuisement de ses forces.

C'est la totale inconsistance de l'opposition qui apparaît de la manière la plus éclatante tandis qu'elle continue à soutenir les choix du gouvernement tels que le renouvellement des missions militaires.

Or, Tremonti est effrayé par l'unique choix sérieux que l'opposition devrait poser, à savoir la demande d'élections immédiates qui sanctionneraient la rupture du projet politique de ses adversaires.

En définitive, la gauche qui se définit encore comme opposée et anticapitaliste devrait se saisir de cette occasion pour tenter de se reconstruire et de prendre prise sur les événements.

Mais cela ne pourra pas se faire avec le Parti Démocrate (parti social-libéral, ex PCI NDLR) tout en gravissant les échelons vers le pouvoir comme semble vouloir l'espérer Vendola.

Cela est illusoire et sans aucune possibilité de réussite.

Les deux pôles fondamentaux ont échoués.

Il est temps de tourner la page et de reconstruire un projet politique cohérent et clair, capable d'incarner une opposition qui soit utile et qui donne une perspective aux luttes sociales et démocratiques en Italie. La situation pourrait changer d'un moment à l'autre, on pourrait voter dès le printemps, mais dans un cas comme dans l'autre, il est temps de se préparer en poursuivant avec détermination la construction d'une coalition alternative au centre-droite et au centre-gauche.

On ne sortira pas de la crise du Berlusconisme avec des raccourcis de politiciens, en encourageant Fini.

On en sortira seulement avec une réelle mobilisation sociale et politique contre la crise.

Il faudra une riposte sociale à la hauteur des enjeux, un programme de sortie de crise, une mobilisation pour chasser Berlusconi afin de créer un cadre politique nouveau, avec un projet de « Coalition contre la crise » crédible.

La mobilisation pour la manifestation nationale pour l'emploi et les droits des travailleurs sera opportune et utile, et la décision du syndicat FIOM (Fédération des métallurgistes de la CGIL, la FIOM est le plus important syndicat en Italie, NDLR) d'appeler à cette initiative pour le 16 octobre est extrêmement importante.

Toute la gauche (dont Sinistra Critica, qui le fera avec conviction) doit s'engager pour la réussite de cette mobilisation.

L'objectif est d'articuler à cette mobilisation toute l'opposition sociale au gouvernement, notamment les mouvements anti-racistes pour exiger l'annulation des lois qui créent la clandestinité. C'est également tout le monde complexe des précaires qu'il faut unir ce jour-là, avec les travailleuses et les travailleurs, avec le mouvement étudiant qui se bat contre la privatisation du savoir, avec les comités pour l'eau publique et les réseaux de défense des bien communs et territoriaux, pour qu'ils construisent, tous ensemble, la défense des revenus et des conditions de vie et de travail.

C'est ainsi que le 16 octobre pourrait représenter la riposte sociale aux politiques gouvernementales, tout en ouvrant la voie à une sortie de crise. Le mot d'ordre de Sinistra Critica « nos vies valent plus que leurs profits » est tout aussi ancré dans l'actualité que l'unité dans les luttes représente l'unique riposte efficace aux coups que prennent aujourd'hui les travailleurs. Ce sera notre mission pour les prochains mois.

Piero Maestri (porte-parole de Sinistra Critica, organisation anticapitaliste italienne).

 
 

 

DES ARMES POUR S ENTRETUER

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Fadwa_Nassar.300810.htm

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-des-armes-pour-s-entretuer-56285669.html

 


Des armes pour s'entretuer

Fadwa Nassar

Depuis que des soldats de l’armée libanaise ont osé affronter l’ennemi sioniste dans le village de Adaissé, au sud du Liban, les réactions américaines vont bon train : il faut cesser de fournir des armes à l’armée libanaise car celle-ci les utiliserait contre « Israël ». La récente demande de la représentante Ileana Ros-Lehtinen, qui siège à la commission américaine des Affaires étrangères, conseillant la France de ne pas fournir des armes, en est la dernière expression. Peu avant, le congrès américain avait décidé de geler une aide militaire de 100 millions de dollars accordée au Liban. Jamais les choses n’ont été plus claires et plus évidentes. Jamais l’hypocrisie du monde occidental (qui se considère « communauté internationale ») n’a été aussi visible et sensible.

Pour les forces impériales qui veulent maintenir leur domination sur le monde, « Israël » reste leur pion le plus sûr. Pour elles, il doit demeurer l’Etat le plus puissant dans la région, non pas seulement pour détruire toute résistance à l’hégémonie impériale, mais pour briser toute volonté de résistance : l’armement sioniste doit dissuader rien qu’en entendant parler de lui ! L’Etat sioniste doit, par les armes qu’il possède, l’armée qu’il organise, les colons qu’il lâche sur les Palestiniens, rester maître de la situation. Il doit pouvoir réprimer, tuer, assassiner, semer la mort et la destruction, sans rencontrer une quelconque résistance, ou même une volonté de résistance. C’est l’ordre américano-sioniste qui devrait régner dans la région du Moyen-Orient, d’abord, le monde ensuite.

Il faut regarder du côté de la Cisjordanie pour réaliser ce que souhaite l’empire américano-sioniste dans la région. Depuis que le général américain Dayton a installé son quartier général dans cette partie occupée de la Palestine, gérée par l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, les forces de la sécurité palestinienne sont devenues les véritables exécutants de l’ordre américano-sioniste : arrestation et torture des militants palestiniens suspectés de vouloir résister à la colonisation, arrestation des prisonniers palestiniens à peine libérés des geôles sionistes, arrestation ou harcèlement des membres des familles des prisonniers palestiniens encore détenus par les sionistes, que ce soient les épouses ou les enfants de ces prisonniers. Les forces de la sécurité palestinienne n’hésitent pas à s’en prendre aux épouses, filles ou fils de ces prisonniers qui avaient espéré, en se sacrifiant pour la patrie, que la société protège au moins leurs familles. Chez les forces palestiniennes de Dayton, c’est le contraire. Les prisonniers sont doublement punis pour avoir résisté à l’occupation : leurs familles deviennent un moyen de pression supplémentaire sur eux pour les empêcher de penser à une quelconque résistance!

C’est l’ordre américano-sioniste ! « Le nouveau palestinien » que le général Dayton veut faire naître en Palestine, c’est ce Palestinien devenu un instrument de la politique américano-sioniste, qui accepte volontiers de rencontrer le militaire sioniste, de coordonner avec lui pour pacifier les territoires occupés, d’empêcher les Palestiniens de riposter aux provocations des colons dans la ville d’al-Khalil (entre autres), de relâcher gracieusement tout Israélien entré « par erreur » en Cisjordanie et finalement, de s’en prendre même aux plus modérés des Palestiniens, ceux qui ont récemment riposté à la reprise des négociations entre Mahmoud Abbas et le gouvernement sioniste. Ce qui s’est passé dans la « salle protestante » à Ramallah, et qui a suscité la colère des forces politiques présentes dans l’OLP qui n’ont pas hésité à parler de « fascisme palestinien » est révélateur non pas seulement de la répression de la résistance, mais de la répression de toute expression politique pacifique opposée ou différente de l’équipe palestinienne gouvernant à Ramallah.

Ceux qui se trouvaient dans la « salle protestante » n’étaient ni les représentants du Hamas, ni du Jihad islamique. Ce n’étaient ni les sheikhs appelant à la résistance, ni les islamistes que le ministre des affaires religieuses de l’équipe de Salam Fayyad a interdit de faire les prêches dans les mosquées de la Cisjordanie. Les participants à la réunion de « la salle protestante » étaient les représentants des mouvements politiques ou des indépendants qui, pour la plupart, ne sont pas contre le principe des négociations, mais s’opposaient seulement à leur reprise actuelle, jugeant qu’elles sont humiliantes, et que Mahmoud Abbas ne pouvait prétendre les représenter. La réunion n’a pas eu lieu ! les forces de la sécurité palestinienne que le général américain a éduquées, armées et choyées, soutenues par des « civils », sont entrées de force dans la salle aux cris « Iran, Iran, dehors ! » (voulant dire que toute opposition à Mahmoud Abbas avait l’Iran pour origine) et d’autres slogans tout aussi irréels que ridicules, faisant échouer la réunion !

C’est cette espèce de forces de sécurité que souhaitent les Etats-Unis pour le Liban. Ils ne veulent sûrement pas une armée qui protège son territoire, qui riposte aux violations de la souveraineté, qui se sent humiliée lorsque des sionistes survolent son territoire ou même coupent des arbres sur son territoire pour pouvoir mieux espionner.  Ce que veulent les Etats-Unis, c’est une armée qui affronte la résistance armée du Hezbollah au Liban et des forces de la sécurité qui ont pour tâche de désarmer la résistance, de faire taire toute critique de la politique américaine et de laisser libre cours à la collaboration avec les sionistes.

En Cisjordanie, Dayton a réussi à faire naître ce spécimen de Palestinien prêt à tuer et réprimer son peuple pour gagner quelques miettes (cartes VIP, voitures blindées et autres marchandises humiliantes du même genre), mais au Liban, bien que le spécimen date de la création même de l’Etat, il se dissimule à présent, comme dans le monde arabe d’ailleurs, sous le vernis du réalisme, du progressisme, du nationalisme arabe même, pour pouvoir diffuser son poison, celui de la collaboration et de l’instauration de l’ordre américano-sioniste !



Haj Hassan: l'armée libanaise a le droit de se doter inconditionnellement de toutes les armes.

Le ministre de l'Agriculture Hussein Haj Hassan a corroboré le droit de l'armée libanaise de se doter de toutes les armes appropriés pour affronter les chars et les avions israéliens ajoutant que l'Etat devrait lui assurer, sans aucune condition ou contrainte, l'arme nécessaire pour défendre le peuple et la terre du Liban.

S'exprimant lors d'un iftar, Haj Hassan a indiqué que tout libanais est responsable de soutenir l'armée dans une tentative nationale de l'armer.

Concernant la délégation ministérielle proposée pour visiter les pays amis et leur demander d'armer l'armée, Haj Hassan a appelé à demander les armes des pays arabes et des pays amis y compris l'Iran.

"Ces jours là, nous sommes devant une réalité politique claire qu'est l'équation de l'armée, de la Résistance et du peuple. Une équation qui s'est renforcée lors des affrontements héroïques de l'armée libanaise à Adaïssé" a-t-il conclu.

Article publié sur Résistance islamique au Liban

 

QUATRIEME FORUM SOCIAL DES AMERIQUES

 

http://www.cadtm.org/Declaration-de-l-Assemblee-des,5867

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-quatrieme-forum-social-des-ameriques-56285010.html

 


Déclaration de l’Assemblée des Mouvements Sociaux.

Quatrième Forum social des Amériques.

Asunción, 15 août 2010

Notre Amérique est en marche !

Nous, mouvements sociaux présents au quatrième Forum Social des Amériques, à Asunción (Paraguay), nous réaffirmons notre solidarité et notre engagement envers le peuple du Paraguay, devant la nécessité urgente de progrès dans le processus de transformations profondes, pour qu’il retrouve la souveraineté sur son territoire, sur ses biens communs et ses ressources énergétiques, ainsi que pour la réalisation de la réforme agraire et une répartition égalitaire de la richesse.

Nous sommes dans un continent où, dans les dernières décennies, il y a eu un rapprochement entre les mouvements sociaux et mouvements indigènes, qui, par leur savoir-faire ancestral et leur mémoire historique, remettent radicalement en cause le système capitaliste. Ces dernières années, le renouvellement des luttes sociales a entraîné le départ de gouvernements néolibéraux et l’émergence de gouvernements qui ont mis en oeuvre des réformes positives comme la nationalisation de secteurs vitaux de l’économie et des transformations constitutionnelle profondes.

Cependant, les droites du continent se sont réorganisées afin d’arrêter tout processus de changement. Elles continuent à agir depuis leurs bastions politiques, économiques, médiatiques, judiciaires, et ce à quoi s’ajoute une nouvelle offensive de l’impérialisme – même militaire – qui les appuie. Depuis le dernier Forum social des Amériques, qui s’est tenue au Guatemala en 2008, nous avons été témoins du coup d’État au Honduras, de l’augmentation de la présence militaire américaine à travers notre Amérique. Les accords pour l’installation de bases militaires se multiplient, alors que la 4ème Flotte Américaine occupe nos mers. Il s’agit d’un effort systématique visant à déstabiliser la démocratie dans le continent, alors que les mouvements sociaux sont de plus en plus criminalisés et réprimés.

Nous dénonçons l’illégitimité du président, de facto, du Honduras, Porfirio Lobo, et dans le même temps, nous saluons la résistance de son peuple et nous soutenons sa lutte pour une refondation constitutionnelle afin d’établir une véritable démocratie.

Nous soutenons la lutte du peuple haïtien, qui n’a pas besoin d’une intervention militaire et d’une occupation économique pour sa reconstruction. Au contraire, nous exigeons que la souveraineté du pays soit respectée et que d’autres pays s’engagent dans une coopération solidaire dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture et tous ceux qui sont requis. Nous exigeons l’annulation inconditionnelle de la dette et nous rejetons le nouveau processus d’endettement illégitime.

Complétant cette offensive, se poursuit la vague de traités de libre-échange, sous toutes leurs formes. C’est l’élément central de la stratégie de l’Union européenne, l’autre puissance néo coloniale qui opère en Amérique latine et aux Caraïbes. Les chevilles ouvrières que sont les Institutions Financières Internationales – Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, les banques régionales de « développement » et les groupes bancaires privés - sont en train de créer de nouveaux et énormes endettements ayant des impacts directs sur les peuples et la nature.

Toutes ces menaces sont liées à un même modèle de développement exclusif, prédateur et basé sur les exportations primaires, modèle qui s’approfondit sur de nombreux territoires, expulsant des populations, provoquant déracinement et migrations. La crise systémique actuelle montre l’épuisement du modèle capitaliste – et plus particulièrement de ses centres de pouvoir : les banques, les sociétés transnationales et les gouvernements du G8. Aujourd’hui plus que jamais, les tentatives pour faire glisser le monde entier à une limite sont visibles, jusqu’à utiliser la menace d’une guerre nucléaire par les États-Unis.

La protection du patrimoine naturel face au capitalisme prédateur est devenu un axe majeur de l’agenda de luttes de toujours plus d’organisations populaires et de mouvements sociaux. Se renforce ainsi un front commun contre la destruction de la nature et contre les fausses solutions « d’écologie de marché » et de « capitalisme vert », comme les marchés du carbone, les biocarburants, les OGM et la géo ingénierie, solutions qui sont promues par les centres pouvoir face à la menace du changement climatique. Nous dénonçons les gouvernements des pays du Nord géopolitique qui, plutôt que de penser à faire face aux graves conséquences du changement climatique, cherchent à éviter leurs responsabilités et à développer de nouveaux mécanismes de marché du carbone pour accroître leurs profits, comme le mécanisme de "Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts » (REDD), qui favorise la marchandisation et la privatisation des forêts et la perte de souveraineté sur les territoires. Nous refusons de tels mécanismes.

Nous demandons que ces pays réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre et qu’un Tribunal International sur la justice climatique soit créé. Nous réaffirmons les propositions de l’accord de Cochabamba, produit lors de la Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre-Mère, lesquelles reconnaissent que les vraies solutions face au réchauffement climatique sont la souveraineté alimentaire, la récupération des terres et la réforme agraire, l’agriculture paysanne et l’intégration et la solidarité entre les peuples.

Nous, mouvements sociaux sommes confrontés à une occasion historique de développer des initiatives d’émancipation à l’échelle internationale. Seules les luttes de nos peuples permettront de progresser vers la terre sans mal et de réaliser le bien vivre. Nous nous engageons à renforcer la lutte pour la souveraineté de nos peuples, la souveraineté alimentaire, la souveraineté énergétique et la souveraineté des femmes sur leur corps et leur vie, et la reconnaissance de la diversité sexuelle. Nous construisons des alternatives qui s’appuient sur l’accumulation des résistances et depuis les interactions de divers points de vue, anticapitaliste, antipatriarcal, anticolonial et antiraciste, en même temps que nous avançons sur un autre paradigme, fondé sur l’égalité, le bien vivre, la souveraineté et l’intégration fondée sur le principe de solidarité entre les peuples.

Asunción, Paraguay, le 15 août 2010

Traduction réalisée par Maxime Combes


 

SAKINEH LES ROMS ET LE PAKISTAN

 

http://www.tariqramadan.com/Sakineh-les-gens-du-voyage-le.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-sakineh-les-roms-et-le-pakistan-56283822.html

 


Sakineh, les Roms, le Pakistan...

lundi 30 août 2010, par Tariq Ramadan

Sakineh...

Cela fait plus de quinze ans que je demande que l’on cesse l’application des peines dites "islamiques" dans les pays majoritairement musulmans ; que ce soit les châtiments corporels, la peine de mort ou la lapidation. J’ai appelé à ouvrir un débat interne sur les textes, les conditions de leur application et les réalités du contexte social qu’il fallait nécessairement prendre en compte. J’ai appelé à un moratoire général permettant un débat de fond dans le monde majoritairement musulman. Certains à travers le monde (et dans de nombreux pays musulmans, notamment des ulamâ, des intellectuels et des croyants ordinaires) l’ont compris et ont soutenu cette démarche ; d’autres s’en sont moqué et sont allés jusqu’à exprimer leur rejet, "horrifiés et scandalisés" par une telle proposition. Le Président Sarkozy, Bernard-Henri Levy et consorts étaient parmi les plus médiatiquement indignés.

Or voici que l’Etat français propose... "un moratoire" sur la peine capitale au moment où l’on parle de la lapidation de Sakineh Mohammadi Ashtiani en Iran (il est assez pittoresque de lire dans Politis que la France défend désormais ma position et mon combat "sans le dire"). Tiens donc ! ... les scandalisés auraient-ils perdu la raison (puisque l’on me traitât de fou) ou seraient-ils revenus à une position raisonnable, juste et cohérente. Car enfin c’est bien en amont qu’il faut poser le problème et lutter contre des lectures et des applications réductrices, tendancieuses, voire populistes du code pénal islamique (les hudûd) : seule une approche globale, avec la participation des musulmans (ulamâ, intellectuels et citoyens), est à même de déboucher sur des résultats concrets dans les sociétés majoritairement musulmanes. Si l’on veut vraiment, à terme, réformer les choses.

Je m’oppose et je condamne l’application de ces peines dans les sociétés contemporaines que ce soit dans les pétro monarchies, en Iran ou dans les pays plus pauvres du Moyen-Orient, d’Afrique ou d’Asie. Ces applications contreviennent, au nom même de l’islam, à la justice, à la dignité et aux droits des personnes dans des sociétés où, au demeurant, le système judiciaire n’est pas transparent, pour ne pas dire clairement corrompu, et où les peines sont souvent le fruit d’instrumentalisation de la religion soit à des fins internes, soit pour se démarquer de l’Occident. Je m’oppose donc, et je condamne naturellement, l’application de la lapidation contre Sakineh Mohammadi Ashtiani. Ce ne peut pas être, ce ne doit pas être.

Je ne signerai pourtant pas la pétition lancée à l’initiative de quelques intellectuels français. Je ne doute pas de la sincérité de la majorité des signataires mais il est question de ne pas être dupe des intentions et du jeu des principaux initiateurs, à l’instar de Bernard Henri Lévy, de Marek Halter, voire même l’inénarrable pantin Sihem Habchi de Ni Putes ni Soumises, et de quelques autres encore... Maîtresses et maîtres des dénonciations sélectives et autres mises en scène médiatiques afin de se mettre du bon côté des sentiments et de faire oublier leurs silences complices en d’autres circonstances : c’est l’Iran qu’il faut attaquer (le grand ennemi, et notamment d’Israël...) et non les richissimes pétro monarchies amies (où l’on tue et lapide dans un silence complice). Point non plus de pétition pour les innocents de Gaza, point de pétition pour les pacifistes de la flottille de la paix. Ces mises en scène et ces condamnations sélectives et instrumentalisées sont simplement écoeurantes !

...Les Roms...

Ecoeurante également cette décision "légale" de renvoyer les Roms... avec, apparemment, l’assentiment d’une majorité de Français. Autre manoeuvre politicienne d’un Président de la République qui perdant du crédit à droite, au centre et à gauche va clairement glaner des voix à l’extrême de la droite avec des discours et des politiques populistes et dangereuses.

Hier, le Président français nous apprenait qu’il fallait désormais différencier entre "citoyens" et "citoyens", entre les citoyens "de souche" et les autres à qui l’on pourra retirer la nationalité. Avec l’assentiment d’une majorité de Français encore ! Voici revenir le temps de la distinction de l’appartenance et de la citoyenneté "au faciès"... des Français plus français que d’autres, des Français à examiner, potentiellement "en examen"...des Français pas tout à fait français. Jean-Marie le Pen a beau jeu de rappeler une vérité implacable : le Président annonce une politique que l’extrême droite appelle de ses voeux depuis quarante ans.

La France va mal. La France fait peur. Il est heureux, et si encourageant, de voir des politiciens et des intellectuels crier à la honte et aux déshonneurs. Il est heureux, et encourageant encore, de voir la hiérarchie de l’Eglise catholique, et certains de l’Eglise réformée, protester contre ces politiques d’exclusion et de renvoi massif et très fermement condamner les dérives de l’action gouvernementale vis-à-vis des Roms. A ces évêques, à ces prêtres, à ces femmes et à ces hommes, connus ou anonymes, nous disons : Vous êtes la fierté et la dignité de votre pays et les gardiens de sa conscience, contemporaine et historique.

Mais où sont donc passées les leaders et les représentants des associations musulmanes, et ceux des associations promouvant la diversité culturelle ? Pourquoi n’entend-on pas leurs condamnations, leurs critiques et pourquoi ne les voit-on pas soutenir les roms dans le respect et la reconnaissance ? Comment se peut-il que des citoyens français, avec une conscience et une origine, et/ou avec une religion, et/ou avec une éthique, se taisent devant des politiques inhumaines et indignes ? Quelle peur les habite qu’ils n’osent ainsi dénoncer l’inacceptable ? Quelle réduction de l’intelligence les fait-elle réagir en tant que arabes, noirs ou musulmans uniquement lorsqu’il s’agit d’un problème concernant les Arabes, les Noirs ou l’islam ? Ce silence n’est pas honorable, ce silence est déshonorant !

... Le Pakistan

Des inondations, des glissements de terrain... la mort, l’exil, les refuges. Des images de désolation, d’horreurs, de tristesse... Des dizaines de milliers de morts, des millions de sans-abris, des dizaines de millions de déplacés. Et pourtant le soutien international a mis du temps à réagir comme s’il y a avait "un blocage". Les Nations Unies et les ONG internationales ont dû intervenir à plusieurs reprises pour rappeler l’ampleur de la catastrophe et mobiliser un soutien approprié. Nous sommes encore loin du compte.

L’image du Pakistan n’est point bonne sur la scène internationale. Associé aux Talibans, à l’extrémisme islamique et à la violence, le pays peine - au coeur de la catastrophe naturelle - à émouvoir les consciences occidentales et internationales. Six ans après le tsunami - qui avait touché l’Indonésie principalement mais également beaucoup de touristes occidentaux - et dont les conséquences à long terme semblent moins graves que ce qui va advenir au Pakistan, il faut bien constater que la solidarité et l’engagement humanitaire sont à géométrie variable, influencés par l’air du temps et la politique émotionnelle bien plus que par la conscience lucide et universaliste.

Tout se passe comme si certains êtres humains "stéréotypés" avaient perdu de leur humanité, étaient moins dignes que d’autres d’être secourus. C’est proprement effrayant et pourtant si palpable, si vrai, si réel. On pourra critiquer tous les pouvoirs du monde, tous les médias et la terre entière, mais au bout du compte la question comme la réponse résident dans la conscience de chacun. Qu’est-ce qui motive mes indignations comme mes solidarités ? Mon engagement comme mes soutiens ? Est-ce mon appartenance sociale, communautaire, politique ou religieuse ou est-ce la commune dignité des femmes et des hommes de la planète ? Suis-je capable de voir, au-delà des couleurs de peau, des origines, des vêtements et des barbes, l’essence, la valeur comme la détresse des êtres humains ou suis-je le jouet de ces solidarités émotionnelles qui catégorisent et valorisent les victimes à l’aune de leur ressemblance à mon égard ?

Comment peut-on être pakistanais ? ...trois siècles après Montesquieu. Bonne question.... triste vérité. - La solidarité n’a pas de couleur, pas de religion, pas de classe. Quand les catastrophes naturelles s’abattent sur des êtres humains, il n’y a pas à réfléchir sur le fond et le soutien s’impose en même temps qu’il importe d’en considérer la meilleure des formes. Le Pakistan, mais également l’Inde et la Chine, ont besoin de notre soutien. L’Histoire témoignera de notre dignité si, et seulement si, nous leur avons reconnu la même dignité que la nôtre.

Sans catégories ni sélection, avec humanité et détermination.

 

lundi, août 30 2010

FRONT DE LUTTE POUR L EDUCATION

http://www.canempechepasnicolas.over-blog.com/article-appel-de-la-jeunesse-a-un-mouvement-unitaire-et-et-combatif-des-la-rentree-56110511.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-front-de-lutte-pour-l-education-56230220.html

 
APPEL DE LA JEUNESSE à un mouvement unitaire

Vingt six organisations de la jeunesse, SOS FAC, la Coordination Lycéenne Indépendante, SELF86, Sud Etudiant 84, l'Onde Violette, la FIDL 14, 66, 72, 74, l'UNL 17, 38, 44, 45, 59, 91, le SGL 02 et 50, SUD Lycéen 50, 57, 85, le comité Lycéen des Landes, Encore un Parti de Gauche (EPG) les JC 13 et 62, le NPA Jeunes 57 et le MJS 62 constituant le Front de lutte pour l’Education appellent à un mouvement unitaire et combatif de la jeunesse
dès la rentrée.

Comme nous le savons tous, un mouvement de grande ampleur s’organise début septembre. Dans l’éducation tout d’abord, avec une grève dès le 6 septembre, ce qui est plutôt rare ! Puis contre le projet de réforme des retraites le 7 septembre. Ces journées sont une réponse directe aux nouvelles attaques réactionnaires du gouvernement à tous les niveaux, de nouvelles attaques qui, nous le savons, ont la même origine ;

Une offensive globale néolibérale visant à spolier nos acquis sociaux sous prétexte de crise, une première depuis 1945… La jeunesse est, plus que jamais, touchée de plein fouet par cette offensive historique du capital ; répression policière et administrative, éducation privatisée, aides sociales menacées, contre réforme des retraites etc… Nous trinquons pour les actionnaires, le patronat, les élites “éclairées”, pour ceux qui jouent avec des milliards, pour ceux qui jouent avec nos vies !

La jeunesse à un rôle à jouer dans les luttes qui s’annoncent. Elle doit s’unir et s’organiser pour contrer cette menace. Il faut qu’elle oeuvre à l’édification d’un véritable rapport de force, en rupture avec les principales directions syndicales qui bien trop souvent font avorter tout mouvement de contestation en cherchant à se réapproprier les luttes menées par la base !

Assez de ce double jeu, le compromis n’est pas envisageable, seules nos luttes payeront !

Nous devons donc riposter afin de faire reculer une bonne fois pour toute le gouvernement allié du patronat, ce qui implique notamment le retrait total de la réforme des lycées et d’oeuvrer à l’édification d’une école véritablement égalitaire, émancipatrice et démocratique, en un mot, populaire, où tout le monde, élèves comme professeurs et parents, pourrait diriger la vie interne de l’établissement.

Une école réellement gratuite et accessible à toutes et à tous, avec ou sans papiers, garantissant les mêmes chances, les mêmes droits et étant 100% publique !

Et ce, en liaison avec le monde du travail, en revendiquant et en mettant en pratique la convergence des luttes pour la défense du service public dans son ensemble.

Car seule une riposte globale pourra nous assurer une victoire totale !?

C’est pourquoi le Front de Lutte pour l’Education appelle lycéens et étudiants à préparer dès la rentrée la grève interprofessionnelle du 7 septembre !

La journée de mobilisation dans l’éducation de la veille devant également servir à constituer des AG informatives ou décisionnelles, tout en faisant jonction avec le corps enseignant. Car seule une grève politique de masse fera plier le gouvernement allié du patronat et sera à même d’amorcer un mouvement de résistance solidaire à l’échelle européenne !



dimanche, août 29 2010

COLLECTIF CONTRE LA XENOPHOBIE D ETAT

Compte-rendu de la réunion du 22 août 

Ce 22 août 2010, le collectif contre la xénophobie d’État a tenu sa deuxième réunion, de 15 heures à 18 heures, 38 rue Keller, à Paris. On a pu se féliciter de ce qu’une autre réunion de collectif contre la xénophobie se soit également tenue à Lyon, Place des Terreaux, de 14 heures à 20 heures, et de l’annonce de la création d’un autre collectif à Tours. Une semblable réunion s’est tenue à Salon de Provence samedi.

Depuis la précédente réunion, a été créé le blog du collectif contre la xénophobie (http://contrelaxenophobie.wordpress.com). Celui-ci a publié une vingtaine d’articles en une semaine, mais la décision a été prise de tenter d’en faire un fil d’information continu, qui serait mis à jour en permanence, recensant l’ensemble des informations sur l’actuelle campagne raciste de l’État français.

A été adoptée l’affiche « Roms, gitans, manouches, et après ? Nous sommes tous en danger ! » (mise en ligne sur le blog), afin de la reproduire et de l’afficher en tous lieux.

Pendant trois heures, la discussion a roulé sur nombre de questions.

L’idée a été adoptée de réaliser une étude comparative des situations des roms dans l’ensemble des pays européens.

Le collectif contre la xénophobie a réaffirmé son intention d’essaimer dans autant de communes que possible, comme à Ivry-sur Seine ou Montreuil, d’où proviennent plusieurs participants de cette réunion.

Parmi diverses propositions, le mot d’ordre « attaquons-nous aux Bettencourt, pas aux Roms » a été suggéré, soulignant le scandale particulier qui consiste à fomenter une campagne raciste afin de détourner l’attention du public du scandale de la corruption aux plus hauts niveaux de l’État.

Plusieurs participants ont évoqué la situation à Montreuil où, depuis novembre 2009, une quarantaine de personnes (trente six, enfant compris) – qui occupaient depuis quatre ans un terrain dont ils ont été expulsés à l’occasion du Salon du livre pour enfants – errent de lieu en lieu, d’expulsion en expulsion.

Les responsables de la Mairie déclarent ne vouloir rien faire au delà des trois cent cinquante huit roms hébergés dans le « village d’insertion », dit MOUS, supposé leur permettre d’être « pris en charge et de s’insérer professionnellement et socialement dans la ville ». L’essentiel du budget d’un tel « village d’insertion » est consacré à la « sécurité ». Ceux qui y résident ne peuvent recevoir aucun type de visite sans l’autorisation du Préfet.

Le collectif a décidé d’envoyer des représentants à la réunion qui s’est tenue lundi à 18 heures 30 à la Mairie de Montreuil.
 
Étaient présents quelques dizaines de représentants de diverses associations et partis en activité sur la Commune de Montreuil et au-delà. Trois représentants des roms avaient été admis, in extremis, sur l’insistance d’une participante invitée.

Un groupe de travail a été organisé pour traiter de la question des OQTF (Obligations à quitter le territoire français) qui ont été signifiées, sélectivement, aux hommes de ces quelques familles. La mairie a informé de la possibilité de domicilier l’ensemble du groupe au CCAS (Centre communal d’action sociale). A été également évoquée la question des terrains disponibles, et la nécessité d’examiner les plans cadastraux à cet effet. Des participants ont défendu la solution simple consistant à procéder par réquisition.

Les porte-paroles de la mairie de Montreuil ont proposé que se tienne dans la semaine une deuxième réunion, plus restreinte, afin de rédiger un appel commun de la mairie et des associations. Le collectif contre la xénophobie est intervenu pour souligner qu’il ne suffirait pas d’une déclaration d’intentions, mais qu’il faut que la mairie s’engage d’urgence pour garantir, au moins, l’hébergement des 36 personnes ballotées depuis novembre, et provisoirement hébergée par une association protestante – jusqu’au 3 septembre.

Le collectif contre la xénophobie pourrait souhaiter participer à la prochaine réunion. Il s’agirait de défendre l’urgence qu’il y a à trouver une solution pour ces quelques personnes dont la situation est devenue emblématique dans le débat national qui s’est ouvert cet été à l’initiative du chef de l’État, afin de marquer le refus de la politique de chasse aux roms aussitôt mise en place par le gouvernement.

Les Verts, comme l’ensemble de la gauche, doivent clairement se prononcer, sans laisser la place à la moindre ambiguïté, pour affirmer leur opposition au contrat social raciste qu’on tente d’imposer en France.

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-collectif-contre-la-xenophobie-d-etat-56176605.html







COUR DE JUSTICE DE LA REPUBLIQUE

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20100829/tts-france-woerth-justice-ca02f96.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-cour-de-justice-de-la-republique-56169258.html

 

 

 

Nouveau front judiciaire dans l'affaire Woerth (Reuters)

La Cour de justice de la République (CJR), chargée de juger les crimes et délits commis par des ministres en exercice, pourrait être saisie de l'affaire Eric Woerth, écrit le Journal du Dimanche.

Le ministre du Travail est soupçonné de prise illégale d'intérêt et de favoritisme depuis la révélation d'enregistrements clandestins de conversations de Liliane Bettencourt.

Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a demandé au procureur général de Versailles, chargé du procès qui déchire la famille Bettencourt, des éléments du dossier susceptible d'accréditer ces soupçons, écrit le JDD.

Dans un autre courrier, il aurait demandé au ministre du Budget, François Baroin, de lui remettre une copie du rapport de l'Inspection générale des finances, selon lequel Eric Woerth n'est pas intervenu dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt.

Eric Woerth a, lorsqu'il était ministre du Budget, décoré de la Légion d'honneur Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de l'héritière de L'Oréal, qui avait également embauché la femme du ministre, Florence Woerth.

La gauche estime qu'il y a là un conflit d'intérêts car le ministre du Budget dirige l'administration fiscale et Liliane Bettencourt possède la troisième fortune de France.

COMMISSION DES REQUÊTES

Corinne Lepage, députée européenne et avocate, est à l'origine de ces requêtes faites par Jean-Louis Nadal.

"Depuis l'origine de l'affaire Bettencourt, la stratégie suivie est de contourner les organes normalement compétents", dit-elle dans le JDD. "Dans ce dossier, il aurait fallu saisir un juge d'instruction depuis longtemps !"

"J'ai donc écrit au procureur général près la Cour de cassation pour lui demander de saisir la Cour de justice du cas Woerth", ajoute l'ancienne ministre de l'Environnement, dirigeante du parti écologiste Cap 21.

La CJR, juridiction d'exception, a tenu quatre procès depuis sa création en 1993. Au printemps, elle a relaxé l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua dans deux des trois dossiers pour lesquels il était jugé, le condamnant à un an de sursis dans la troisième affaire.

Corinne Lepage estime que deux infractions présumées peuvent mener à la saisine de la Cour de justice: "son intervention éventuelle en matière fiscale pour un contribuable employeur de son épouse, et aussi la vente des terrains de l'Oise".

Eric Woerth est en effet accusé d'avoir bradé à des connaissances une parcelle de la forêt de Compiègne, dans l'Oise, lors d'une vente qu'il a supervisée en tant que ministre du Budget.

Le procureur général près la Cour de cassation est le magistrat qui peut saisir la Cour de justice en France, après avis conforme de la commission des requêtes. Le parquet doit auparavant accepter de transmettre le dossier à cette commission.

"Nous allons évaluer la pertinence des documents que nous avons demandés, et ensuite nous verrons s'il y a lieu de saisir la commission des requêtes", a dit au JDD l'entourage de Jean-Louis Nadal.

Selon cette source, aucun des documents demandés par des courriers du 17 août n'étaient parvenus au procureur général en fin de semaine.

 

samedi, août 28 2010

LARIJANI CONTRE AHMADINEJAD

 

Iran : Mahmoud Ahmadinejad en butte aux vives critiques du clan conservateur

Article publié le 18 Août 2010 par Marie-Claude Decamps

Source : LE MONDE Taille de l'article : 730 mots

Guérilla parlementaire, disputes avec le pouvoir judiciaire, le président iranien est sur tous les fronts.

Réélu avec de forts soupçons de fraude, en juin 2009, le président Mahmoud Ahmadinejad semble devoir gouverner dans la contestation. Pas celle de l'opposition réformatrice dont tous les dirigeants sont en prison, mais celle de son propre clan conservateur. Depuis des semaines, les passes d'armes se succèdent à Téhéran.

Premier lieu d'affrontement, le Parlement, présidé par Ali Larijani, ex-négociateur nucléaire, ex-candidat malheureux à la présidentielle de 2005 et, surtout, un des « poulains » fondamentalistes du guide suprême, Ali Khamenei. Or, Monsieur Larijani a refusé de laisser toute liberté à Monsieur Ahmadinejad pour distribuer, selon son habitude, des subventions à divers projets qui vident les caisses de l’Etat et coûtent cent milliards de dollars par an (soixante dix huit milliards d’euros). Le tout assorti de vives critiques sur la gestion économique « populiste » de l’équipe gouvernementale. Monsieur Larijani allant jusqu’à dire : « Nous devons améliorer notre situation économique (…) La prospérité, ce n’est pas de distribuer de l’argent à la population ».

De son côté, Monsieur Ahmadinejad a joué l’obstruction, refusant de signer plusieurs lois dûment approuvées pendant six mois. Et ce en fonction, parfois, disent les critiques, de ses inimitiés personnelles. Ainsi a-t-il gardé sous le coude le texte allouant deux milliards de dollars au métro et à la municipalité de Téhéran. La société en charge du métro est présidée par Mohsen Rafsandjani, fils de l’ancien président et poids lourd de la politique iranienne, Hachemi Rafsandjani, très critique vis-à-vis de Monsieur Ahmadinejad. Quant à Téhéran, son maire, Mohammad Qalibaf, candidat malheureux, lui aussi, aux élections de 2005 et ex héros de la guerre Iran Irak, il ne cache pas ses ambitions présidentielles.

Ensuite, c’est avec le pouvoir judiciaire, présidé par Sadegh Larijani, frère du président du Parlement, que le président iranien a croisé le fer. Furieux de ce qu’un de ses proches, Mohammad Javad Behdad, ex directeur de l’agence de presse Irna, ait été condamné à sept mois de prison avec sursis pour « publication de fausses informations », Monsieur Ahmadinejad a accusé la justice de « partialité ».

Réplique cinglante de Sadegh Larijani : « Quelle est cette façon d’accuser la justice de zèle lorsqu’un verdict ne vous convient pas ? (…) Nous attendons du président qu’il utilise un langage posé et digne à la place de son langage populaire habituel ».

Mais ce qui a vraiment suscité une levée de boucliers au sein du clan conservateur, c’est le soutien indéfectible de Monsieur Ahmadinejad à son chef de cabinet, Rahim Machaie, un spécialiste en opérations de propagande des gardiens de la révolution, dont la fille a épousé le fils du président. Déjà, à l’été 2009, Monsieur Ahmadinejad avait voulu, contre la volonté du guide suprême, nommer Monsieur Machaie vice président, et n’avait reculé que devant l’ire de Monsieur Khamenei.

Mais il y a quelques semaines, Monsieur Machaie, tentant une opération de charme auprès de quelques centaines d’iraniens de l’étranger, avait fait une déclaration étonnante. En gros, avait il expliqué, l’Iran et l’Islam sont deux entités différentes et c’est l’Iran la plus importante, ajoutant : « Si l’Islam n’était pas installé et mélangé à la culture iranienne, il serait enterré dans les sables de l’Arabie ».

Le clan fondamentaliste, qui a « parrainé » la réélection de Monsieur Ahmadinejad, est entré en furie. Le général Firouz Abadi, commandant des forces armées, des pasdarans et des volontaires bassidjis, déclarait : « Monsieur Machaie relève des tribunaux militaires. Ses déclarations sont dignes d’un agent infiltré ».

Puis, devant le refus du président de désavouer son conseiller, la presse ultra conservatrice s’est déchaînée. Le journal République islamique, qui appartient en propre au guide Khamenei, tire à boulets rouges sur le président iranien.

Quant à Kayan, il réclamait dans un éditorial la tête de Monsieur Machaie. Enfin, une lettre ouverte, signée par cinquante députés conservateurs, devait être lue, mardi 17 août, au Parlement pour inciter Monsieur Ahmadinejad à se séparer de son chef de cabinet.

Cependant, nombre d’analystes s’interrogent sur la stratégie actuelle du président : pourquoi cette « dérive ultra nationaliste » qui lui aliène une partie des conservateurs ? L’un deux, ex diplomate proche des réformateurs, nous a confié que, à son avis, Monsieur Ahmadinejad essayait de se « démarquer » précisément du clan fondamentaliste, en vue des législatives, dans un an et demi.

« Il s’est rendu compte que le discours islamiste dur a été déligitimé par la répression et que les opposants du « mouvement vert » proposent une version moderne du nationalisme. De plus, son image contestée rivalise de moins en moins avec celle d’Ali Larijani, par exemple, qui incarne le conservatisme traditionnel, mais intellectuel et responsable. Alors il cherche à créer une sorte de national populisme propre à séduire les classes moyennes ».       


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-larijani-contre-ahmadinejad-56119482.html

 

 

NOUS NE PARTONS PAS

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-revue-de-presse-article-de-robert-fisk-23-8-10-56035691.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-nous-ne-partons-pas-56116142.html

 


Le fléau que les Américains laissent derrière eux en Irak

par Robert Fisk*

The Sunday Independent (Afrique du Sud - 23/8/10)

Quand vous envahissez un pays, il y a toujours un premier et un dernier soldat.

Le premier homme à la tête de la première unité de l’armée d’invasion américaine qui a atteint la place Fardous, au centre de Bagdad, en 2003 était le Caporal David Breeze du 3ème bataillon, du 4ème régiment de Marines. Et pour cette raison, il m’a fait remarquer qu’il n’était pas un soldat car les Marines ne sont pas des soldats. Ce sont des Marines. Comme il n’avait pas parlé à sa mère depuis deux mois, je lui ai offert mon téléphone satellite pour qu’il l’appelle dans le Michigan. Tous les journalistes savent qu’ils auront droit à une bonne histoire s’ils prêtent leur téléphone à un soldat en guerre. « Allo » a hurlé Breeze, « Je suis à Bagdad. Je vous appelle pour vous dire que je vous aime. Je vais bien. La guerre sera terminée dans quelques jours. A bientôt ».

Et oui, ils disaient tous que la guerre serait finie rapidement mais ils n’avaient pas demandé leur avis aux Irakiens sur cette agréable opinion. Les premiers attentats suicides – un policier en voiture et deux femmes -  avaient déjà touché les Américains sur l’autoroute conduisant à Bagdad. Il y en aurait des centaines de plus. Il y en aurait des centaines d’autres en Irak à l’avenir.

Disons-le tout haut : nous ne partons pas

Aussi nous ne devrions pas être dupes de la farce recréée sur la frontière koweitienne dans les heures suivantes, le départ d’Irak des « dernières unités de combat » deux semaines avant la date prévue, ni des cris infantiles de « Nous avons gagné » de très jeunes soldats, dont certains ne devaient pas avoir plus de douze ans lorsque G. W. Bush a lancé son armée dans cette aventure irakienne catastrophique. Ils laissent derrière eux cinquante mille soldats, hommes et femmes, soit un tiers des forces d’occupation US, qui seront attaqués et qui auront de toute manière, encore, à combattre la résistance.

Officiellement, cependant, ils sont là pour entraîner les milices et les tireurs et les plus pauvres des pauvres qui rejoignent la nouvelle armée irakienne dont les commandants savent parfaitement qu’ils ne pourront assurer la défense de leur pays avant 2020. Mais ils seront toujours sous occupation car, il est certain que l’un des « intérêts américains » à défendre est leur présence, concomitamment  à celle de milliers de mercenaires armés et indisciplinés, de l’Ouest et de l’Est, qui tirent à tout venant pour garantir  la sécurité des diplomates et hommes d’affaires occidentaux.

Aussi disons-le tout haut : nous ne partons pas.

Au contraire, les millions de soldats américains qui ont traversé l’Irak laissent aux Irakiens un fléau qu’ils ont apporté d’Afghanistan : al-Qaïda. Ils y ont importé le virus de la guerre civile. Ils ont contaminé l’Irak avec  une corruption sans commune mesure. Ils ont imprimé le sceau de la torture à Abou Ghraib et les honteuses prisons d’Afghanistan. Ils ont confessionnalisé un pays qui, malgré la brutalité du régime de Saddam, avait, jusqu’à présent, rassemblé les sunnites et les chiites.

Le Dawa était « des terroristes », maintenant ce sont des « démocrates »

Et parce que les chiites vont immanquablement gouverner cette « démocratie », les soldats américains ont offert à l’Iran la victoire qu’il avait cherchée à obtenir si vainement dans sa guerre contre Saddam en 1980-1988. Les hommes qui avaient attaqué l’ambassade américaine au Koweït dans les mauvais jours, alliés de ceux qui avaient soufflé la base des Marines à Beyrouth en 1983, aident maintenant à gouverner l’Irak. Le Dawa, à l’époque, était « des terroristes » maintenant, ce sont des « démocrates ». C’est drôle comme nous avons oublié les 241 conscrits américains qui ont péri dans l’aventure libanaise. Le caporal Breeze devait avoir, alors, deux ou trois ans.

Ils sont venus, ils ont vu et ils ont perdu

Le désastre américain d’al-Qaïda en Irak a infecté la Jordanie avec les attentats à Amman, et le Liban de nouveau. L’arrivée des hommes armés du Fatah al-Islam dans le camp palestinien de Nahr al-Bared au nord du Liban, les 34 jours de guerre contre l’armée libanaise et les douzaines de civils morts ont été la conséquence directe du soulèvement sunnite en Irak. Al- Qaïda est arrivé au Liban et l’Irak, sous domination américaine, a réinfecté l’Afghanistan avec les attentats suicide, l’immolateur auto-consacré qui a fait des soldats américains des hommes qui se cachent au lieu d’hommes qui se battent.

Ils réécrivent l’histoire maintenant. Un million d’Irakiens sont morts. Tony Blair s’en moque, ils ne figurent pas, remarquez, parmi les bénéficiaires de sa générosité. Ni d’ailleurs la plupart des soldats américains tués. Ils sont venus, ils ont vu et ils ont perdu. Mais, maintenant, ils disent qu’ils ont gagné. Comme les Arabes, survivant avec six heures d’électricité par jour dans un pays désolé doivent espérer d’autres victoires comme celle-là !

Traduction : Xavière Jardez – Sous-titres « France-Irak Actualité »

* Robert Fisk est le correspondant à Beyrouth du journal britannique The Independent. Il est considéré, à juste titre, par le Financial Times, comme  « l’un des plus remarquables reporters de sa génération ». Ouvrages récents : La Grande Guerre pour la civilisation : l'Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005), La Découverte, 2005 et Liban, nation martyre, Editions A&R et du Panama, 2007.

 

 

 

 

IMMIGRATION REPERE ET CITOYENNETE

 

L'association "Immigration Repère et Citoyenneté" vous invite à une conférence de presse sur le thème de :

« Faut-il donner la nationalité française au faciès ou sur le choix de l’engagement politique du demandeur ? » - Réponse officielle à l’appui.

Celle-ci sera suivie par une conférence publique/débat sur le même sujet associé aux thèmes suivants :

Faut-il retirer la nationalité française aux exclus de la République ?

Quelles sont les vraies causes de la délinquance en France ? Et qui sont ces « délinquants » ?

Rendez-vous le vendredi 10 septembre 2010 à 19 heures
Médiathèque de la Rocade Jean-Louis Barrault à Avignon

Entrée libre

Contact téléphonique : 06 11 36 48 86

Contact électronique : immigrationstorys@yahoo.fr


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-immigration-repere-et-citoyennete-56115668.html


 

CRISE DU COMMUNISME

 

Vous trouverez ci-dessous la septième et avant dernière partie de la longue brochure de Francis Arzalier relative à la crise du communisme. Elle est disponible en totalité si vous consultez le site du collectif communiste polex.

Bernard Fischer

http://www.collectif-communiste-polex.org/mouvement%20communiste/Communistes%20de%20France%202.html

http://www.pcf.venissieux.org/spip.php?page=article&id_article=868


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-crise-du-communisme-56110074.html

 

ETAT DES LIEUX 2009

Les communistes en France sont aujourd'hui éparpillés en de multiples organisations, groupes, chapelles, plus occupées parfois à réciproquement s'excommunier, voire à s'encombrer d'adhérents relevant d'une autre mouvance, pour se donner l'illusion du nombre, qu'à convaincre une opinion désinformée. A ce niveau d'effritement, d'inefficacité autre qu'occasionnelle, la nébuleuse n'est plus une image adéquate. On penserait plutôt à un champ d'immeubles explosés, où s'agitent de ci, delà, quelques survivants préoccupés surtout d'eux-mêmes. Et pourtant, les communistes en France sont nombreux, dizaines de milliers de toutes conditions, qui portent en eux ce rêve singulier, que tous ses contempteurs ne cessent de vouloir tuer, après l'avoir décrété mort.

Le PCF en « risque » d'implosion

Grand corps malade depuis fort longtemps, riche de son histoire et son ancrage populaire, de ses lambeaux de communes plus très ouvrières, envahi de métastases opportunistes, le PCF, avec ses cent trente mille adhérents ( ?) , est encore celui où s'accrochent des milliers de communistes envers et contre tout. Aux dernières élections internes à l'organisation, préparant en 2008 son congrès, le texte redondant et mou proposé par la direction pour concilier les courants contraires, n'a recueilli que soixante pour cent des votes militants ; quatre sur dix se sont au contraire retrouvés autour des « critiques de gauche », opposés aux dérives opportunistes et à l'alignement sur le PS (« La Riposte » et ceux réunis avec André Gérin, député-maire de Vénissieux). Les plus droitiers au sein du PCF, cornaqués par l'ancien secrétaire général Robert Hue et Marie- Pierre Vieu, « idéologues » de l'allégeance à « la gauche » libérale, avaient si peu confiance en leur audience interne qu'ils ne proposaient pas leur texte propre au vote, et tinrent un congrès concurrent face à celui du PCF officiel. Le mode de fonctionnement étant au parti, ce qu'il est, que croyez-vous qu'il arriva ? A l'issue du congrès, une nouvelle direction, « conseil national » resserré ( ?) fut « choisie ». Les partisans de quarante pour cent de militants n'en sont pas, sauf deux ou trois, peu connus. Les droitiers, partisans d'une «large ouverture » au social-libéralisme qui firent mine d'en partir, peuplent massivement le conseil national, bien au-delà de ce qu'ils représentent en militants. Triste confirmation pour certains d'entre nous que la stratégie de reconquête interne du PCF est, par sa nature fonctionnelle, condamnée à l'échec.

D'autant que le PCF persiste et signe en 2009, à l'occasion des élections européennes. Alors que les partis de gauche, pourtant opposants aujourd'hui, s'obstinent à ne bêler qu'un message inaudible ; que le PS, définitivement droitier, a pour seul programme électoral les erreurs qu'il attribue à la droite sarkozienne, et son désir d'accéder à nouveau au pouvoir par défaut ; le PCF eut pu, si le bon sens l'avait saisi, constater que la majorité des français avaient voté contre « l'Europe » des banquiers, trafiquants de main d'œuvre et pourvoyeurs de bas salaires.

Il lui suffisait donc, pour surfer sur la vague, de se présenter en seul adversaire, opiniâtre, de l'Europe supranationale : elle fut au service du capitalisme dès sa naissance, et ne peut que le devenir un peu plus chaque jour, au gré du rapport de force actuel. Au lieu de ce discours très clair, le PCF s'est dépensé à prôner « l'autre Europe » ( ?), et a désarçonné encore un peu les électeurs qui restent. En s'alliant à un transfuge du PS, il se décolorait encore un peu en « Front de Gauche », risquant d'atteindre un score minuscule, bien en deçà de ce qu'il est encore, l'espoir toujours vivant d'un univers nouveau pour des milliers de communistes authentiques.

Bien qu'affichant depuis sa création un monolithisme sans failles, baptisé « centralisme démocratique », le PCF, organisme vivant, a toujours réuni des sensibilités diverses : durant la guerre d'Algérie, par exemple, ou quelques adhérents allaient jusqu'à porter les valises du FLN, quand d' autres, réticents, rechignaient à la fin de l'empire français. Le grand public, les électeurs, la majorité des militants même, s'en tenaient à la version majoritaire et réaliste, un parti uni dans sa « lutte de masse », pour imposer la paix en Algérie, par la négociation avec les nationalistes algériens.

Cet objectif, susceptible de convaincre une opinion française encore favorable aux thèses coloniales, était largement partagé par les adhérents : les minorités internes réticentes, colonialistes ou impatients, étaient faibles, isolées, et quittaient sans un mot le navire.

Toute autre est la situation depuis l'affaiblissement du parti, tiraillé aujourd'hui en groupes multiples, idéologiquement inconciliables. Si le mot « tendances » est proscrit, la réalité est bien présente, et fluctuante.

Ne nous attardons pas sur la réalité droitière, matricielle, de la dérive opportuniste de l'ensemble, qui conduisit le PCF « en mutation » sous la direction, quelques années, de Robert Hue. En font partie, autour de lui, d'anciens ministres PCF de la gauche, alors que d'autres, comme Fiterman, ont poussé la « logique unitaire » jusqu'au ralliement au PS ; et surtout de multiples permanents professionnels influents dans les régions, Ile de France ou Languedoc en alternance, comme Blotin ou Gayssot. Leur vulgate tactique tient en quelques principes : s'assurer l'appui électoral du PS en ne s'éloignant pas trop de ses croyances, en refusant par exemple l'idée de manifester contre la guerre israélienne à Gaza, ou celle des USA contre l'Irak.

Cette tendance rêve d'élargir le parti à d'autres sensibilités, écologistes, féministes, humanistes, pour en transformer la substance, à l'image revendiquée des « ex-communistes » d'Europe centrale et du sud. Cela bien sûr tout en gardant les clés de la « vieille maison », ses locaux, l'audience qui lui reste, quitte à l'engluer dans un financement extérieur, d'Etat ou d'entreprise. L'objectif n'est pas qu'ébauché, il est assuré de soutiens peu nombreux mais influents à tous niveaux de l'organisation, comité national, fédérations.

D'ores et déjà, une fondation dite « Péri », aux ressources abondantes et occultes, contrôlée par Robert Hue et ses fidèles, a repris la gestion de revues survivantes du PCF, et d'échanges internationaux (Afrique, Chine) que le parti n'assume plus. Ce phagocytage du parti par sa frange « gauche plurielle » va bon train depuis le congrès ; handicapé par sa faiblesse numérique en militants, il est redoutablement efficace par le contrôle des leviers de pouvoir dans l'appareil. 

L'ultime décennie du vingtième siècle a vu se déployer une palinodie presque surréaliste : à Moscou, Gorbatchev dissolvait sans autre forme de procès le PC d'Union soviétique dont il était le secrétaire général ; à Paris, son admirateur avoué Robert Hue jouait les fossoyeurs bonasses d'un PCF en déshérence, avant de devenir, quelques années plus tard, « la nouvelle coqueluche d'un PS en détresse » (Le Monde des 12 et 13 juillet 2009).

Dans le Landerneau 2009 du petit monde de la gauche française le résultat calamiteux des élections européennes devrait servir d'électrochoc : un PS définitivement ancré dans ses certitudes libérales, et réduit au choc des ambitions internes, ne peut plus prétendre phagocyter ses partenaires opposants de Sarkozy quand il ne réunit que 16 % des votants ; le PCF ne peut empêcher en son sein de voir surgir enfin quelques envies de rompre avec l'ascendant du PS, de faire naître une force nouvelle, une coalition de gauche anticapitaliste, liée aux luttes sociales et à l'anti-impérialisme, sans plus de concessions d'opportunisme électoral.

C'est à cette occasion que Robert Hue qui fut Président du PCF dont il n'est plus l'adhérent, se pose en défenseur de l' « Union de la Gauche », au sein d'une assemblée de dirigeants socialistes ; sénateur du Val d'Oise, grâce déjà aux suffrages du PS, il tient à le rester et se fait le porte - paroles des élus du PC tributaires du même parcours, des mêmes compromis politiciens ; ce faisant, il est très lucide : son « appel pour un pacte unitaire de progrès au-delà des appareils politiques  », réunissant des notables élus « communistes de gouvernement », PS, Verts, ou syndicalistes réformistes, est le seul moyen d'assurer la réélection des « cent quatre vingt cinq conseillers régionaux sortants » (du PCF).

Le choix est en effet pour les années qui viennent en France de la constitution d'un pôle anticapitaliste capable d'attirer à lui tous ceux qui rêvent d'une France socialiste, égalitaire, démocratique et pacifique refusant fermement tout accord organique avec les partisans du capital, qu'il ait pour maître - queue Strauss-Khan, Cohn-Bendit, Bayrou ou Sarkozy ; choix de rupture donc avec la stratégie de l' « Union de la Gauche », qui en 30 ans a démontré qu'elle était le masque idéal de la régression sociale, de la destruction des services publics, de l'aliénation monarchique et médiatique des esprits. Pour cela, le PCF devra effectivement perdre quelques centaines d'élus nationaux, régionaux ou locaux : sa renaissance révolutionnaire est à ce prix, qui n'a rien d'excessif.

Quels que soient par ailleurs le dévouement et les qualités de certains de ses membres, cette cohorte élue a-t-elle réussi à stopper les méfaits des pouvoirs successifs en place, privatisations, régressions sociales ? En fait, ces notables élus que Robert Hue défend sont devenus les cadres régionaux, locaux et nationaux du PCF, ses véritables dirigeants, par-delà les congrès et la volonté des adhérents : ils sont donc l'obstacle essentiel à la rénovation de ce parti sur une base anticapitaliste.

La direction du PCF a indéniablement le soutien de la majorité des adhérents, « légitimistes », quel que soit par ailleurs son manque total de charisme, y compris nombre de communistes authentiques, peu informés de l'histoire du parti dont ils sont adhérents sincères. Ce qui les paralyse et les confine à une prudence excessive, à un modérantisme parfois timoré, est l'attachement quasi religieux, irrationnel, à ce que fut en d'autres temps un bonus militant, et n'est plus qu'une duperie politique : « sauvegarder, par tous les moyens, l'unité du parti ». Au lieu donc de favoriser sa reconquête par les communistes, ils se résignent à admettre les compromis constants avec le réformisme le plus plat, y compris dans leurs rangs. Mieux, ils en redemandent, confondant élargissement de l'influence et compromis idéologique, navigation à la godille et plus grande ouverture d'esprit.

Les marges « rouges » du PCF

Le renouveau ne pourrait venir évidemment que de ces communistes à la gauche du PCF, qui sont d'accord pour refuser la « mutation » opportuniste du parti. Ils sont finalement nombreux, mais disparates, eux que la presse malintentionnée à leur égard (Monde, Figaro, Libération) a baptisé, curieusement, les « orthodoxes » : orthodoxes de qui, de quoi ?...

Une partie de ces mouvances a choisi délibérément de rester dans le PCF, et d'y lutter pour un objectif qu'elle croit, malgré l'expérience, plausible : la reconquête interne du parti, conçue comme un retour à la lutte de classes, l'anti-impérialisme et la fin des concessions opportunistes. Ils ont parfois, à l'aide d'un leader local bien implanté en tissu militant, réussi à devenir majoritaires : ce fut le cas des années durant, en Pas-de-Calais, avant que la direction fédérale réintègre le giron protecteur de Marie-George Buffet. C'est encore aujourd'hui, le fait d'une « section » du 15ème arrondissement parisien, de celle plus modeste de Béziers en Hérault, dont le représentant au conseil national proclamait son désir d'employer le scrutin à « faire péter (exploser) l'Europe ». C'est surtout le choix de Vénissieux, en Lyonnais, qui confère au député, André Gérin, un rôle reconnu de porte-voix des opposants à la gauche du PCF. Evincé des instances nationales de direction au dernier congrès, il a clamé un vigoureux refus de l'Europe institutionnelle : l'Humanité, journal qui s'affirme toujours communiste « sans dépendre du PCF », l'a passé en tribune libre ! Un autre groupe aussi est né d'un ancrage local, autour d'Aubervilliers en Seine Saint Denis, département en pleine mutation socio-politique. Il fut autrefois « ceinture rouge » de Paris, parsemé de « forteresses ouvrières » en voie de démantèlement : Saint Denis, Montreuil, Aubervilliers, où bureaux et logis de standing remplacent aujourd'hui ateliers et taudis lépreux, ont vu leurs mairies passer aux hérauts de « l'union de la gauche », ou aux « Verts », et le conseil général basculer au PS. André Karman, élu d'Aubervilliers, et ses amis, ont à contre courant, créé « la gauche communiste », qui ambitionnait d'essaimer dans les régions de France, et y parvint parfois,
localement.

Ajoutons pour être plus complet, sinon exhaustif, dans ce tableau mouvant des sensibilités organisées à la gauche du PCF, qu'elle peut se prévaloir du soutien de militants prestigieux, et âgés, proches des « vétérans », comme les héros de l'anti-colonialisme communiste, Henri Martin, Henri Alleg, les anciens députés Pranchère et Georges Hage Ces noms évoquent au PCF un passé glorieux : la direction les ménage quand ils contestent, comme on hésite à matraquer femmes et enfants, placés au premier rang des manifestants.

Ils sont en quelque sorte le lien ténu entre générations de militants, entre les groupes précédents, et ceux, très structurés, présents un peu partout en France, issus tous deux de ce qu'on nommait en 2000 « Coordination communiste ». Brisée par les divergences tactiques vis-à-vis de la direction du parti, et par des conflits personnels, elle a donné naissance au PRCF, animé notamment par le théoricien marxiste Gastaud, et à son émule concurrent l'URCF, dont Jean-Luc Sallé est l'un des dirigeants. Très actifs dans certains conflits socio-politiques locaux, ces militants le sont aussi beaucoup pour dénoncer la criminalisation du communisme européen. Ces actions assurent leur impact, notamment auprès de militants âgés nourris de leur rôle historique. Elles font aussi leur faiblesse, quand elles révèlent en style et analyses, une indéniable nostalgie a-critique du « socialisme réel », continent englouti pour les générations nouvelles.

Autre groupe influent à l'intérieur du PCF, « La Riposte », avec Greg Oxley, dont le texte programme fut approuvé par près d'un militant sur cinq, lors du vote préparatoire au congrès. L'analyse des résultats révèle l'aspect récurrent de certains clivages prétendument indépassables, pour des marxistes historiques. « La Riposte » a fait un succès attendu dans son fief toulousain, parmi les étudiants, mais aussi, à la surprise de beaucoup, parmi les salariés syndicalistes de Bastia, en Corse, ou d'Alès en Cévennes, qui se sont reconnus dans un discours axé sur la lutte des classes, qu'ils espéraient. Le paradoxe étant que « La Riposte » est le seul mouvement trotskiste organisé, affilié à un vaste panel de partis de la même obédience, d'Amérique en Asie et Europe de l'Est : en 2009, la querelle Trotski-Staline relève fort des vieilles lunes, et entre pour peu dans les choix des prolétaires de Bastia

Ces groupes sont en tout cas à la jonction entre ceux restés adhérents du PCF avec l'espoir de le changer, et la foule des communistes, aussi nombreux peut-être, qui croient cette lutte interne illusoire, comme le groupe Combat, animé par Guy Poussy en Val de Marne, ancien suppléant de Georges Marchais ; ou les « Rouges vifs », organisés à Paris et en banlieue, notamment par des militants de grandes entreprises (aéroport d'Orly, banques et journaux du 2ème arrondissement, cheminots des gares d'Austerlitz et d'ailleurs). D'autres « Rouges vifs » fort dynamiques, ont vu aussi le jour à Marseille, entraînés par le leader bouillonnant de la CGT des chômeurs, Charles Hoareau. D'autres collectifs communistes locaux existent en Loir et Cher, en Seine Maritime, etc, et drainent une audience locale, ou par le biais du net

Au sein de ce kaléidoscope, la donne eut pu être changée vers l'an 2000 par un journal mensuel, « Le Manifeste », dont l'ambition était de dépasser ces différences. Il vit le jour et atteignit quelques milliers de lecteurs, puis il mourut, de l'incapacité d'être autre chose que la voix des quelques uns qui notamment le finançaient.

Dans cet esprit « d'œcuménisme communiste », on peut citer « le collectif communiste Polex », groupe de réflexion sur les questions internationales, dont le nom se réfère à la « section de politique extérieure » active près de la direction du PCF jusqu'à son démantèlement par Robert Hue, aux temps de « mutation ». Ambitionnant ouvertement de réunir des communistes en dehors de tout groupe, pour confronter leurs analyses et lutter mieux contre l'impérialisme, il y est modestement parvenu, lors de débats animés, réfléchis, auxquels participaient des militants européens ou africains, des tenants officiels du PCF et leurs critiques, adhérents ou non de ce parti, défenseurs de Cuba, de la Chine, sans la moindre réserve, ou mesurés : le kaléidoscope actuel des communistes, en quelque sorte, pour raviver l'action militante. Une voie vers l'issue, peut être, mais elle reste bien lointaine Fils de Marx, de Trotski et Bakounine ?

Le conflit Staline-Trotski, transposé en luttes sans pitié entre troisième et quatrième Internationales à l'échelle du globe, a été quatre-vingts ans durant, une des guerres internes à la famille communiste, d'une rare intensité de haine et de furie. Fusillades et liquidations à Barcelone en 39, délations et exécutions réciproques, entre résistants anti-nazis en France, victoire « stalinienne » d'après guerre et marginalisation « trotskiste » : ne serait-il pas temps d'enterrer la hache de guerre, entre protagonistes qui n'ont jamais eu totalement raison ? Il est sain pour les historiens de Russie et des révolutions du monde, de questionner, encore aujourd'hui, les vieux débats vitaux de l'URSS, révolution mondiale permanente ou en un seul pays, état bureaucratique issu du peuple ouvrier ou technocratie politique. Le débat a été tranché dans les faits, et il ne répond guère aux questions d'aujourd'hui, sauf à forcer un peu le trait : Staline, le vainqueur, ne fit certes pas dans la dentelle en gouvernant.

Mais qu'eut fait à sa place Trotski, le créateur de l'Armée Rouge, qui eut tout de même avant sa chute, le temps de militariser les syndicats soviétiques, d'en faire les courroies de transmission des oukazes d'état ?

La discussion, donc, est forclose. Redouter les déviations d'état bureaucratiques ou policières n'est pas une spécialité trotskiste, mais un principe communiste à mettre en œuvre. Une majorité des militants actuels du NPA, de LO, du PT, n'ont d'ailleurs lu ni Trotski, ni Staline, et fort peu Lénine au demeurant ; pas plus d'ailleurs, pas moins, que ceux du PCF, qu'on le regrette ou pas.

Le NPA d'aujourd'hui est un nouvel habit : il fut durant quarante ans la Ligue Communiste, dont il faut rappeler la genèse. Surgeon du PCF à partir des années 60, elle est née dans ce chaudron existentiel qu'était alors le Quartier Latin étudiant, ponctué de hauts lieux le long du Saint Michel, rue d'Ulm et la Sorbonne, librairie Maspero et local de « Clarté », place Paul Painlevé. Les « étudiants communistes » parisiens (UEC) avaient alors tué le père, en rejetant la tutelle du parti, et de son délégué auprès d'eux, l'apparatchik dandy Roland Leroy. Bardés de citations de grands auteurs marxistes, ils se disputaient sous l'égide d'icônes imaginées, Trotski, Mao Ze Dong, Che Guevara. Les uns, dits « italiens » lorgnaient vers Rome et un PCI plus « ouvert » que celui de France ; d'autres voyaient déjà la Grande Muraille ou la Sierra Maestra en bords de Seine.

Cette cacophonie recouvrait toutefois la conviction commune « anti-parti », anti-soviétique, des turpitudes de Staline et de ses successeurs moscovites, embourgeoisés, trop conciliants avec l'impérialisme occidental. Le PCF fit le ménage à l'UEC, avec l'aide des étudiants plus mesurés de province, de Montpellier, Lille, etc qui expulsèrent les trublions. Telle fut l'origine des groupes trotskistes ou maoïstes qui, rejetés, se constituèrent en petits partis d'activistes intellectuels, de façon plus ou moins pérenne. Ils eurent leur heure de gloire en mai 68, quand les murs de Sorbonne occupée s'ornaient des portraits de tous les grands ancêtres, Marx et Engels, Bakounine et Blanqui, Mao, Staline, Gramsci et Trotski. Ces images, imberbes ou barbues, présidaient aux diatribes enflammées dont n'étaient exclus que les « stals » et les « fafs » de la droite extrême, les gros bras de la rue d'Assas.

Cela pendant que les usines étaient en grève, ou dans la rue. Une fois la fête finie, chacun rentré « chez son automobile » comme le disait Nougaro, ces groupes qu'on disait gauchistes ont mal vécu les atteintes du temps. Quelques uns des tenants de Mao et Lin Piao se sont perdus en combats clandestins sans issue. La plupart ont, c'est bien connu, rejoint le camp qu'ils combattaient, peuplant aujourd'hui le Medef, les grands médias conservateurs. Certains trotskistes aussi se sont déshonorés au fil des ans, ceux par exemple assidus à former de nombreux dirigeants du PS, comme Jospin. Les seuls méritant le respect, pour leur fidélité durant des décennies aux convictions premières, furent ceux de la Ligue Communiste, avec Krivine et Bensaïd. Elle ne fut, durant ce laps de temps, qu'un groupe structuré, militant et actif, mais inapte à jouer dans la cour des grandes organisations françaises : un effectif limité d'adhérents, aucun impact électoral notable, peu d'influence, à l'exception de quelques enseignants syndicalistes La « divine surprise » arriva pour la Ligue après l'année 2000, grâce au déclin opportuniste du PC français, son géniteur. Besancenot, intellectuel cultivé au bagout remarquable, fort d'une image télévisée de « facteur PTT à Neuilly » quand tant d'autres leaders étaient professionnels de la promesse électorale, fit bondir les scores de la Ligue aux élections, alors que Robert Hue dégringolait. De nombreux communistes, électeurs habituels du PCF, écoeurés par les palinodies réformistes de l'ex « parti des travailleurs » prirent dès lors l'habitude de voter pour « le facteur », l'un d'entre eux, qui disait enfin aux médias ce que le PCF devrait dire : que le PS était accroché à l'idéologie de droite, que la tactique « union de la gauche » relevait de l'escroquerie politique, que seules les luttes populaires étaient l'issue

Prenant parfois ces ralliements de circonstance pour une adhésion à leurs thèses, voire à l'héritage trotskiste ( ?), les leaders de la Ligue en firent hara-kiri, la baptisant en 2008 « Nouveau Parti Anticapitaliste », en profitant des bons sondages du « facteur » auprès de la jeunesse, des salariés déçus par « la gauche réelle ». L'avenir dira si l'opération réussit, si le NPA deviendra demain le grand mouvement de transformation socio-politique souhaité, ce n'est pas encore le cas. Mais surtout l'opération n'est pas sans risques politiques et idéologiques : supprimer le sigle communiste, le remplacer par une définition négative, tout droit sortie des grandes messes alter mondialistes, prônant un autre monde sans savoir lequel, n'est-ce pas risquer l'affadissement du projet, pour le seul objectif d'être les plus nombreux ? La Ligue a été protégée de la dérive opportuniste parce qu'elle n'avait pas d'élus à préserver : ce mal guette le NPA quand il a pour seul but aux élections européennes de 2009 de dépasser définitivement le PCF. Quand, pour « élargir » son audience, il s'en tient lui aussi à prêcher pour une « autre Europe », isolat de bonheur progressiste dans un continent capitaliste. A l'issue des élections européennes, le NPA doit constater l'inanité de son espoir : il ne saurait remplacer le PCF, héritier d'une longue histoire, saura-t-il en tirer les conséquences, arrêter de rêver à la mort du père ?

On trouve aussi des communistes indéniables à Lutte Ouvrière, qui fut longtemps le pendant concurrent de la Ligue, elle aussi d'origine trotskiste. Militante et active malgré son nombre limité d'adhérents, elle eut, plus que la précédente, des liens réels avec les luttes sociales en entreprise, notamment par le biais syndical. Mais ce n'est pas faire injure à certains de ses militants, dévoués comme on savait l'être au PCF il y a vingt ans, de noter comme un handicap un langage trop souvent connoté des années d'après guerre, voire une propension de quelques uns à la clandestinité sectaire.

Mêmes limites et mêmes qualités, dans le Parti des Travailleurs, relevant lui aussi des chapelles trotskistes antagonistes. Cela n'interdit pas toujours d'animer des luttes efficaces, localement, quand ses militants parviennent à se dépouiller de leur haine sectaire, originelle, obsessionnelle, du PCF et des autres fils putatifs de l'inventeur de l'Armée Rouge.

Reste à réintégrer à la famille communiste, malgré tous les fossés qu'a pu creuser l'histoire entre eux, ceux des anarchistes qui n'ont pas effacé l'héritage de Marx et de la 1ère Internationale. Il est vrai que l'individualisme libéral régnant aujourd'hui s'accommode très bien d'un libertarisme de salon, dénonce l'Etat quand il protège les plus faibles, et confond liberté et loi de la jungle marchande. Vrai aussi que depuis Ravachol, la violence irraisonnée a toujours été le meilleur argument du conservatisme social. Le procédé n'est pas usé : provocateurs stipendiés ou naïfs, les « Black Blocks »en ravageant récemment un quartier pauvre de Strasbourg, sous le regard complaisant de la police, ont réussi à déconsidérer la manifestation franco-allemande contre l'Otan.

Si ceux-là sont toujours le terreau des provocations politiques, il n'en reste pas moins que le temps est peut-être venu de réintégrer dans la galaxie communiste, une planète longtemps excentrée, souvent rétive à tout alignement, faite de militants syndicaux et parfois associatifs, qu'inspire l'anarchisme politique. On ne peut oublier une réalité bien longtemps occultée : qui sait encore qu'en banlieue nord de Paris, à Argenteuil en 1919, des anarchistes formèrent un soviet, inspiré de la révolution russe, embryon du futur PCF ? Pourquoi cacherait-on le grand nombre d'anarcho-syndicalistes, qui firent en 1920 au Congrès de Tours, sortir un PCF aligné sur les bolcheviks, d'un PS englué dans « l'Union Sacrée » opportuniste et « patriote » ? En 1921 encore, Moscou en révolution fit de grandioses funérailles à Kropotkine, le prince rouge et noir. Puis commencèrent les ruptures : elles durent encore. Il existe pourtant nombre de militants qui se disent eux-mêmes des « communistes libertaires », lutteurs sans compromis contre l'impérialisme guerrier, pour les immigrés sans papiers soumis aux caprices de la police et des patrons. Tout ostracisme communiste à leur égard est une perte de substance, pour un ensemble de courants pas encore en ordre de bataille.

On ne saurait exclure de la nébuleuse communiste, la petite cohorte de philosophes ou sociologues médiatisés, bien que nourris de convictions marxiennes ; ils sont capables d'analyses stimulantes et souvent pertinentes, quand ils savent se dégager de la bulle universitaire ou académique, qui leur laisse ignorer la réalité sociale en mouvement ; à condition aussi de ne pas prendre le petit monde d'internet sur lequel on cultive son ego pour le sel de la terre ; le petit peuple des trains de banlieue, si aliéné soit-il aujourd'hui, est le seul à pouvoir accoucher tôt ou tard de révolution sociale et politique, quand il conviendra de sa nécessité ; elle ne peut venir de seuls cénacles réservés à « l'élite intellectuelle », si critiques soient-ils.



 

 

vendredi, août 27 2010

UNASUR

 

Le sommet Chavez-Santos en Colombie: l’éruption d’une paix négociée grâce à UNASUR

Par Francisco Dominguez, secrétaire de Venezuela Solidarity Campaign

Les relations déjà mauvaises entre le Venezuela et la Colombie ont empiré à la suite des accusations de Luis Hoyso, représentant du gouvernement Uribe à l’OEA (Organisation des Etats Américains), selon lesquelles le gouvernement vénézuelien abriterait des guérilleros colombiens (mille cinq cent) et autoriserait sur son territoire des camps d’entraînement à la guérilla (quatre vingt cinq). Les preuves – déjà réfutées– de ce tissu de mensonges une fois encore venaient des « ordinateurs magiques » saisis par les forces militaires colombiennes lors de leur attaque militaire illégale du 1er mars, 2009.

Chavez a réagi par la rupture des relations avec la Colombie, entraînant une nouvelle dégradation  entre les deux nations, mais il a néanmoins envoyé son ministre des Affaires Etrangères pour assister à l’investiture de Santos. La réponse d’Uribe fut d’annoncer, la veille de cette investiture, que son gouvernement déposait une plainte formelle contre le Venezuela auprès du Comité Américain des Droits de l’Homme, et une autre contre le président Chavez lui-même auprès de la Cour Pénale Internationale. Par ailleurs, Uribe s’est déclaré prêt à témoigner devant la CPI contre Hugo Chavez.

Cependant, après d’intenses activités diplomatiques à l’initiative de UNASUR, Nicolas Maduro, ministre vénézuélien des Affaires Etrangères, Nestor Kirchner, président de UNASUR et Lula, président du Brésil (ce dernier ayant rencontré publiquement à la fois Hugo Chavez et Juan Manuel Santos au cours de diverses réunions séparées), ont réussi, en quelques jours, à transformer ce qui apparaissait comme une escalade inexorable vers une catastrophe, en un des retournements politiques in extremis des plus extraordinaires de l’histoire latino américaine récente.

Pendant son investiture, Juan Manuel Santos a stupéfié le monde en annonçant que son gouvernement aurait comme priorité de chercher à réparer et normaliser les relations de la Colombie avec le Venezuela et l’Equateur. Et dans un contraste saisissant avec la position dominante sous Uribe, Santos a déclaré : «  Le mot ‘guerre’ n’est pas dans mon dictionnaire quand je pense aux relations de la Colombie avec ses voisins » (à l’opposé du bellicisme d’Uribe). Par ailleurs, Santos avait antérieurement exprimé sa volonté, sous certaines conditions, de discuter même avec les guérilleros colombiens. Une nouvelle surprise allait suivre : Santos ordonna que les « ordinateurs magiques”  de Paul Reyes soient remis au gouvernement équatorien.

Les medias britanniques comme le Guardian, The Economist, la BBC, et bien sûr l’omniprésent Human Right Watch avaient, à l’époque, accueilli avec enthousiasme les « preuves » publiées par les autorités colombiennes. Quant aux media privés nord américain, leur attitude était encore pire. Comme on l’a appris, bien que ce ne soit pas l’objet d’une large diffusion par les medias, Ronald Coy, le chef de la police technique colombienne, avait révélé au cours d’une enquête officielle d’une part, que les données des ordinateurs avaient été manipulées avant d’être soumis à l’inspection judiciaire, et d’autre part qu’aucun e-mail n’y avait été découvert (ce qui n’avait pas empêché Rory Carroll, correspondant du Guardian en Amérique latine, d’avoir « lu » plusieurs e-mails sur les ordinateurs magiques, comme il l’avait écrit à l’époque). 

Bientôt nous saurons combien, parmi les “preuves” de Monsieur Hoyos, résisteront à l’analyse des “ordinateurs magiques” par l’Equateur. Le gouvernement vénézuelien a systématiquement réfuté ces accusations et jusqu’à ce jour, à part les apparitions régulières de “faux positifs” uribistes dans les medias, aucune preuve sérieuse d’aucune sorte n’a été fournie afin de corroborer les allégations selon lesquelles le Venezuela abriterait des guérilleros et des camps de guérilla sur son territoire, ou qu’il leur fournirait ressources et armes.

Le Venezuela et la Colombie partagent deux mille deux cent treize kilomètres de frontières très poreuses. Le conflit interne à la Colombie a la malencontreuse dynamique de déborder au-delà de ses frontières dans les pays voisins sous des formes diverses : guérilleros, paramilitaires, trafiquants de drogue, réfugiés et immigrés fuyant le conflit (environ cinq millions de colombiens résident de façon permanente au Venezuela). On estime que dans l’ensemble, la force militaire colombienne comporte trois cent mille soldats – proportionnellement la force la plus importante de la région, sept fois supérieure aux forces armées vénézueliennes - et  qu’elle bénéficie de sept milliards d’aide militaire par les USA (leur deuxième bénéficiaire au niveau mondial). Elle est cependant incapable de contrôler ce qui se passe sur son propre territoire où sévissent huit mille guérilléros armés, plusieurs milliers de paramilitaires actifs illégaux et beaucoup de trafic de drogue.  La plus grande partie de la cocaïne du monde (50%) est produite en Colombie. Le Venezuela se trouve donc géographiquement pris en sandwich entre le plus grand producteur et le plus grand consommateur de cocaïne d’un point de vue mondial, à savoir respectivement la Colombie et les USA.

Après l’investiture de Santos, les évènements se sont précipités. Grâce à la médiation de Nestor Kirchner, les ministres des Affaires Etrangères de Colombie et du Venezuela se sont rencontrés dimanche dernier à Bogota et ont annoncé que les présidents Santos et Chavez se rencontreraient dans une réunion extraordinaire au sommet, mardi 10 août en Colombie. Chavez a saisi immédiatement l’occasion offerte par son homologue colombien et a fait un appel aux guérilleros pour qu’ils trouvent une solution politique : «  les guérillas colombiennes n’ont pas d’avenir par les armes… en outre, elles sont devenues un prétexte pour que l’empire (US) intervienne en Colombie ce qui menace le Venezuela» a-t-il dit dimanche. Il leur a aussi demandé de montrer leur engagement à un accord de paix par « de façon convaincante, par exemple, en libérant tous ceux qu’ils ont kidnappés ». 

Il est clair que Santos voulait raccommoder les relations avec le Venezuela et l’Equateur et qu’il était prêt à accepter pour cela l’aide de UNASUR afin de faciliter sa rencontre avec Chavez. Si Santos est si déterminé à améliorer les relations entre la Colombie et le Venezuela et l’Equateur, c’est d’une part qu’il souhaite en finir avec l’isolement régional de la Colombie, et d’autre part que l’arrêt quasi complet du commerce avec le Venezuela pose un vrai problème à l’économie colombienne (leurs échanges commerciaux ont décliné de 73,7%). Il est aussi clair qu’Uribe savait cela et son attaque enragée de dernière minute contre le Venezuela visait sans doute plus Santos que Chavez. Uribe a désespérément essayé de torpiller le rapprochement colombo-vénézuelien avant de partir.

Ces efforts désespérés d’Uribe reflètent les actions de puissantes forces à Washington qui travaillent intensément pour que le Venezuela soit qualifié d’“Etat soutenant le terrorisme”, “Etat narcotrafiquant” ( en particulier au sein de Southcom et du Congrès). Ces forces souhaiteraient une solution « militaire » du soit disant « problème vénézuelien ». SOUTHCOM est très actif dans l’installation de bases militaires nord américaines partout dans la région, et a remis en place la 4ème flotte (mise hors service en 1950). Les USA ont déployé 20 000 soldats en Haïti après le tremblement de terre et posté d’importantes forces militaires au Costa Rica (7 000 soldats, 200 hélicoptères et 46 bateaux de guerre pour la fin décembre). Ainsi, qualifier le Venezuela de « soutien du terrorisme » n’est pas juste de la rhétorique droitière, cela peut avoir des conséquences militaires graves. Les dirigeants de la région sont très alarmés par ces évolutions et ont fait part de leurs inquiétudes.

Une des dimensions généralement omise des rapports entre la Colombie et le Venezuela est l’attitude de la droite vénézuelienne. Pendant les deux mandats présidentiels d’Uribe, à chaque querelle, elle prenait position de façon enthousiaste en faveur d’Uribe. Elle a fait de même cette fois encore, mais a été prise au dépourvu par l’annonce de Santos. Quand il s’agit de s’opposer au Président Chavez, la droite vénézuelienne perd le sens des proportions. Ainsi, par exemple, Cesar Perez Vivas, gouverneur de l’Etat de Táchira, et membre de COPEI, a été jusqu’à demander à Chavez de ne pas faire de la présence de bases militaires nord américaines dans ce pays une pré condition pour la normalisation de ses relations avec la Colombie. Alberto Nolla, un animateur de télévision, a suggéré qu’au cours de la crise déclenchée par les actions d’Uribe, les medias de droite au Venezuela étaient plus bruyants dans leur soutien à Uribe que les medias colombiens eux-mêmes. Un examen sommaire des principaux journaux de droite tels que El Universal et El National et des chaînes de télévision comme Globovision le confirment de façon concluante.

Ce qui est sans précédent c’est que l’administration nord américaine fut de facto réduite au rôle de spectatrice. Les USA ont soutenu les accusations contre Chavez à l’OEA (leur ambassadeur à l’OEA a déclaré « … notre préoccupation sur les liens entre le Venezuela et les FARC qui nous a empêché de reconnaître le Venezuela comme coopèrant entièrement avec les USA et d’autres dans ces efforts anti-terroristes ») mais ils ont été clairement mis sur la touche par la stratégie de la corde de raide de UNASUR qui a mené au rapprochement entre la Colombie et le Venezuela.

C’est Santos, Chavez et UNASUR (en particulier le Brésil) qui ont pris les choses en main (le gouvernement du Brésil a fait clairement comprendre qu’il voulait que la question soit réglée au sein de UNASUR, sans l’influence des USA. Il a proclamé que l’Amérique du Sud était une « région pacifique » et affirmé que les problèmes entre les pays devaient, en premier lieu, être traités bilatéralement). Cette réalité montre d’abord une confiance en soi croissante et une indépendance de la région vis-à-vis des centres économiques traditionnels, et d’autre part une prise de distance de plus en plus ferme envers les USA. Les plaques tectoniques ont bougé de façon spectaculaire et la plupart des dirigeants latino-américains ont l’impression d’avoir évité une guerre quasi certaine menée conjointement par Uribe et les USA.

Reste à savoir jusqu’où ce sommet mènera les deux pays. Ils ont décidé de rétablir complètement leurs relations dans tous les domaines et les deux présidents ont mis en place cinq commissions dans le cadre d’une déclaration de principes commune. Elles comprennent une commission sur la dette ; une autre sur la collaboration économique entre les deux pays ; une pour le développement d’un plan d’investissement sur leur frontière commune ; une autre pour une entreprise commune de travaux d’infrastructure ; et enfin une commission de sécurité. Les deux chefs d’Etat se sont engagés à collaborer dans la lutte contre le trafic de drogue, et les activités armées illégales paramilitaires. La Colombie a envoyé le président du parlement colombien, Armando Benedetti pour aider au processus de rétablissement complet des relations entre les deux pays. L’OEA a félicité Santos et Chavez pour leur diplomatie. Les peuples des deux nations se sont réjouis. Cependant toutes les questions en litige entre les deux nations n’ont pas toutes été traitées, ainsi les bases militaires nord américaines en Colombie, le besoin urgent d’un processus de paix en Colombie, et les accusations levées par Uribe contre le Venezuela devant la Cour Américaine des Droits de l’Homme et contre la personne de Chavez à la CPI.

Les chiens de la guerre sont, au moins temporairement, tenus en laisse. La paix a soudain fait éruption. Le rétablissement complet des relations entre le Venezuela et la Colombie est bien entendu très positif. Cependant, la pléiade de forces qui s’opposent à un programme de paix aussi étendu est aussi assez impressionnante. Pour commencer à sa tête se trouvent les USA, et elle inclut de puissants groupes économiques dans la plupart des pays de la région, tels que les séparatistes de l’Est de la Bolivie qui ont failli renverser le gouvernement de Morales en 2009 ; la droite vénézuelienne qui a réussi à évincer Chavez en 2002 (mais le peuple l’a remis au pouvoir) ; l’oligarchie colombienne elle-même ; la bourgeoisie pinochettiste chilienne extrêmement riche et puissante ; la droite en Argentine ; les très riches entrepreneurs de Guayaquil etc.. Tous ceux-là d’une manière ou d’une autre sont pour la militarisation nord américaine de la région comme solution de dernier recours face aux mouvements sociaux radicaux et aux gouvernements progressifs du continent. En attendant la militarisation étatsunienne de la région se poursuit à un rythme accéléré.

Il est dans l’intérêt de l’Amérique latine, très bien représentée à cette occasion historique par UNASUR, d’aider l’oligarchie colombienne à desserrer l’étreinte nord américaine très inconfortable dans laquelle l’a mise Uribe. D’un autre côté il y a les intérêts nord américains hégémoniques dans la région et leur dépendance croissante à cause du pétrole envers des gouvernements farouchement nationalistes qui affirment collectivement leur indépendance. Les stratèges politiques et militaires de Washington sont sans doute stupéfaits de ce rapprochement extraordinaire entre Santos et Chavez.

Les efforts insensés d’Uribe pour provoquer une guerre avec le Venezuela soulignent la situation impossible dans laquelle se trouvent les USA: confrontés à la révolte de leurs voisins du Sud, incapables de l’emporter politiquement, et dans l’impossibilité d’offrir le développement, le progrès, l’investissement, voire le mode de vie américain (the American Way of Life) qui est en train de s’effondrer aux USA mêmes, ils ont décidé d’avoir recours à la guerre pour maintenir leur arrière cour dans la soumission. L’Amérique latine a choisi la démocratie, le progrès social, la souveraineté nationale et la paix. Dans cet épisode, même l’oligarchie colombienne la plus fidèle aux USA a pris le parti du Sud et non du Nord. Nous verrons qui gagnera cette bataille historique en cours.


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-unasur-56070516.html

 

 

LETTRE DE BOUTAULT A GAUDIN

 

http://www.paris.lesverts.fr/article.php3?id_article=1988

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-lettre-de-boutault-a-gaudin-56069878.html

 


Jacques Boutault opposé à un « apéro anti-islam » Place de la Bourse à Paris.

A la suite de l’annonce d’une demande d’autorisation d’ une manifestation dénommée « apéritif républicain » Place de la Bourse, Jacques Boutault a adressé le courrier suivant au Préfet de Police de Paris, M. Michel Gaudin.

J’apprends que vous êtes en possession d’une demande d’autorisation d’une manifestation dénommée « grand apéritif républicain », programmée par l’association « Riposte laïque », le samedi 4 septembre sur la place de la Bourse à Paris.

En tant que maire du deuxième arrondissement, je tiens à vous faire savoir que je suis fermement opposé à ce que se déroule dans l’arrondissement dont j’ai la charge une manifestation qui, contrairement à son intitulé, bafoue les fondements de notre République en opposant des citoyens français sur des thèmes religieux, et qui se présente comme un nouvel « apéro anti-islam ».

Il m’apparaît de surcroît que l’objet de cette manifestation présente un risque sérieux de trouble à l’ordre public : les exemples récents d’apéros « saucisson et pinard » organisés à Paris, à Lyon et dans d’autres villes de France, sont là pour le prouver.

Bien que confiant dans la décision que vous prendrez, qui relève de votre seule responsabilité, j’estime important de vous faire connaître ma position.

Jacques BOUTAULT, Maire du deuxième arrondissement de Paris

 

mercredi, août 25 2010

MOYON CONTRE SARKOZY

 

http://www.mediapart.fr/club/blog/richard-moyon/170810/pour-ceux-qui-ont-la-tete-auvergnate-de-zidane-et-noah

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-moyon-contre-sarkozy-55950058.html

 

 

 

Pour ceux qui ont la tête auvergnate de Zidane et Noah

17 Août 2010

 

Par Richard Moyon

Chacun le sait, la volonté du président de la République de déchoir de la nationalité française les délinquants d'“origine étrangère”, de détruire les camps de gens du voyage, d'expulser les Roms et de priver les sans papiers du droit d'être soignés suivies des subtiles variations de ses seconds couteaux sur ces thèmes sont des gesticulations visant à faire oublier les retraites et à éclipser les petits arrangements entre amis –enveloppes, décorations, embauches et dégrèvements– chez les Woerth, Bettencourt et compagnie.

Trouvailles lumineusement simplistes de matamore du café du Commerce, ces idées sont dangereuses et pour la plupart inutiles, inapplicables, anticonstitutionnelles, démagogiques, vulgaires, d'inspiration pétainiste, voire “nazie” selon Michel Rocard. Elles donnent du pays une image lamentable. Mais elles sont aussi et surtout dévastatrices.

Enseignant en lycée professionnel en banlieue parisienne (et l'un des fondateurs du Réseau Education sans frontières), je travaille avec les jeunes que stigmatise M. Sarkozy. Je croise parfois quelques uns de mes anciens élèves «issus de l'immigration» devenus adultes, Monsieur et Madame Toulemonde, électriciens, employés de bureau, vendeurs, patron d'une petite entreprise de transport, profs de l'enseignement technique, commerçant, taxi, livreur, cadre technico-commercial, chef d'équipe, aide-soignante en maison de retraite (ces trois derniers ayant été des élèves sans papiers régularisés par l'action de leurs enseignants et de leurs camarades). Le discours du président de la République leur est une insulte comme pour les millions d'habitants de ce pays « d'origine étrangère » ou étrangers résidents en France, particulièrement quand ils ont la tête auvergnate de Zidane ou celle de Noah et qui, pourtant et heureusement, se sentent légitimement appartenir à la société française qui les reconnaît comme tels.

M. Sarkozy soutiendra que ce n'est pas eux qu'il visait. Formellement, certes. Mais c'est un vieux singe. Il sait parfaitement que la cible atteinte est bien plus large que ceux explicitement désignés par son discours. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a employé ces mots-là, dans cet ordre-là, à ce moment-là, conformément à un plan longuement mûri. Parmi les victimes collatérales de son discours de haine, mes élèves et des centaines de milliers de jeunes et d'adultes des quartiers populaires. Une partie des jeunes, des garçons mais aussi depuis quelques années, de plus en plus de filles, est effectivement en danger de marginalisation.

Issus de milieux pauvres, en échec scolaire, habitant des cités déglinguées, ne s'imaginant pas d'avenir, certains sont menacés de perdre tout repère. Mais loin d'être une solution, tout dans l'attitude et la politique de Sarkozy conforte les jeunes dans l'idée qu'il n'y a rien à attendre de la société, celle-là ou une autre.

 

L'admiration éperdue du président pour le monde de l'argent, sa propension à caser ses amis, son népotisme, les «coïncidences» de l'affaire Woerth Bettencourt et les dénégations officielles auxquelles personne ne croit, sont aux yeux des jeunes la preuve venue d'en haut que la raison du plus fort est la meilleure et le «pas vu pas pris» le fondement de la morale à la tête de l'Etat. Ses attitudes bravaches, ses défis puérils, y compris physiques, la vulgarité de son langage et de sa pensée légitiment le pire chez certains jeunes. La guerre qu'il ne cesse depuis presque dix ans de déclarer aux jeunes d'origine étrangère puisqu'il a lâché le mot, son refus maintenant de les reconnaître comme des citoyens de plein droit, les confortent dans l'idée qu'ils sont rejetés de la société.

Au bout du compte, M. Sarkozy donne raison à ceux de mes élèves qui, même avec leur carte nationale d'identité en poche, commencent leurs phrases par: "Vous, les Français". A leur grand étonnement, j'explose. Leur rappelant qu'ils sont tous de ce pays, qu'ils en aient la nationalité ou pas, qu'ils aient des papiers ou pas. Ils sont scolarisés en France, en langue française, ils sont de civilisation française. Je leur signale que les arrières-grands-pères de certains d'entre eux étaient tirailleurs dans l'armée française quand mes grands-parents maternels étaient encore en Espagne et ceux de Sarkozy du côté de chez Dracula. Bref, le message est qu'ils sont ici chez eux, autant que Nicolas Sarkozy, Carla Bruni ou moi-même. Et que s'ils n'y trouvent pas ce qu'ils sont en droit d'attendre, l'égalité, la considération due à chacun, une vie digne, ils ont le droit –le devoir!– de faire ce qu'il faut pour rendre ce pays plus juste et plus humain. Mais pas celui de s'enfermer ou de se laisser enfermer dans des particularismes dépassés. « On ne nous avait jamais dit ça » s'étonnent certains.

C'est ce discours éducatif et porteur d'espoir et ses innombrables déclinaisons dans la bouche de centaines de milliers d'enseignants, d'éducateurs, de responsables associatifs que le président de la République anéantit en quelques phrases venimeuses. Il exclut, bannit, incrimine «l'origine» là où elle n'a que faire. C'est irresponsable. Pathétiquement. On aura rarement vu dirigeant politique sacrifier l'intérêt général à ses intérêts partisans avec tant d'inconscience, l'avenir de tous à ses préoccupations particulières immédiates avec tant de grossièreté.

Déplorer l'irresponsabilité de Nicolas Sarkozy n'épuise pour autant pas la question. La riposte aurait du être immédiate, unanime. Pourtant, si les associations se sont fortement émues, à ce jour, les partis politiques sont restés beaucoup plus discrets.  Des dirigeants ont prétendu ne pas vouloir tomber dans le piège tendu par Sarkozy, préférant se cantonner au débat sur l'insécurité. D'autres ont justifié leur prudence en estimant «plausible» le sondage du Figaro selon lequel 80% des personnes interrogées approuveraient le discours de l'UMP. Ces considérations sont irrecevables.

L'offensive de l'UMP ne porte pas sur l'insécurité -cela fait bientôt dix ans que M. Sarkozy est en charge de la question, pérore en continu, fait des moulinets à chaque fait divers et finalement échoue. Rien de nouveau en ce domaine, donc. La nouveauté et la  provocation résident dans sa prétention à exclure de la nationalité française une partie de la population française au titre qu'elle n'en serait pas digne. C'est sur ce terrain que se place M. Sarkozy, c'est sur celui-là qu'il doit perdre. Inutile de se bercer d'illusions. Qui imagine les hommes du président abandonner le sujet parce que personne ne leur répond?

Quant à la thèse selon laquelle ce sujet serait un piège tendu à la gauche pour allumer une polémique sur un terrain qui lui est réputé défavorable, c'est une musique qui a trop longtemps été jouée à propos des sans papiers et qu'on préférerait ne plus entendre. Certains à gauche étaient très timorés, «pour ne pas donner d'arguments à la droite», et parce que «l'opinion ne comprendrait pas», etc. 

Si les choses ont évolué et si de nombreux élus et les partis de gauche s'investissent maintenant activement dans le soutien aux familles sans papiers, aux travailleurs, aux amoureux, etc, c'est parce que l'action d'associations (dont le Réseau Education sans frontières) et maintenant des organisations syndicales a mis au jour une évolution en profondeur des consciences. Il y a trente ans, Le Pen entamait sa seconde carrière politique sur le thème «La France aux Français, les étrangers dehors». Ce langage et ces thèmes sont devenus impossibles aujourd'hui. «L'immigré» est Français, ouvrier, employé de bureau mais aussi chirurgien, prof, avocat, restaurateur, ministre et même sportif. L'immigration a diffusé dans presque toutes les couches de la société. On ne compte plus les familles dont l'un des membres, cousin, belle-soeur, petit-enfant, conjoint, est «visiblement» d'ascendance étrangère.

Oui, la société française est métissée, elle le sera de plus en plus, comme celle de tous les pays du monde selon toute vraisemblance. Et le plus important et finalement le plus encourageant est que de nombreux signes montrent qu'elle l'assume et même le revendique. D'une certaine façon, faut-il espérer, la population française est dans ses profondeurs plus en avance que ceux qui prétendent la représenter. Il faut parier qu'est en train de se produire ici ce qui s'est passé aux Etats-Unis il y a quelques années. Il y a quatre ans, personne n'aurait misé un dollar sur l'élection d'un Noir à la Maison Blanche. Et pourtant! Certes tout n'est pour autant pas réglé. Ni là-bas, ni ici.

Mais puisqu'un président de la République en perdition a cru habile de flirter avec le racisme pour se refaire une popularité, il faut qu'il soit défait sur ce terrain. Massivement, définitivement. Qu'il soit publiquement désavoué par les millions de femmes et d'hommes qu'il voudrait reléguer au rang de français de seconde zone et par toutes celles et ceux qui travaillent avec eux, vivent avec eux, les aiment et en sont aimés et font des enfants avec eux. Un refus et en même temps un geste d'espoir qui doivent être ceux des militants antiracistes mais aussi ceux des dirigeants politiques dignes de ce nom. Ils doivent être enfin et surtout, la réaction de dignité venue des cités, des quartiers, des lycées, des chantiers et des usines ou vivent et travaillent ceux que voudrait exclure M. Sarkozy: les futurs déchus de la nationalité française et ceux qui les aiment giflent Pétain 2010.

 

 

LANDINI CONTRE SARKOZY

 

http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-639.htm#titre-5

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-landini-contre-sarkozy-55948237.html

 

 

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

par Léon Landini, Résistant

Bagneux le 12 août 2010

C’est avec stupeur et indignation que j’ai pris connaissance du discours que vous avez prononcé le 30 juillet dernier à Grenoble.

Ce jour là, vous avez affirmé que : « La nationalité française puisse être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme, ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique».

Stupéfait et indigné parce que votre déclaration va totalement à l’encontre de l’article premier de la Constitution française qui stipule : « Tous les français sont égaux, quelles que soient leurs origines ».

Oui Monsieur le Président, égaux en droits et en devoirs, cela signifie que ce n’est pas parce que qu’un français est d’origine étrangère, (comme vous l’êtes vous-même) qu’il a moins de droits, ou bien qu’il est un français de moindre qualité.

Or dans votre discours, vous envisagez d’appliquer des droits différents selon l’origine de la personne. Il ne peut s’agir là que d’un déni de justice commis envers les français d’origine étrangère et tout particulièrement contre ceux qui dans les années 1940 ont combattu l’occupant, les armes à la main et acquis leur nationalité française « non par le sang reçu mais par le sang versé ».

Par ailleurs, je souhaiterais savoir comment vous allez déterminer « l’origine étrangère » d’un citoyen français ? Se pourrait-il que vous fassiez, comme l’ont fait dans les années 1940, les gouvernements fascistes de Pétain et Laval à l’encontre des juifs, c’est-à-dire, remonter jusqu’à la troisième génération ?

Après votre déclaration, Il me semble indispensable de rappeler les immenses sacrifices consentis aux cours des deux dernières guerres par ceux que l’on appelait alors « Les coloniaux » et dont les enfants ou les petits-enfants, aujourd’hui français, sont les premiers visés par cette loi, que vous souhaiteriez nous imposer.

Pourtant, les immenses nécropoles se trouvant sur le front de l’Est, aussi bien que celles se trouvant devant Rome ou Monte-Cassino, prouvent que des dizaines et des dizaines de milliers de « coloniaux » morts pour la France, reposent loin de leur terre natale.

Le souvenir de leurs sacrifices devrait vous amener à un peu plus de retenue envers les jeunes français descendants de ces soldats, «très souvent malgré eux », qui ont donné leurs vies, afin que notre pays puisse reconquérir son indépendance et sa liberté.

Si pour un même délit ou crime vous décidez d’appliquer des peines différentes en fonction de l’origine d’un individu, pourquoi la même chose ne se passerait-elle pas en fonction de l’opinion des personnes ?

Quelle garantie avons-nous que par la suite, ce même principe ne s’appliquerait-il pas à toute personne ayant commis un autre délit : par exemple, avoir fait grève, ou tout simplement ayant participé à une manifestation que vous n’auriez pas appréciée ?

Le sieur Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, (qui a été condamné le 4 juin dernier à sept cent cinquante euros d’amende par un tribunal pour injure raciale) avec ses nouvelles propositions, nous indique le chemin que votre gouvernement désire prendre.

Il a déjà annoncé vouloir étendre la déchéance de la nationalité française aux auteurs d’homicide, d’excision, de polygamie, d’actes de délinquances graves.

En ce qui concerne ces actes de délinquances graves, ne s’agirait-il pas, tout simplement, de ce que j’évoque au paragraphe précédent ?

Je vous avoue sans ambigüité, que le langage et les méthodes utilisées par votre gouvernement me rappellent ce que j’ai connu avant et pendant l’occupation, période que je croyais désormais révolue.

De toutes façons, quelles que soient les raisons que vous puissiez invoquer, je trouve qu’il est déshonorant pour notre pays que vous menaciez de retirer la nationalité française aux enfants ou aux petits-enfants de personnes qui, dans un passé récent, ont été l’honneur de notre France.

Car c’est un fait reconnu : soixante six ans plus tard les étrangers de « L’affiche Rouge », demeurent pour tous l’image emblématique de la Résistance armée française.

Par ailleurs, bien que vous vous présentiez comme les défenseurs de « L’identité nationale » je constate avec amertume que vous détruisez chaque jour d’avantage la « spécificité » et tout ce qui a fait la grandeur de notre Nation. Jusqu’à notre langue que vous malmenez sans vergogne et que vous vous attachez à faire disparaître en la remplaçant par un immonde « globisch ».

En tant qu’ancien Combattant Volontaire de la Résistance, comment ne serais-je point révolté en apprenant que Denis Kessler, un de vos proches amis, ait osé écrire : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire le programme du Conseil National de la Résistance…  Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie », sans que vous, ni personne dans votre entourage ne se soit insurgé contre ce qui est une véritable provocation à l’égard du monde de la Résistance, auquel vous faîte si souvent référence.

Comme tous les autres membres de ma famille, j’ai connu les agressions et les insultes racistes « Sale macaroni ! La France aux Français ! ».

Pourtant ma famille s’est engagée dès 1940 dans la Résistance (en décembre 1940 mon frère Roger et ses camarades ont fait dérailler, en pleine gare de triage de Fréjus-Plage, 8 wagons de marchandises qui partaient pour l’Allemagne).

En octobre 1942, j’avais seize ans et demi quand j’ai participé pour la première fois à un déraillement. Mes états de services dans la Résistance, (enregistrés au ministère de la Défense) mentionnent une quarantaine d’ennemis abattus.

En mai 1943, mon père et mon frère furent tous deux arrêtés et effroyablement torturés par les carabiniers italiens (évadés lors de leur déportation en Allemagne). Je fus arrêté à mon tour à Lyon en mai 1944, et « interrogé » par Barbie lui-même.

À la libération, mon père, mon frère, mes deux sœurs et moi-même avons tous obtenu la carte de Combattant Volontaire de la Résistance.

Mon frère, arrivé en France à l’âge de dix ans, marié à une française et père de deux enfants français, ne fut naturalisé qu’en 1947, il avait trente trois ans.

Toutefois, bien qu’étranger, il fut pendant la Résistance commandant de maquis et homologué Lieutenant de l’armée française avec parution au ” Journal Officiel “.

Il était invalide de Guerre et Médaillé de la Résistance – depuis son décès en 1962, une rue de Saint-Raphaël porte son nom.

Ma jeune sœur Mimi est Chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier dans l’Ordre National du Mérite. En ce qui me concerne, fils d’immigrés italiens, je suis né en France en 1926 au Muy (Var) et suis devenu français par option à l’âge de dix ans.

Je suis Grand Mutilé de Guerre – Ancien officier FTP-MOI – officier de la Légion d’Honneur – médaillé de la Résistance – décoré par l’Union Soviétique pour ma participation aux combats contre le nazisme – président de l’Amicale des Anciens (FTP-MOI) des Bataillons Carmagnole-Liberté et président de diverses associations d’Anciens Combattants.

Je tiens à préciser que les FTP-MOI, composés quasi exclusivement de combattants étrangers ou d’origine étrangère, sont aujourd’hui reconnus par de nombreux spécialistes de l’histoire contemporaine comme « le fer de lance de la Résistance armée française »

En revanche, un grand nombre « de ces bons français, défenseurs de l’identité nationale» qui avant guerre insultaient les étrangers, je les ai, après la libération, retrouvé en prison pour collaboration avec l’ennemi.

Qui étaient les plus français, Monsieur le Président ?

Il est vraiment intolérable et inadmissible, qu’une telle mesure mettant en cause les gens d’origine étrangère puisse devenir une loi.

En espérant que vous vous ressaisirez et que désormais en France, pays de la liberté et des droits de l’homme, chaque Français, quelle que soit son origine, soit toujours traité avec le respect et la dignité qui est due à tout être humain.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, les salutations Républicaines d’un Résistant d’origine étrangère profondément attaché à la Nation française, à la justice et à la liberté.

 

LES ROMS DE SAINT DENIS

 

http://www.ville-saint-denis.fr/agenda/actualite/291-installation-de-familles-roms-passage-dupont.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-les-roms-de-saint-denis-55946407.html

 

Installation de familles Roms passage Dupont

Les élus continuent d’exiger de l’Etat la prise de toutes les mesures qui s’imposent afin de résorber les campements en assurant à la population Rom un accueil digne dans des terrains aménagés à cet effet sur l’ensemble du territoire

Le lundi 2 août 2010, plusieurs familles Roms originaires de Roumanie se sont installées passage Dupont sur quatre parcelles de terrain inoccupées qui appartiennent à la ville.

Depuis le 6 juillet, ces hommes, femmes et enfants dont la plupart sont scolarises à Saint-Denis, étaient en errance dans les rues de la ville, à la suite de leur expulsion par la Préfecture du terrain du Hanul, où ils étaient installés depuis plusieurs années, après voir fui les discriminations subies dans leur pays d’origine.

Les amalgames et les stigmatisations à l’encontre des gens du voyage et des Roms véhiculées par la réunion inter ministérielle du 28 juillet organisée par Nicolas Sarkozy ne sont pas acceptables.

Convaincue qu’il est possible de mettre fin à l'impasse des successions d'expulsions, la municipalité lance un appel à tous : habitants, associations, ONG, syndicats, acteurs publics et privés, architectes, spécialistes des habitats adaptés, de la gestion logistique d’un campement, juristes, ou enseignants, afin de démontrer ensemble qu'il est possible de faire autrement et de résorber dignement les bidonvilles.

Face à l’installation de ces familles et a l'approche de la rentrée scolaire, la municipalité a décidé de ne pas demander leur expulsion, qui les amènerait de nouveau à l’errance, puis à l’occupation d’un autre terrain, ce qui ne résout rien et aggrave leur misère, leur précarité et engendre des désordres publics.

La volonté de la municipalité est que cette installation soit réalisée dans des règles juridiques et administratives claires et transparentes. Elle a établi un cadre d’installation au travers de la signature d’une convention d’occupation temporaire limitée à un an au plus et d’un protocole de gestion du site. Ce protocole, accepté par les familles, rappelle la nécessité d’un respect strict des règles d’hygiène, de salubrité et de tranquillité pour le voisinage.

Par ailleurs, sur leur proposition, les familles présentes prendront en charge le paiement de l’eau et de l'électricité. De même, elles effectueront les démarches nécessaires pour l’inscription scolaire des enfants.

L’installation des ces familles sur ce secteur en plein réaménagement n’est que provisoire. Elle ne remet pas en cause les projets d’aménagement et des chantiers de logements programmés pour septembre 2011.

Les élus continuent d’exiger de l’Etat la prise de toutes les mesures qui s’imposent afin de résorber les campements en assurant à la population Rom un accueil digne dans des terrains aménagés à cet effet sur l’ensemble du territoire. Elle renouvelle sa demande répétée d’affecter le fort de l’Est à l’accueil des populations en errance.

Le maire, Didier Paillard, et le député, Patrick Braouezec, mobilisent de longue date de nombreux maires du département qui sont confrontés à cette même problématique. Tous ensemble ils demandent depuis plusieurs années la tenue d’une table ronde régionale, afin que l’accueil de ces citoyens européens soit organisé dans l’ensemble de l’Ile-de-France et d'obtenir la levée des mesures transitoires qui empêchent les citoyens roumains et bulgares de s'insérer par l'accès au marche du travail. Pour sa part, la ville de Saint-Denis contribue à une résorption digne des bidonvilles, elle accueille et a cofinancé sur son territoire depuis plus de trois ans un village d’insertion destiné à vingt cinq familles Roms. Une vingtaine de villages d’insertion en Ile-de-France, avec des règles de vie établies dans le dialogue avec les familles, suffirait à résorber dignement la totalité des bidonvilles actuellement existants dans la région.

Saint-Denis le 9 août 2010



 

 

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