Actualité: Convergence des luttes

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vendredi, janvier 27 2012

STOP ACTA

http://www.demosphere.eu/node/28126


Manifestation pour la défense de l’internet libre

Stop ACTA

Rassemblement à 14 heures le samedi 28 Janvier Place de la Bastille à Paris

Marche jusqu'à la place de la République. Pour un internet libre. Faisons circuler l'information !

Appel à la mobilisation mondiale le 28 janvier pour défendre la liberté d'internet.

ACTA (Accord Commercial Anti Contrefaçon), un accord qui menace la liberté d'internet.

Cet accord vise officiellement à protéger la propriété intellectuelle au niveau international. Jusque là tout va bien.. Mais le terme de "propriété intellectuelle" est volontairement flou. Il peut désigner des marques, idées ou informations. ACTA devrait donc s'attaquer à l'imitation de quelque chose soumis au droit d'auteur. Il suffira d'échanger une information copyrightée pour voir son accès internet supprimé et écoper de poursuites judiciaires.

Afin de vérifier que vous n'échangez aucun contenu soumis au droit d'auteur, ACTA va renforcer la surveillance. Les fournisseurs d'accès à internet devront vérifier toutes les données envoyées et reçues sur votre ordinateur. Il suffira de citer un article de presse dans un email ou d'envoyer un extrait de musique pour être pris la main dans le sac. Les informations seront alors envoyées à leur auteur et vous pourrez écoper à leur demande d'une amande ou d'une peine de prison.

L'accord ne profite qu'à une fraction d'industriels tels que les compagnies RIAA et MPAA (associations interprofessionnelles qui défendent les intérêts de l'industrie du disque et du cinéma). ACTA est la conséquence de leurs actions de lobbying auprès des gouvernements.

A nouveau la démocratie est bafouée et ce sont des accords liberticides pour internet qui pourraient nous être imposés par des personnes non élues. Cette censure pourrait de plus permettre de supprimer des informations gènantes comme c'est déjà le cas dans certains pays où l'on bloque l'accès à certains contenus, mots clés ou sites internet.

La seule solution c'est la mobilisation de toutes et tous dans les rassemblements prévus le samedi 28 janvier pour dire non à la censure d'internet, à la restriction de la liberté d'expression, à la surveillance totale de toutes nos activités en ligne, à la perte de libertés et droits civiques et à la perte de connexion internet pour ceux qui enfreindraient les nouvelles règles

 

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SOURIA HOURIA


http://www.souriahouria.com/2012/01/26/rassemblement-de-soutien-syrie

 

Rassemblement de soutien à la révolution Syrienne Place de Châtelet à Paris

Samedi 28 Janvier 2012 de 15 heures à 18 heures.
Mobilisons nous pour notre pays.
 Comité de Coordination de Paris pour le Soutien à la Révolution Syrienne

 

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jeudi, janvier 26 2012

BELLACIAO CONTRE SANDOVAL

 

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article124413

 

Compte rendu de l’audience du Jeudi 12 Janvier 2012 de Sandoval contre Bellaciao

 

Tout d’abord nous tenons à vous remercier des nombreux messages sur le site ou sur notre messagerie, ainsi que de vos souscriptions de soutien, qui vont nous permettre d’assurer la survie du site pendant quelques mois et de participer aux frais d’avocat.

Un grand merci à toutes et à tous

Ce site, nous l’avons fait pour vous, et vous nous le rendez bien, depuis bientôt dix ans.

Dans le procès en diffamation que nous a intenté Mario Sandoval, nous devons vous donner (avec  un peu de retard, désolés) des nouvelles de l’audience du 12 janvier dernier.

Nous reviendrons plus en détail sur cette affaire dans les semaines à venir mais en résumé :

La juridiction saisie a semblé un peu débordée par l’ampleur du dossier (neuf médias poursuivis, ce n’est pas rien). La Présidente a exprimé avec humilité les difficultés que présentait pour sa juridiction (touchée, comme tant d’autres par les politiques de réduction de personnel, de baisse de crédits) une telle affaire.

Devant les nombreuses irrégularités et causes de nullité soulevées d’emblée par tous les avocats, y compris le nôtre, devant la complexité de certaines questions de procédure, la décision a été prise de convoquer une nouvelle audience le 16 février, au cours de laquelle la Présidente rendra une première décision. Soit annuler la procédure, soit poursuivre sur le fond, au quel cas les plaidoiries se dérouleront le 5 avril.

Ces rebondissements sont porteurs d’espoir sur le fond mais ne nous arrangent que moyennement d’un point de vue matériel, comme vous l’imaginez aisément.

Mais bon, à la guerre comme à la guerre !

Nous en sommes donc là à ce stade, bien évidemment, nous vous tiendrons au courant de la suite des évènements.

Plus que jamais en faveur de la liberté d’expression des travailleurs, pour une information qui ne comporte aucun "chien de garde" (d’où qu’ils viennent), contre le capitalisme, pour le communisme et pour la révolution !

Nous souhaitons à toutes celles et à tous ceux qui luttent de bonnes manifestations, assemblées générales, grèves... demain 18 janvier, et si possible, on fait monter la sauce et on continue, on pousse loin, et à fond, sans parti-pris partisan, car jamais les élections à venir ne nous apporteront ce dont nous avons besoin pour vivre mieux !

Que vivent les luttes ! Construisons nos victoires !

Le Collectif BELLACIAO

 

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RELAXE POUR HOURIA BOUTELDJA

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1573



« Souchiens », relaxe de Houria Bouteldja

 

Le tribunal de Toulouse a en effet relaxé Houria Bouteldja, renvoyant tous ceux, de droite comme de gauche, qui avait tenté de discréditer le PIR par des accusations infamantes à leurs élucubrations désormais vaines. C’est pour nous une victoire importante. Non pas parce que la Loi aurait le dernier mot et le mot juste mais parce que la décision prise à Toulouse témoigne que les arguments racistes tels que ceux formulés par l’AGRIF sont encore loin de faire l’unanimité en France. C’est pour nous une victoire importante parce qu’elle montre également que les batailles que nous avons menées, avec d’autres organisations antiracistes, peuvent porter leurs fruits.

C’est une victoire importante aussi parce que la relaxe de Houria Bouteldja est une gifle donnée à tous ceux qui se prétendent antiracistes, qui défendent les droits humains et la liberté d’expression quand il s’agit de Charlie-Hebdo, et qui pourtant n’ont pas jugé bon de défendre notre sœur, prise pour cible par l’extrême-droite sur la base d’accusations fallacieuses. Nous saisissons cette occasion pour remercier par contre toutes celles et ceux et ils furent nombreux qui ont exprimé leur solidarité avec Houria Bouteldja et se sont battus avec nous.

C’est une victoire importante, enfin, parce que, au-delà de la personne de Houria Bouteldja et de notre parti, le PIR, l’enjeu de ce procès du point de vue de nos adversaires était non seulement de faire prohiber l’utilisation du néologisme « souchiens » mais surtout de légitimer la notion de « racisme anti-blancs » qui permet aux racistes d’inverser les relations réels de pouvoir et de prendre la posture de victimes. Le discours du « racisme anti-blancs » est ainsi de plus en plus utilisé depuis la révolte des quartiers en novembre 2005 pour stigmatiser les résistances des populations issues de l’immigration et des quartiers. Selon ce point de vue, la lutte contre le racisme aurait pour conséquence le développement d’un « racisme anti-blancs » qui serait la véritable menace qui pèse sur la « cohésion sociale » de ce pays. Grâce à notre détermination à ne pas reculer sur l’utilisation du terme « souchiens », le soutien dont nous avons bénéficié et la décision prise par le tribunal de Toulouse, l’arme raciste du « racisme anti-blancs » s’est enrayée. Nous ne pouvons que nous en féliciter.

Ce n’est cependant qu’une première bataille de gagnée. Nos adversaires ne rateront pas une occasion pour imposer la notion de « racisme anti-blancs » dans le langage politique et discréditer nos résistances. Nous saurons, quant à nous, rester vigilants.

Le PIR, le 25 janvier 2012

 

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FASE FDG ET LEGISLATIVES

http://www.lafederation.org/index.php?option=com_content&view=article&id=2242:lettre-ouverte-au-pcf-au-parti-de-gauche-et-a-la-gauche-unitaire&catid=261:elections-legislatives-2012&Itemid=210

 

Lettre ouverte au PCF, au Parti de Gauche et à la Gauche Unitaire

 

Aujourd’hui, l'urgence pour notre pays c’est la mise en oeuvre d’une réelle alternative à gauche. Bien sûr, le départ de Sarkozy est indispensable mais il faut créer les conditions qui empêchent le retour de la droite par la mise en oeuvre d’une autre politique fondée sur l’humain plutôt que sur la finance.

La politique de santé est attaquée, les droits sociaux sont saccagés, des universités sont en faillite, les étrangers sont traqués, la TVA « sociale » annonce de nouveaux cadeaux au capital et une montée du chômage. Oui, vraiment il y a urgence !

Dans ce contexte, nous avons à faire un travail considérable de mobilisation, un travail du même type que celui accompli pour le non au référendum, mais d’une plus grande ampleur.

Nous avons l’absolue nécessité de rassembler tous ceux qui veulent ce changement et qui viennent d’horizons différents : Écologistes - car notre alternative ne peut être qu’écologiste et sociale -, communistes, républicains, socialistes déçus, anticapitalistes, indignés en recherche de perspectives, acteurs du mouvement social, syndicalistes. Tous ont été marqués par des échecs et des renoncements, des querelles de chapelles et des divisions sans fin.

Mais nous devons rassembler aussi tous ces salariés en lutte pour que leur travail soit reconnu à sa juste valeur, les enseignants mobilisés contre les projets destructeurs de l’école, les « indignés » de tous bords,  les salariés que l’on jette à la porte des entreprises car pas assez « rentables » sans qu’à un seul moment on discute de l’utilité sociale de celles-ci ni du coût social de leurs licenciements, les jeunes des quartiers populaires dégoûtés de la politique. Il faut enfin convaincre ces ouvriers, ces chômeurs qui voient leur vie se dégrader et qui, désillusionnés, pensent que gauche ou droite c’est pareil et qui ne vont plus voter ou sont attirés par les illusions dangereuses du Front National.

Tous ceux-là et bien d’autres, nous voulons les rassembler.

C’est l’objectif que la FASE s’est donné depuis sa création. En juin 2011, au vu de vos réponses, nous avons décidé de participer au Front de Gauche, celui-ci représentant la seule tentative actuelle de rassemblement de la gauche de gauche. Nous voulons que ce front évolue, s’ouvre à d’autres, accueille des citoyens non encartés, des syndicalistes, des acteurs du monde associatif et que chacun s’y retrouve à égalité de droits et de devoirs, divers mais rassemblés.

Aujourd’hui, nous mesurons le chemin parcouru : la création d’assemblées citoyennes, le réel intérêt qui se manifeste autour de notre candidat commun Jean Luc Mélenchon, l’espoir que notre Front suscite chez beaucoup de gens, son élargissement à d’autres forces. Bref, nous avons avancé, mais hélas trop de freins, d’obstacles, d’inutiles divisions, nous empêchent encore de donner à voir toute la dynamique nécessaire aujourd'hui.

Dans trop de départements et de circonscriptions, des organisations politiques du Front de gauche sont repliées sur une vision étroite de leurs intérêts de parti ou entravées par des liens de dépendance au PS.

Cela se traduit par des freins à la création d’assemblées citoyennes, parfois même à des refus d’en créer, par la volonté d’en limiter les débats ou, dans la dernière période, d’en faire de simples comités de soutien aux candidats aux législatives.

On pourrait penser que des candidatures issues des autres composantes du Front de Gauche ou du mouvement social allaient de pair avec la conception d’un front élargi. Dans une situation bien différente, certes, Izquierda Unida a su le faire en Espagne.

Or, depuis des mois maintenant, les discussions n’aboutissent qu’à la proposition d’environ cinq ou six candidatures. Les autres devraient rester chasse-gardée du PCF, du Parti de Gauche et de Gauche unitaire. Ces « vieilles habitudes » qui reviennent au galop sont destructrices pour les capacités de rassemblement.

Faisons une proposition : Est-ce que vos trois organisations ne peuvent pas accepter que dix pour cent des candidatures, c'est-à-dire un peu plus de cinquante candidats, soient réservées pour d’autres formations du Front de gauche ou issues des propositions des assemblées citoyennes ? Nous choisissons un chiffre assez bas pour ne pas vous sembler excessif tout en étant significatif d'une véritable ouverture. Serait-ce une proposition tellement audacieuse qu’elle vous ferait peur ?

Il y a des périodes comme cela où il faut accorder les paroles et les actes. Faute de quoi, c'est l'ensemble de la démarche qui sera décrédibilisée aux yeux mêmes de celles et ceux que nous voulons associer.

Le temps est compté.

Soit nous créons ensemble et de façon visible une dynamique forte, comme en 2005, qui marquera les élections Présidentielle et Législatives et permettra de construire un Front durable capable de faire vivre, dans les urnes et dans les luttes, la construction d’une alternative sociale et écologiste à la société capitaliste.

Soit, renfermés sur nos petits intérêts particuliers, nos replis identitaires ou notre incapacité à sortir du modèle social libéral, nous perpétuerons des habitudes politiques dont se détourne un nombre croissant d'électeurs et nous n’irons pas jusqu’au bout des espoirs que nous avons suscités.

Nous ne reprendrons pas l’expression ancienne « Il faut changer de braquet ». Malgré tout, elle donne sens à ce que nous avons à faire, aux responsabilités qui sont les nôtres, aux possibilités considérables qui nous sont offertes et à l’urgence de changer de société.

Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique


Paris le 9 Janvier 2011

 

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mercredi, janvier 25 2012

TVA ANTI SOCIALE

http://www.promethee-1871.com/bonne-annee-2012


Bonne année 2012


En vitesse accélérée, aux accents mensongers de la défense de la protection sociale et de l’emploi, aux intonations cocardières sur le « produisons en France» et en misant sur l’effet anesthésiant de la perspective de l’élection présidentielle : le Président et son gouvernement veulent instaurer une TVA dite « sociale ».

De quoi s’agit-il exactement ? Après des décennies d’exonération sur la part dite « patronale » de la cotisation sociale (partiellement compensée par le budget de L’État), le Président se prépare à satisfaire une vieille revendication du MEDEF : diminution des cotisations contre augmentation de la TVA. Cela se traduira concrètement par une double baisse du pouvoir d’achat pour la population laborieuse dans son ensemble. Indirectement c’est une réduction du salaire socialisé (la cotisation sociale) entraînant de nouvelles coupes sombres dans les remboursements. Directement l’augmentation de la TVA – l’impôt le plus injuste – entraînera une augmentation des prix, y compris ceux des produits de première nécessité.

Il s’agit d’un acte de guerre sociale

Cette nouvelle agression vient après les deux plans de rigueur décrétés en 2011 et prépare la suite, à savoir une austérité généralisée. Dans les cartons gouvernementaux on trouve pèle mêle : le blocage, voire la diminution, des salaires et des retraites ; la poursuite des plans sociaux dans la fonction publique ; la liquidation du droit social par l’introduction de la flexibilité du contrat de travail et le chômage partiel (des mesures permettant de masquer statistiquement la montée du chômage) ; la fiscalisation totale des recettes de la Sécurité sociale passant d’une part par l’augmentation progressive de la TVA antisociale jusqu’à la disparition de la cotisation sociale et d’autre part par la fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu (option partagée à la fois par le MEDEF, l’UMP, la direction du PS et le FN; on se croirait en Grèce).

Ce vaste projet est connu de tous. Plusieurs de ces points sont déjà mis par le Président sur la table de la conférence gouvernement-patronat-syndicats du 18 janvier.

D’autres agressions sont en préparation dans un proche avenir, car pour les gestionnaires actuels de l’État du Capital – ainsi que tous ceux qui sont susceptibles de les remplacer s’ils s’inclinent devant le pouvoir des « marchés financiers » – il n’y a pas d’autre choix. Il est impératif de rembourser la dette dite « publique », plus exactement celle de l’État car le public (c’est-à-dire la masse des exploités) n’a jamais contracté cette dette.

Les fantomatiques « marchés financiers » ont une existence bien réelle : il s’agit de la classe dirigeante, autrement appelée la bourgeoisie. Cette classe est parfaitement consciente de ses intérêts et elle les défend en conduisant méthodiquement sa propre lutte de classe au moyen d’une puissante organisation centralisée : l’État.

La meilleure preuve de cette réalité est apportée par la question de la dette dite « publique ». Rappelons ce que disait Marx de cette dernière : « La dette publique, en d’autres termes, l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique.(…) Le crédit public, voilà le credo du capital. La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle doue l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire ne donnent rien[souligné par nous], car leur principal métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue à fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire. » (1)

Ainsi s’obstiner à reconnaître cette dette, même en demandant une expertise puis « un réaménagement négocié des dettes publiques, l’échelonnement des remboursements, la baisse des taux d’intérêts »  (2) c’est reconnaître la légitimité du capital à demeurer à la direction de la société. En d’autres termes c’est s’interdire toute politique de transition vers le socialisme.

Pour les victimes du Capital, toutes les victimes – ces quatre vingt dix neuf pour cent dont parlent les indignés dans plusieurs pays dans le monde – la question qui se pose est celle d’être en capacité de mettre un terme au pouvoir de nuisances de la classe bourgeoise. Personne, mis à part quelques charlatans, ne connaît à l’avance comment les victimes du Capital – elles aussi – parviendront à agir consciemment en classe sociale. Une chose est certaine : cela passe par l’expression systématique de la contestation de toutes les mesures du gouvernement, par le refus de collaborer avec lui (par exemple en boycottant sa conférence antisociale du 18 janvier), puis progressivement par l’auto-organisation et la manifestation de la volonté de briser les diverses machineries étatiques du Capital.

Emile Fabrol

Notes

1. Le Capital, livre 1, huitième section, chapitre 31, « la genèse du capital financier », pages 550 à 552, Editions sociales 1976

2. Le Programme du Front de gauche, page 70

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ANKARA DOHA PARIS ALGER ET DAMAS

http://www.rue89.com/2012/01/19/un-ancien-du-fis-incarcere-paris-en-attendant-une-extradition-alger-228510


Un ex du FIS incarcéré à Paris en attendant une extradition à Alger


Mourad Dhina, 50 ans, ex-cadre du Front islamique du salut (FIS, dissous en 1992), a été placé mercredi en détention à Paris dans l'attente d'une demande d'extradition d'Alger.

Exilé en Suisse depuis plusieurs années, Mourad Dhina a été arrêté lundi à l'aéroport parisien d'Orly, en exécution d'un mandat d'arrêt international émis par les autorités algériennes. La justice française est en attente d'une demande d'extradition de la part des autorités algériennes.

Mourad Dhina était l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par les autorités judiciaires algériennes qui le soupçonnent d'avoir des liens avec les GIA (Groupes islamiques armés). Il avait été présenté mardi soir au parquet général de Paris qui lui avait signifié son mandat d'arrêt.

Ecrou extraditionnel

Mourad Dhina, installé en Suisse depuis plusieurs années, se trouvait à Paris pour assister à une réunion du Bureau exécutif du mouvement d'opposition Rachad (Droiture) qu'il avait fondé en 2007 avec notamment des officiers dissidents, selon un communiqué du mouvement.

Cette arrestation par les autorités françaises fait suite à une demande du régime d'Alger exprimée officiellement par Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, récemment en visite en France, selon Rachad.

Le mouvement appelle les autorités françaises à libérer immédiatement un militant algérien « qui oeuvre pacifiquement pour la liberté, la démocratie et l'Etat de droit dans son pays », ajoutait le communiqué.

Son mouvement a organisé la semaine dernière une manifestation devant l'ambassade d'Algérie à Paris pour dénoncer la dictature militaire et la corruption du régime d'Alger.

Dhina proche de Madani et Belhadj

Fondé en avril 2007 à Londres, Rachad compte notamment parmi ses fondateurs le colonel Mohamed Samraoui, ancien officier du contre-espionnage qui a fait défection en 1996 ainsi que Larbi Zitout, ex-diplomate algérien aujourd'hui réfugié en Grande -Bretagne.

Mourad Dhina, 50 ans, père de six enfants, proche des fondateurs du FIS Abassi Madani et Ali Belhadj, a été condamné en 1997 en Algérie à vingt ans de réclusion par contumace. La justice algérienne l'accuse d'avoir des liens avec les groupes armés.

Ces groupes islamistes ont surtout été actifs dans les années 1990 et ont été à l'origine de nombreux attentats en Algérie mais aussi en France.

Interrogé en octobre 2002 par Swissinfo sur cette condamnation ainsi que sur les protestations de l'ambassadeur d'Algérie auprès des Nations Unies, Mohamed Salah Dembri, qui s'offusquait de sa présence en Suisse, Mourad Dhina avait indiqué que le FIS préparait des plaintes pour juger les généraux algériens.

« C'est la réaction logique d'un ambassadeur représentant une junte, un Etat totalitaire qui n'admet aucune opposition. Le FIS va mettre les projecteurs sur ces généraux algériens, criminels de guerre. Ils devront être jugés par des juridictions internationales pour les milliers de disparus. A côté d'eux, Pinochet est un enfant de chœur. »

Membre de l’instance exécutive du FIS à l’étranger

Désigné en 2002 membre de l'instance exécutive du FIS à l'étranger, Mourad Dhina est connu pour faire partie du mouvement El Djazara, mouvance dite algérianniste de l'islamisme.

El Djazara est soupçonnée d'être derrière le groupuscule FIDA (Front islamique du djihad armé), spécialisé dans les années 1990 dans les assassinats des intellectuels et des journalistes algériens.

Interrogé dans le cadre d'un documentaire sur la tragédie algérienne, Mourad Dhina justifiait ainsi ces éliminations physiques :

« Personne n'a pleuré nos morts parmi ceux là (…) Certains ont choisi une voie de confrontation, une voie de provocation d'une jeunesse, et qu'ils ont payé ce prix. Que ces intellectuels de gauche aient le courage d'assumer leur action, qu'ils disent nous nous sommes engagés dans une guerre et que certains d'entre nous ont payé de leur vie. Qu'ils en fassent des martyrs pour eux ! »

Une première depuis 2006

C'est la première fois que la justice française donne suite à un mandat d'arrêt international émis par les autorités algériennes contre un ancien dirigeant du FIS depuis la promulgation en Algérie en 2006 de la loi sur la réconciliation nationale.

Cette loi adoptée par referendum avait permit à plusieurs milliers de terroristes de bénéficier de mesures de grâce et d'amnistie.

Rabah Kébir, ex-dirigeant du FIS, réfugié en Allemagne, également condamné en Algérie à vingt ans de prison avec contumace, a pu se rendre à Alger en septembre 2006 sans être inquiété par la justice de son pays.

S'étant prononcé en faveur de la politique de réconciliation du président Bouteflika, Rabah Kébir avait été notamment reçu par Abdelaziz Belkhadem, SG du FLN, qui dirigeait à l'époque l'exécutif.

Ni le gouvernement algérien ni le gouvernement français n'ont commenté pour l'heure l'arrestation puis l'incarcération de Mourad Dhina.

 

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PREMIER ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION EGYPTIENNE

http://www.fr.news.yahoo.com/les-egyptiens-marquent-lanniversaire-la-r%C3%A9volution-du-nil-064202064.html

 

Les égyptiens marquent l’anniversaire de la « révolution du Nil »

 

LE CAIRE (Reuters) - Les Egyptiens affluaient mercredi sur la place Tahrir, au centre du Caire, pour marquer le premier anniversaire de la "Révolution du Nil" dans un contexte d'incertitudes et de divisions face au rythme du processus de transition politique.

Un an après le soulèvement populaire qui a renversé l'ancien dirigeant Hosni Moubarak, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui assure l'intérim dans la nouvelle Egypte, est soupçonné de chercher à s'accrocher au pouvoir.

Sous la pression de la rue, les militaires se sont engagés à restituer le pouvoir aux civils à l'issue de l'élection présidentielle prévue au mois de juin sans toutefois parvenir à convaincre l'ensemble des Egyptiens.

Bien décidés à faire entendre leurs voix, les manifestants pro-démocratie en pointe lors de la révolution du 25 janvier 2011 ont prévu de converger vers la place Tahrir, épicentre de la contestation, pour réclamer une nouvelle fois le départ immédiat du CSFA.

"Le Conseil militaire, c'est Moubarak", dénonce Amr al-Zamlout, un manifestant de 31 ans, venu dès mardi soir sur la place symbole du Caire.

Discrets lors des manifestations qui ont éclaté ces derniers mois, les Frères musulmans, dont le parti Liberté et Justice a remporté une victoire écrasante lors des premières élections législatives libres du pays, s'inquiètent d'une répétition du scénario de 2011.

Le chef de la confrérie musulmane, Mohamed Badie, s'est dit opposé la semaine dernière à l'émergence d'un nouveau mouvement de contestation contre l'armée.

"J'espère que nous serons tous rassemblés dans la joie de ce que nous avons accompli, pour conserver notre Egypte et répondre aux demandes de la révolution", a-t-il déclaré dans une interview à une chaîne de télévision égyptienne, Dream TV.

LEVÉE DE L'ÉTAT D'URGENCE

A la veille de l'anniversaire de la révolution, le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef du CSFA, a annoncé la levée partielle à compter de mercredi de l'état d'urgence en vigueur depuis 1981.

"J'ai pris la décision de mettre fin à l'état d'urgence", a-t-il déclaré mardi lors d'une allocution télévisée, ajoutant sans plus de précisions que la mesure continuerait à s'appliquer aux cas de "brutalités".

"Il ne s'agit pas d'une véritable levée de l'état d'urgence", a aussitôt déploré Essam Sultan, député du parti islamiste modéré Wasat. "La loi sur le sujet parle de lever complètement ou d'appliquer complètement l'état d'urgence", a-t-il souligné.

Les Etats-Unis ont salué pour leur part les "étapes importantes" franchies par l'Egypte cette semaine en vue de "sa transition vers la démocratie."

"Si de nombreux défis restent à relever, l'Egypte a parcouru un long chemin au cours de l'année dernière et nous espérons que tous les Egyptiens fêteront cet anniversaire dans l'esprit de paix et d'unité qui a prévalu en janvier 2011", indique la Maison blanche dans un communiqué publié mardi soir.

L'armée a gracié cette semaine quelque deux mille personnes condamnées par des tribunaux militaires depuis la chute d'Hosni Moubarak, dont l'opposant Michael Nabil.

D'après un groupe de pression crée après la révolte, "No to Military Trials" ("Non aux tribunaux militaires"), la justice militaire a traité pas moins de douze mille affaires depuis février.

Selon cette ONG, les condamnations ont été le plus souvent rendues à huis clos en l'absence d'avocats de la défense.

Répondant à l'une des principales revendications des manifestants, le président de la nouvelle Assemblée, Saad el Katatni, a annoncé mardi que le parlement allait mener sa propre enquête sur les violences de la révolution.

Au lendemain de sa séance inaugurale, les élus qui appartiennent pour un peu plus des deux tiers à des partis islamistes, ont débattu des moyens de rendre justice aux huit cent morts du soulèvement.

"Monsieur le président, cela fait un an, où est le verdict? La justice tardive, c'est de l'oppression", a lancé Akram al Chaïr, l'un des nombreux élus qui ont pris la parole pour demander justice.

"L'Assemblée va mettre sur pied une commission d'enquête à l'issue de ces discussions", a répondu le président de l'Assemblée et secrétaire général du parti des Frères musulmans.

Le ministère public a requis début janvier la peine de mort contre Hosni Moubarak, poursuivi pour sa responsabilité présumée dans la mort de huit cent cinquante manifestants tués lors du soulèvement populaire.

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mardi, janvier 24 2012

MANIFESTATION DES EGYPTIENS POUR LA REVOLUTION

http://www.paris.reelledemocratie.net/node/983


Manifestation des égyptiens pour la révolution

 

Mercredi, 25 Janvier 2012 à 17 heures Place du Trocadéro à Paris


Rendez-vous au départ de la manifestation des égyptiens du Trocadéro à l’ambassade d'Egypte) pour l'anniversaire de la révolution égyptienne et pour que la révolution continue 

Pourquoi la révolution égyptienne continue t elle ?

Un an plus tard, que s’est-il passé ? Avons-nous un système démocratique ? Le pouvoir est il revenu aux civils ? Un millier de martyrs et plus de huit mille blessés sont-ils tombés pour un régime militaire ? 

Les millions d’égyptiens, descendus le 25 Janvier 2011 dans la rue pour la chute du régime de Moubarak et un état démocratique et des droits de l’Homme, n’ont récolté qu’une année de sang et de plaies encore ouvertes.

Plus de treize mille citoyens, majoritairement des jeunes révolutionnaires, ont été jugés en cour martiale.

Les mouvements qui ont initié la révolution et les associations qui l’ont adoptée ont été diffamés.

Vingt sept manifestants coptes ont été tués et des dizaines blessés lors de leur rassemblement devant la télévision publique à Maspero le 9 octobre 2011.

Des dizaines de manifestants ont été tués ou énaculés rue Mohamed Mahmoud et devant le Conseil des Ministres fin novembre 2011.

Les manifestantes égyptiennes ont été traînées au sol, battues et déshabillées devant les caméras, ou en détention provisoire, contraintes à de prétendus « tests de virginité » nues devant des soldats sous la menace de procès pour prostitution ;

Les médias publics dénigrent sans cesse la révolution et font l’éloge de la nouvelle dictature militaire. 

Une année est passée, et les martyrs se sacrifient, plus nombreux, pour un état démocratique respectueux des droits humains et des revendications de la révolution, avec pour devises : Pain, Liberté, Dignité, Justice Sociale 

Le Conseil militaire monopolise le pouvoir, ignore les revendications de la révolution, maintient les privilèges de l’armée et préserve les piliers de l’ancien régime. 

En solidarité avec les Révolutionnaires libres d’Égypte, nous, Égyptiens de la diaspora et tous les signataires de cette déclaration, demandons :

Le transfert des pouvoirs législatifs à l’Assemblée du Peuple dès l’annonce des résultats définitifs du vote.

Le transfert de l’exécutif au Président élu sans attendre la fin de la rédaction de la Constitution

Une consultation citoyenne sur les critères de la Constituante pour une Constitution consensuelle plaçant l’Egypte sur la voie d’un état démocratique et souverain doté d’un régime semi-présidentiel.

L’épuration et la restructuration du ministère de l’intérieur « pour une police au service du peuple » et non du régime, la garantie de l’indépendance des médias, en particulier celle des médias publics, afin qu’ils expriment la volonté du peuple et pas celle du gouvernement.

Une commission d’enquête indépendante sur les crimes commis contre les manifestants depuis janvier 2011, la destruction des biens et du patrimoine culturel de la Nation, et les incitations aux conflits entre communautés

La libération de tous les prisonniers d’opinion et la révision par des tribunaux civils des procès de tous les civils condamnés par des cours martiales.

Le droit pour les égyptiens à l’étranger de participer à l’élaboration de la Constitution et aux Plans de développement économique du pays.

Le droit pour les égyptiens à l’étranger de voter aux élections quelque soit leur statut dans le pays de résidence (légal, sans papier..) et la citoyenneté entière pour leurs enfants avec la garantie de l’apprentissage de la langue arabe.

 

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LOI MEMORIELLE LOI COLONIALE

http://www.liberation.fr/monde/01012385077-les-francais-d-origine-turque-font-bloc


Lundi 23 Janvier 2012

Les français d’origine turque font bloc

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé, samedi à Paris, contre le vote, aujourd’hui au Sénat, de la loi réprimant la négation du génocide arménien

 Par Marc Semo

«Oh putain Ramzi, t’es où ?» hurle un jeune en survêtement sur son téléphone portable. Le petit groupe s’affaire autour de la banderole : «Faites gaffe les mecs à ne pas la déchirer.» Les drapeaux turcs sont partout ; des grands, dont ils s’enveloppent comme d’une cape ; des petits, agités en même temps que ceux aux couleurs de la France. Entre eux, ils parlent le plus souvent français. Ils sont nés dans l’Hexagone ou y sont arrivés tout gosses. Les jeunes sont les plus nombreux dans le cortège qui défile samedi à Paris, de Denfert au Sénat, pour protester contre la loi sanctionnant la «négation ou la minimisation outrancière» des génocides, dont le génocide arménien, qui doit être votée aujourd’hui par la Chambre haute.

Boomerang.«Je vote», clament les panneaux avec une reproduction de la carte d’électeur. «Citoyens français mais avec le drapeau turc dans le cœur, assure Yilmaz Betullah, artisan à Thiers (Puy-de-Dôme). Nous voulons montrer qu’il n’y a pas que les Arméniens qui comptent en France et qu’on ne peut pas voter des textes de loi qui stigmatisent tout un peuple.» Sur les pancartes, les mots sont soigneusement pesés : «Ni haine ni vengeance, juste la vérité» ou «Laissons l’histoire aux historiens». Parfois un cri du cœur : «Mon arrière-grand-père n’était pas un assassin.» Il s’agit d’éviter tout débordement nationaliste ou négationniste qui pourrait avoir un effet boomerang.

Cette manifestation très bien encadrée est sans précédent en France comme en Europe. Quelque cinquante mille personnes selon les organisateurs et quinze mille selon la police. Au moins vingt cinq mille selon notre estimation, rien qu’en comptant les passagers des cinq cent cinquante cars arrivés de toute la France, de Belgique et d’Allemagne.

Les consulats turcs ont mouillé leur chemise. Les associations ont, pour une fois, fait bloc, les islamistes comme leurs ennemis laïcs kémalistes, les groupes ouvriers de gauche comme les ultranationalistes. Seuls les Kurdes et l’extrême gauche ont refusé «la manifestation étatiste». Cette mobilisation marque le surgissement d’une diaspora de cinq cent cinquante mille personnes, souvent peu visible, sinon en Alsace, éparpillée sur le territoire. «Merci Sarkozy, qui nous a unis comme jamais», se réjouit Demir Onger, élu par la coordination des associations, qui assure vouloir «la réconciliation de deux peuples en laissant travailler les historiens». Dans le cortège, des jeunes filles avec le foulard islamique côtoient celles en jean. De vieux prolos moustachus défilent avec des ados en capuche. Des supporteurs brandissent des écharpes des clubs de foot de Galatasaray ou Besiktas.

«Acharnement». Pour tous, la nouvelle proposition de loi a eu l’effet d’un électrochoc. Il y avait déjà eu la loi de 2001 reconnaissant le génocide. Puis, en 2006, un premier projet de texte sanctionnant sa négation présenté par les socialistes, puis abandonné. «C’est de l’acharnement», s’indigne Fatih, de Romans (Drôme), qui s’est inscrit dès le 22 décembre sur les listes électorales. «On n’était pas intégré comme les Arméniens. Maintenant, on veut faire entendre notre voix», explique ce jeune maçon. Partout, les associations et les imams ont mené campagne. Avec succès. Par milliers, ils se sont précipités en décembre dans les mairies. Il y aurait aujourd’hui cent quatre vingt mille électeurs français d’origine turque. «Mais pour qui voter ? Hollande, dans cette affaire, est sur la même ligne que Sarko», soupire un entrepreneur.

Le plus important, dans l’immédiat, est de montrer sa force. Une nouvelle manifestation a lieu aujourd’hui devant le Sénat. «Nous sommes des citoyens de seconde zone», s’insurge un représentant de la puissante association islamiste Milligörus. Les laïcs, eux, s’inquiètent pour le modèle républicain français qui avait inspiré Mustafa Kemal. Murat Erpuyan, de l’association Ataturquie de Nancy, soupire : «Cette loi a pour effet de pousser encore un peu plus au communautarisme.»

 

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COMBATS A BANI WALID

http://www.fr.news.yahoo.com/des-combats-signal%C3%A9s-%C3%A0-bani-walid-au-sud-205033683.html


Des combats signalés à Bani Walid, au sud est de Tripoli


TRIPOLI (Reuters) - Des partisans de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi ont pris lundi le contrôle de la ville de Bani Walid à la suite de combats avec une milice fidèle au nouveau gouvernement qui ont fait quatre morts, ont rapporté des témoins.

Selon un habitant interrogé par Reuters, les deux camps ont tiré à l'arme lourde dans cette localité située à environ deux cent kilomètres au sud-est de Tripoli. Vingt personnes ont été blessées, a-t-il ajouté.

Un autre témoin a rapporté que les combats avaient désormais cessé et que les partisans de Mouammar Kadhafi contrôlaient le centre de Bani Walid, où ils ont déployé des drapeaux verts en signe d'allégeance à l'ancien régime.

"Ils contrôlent la ville désormais. Ils sillonnent la ville", a dit ce témoin, membre de la milice du 28-Mai engagée dans les combats de lundi.

Bani Walid, fief de l'influente tribu warfallah, a été l'un des derniers bastions de l'ancien régime. Au terme d'un long siège, les dignitaires locaux ont autorisé en octobre les ex-insurgés à y pénétrer, mais les rapports, émaillés de plusieurs reprises des hostilités, sont restés très tendus.

Selon l'habitant s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, les combats de lundi ont éclaté après l'arrestation de partisans de Mouammar Kadhafi, tué le 20 octobre à Syrte peu après sa capture. D'autres fidèles de l'ancien régime ont alors attaqué le QG de la milice en représailles.

"Ils ont massacré les hommes qui se trouvaient à l'entrée du siège de la milice", a dit cet habitant.

En novembre déjà, des combats meurtriers s'étaient produits en raison de la venue d'une milice issue de Souk al Djouma, un quartier de Tripoli, qui souhaitait arrêter certains habitants.

Ces affrontements illustrent l'incapacité du nouveau pouvoir, regroupé au sein du Conseil national de transition (CNT), à maintenir l'ordre en Libye alors qu'il est déjà confronté à de violentes manifestations à Benghazi, berceau de la révolution dans l'est du pays.

Un responsable des forces aériennes a déclaré à Reuters que des avions de chasse allaient être envoyés vers Bani Walid. Cette ville dispose de défenses naturelles car quiconque approche par le nord doit s'enfoncer dans une profonde vallée avant de remonter sur l'autre flanc, ce qui donne l'avantage aux défenseurs.

 

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ILS NE NOUS REPRESENTENT PAS

http://www.paris.reelledemocratie.net/node/985


Appel des indignés de Paris pour lancer une constituante


Les indignés de Paris ont décidé que ce pays a besoin d’une nouvelle constitution. Ils appellent à lancer les débats et la consultation avec la population par un référendum pour une constituante qui s’adresse à tous les habitants et à tous les citoyens.

Les parisiens iront, notamment avec ce mandat, à la première rencontre nationale des Indignés qui se tient du 4 au 5 février à Clermont-Ferrand

 Nous participons tous au changement. La constituante est un outil de ce changement. La votation du référendum pour une constituante, dont on compte mettre en place la campagne dès Février 2012 (comme pour la votation citoyenne pour la Poste), indiquera si la population voudra ou ne voudra pas que l'on change de Constitution.

Cela dépend de nous, de chacun.

Après de longues discussions, plus de deux mois dans la région parisienne, les décisions pour se lancer ont été prises le 11 décembre 2011 à Paris-La Défense (trente huit personnes), le 6 janvier 2012 à Paris-Nord (trois cent personnes) et le 22 janvier à l'Assemblée Générale de Paris  (soixante personnes). Les Assemblées de Paris-Belleville et Paris-Montreuil ne se sont pas encore prononcées. De plus, Paris, en tant que ville, n'est pas la première à prendre cet engagement, elle n'est seulement, à notre connaissance, que la cinquième. 

Cette campagne sera débattue à Clermont-Ferrand les 4 et 5 Février pour la première rencontre nationale du mouvement.

L’appel parisien à la constituante adopté le 22 janvier 2012

Appel des indignés de Paris pour lancer une constituante

Après Metz, Quimper, Nantes et Lyon, l'Assemblée Générale de Paris, décide de se lancer dans le processus de référendum pour une constituante ce Dimanche 22 janvier 2012, comme réponse à la question souvent posée "que voulez-vous ?" et à laquelle nous répondons toujours "la démocratie réelle maintenant ! "

Nous voulons qu'enfin le peuple lui-même soit décisionnaire.

Ce n'est pas aux gens de pouvoir d'écrire les règles du pouvoir. 

Parce que "nos rêves n'entrent pas dans leurs urnes" nous vous appelons, dans  toutes les villes et villages, à participer au référendum pour un processus constituant

Nos buts seront ceux que chacun  d'entre vous co-élaborera et co-organisera pour écrire une nouvelle constitution, sortir de l'ancienne politique, changer de système économique et institutionnel et mettre en place une démocratie réelle.  

Habitants, citoyens, nous vous appelons à ne pas attendre les présidentielles mais à mener d'ores et déjà campagne pour venir au référendum  et répondre à la question

Voulez vous une nouvelle constitution écrite par et pour le peuple ? Oui ? Non ? 

Partout,  du 14 au 22 avril et du 28 avril au 6 mai,  dans les villes et les villages, les  quartiers, sur chaque campus, devant chaque entreprise, dans tous les  lieux de passage, faisons fleurir des bureaux de votes, des assemblées, et faisons germer la démocratie.   

Des cahiers de "doléances" - propositions, indignations - permettront à ceux qui le souhaitent de contribuer à cette réflexion collective. 

Que là où les indignés ne se sont pas encore regroupés, se créent dès maintenant des comités  pour une constituante : à charge pour eux de commencer déjà leur campagne et d'animer les débats dans les rues, sur les places et, parfois, à l'abri. 

Nous avons laissé dormir 1789 dans les Musées. Nous  l'en sortons maintenant pour le changement. 

Nous appelons tous ceux qui le souhaitent, à nous  rejoindre et à participer activement au changement démocratique que nos vieilles institutions sont incapables d'entendre. 

Que les pouvoirs tremblent car ce peuple, uni, ne sera jamais vaincu ! 

Nous proposons, à tous ceux qui veulent faire vivre ce projet, de nous réunir à Clermont le 4 et le 5 février et le 7 et le 8 avril à Paris.  Nous y ferons le point avec les villes et les villages, sur l'avancement du référendum et pour préparer l'après référendum.

 

 

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lundi, janvier 23 2012

SEANCE INAUGURALE DU PARLEMENT EGYPTIEN


http://fr.news.yahoo.com/premi%C3%A8re-r%C3%A9union-du-parlement-%C3%A9gyptien-depuis-la-r%C3%A9volution-084117865.html

 

Première séance houleuse au nouveau parlement égyptien

 

LE CAIRE (Reuters) - La chambre basse du parlement égyptien issue des premières élections libres de l'après-Moubarak a tenu lundi sa séance inaugurale dans une ambiance rendue parfois houleuse par la forte domination des islamistes.

Bien qu'ils détiennent près de la moitié des sièges via leur parti Liberté et Justice (PLJ), les Frères musulmans se sont engagés à coopérer avec l'ensemble des forces politiques mais aussi avec les généraux assurant l'intérim à la tête du pays depuis le renversement d'Hosni Moubarak, le 11 février 2011, par un soulèvement populaire.

Quasiment un an jour pour jour après la première grande manifestation du 25 janvier 2011 contre l'ancien "raïs", plusieurs milliers d'activistes se sont rassemblés près du parlement, derrière un cordon de police, pour exprimer leur crainte d'une confiscation du pouvoir par une alliance de circonstance entre islamistes et militaires. "A bas le gouvernement militaire", ont-ils scandé.

La première séance plénière de l'Assemblée du peuple a été ouverte par Mahmoud al Saka, 81 ans, membre du parti Wafd, officiant comme président provisoire en sa qualité de doyen des députés.

"J'invite l'honorable assemblée à se lever et à réciter la fatiha (ndlr, la prière musulmane) en mémoire des martyrs de la révolution du 25 janvier (...) parce que c'est le sang des martyrs qui nous a conduits à ce jour", a-t-il déclaré.

Après avoir prié en silence, les élus ont prêté serment, certains arborant des écharpes jaunes en signe de protestation contre les procès militaires visant des milliers de civils.

VOTE RAPIDE

C'est alors que l'ambiance consensuelle de recueillement s'est évaporée. L'élu islamiste chargé de lire le serment des élus envers la nation et ses lois, Mamdouh Ismaïl, a ajouté ses propres mots ("tant que cela ne contrevient pas à la loi divine"), ce qui a conduit le président à lui demander de réciter à nouveau le serment sans ajout personnel.

Un vif échange a ensuite éclaté lorsque les députés se sont attelés à leur première tâche: élire le président de l'assemblée.

Un élu opposé à la désignation de Mohamed Saad al Katatni, candidat choisi par les Frères musulmans, a tenté de s'adresser à la chambre pour présenter sa candidature, ce que les députés islamistes ont empêché par un vote rapide. Secrétaire général du PLJ, Katatni a été élu président de l'Assemblée du peuple.

"Nous annonçons au peuple égyptien et au monde que notre révolution continue et que nous n'arrêterons pas tant que tous les objectifs de cette révolution n'auront pas été atteints", a-t-il lancé par la suite aux élus en s'engageant à faire preuve d'objectivité envers tous les parlementaires.

Les adversaires des Frères musulmans comparent la domination de la confrérie sur l'assemblée à celle exercée avant la révolution par le Parti national démocratique (PND) d'Hosni Moubarak, systématiquement vainqueur d'élections manifestement truquées.

Contrairement au PND, le PLJ ne dispose cependant pas d'une majorité absolue, ce qui va le contraindre à chercher des alliances.

"Aujourd'hui, nous reprenons la révolution. Nous avons perdu un an. Il nous reste du travail", affirme ainsi Kamal Abou Etta, figure du milieu syndical et membre du parti laïque Karama.

Parmi les manifestants rassemblés devant le parlement, Rasha Adel a crié sa désillusion: "Ce parlement est mort, c'est un fiasco. Comment pouvons-nous avoir un parlement avec une vieille constitution?"

Avec la chambre haute (choura), qui sera élue en plusieurs phases de fin janvier au 22 février, l'Assemblée du peuple doit constituer une commission de cent membres chargée de rédiger une nouvelle Constitution définissant les pouvoirs du président et du parlement dans la nouvelle Egypte.

FORUM

Interdits mais tolérés pendant plusieurs décennies, les Frères musulmans ont remporté trente huit pour cent des voix et disent contrôler quasiment la moitié des quatre cent quatre vingt dix huit sièges de l'assemblée, quelques scrutins partiels devant être ré-organisés. Ils ont devancé les salafistes d'Al Nour, avec lesquels ils contrôlent plus des deux tiers des sièges attribués au scrutin de liste au sein de la chambre basse du parlement.

Le parti laïque Wafd et le Bloc égyptien sont arrivés aux troisième et quatrième places. La coalition "La Révolution continue", dominée par les organisations de jeunes, a obtenu moins d'un million de voix et seulement sept sièges à la chambre basse.

Les Frères musulmans se sont cependant engagés à n'exclure personne des travaux de l'assemblée.

"Nous allons coopérer avec tout le monde: avec les forces politiques à l'intérieur et à l'extérieur du parlement, avec le gouvernement intérimaire et avec le conseil militaire jusqu'à ce que nous parvenions à la sécurité avec une élection présidentielle", a promis Essam al Erian, l'un des dirigeants du PLJ.

L'armée qui assure l'intérim via un Conseil suprême des forces armées (CSFA) a promis de restituer le pouvoir aux civils à l'issue de l'élection présidentielle prévue au mois de juin, mais certains soupçonnent les militaires de vouloir conserver les leviers dont ils se sont emparés.

La session parlementaire de lundi a ressuscité une assemblée qui, au début du vingtième siècle, était un forum plein de vie au sein duquel s'exprimaient les aspirations nationales de députés contestant le pouvoir du monarque et le protectorat britannique.

Cette voix indépendante s'est éteinte en 1952 avec le coup d'Etat de Gamal Abdel Nasser, ouvrant l'ère d'un pouvoir assumé par les militaires.

Selon certains observateurs, les généraux du CSFA n'abandonneront le pouvoir qu'après avoir obtenu l'assurance des Frères musulmans et des autres partis politiques qu'ils ne seront pas jugés pour la mort de manifestants.

Le ministère public a requis la peine de mort début janvier contre Hosni Moubarak, poursuivi pour sa responsabilité présumée dans la mort de huit cent cinquante personnes tuées lors de la révolution.

 

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FEUILLE DE ROUTE DE LA LIGUE ARABE

http://www.fr.news.yahoo.com/la-syrie-rejette-la-nouvelle-feuille-route-la-073331129.html


Damas dénonce un complot de la Ligue arabe


BEYROUTH (Reuters) - La Syrie a rejeté lundi la nouvelle "feuille de route" adoptée la veille par les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, qui invite le président Bachar al Assad à déléguer ses pouvoirs à son vice-président.

"La Syrie rejette les décisions du conseil ministériel de la Ligue arabe (...) et considère qu'il s'agit d'une violation de sa souveraineté nationale et d'une ingérence flagrante dans sa politique intérieure", dit l'agence de presse officielle syrienne, citant une source officielle qui parle de "complot contre la Syrie".

Comme prévu, la Ligue arabe réunie au Caire a en outre prolongé d'un mois la mission des observateurs déployés fin décembre pour veiller à la mise en oeuvre d'un premier plan, bien que leur présence n'ait pas mis fin à la répression.

Les autorités syriennes n'ont pas réagi à cette décision, mais le crédit de la mission a été largement entamé par la décision de l'Arabie saoudite, qui a rappelé ses observateurs en invitant la communauté internationale à exercer "toute la pression possible sur Damas".

Outre la mise à l'écart du chef de l'Etat, le nouveau plan de la Ligue arabe recommande la formation d'un gouvernement d'union nationale qui serait chargé d'organiser des élections législatives et présidentielle anticipées.

"Le fait que les pays arabes proposent une intervention aussi claire et qu'ils donnent (à Bachar al Assad) l'ordre de se retirer assorti d'une procédure pour le faire montrent combien sa crédibilité et sa légitimité sont entamées dans la région", juge le politologue beyrouthin Rami Khouri.

VÉRIFIER, PAS ENQUÊTER

"Le gouvernement syrien n'a appliqué aucune des dispositions du plan de sortie de crise arabe", a quant à lui regretté Saoud al Fayçal, chef de la diplomatie saoudienne, justifiant la décision de Ryad de rappeler ses observateurs.

"Après l'arrivée de la mission, l'intensité des violences a commencé à baisser", a en revanche affirmé le général Mohamed al Dabi, chef de la mission, lors d'une conférence de presse organisée au siège cairote de la Ligue.

"Notre travail était de vérifier ce qui se passe sur le terrain, pas d'enquêter", a poursuivi l'officier soudanais, précisant que les observateurs avaient recensé cent trente six décès tous bords confondus pendant la durée de leur mission.

Cette mission, entamée le 26 décembre, consistait à veiller à la mise en oeuvre d'un premier plan qui prévoyait le retrait des forces militaires déployées dans les villes, la libération des opposants et l'ouverture d'un dialogue avec leurs représentants. Damas l'a accepté le 2 novembre, mais la répression, dont le bilan s'élève désormais à cinq mille morts, selon l'Onu, s'est poursuivie sans discontinuer.

"Nous invitons la communauté internationale à prendre ses responsabilités et cela concerne nos frères des Etats islamiques et nos amis de Russie, de Chine, d'Europe et des Etats-Unis", a poursuivi le prince Fayçal.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont étendu lundi leurs sanctions (gel des avoirs et interdiction de délivrance de visas) à vingt deux personnalités et huit organisations syriennes.

REJETÉ SEULEMENT PAR LE LIBAN

Les divergences entre les vingt deux Etats membres ont pesé sur les débats, mais le Liban a été le seul à rejeter le plan adopté dimanche. L'Algérie s'est par ailleurs opposée à une saisine du Conseil de sécurité de l'Onu.

"Nous étions venus discuter du rapport des observateurs de la Ligue arabe (...) et subitement, cette décision a été mise sur la table", s'est indigné Adnane Mansour, ministre libanais des Affaires étrangères, interrogé lundi à son retour à Beyrouth.

"Hier, nous avons appelé à un cessez-le-feu de la part des deux parties, mais pour faire cesser les meurtres, nous nous sommes focalisés sur les autorités syriennes. Il n'est pas possible de continuer ainsi sans appeler les deux parties (à stopper les violences)", a-t-il poursuivi.

Le Conseil national syrien (CNS, opposition en exil), s'est en revanche félicité du plan de la Ligue. "Cela confirme que les pays arabes considèrent aujourd'hui que le régime tyrannique de Bachar al Assad est fini et qu'il doit être remplacé", a estimé son chef de file Bourhan Ghalioun, au Caire.

Interrogé sur les sanctions que la Ligue arabe à décidé d'infliger à Damas, le Premier ministre qatari, Hamad ben Djassem al Thani, président du comité chargé de la Syrie, a déclaré qu'elles seraient imposées par l'intermédiaire du Conseil de sécurité de l'ONU.

Or, la Russie et la Chine, qui ont déjà fait usage de leur droit de veto pour écarter un projet de résolution condamnant la répression syrienne, restent hostiles aux sanctions.

"La réalité, c'est que le bain de sang n'a pas cessé, que la machine à tuer est toujours à l'oeuvre et que la violence s'est répandue partout", a poursuivi le chef du gouvernement qatari.

Aux Nations unies, le représentant allemand, Peter Witig, a déclaré lundi à la presse que les décisions prises au Caire par la Ligue pouvaient "changer la donne, y compris pour le Conseil de sécurité".

"La Ligue arabe a décidé de demander l'aval du Conseil de sécurité pour ses propositions. Les membres du Conseil ne peuvent ignorer cette demande ou s'y opposer facilement".

"Nous croyons qu'une action ferme de la part du Conseil de sécurité est aujourd'hui plus nécessaire que jamais, un message clair destiné à la fois au peuple et aux dirigeants syriens", a-t-il dit.

Selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, basé à Londres, sept civils ont été tués lundi et douze ont péri dimanche.

L'agence Sana signale quant à elle la mort du général Hassan al Ibrahim et d'un deuxième officier, tués par des insurgés dans la province de Damas et fait état de onze morts à Homs, haut lieu de la contestation, dans le Centre.

 

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DOUZE JOURS APRES LA MORT DE GILLES JACQUIER

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/01/23/gilles-jacquier-une-mort-qui-eveille-les-plus-vifs-soupcons_1633385_3218.html#xtor=AL-32280515


Gilles Jacquier, une mort qui éveille les plus vifs soupçons


LEMONDE.FR | 23.01.12 | 17h57  •  Mis à jour le 23.01.12 | 18h32


Après le drame, est venu le temps de la commémoration. Ce lundi 23 janvier, confrères journalistes, amis et famille se réunissaient au théâtre éphémère de la Comédie Française pour rendre un hommage collectif à Gilles Jacquier. Si les mémoires gardent de lui l'image d'un grand reporter aguerri, récompensé par le prix Albert Londres, sa mort laisse un goût amer à ceux qui l'accompagnaient, ce mercredi 11 janvier, à Homs.

Les premiers témoignages des journalistes présents sur place laissent entrevoir les circonstances obscures de cette attaque, en plein chaos syrien. Au sein même de l'Elysée, on laissait, dès le lendemain du drame, poindre le doute : "Nous penchons pour une manipulation", indiquait une source proche du président, citée par Le Figaro, qui faisait remarquer que l'accident "tombe plutôt bien pour un régime qui cherche à décourager les journalistes étrangers et à diaboliser la rébellion".

La semaine suivante, le même quotidien cite d'autres sources anonymes – qui seraient issues de l'opposition syrienne à Paris pour l'une, de la Ligue arabe pour l'autre –, et attribueraient la responsabilité du drame à une "bavure" de l'Armée syrienne libre. Celle-ci a aussitôt démenti. L'information venait en tout cas corroborer la position de Damas, qui crie depuis le premier jour à l'attentat terroriste – soit à la faute des opposants au régime de Bachar Al-Assad.

Derrière ces divergences, viennent les versions de ceux qui étaient présents, sur place, aux côtés de Gilles Jacquier. Ces dernières retracent le fil tortueux des événements qui ont précédé et suivi la mort du journaliste de France 2. Et surtout, posent des questions qui restent aujourd'hui grandes ouvertes. Alors que le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête, deux reporters, Jacques Duplessy et Steven Wassenaar, vont porter plainte pour tentative d'assassinat. Un autre confrère présent à Homs, Sid Ahmed Hammouche, répond ainsi sans embage au quotidien suiss La Liberté : "Concluez-vous au traquenard ?" " Oui. Je dirais même qu'il s'agit d'un crime d'Etat. Avec du recul, on se pose beaucoup de questions."

Que faisaient Gilles Jacquier et les journalistes à Homs ?

Loin de l'expédition clandestine, le reportage de Gilles Jacquier pour l'émission "Envoyé spécial" était autorisé par les autorités syriennes, et facilité par la sœur Agnès Marie de la Croix, personnalité ambiguë qui affiche son soutien au régime. Jeudi 19 janvier, l’émission de France 2 revient sur cette religieuse, qui joue un rôle-clé pour faire entrer des journalistes étrangers en Syrie. Mais étape après étape, le programme prévu – centré autour de Bachar Al-Assad et de son régime à Damas – tombe à l'eau.

Il est finalement décidé que l'équipe de journalistes parte à Homs, chose que refusent Gilles Jacquier et le journaliste reporter d'images Christophe Kenck, selon Thierry Thuillier, directeur des rédactions de France Télévisions. "Mère Agnès le prend mal", explique Christophe Kenck dans "Envoyé spécial". Menacés d'expulsion, ils finissent par accepter. Elle, par contre, refuse de se joindre au voyage.

Plus tard, à Beyrouth, la religieuse livrera une autre version de cet épisode, assurant avoir tout fait pour assurer la sécurité des journalistes : "Elle nous aurait même conseillé de prendre des gilets pare-balles pour nous rendre à Homs et de ne pas traîner dans la ville après 15 heures. Des paroles que nous n'avons jamais entendues…", expliquent Sid Ahmed Hammouche et Patrick Vallélian, deux journalistes suisses présents sur place, dans L'Hebdo.

A Homs, que faisaient-ils dans ce quartier de Hadara ?

Une fois à Homs, l'équipe de journalistes a l'intention de voir de l'intérieur la situation dans les hôpitaux. Elle est prévenue qu'il est dangereux d'évoluer dans certains quartiers de cette ville, épicentre de la contestation et de la répression, après 15 heures, mais quitte son hôtel à 14 h 30. Rapidement, changement de programme : "Nous voulions visiter un hôpital, mais on nous a emmenés vers une petite place, près d'une école", explique Patrick Vallélian, dans un autre entretien à L'Hebdo. Les reporters suisses découvrent plus tard avec étonnement que l'hôpital de la ville, où ils avaient prévu de se rendre, se situait en fait "à l'opposé de notre position, soit au nord de cette cité d'un million d'habitants".

Les journalistes se retrouvent donc dans ce quartier de Hadara – quartier alaouite, la minorité à laquelle appartient Bachar Al-Assad –, sans en avoir pris la moindre initiative, selon le témoignage sonore du journaliste de Ouest-France Jacques Duplessy. "J'ai l'impression qu'on était attendus", avance-t-il.

Que se passe t il alors ?

Il est 15 heures. Des mini-manifestations en faveur du régime éclatent. Les journalistes, entrés dans leurs véhicules pour partir vers l'hôpital, sont bloqués par l'une d'entre elles. Des gens invitent des journalistes "à sortir des voitures" pour leur tenir un discours contre les rebelles. Ils "semblaient en mission commandée ", se souvient un des deux journalistes suisses. Soudain, une première déflagration. Selon France Télévision, malgré la réticence des journalistes, "la foule va rouvrir les portes [des voitures], extraire les journalistes, et le journaliste reporter d'images Christophe Kenck sera même conduit vers les futurs lieux d'impact des tirs", poussé par la taille.

Les journalistes suisses, méfiants, restent aux véhicules. Ils racontent ces hommes – un jeune au pull blanc, un militaire... – qui reviennent plusieurs fois à la charge pour les inciter à se rendre là où tombent les obus. Ils voient, sur les toits, "des hommes qui bougent", probablement des snipers. Et, nerveux, se collent aux militaires pour ne pas être visés.

Pendant ce temps, une deuxième, puis une troisième explosion retentit. Dans la plus grande confusion, Gilles Jacquier est monté sur le toit d'un immeuble, entraîné par des Syriens. En sortant, un quatrième tir le touche de plein fouet, et le tue.

Quelle arme a tué Gilles Jacquier ?

Dans l'émission "Envoyé spécial", le journaliste spécialiste de l'armée Pierre Servent pense qu'il s'agit d'un obus de mortier, tiré, donc, à l'aveugle et d'une portée maximale de 3 kilomètres. Il pourrait provenir autant des insurgés, qui pourraient viser les militants pro-régime, que de l'armée syrienne, qui possède aussi des positions à portée du quartier alaouite, selon l'émission.

Toutefois, s'il s'agit bien d'un obus de mortier, cela pose question : "les déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL) sont équipés de lance-roquettes, plus rarement de mortiers, dont le maniement est plus compliqué", explique un article du Monde.

Enfin, rien n'exclut que d'autres armes aient été utilisées. Selon les journalistes suisses, le corps de Gilles Jacquier est resté "intact, avec quelques impacts ronds visibles sur son cœur. Des impacts incompatibles avec une mort par grenade ou mortier", s’interrogent ils dans L'Hebdo.

En tout cas, le sentiment d'avoir été pris pour cible est omniprésent chez les journalistes. Pour la compagne du reporter, Caroline Poiron, en en reportage photo pour Paris Match, "c'est un guet-apens". "On nous a fait venir à cet endroit-là, les tirs étaient précis et, d'ailleurs, il n'y a eu aucun autre grosse destruction dans le quartier. Ce n'était pas une ligne de front", témoigne Jacques Duplessy dans Le Parisien.

Que faisaient les agents de la sécurité censés protéger les journalistes ?

Les journalistes étaient escortés par des policiers syriens qui ne les ont pas suivis sur les lieux des tirs. Dès la première explosion, "autour de nous, la sécurité, dense quelques minutes plus tôt, s'est évanouie ", remarquent les journalistes suisses dans L'Hebdo. "Ce n'est rien. Ce sont des bombes sonores", leur dit l'un des policiers. "Les rares hommes de la sécurité restés à notre hauteur nous surprennent par leur nonchalance. L'un d'eux rit. Un autre plaisante", continuent les reporteurs suisses.

Dans l’hôpital, pourquoi cette insistance des autorités syriennes à emporter le corps ?

Une fois à l'hôpital, les journalistes entourant le corps de Gilles Jacquier subissent le harcèlement des autorités locales syriennes, qui veulent emporter le corps à Damas ou l'autopsier immédiatement. "Patrick Vallélian donne l'alerte aux autorités françaises et suisses tout en pesant de tout son corps contre la porte pour repousser les assauts des médias et des autorités locales", relate L'Hebdo.

Etrange aussi, cette intervention de deux observateurs de la Ligue arabe qui, selon les journalistes suisses, viennent constater le décès du journaliste mais refusent de rester à l'hôpital, préférant "aller manger à l'hôtel". Ou encore ce faux médecin, dont témoigne Sid Ahmed Hammouche dans La liberté.

A 21 heures, l'ambassadeur de France Eric Chevallier arrive avec une unité de forces spéciales françaises. L'escorte quitte l'hôpital sous les bruits de tirs et les slogans de manifestants hostiles à la France, qui se sont massés autour du bâtiment.

Quel intérêt aurait le régime de Bachar al Assad à tuer un journaliste étranger ?

A l'hôpital, les journalistes doivent repousser avec virulence deux équipes de la télévision officielle syrienne, qu'ils soupçonnent de vouloir instrumentaliser la mort du reporter français. Peu après le crime, celle-ci évoque en effet, avant toute enquête, la responsabilité des "terroristes" dans cette affaire.

Jacques Duplessy voit d'autres raisons pour lesquelles le régime de Bachar Al-Assad pourrait trouver son intérêt dans cet incident : "Répondre par des faits au discours de Bachar Al-Assad mardi, où il disait que les médias occidentaux étaient responsables de la situation", mais aussi "dissuader d'autres journalistes" de rendre compte de la situation en Syrie.

 

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dimanche, janvier 22 2012

AGNES MARIAM DE LA CROIX

 

http://www.mediarabe.info/spip.php?article2068

 

Mardi 22 Novembre 2011


Par Stefano B.C. (Rome)

 

Comment le régime de Bachar al Assad exploite t il des religieux qu’il avait corrompus et protégés ?

 

Une plainte aurait été déposée contre sœur Agnès-Mariam de la Croix pour escroquerie et bloquée par le régime

Le régime syrien est aux abois. Lâché par la Ligue arabe, soumis aux pressions occidentales et régionales, notamment turques, Bachar al Assad recourt à certains chrétiens de service et des Services pour le défendre médiatiquement en Europe. Mais la supercherie ne passe pas. Des voix s’élèvent d’ores et déjà pour demander aux autorités de sanctionner ces religieux, et ceux qui placent le centre catholique d’information, au Liban, au service du dictateur syrien.

Encore sous le choc provoqué par la politique contre-nature prônée par le Patriarche maronite Béchara Raï, qui ne cesse de défendre le régime syrien et le Hezbollah et de contredire les principes historiques de l’Eglise fondés sur la souveraineté du Liban et son indépendance, les Libanais ont assisté, ébahis, à la transformation du Centre Catholique d’Information, à Beyrouth, en une agence de presse favorable au régime de Bachar Al-Assad.

Le Centre Catholique d’Information, bras médiatique du Patriarcat, a ainsi accueilli, samedi 19 novembre, Sœur Agnès-Mariam de la Croix, une religieuse d’origine palestinienne installée en Syrie depuis le début des années 1990, et qui est devenue une porte-parole du régime tournée vers l’Occident chrétien, dans l’objectif de peser sur les opinions publiques, en multipliant les mensonges et en concentrant ses interventions sur les « menaces » potentielles ou virtuelles qui pourraient viser les Chrétiens d’Orient au lendemain de la chute du régime du Baas en Syrie. Mais en réalité, cette religieuse n’est qu’une opportuniste protégée par le régime qui s’en sert comme caution chrétienne. Elle avait déjà « littéralement mis la main » sur le couvent Saint Jacques de Qâra qu’elle préside et restaure depuis 1993, avec le soutien du régime. Selon des sources proches de l’Eglise à Rome, l’évêché Melkite Catholique, propriétaire du couvent Saint Jacques (Mar Yacoub), aurait déjà porté plainte contre la « religieuse usurpatrice » pour tenter de récupérer ses biens. Mais en vain ; le régime syrien a bloqué la plainte. Le résultat est que la religieuse est réduite au rang « d’esclave médiatique de Bachar Al-Assad ».

Voici en vidéo quelques extraits de la conférence de presse, diffusée par la télévision syrienne, la télévision OTV (de Michel AOun), et Al-Manar (du Hezbollah)

Dans cette vidéo, Sœur Agnès-Mariam affirme avoir effectué une tournée en Syrie, en compagnie de « journalistes indépendants venus de plusieurs pays européens, arabes et américains, pour prendre connaissance des faits réels sur le terrain ». Selon son constat, « la délégation (comprenant Thierry Meyssan et Marc Georges notamment), s’est rendue dans les régions sensibles et visité les hôpitaux où elle a vérifié ce que les agents de sécurité et des militaires avaient subi comme actes terroristes ».

Selon la religieuse-usurpatrice, « les journalistes détiennent les vrais noms des gens qui ont été assassinés, décapités, blessées et mutilés sans que ces derniers sachent pourquoi. Ces mêmes victimes font l’objet d’une machination diabolique en montant leurs photos et séquences pour les exploiter via des médias tendancieux pour dire à la fin qu’ils étaient victimes des actes des forces de sécurité et de l’armée ».

La religieuse-journaliste-reportrice affirme que « le Centre Catholique d’Information - qui a sponsorisé son périple - dispose de plus de huit cent tués, tous des forces de sécurité, au moment où un pseudo-centre de droit de l’homme syrien, se trouvant à Londres, gonfle tous les jours le bilan des morts sans être capable de fournir leurs noms ». Elle ajoute que « certains médias enfoncent les gens dans la tromperie et la duperie et ceci est inacceptable, car il existe une déontologie de travail dans le monde de la presse, mais malheureusement cette éthique professionnelle n’existe plus chez ces médias qui annoncent des nouvelles inexistantes sur le terrain. Ces médias tentent de nous faire comprendre qu’il existe en Syrie uniquement deux composantes : la première, constituée de méchants, c’est-à-dire l’armée et les forces de sécurité, appelées aussi Chabiha, et la deuxième, ce sont les manifestants pacifiques comme les agneaux revendiquant la liberté, la démocratie et les droits de l’homme », a encore ajouté, la religieuse, non sans ironie.

Mais les propos de la religieuse, qui n’est ni journaliste ni politicienne, perdent leurs valeurs et leur crédibilité, puisque non seulement ses liens avec le régime ne sont plus un secret pour personne, mais surtout, parce que sa conférence de presse a été cautionnée par un prêtre libanais connu pour ses « liens avérés avec les Services syriens du temps d’Emile Lahoud, l’ancien président libanais nommé par Damas entre 1998 et 2007 ». Ce prêtre, assis à la tribune du Centre Catholique d’Information, est également connu au Liban pour ses faiblesses devant l’argent, et à l’étranger, pour les mauvais souvenirs que ses aventures en tous genres avaient laissé. Celui qui est devenu président de la Commission épiscopale pour les médias, l’instance du Patriarcat qui supervise le Centre Catholique d’Information, avait en effet déjà été évincé de la direction d’une importante institution caritative au Liban pour des pratiques qualifiées pour le moins « d’opaques » ! Ceux qui l’ont connu se souviennent certainement de ses passages à l’étranger et des scandales qu’il a gravés dans leur mémoire (…). D’autres n’auront pas non plus oublié son séjour « tumultueux » dans un autre pays lointain et les ravages qu’il y a causés.

Les téléspectateurs ont également été scandalisés, samedi, par Agnès-Mariam qui était flanquée d’une brochette de personnes controversées, autoproclamées journalistes, comme Thierry Meyssan (Réseau Voltaire), Marc Georges, proche de Dieudonné Mbala Mbala (qui avait soutenu Kadhafi et Ahmadinedjad), et l’américain Webster Griffin Tarpley, (selon lequel les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis étaient un complot interne et/ou sioniste). Ces personnalités ont la particularité d’être liées au réseau Voltaire, mis à la disposition de l’Iran, de la Syrie et du Hezbollah depuis au moins cinq ans pour diffuser leur politique dans le monde.

Les journalistes qui ont accompagné la religieuse sont venus d’Italie, de Belgique, de France, d’Espagne, des Etats-Unis, ainsi que des Libanais et des Algériens. Ils ont eu aussi mis l’accent sur le fait que « l’objectivité exige de dire que les groupes armés sont derrière les actes terroristes ciblant l’armée et les forces de l’ordre pour affaiblir le régime syrien ». Unanimement, ils ont affirmé avoir visité les villes de Homs, Banias, Tartous, et autres, mais ils n’ont jamais vu l’armée tirer sur la population et tuer le peuple. Par contre, ils assurent avoir vu des gangs armés et cagoulés qui tuaient les militaires. Ils ont aussi vu des snipers. Sans doute, les prières de la religieuses ont protégé la délégation des snipers ! Le célèbre Marc Georges affirme avoir parlé avec les soldats blessés et que les seules manifestations rencontrées étaient des marches de soutien au régime et non de l’opposition. « Les seuls martyrs que nous avions vus étaient des soldats et non des civils. Les chaines comme al-Jazzera, al-Arabiya et la BBC parlent comme celui qui répète une récitation qui n’a aucune relation avec la réalité », a-t-il conclu.

Selon nos sources, le Vatican s’apprête à se saisir du dossier de la religieuse et du prêtre, deux cas particuliers qui viennent s’ajouter aux affaires qui secouent l’Eglise maronite depuis l’arrivée du Patriarche Raï à sa tête. Les Libanais s’interrogent « pourquoi la conférence de presse n’a pas été organisée au siège du syndicat des journalistes, ou du syndicat des rédacteurs ? Pourquoi l’Eglise et ses institutions cherchent-elles à s’impliquer dans un conflit qui n’est pas le leur, et soutenir de surcroît une dictature qui a littéralement détruit le Liban sur la tête de ses habitants durant quinze ans, avant de l’occuper et de le vassaliser quinze autres années ? » Pour toutes ces raisons, des voix s’élèvent déjà à Rome pour demander au Saint Siège d’interdire au Centre Catholique d’Information de contribuer au mensonge d’Etat et de défendre la dictature syrienne. Parmi ceux qui ont connu le président de la Commission épiscopale pour les médias, et qui sont au courant de ses aventures à l’étranger, estiment que « ce religieux n’a du titre que l’habit, et encore, quand il le met ! Selon eux, « le prêtre semble inconscient que celui qui a une maison en verre ne doit pas lancer les cailloux chez les voisins ». Ils regrettent qu’il soit devenu, avec la religieuse syrienne, la honte de la chrétienté.

 

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DEMISSION DU VICE PRESIDENT DU CNT

 

http://www.fr.news.yahoo.com/les-nouvelles-autorités-libyennes-plus-en-plus-contestées-141953080.html

Les nouvelles autorités libyennes de plus en plus contestées

BENGHAZI, Libye (Reuters) - La Libye risque d'être entraînée dans "un puits sans fond" si la contestation violente des nouvelles autorités se poursuit, a averti dimanche à Benghazi le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, conspué la veille par des manifestants.

Peu après, le numéro deux du CNT, Abdoul Hafiz Ghoga, présentait sa démission. Lui-même avait été pris à partie par de jeunes manifestants jeudi soir à Benghazi, capitale de la Cyrénaïque et berceau de l'insurrection anti-Kadhafi l'an dernier.

S'adressant dimanche à des journalistes dans un hôtel de Benghazi, Moustapha Abdeljalil a souligné la gravité de la situation.

"Nous avons affaire à un mouvement politique qui peut entraîner le pays dans un puits sans fond", a-t-il dit. "Derrière ces manifestations, il y a quelque chose de néfaste pour le pays."

"Il faut laisser plus de temps au gouvernement et il faut que ce gouvernement ait l'argent pour conduire les réformes. Il y a des retards, peut-être, mais nous ne sommes au travail que depuis deux mois. Il faut laisser sa chance au gouvernement, il faut lui donner au moins deux mois."

Moustapha Abdeljalil a précisé qu'il avait rencontré des dirigeants religieux et des manifestants pour discuter de leurs revendications.

"DÉGAGE, DÉGAGE !"

Il a ajouté avoir accepté la démission du numéro un du conseil municipal de Benghazi, Saleh el Ghazal, dont le successeur, a-t-il dit, ne sera plus désigné par les autorités mais sera élu.

Le président du CNT doit présenter dans la journée la loi électorale qui permettra d'installer d'ici six mois une assemblée nationale.

Samedi soir, une foule en colère réclamant la démission du gouvernement a envahi le siège du CNT à Benghazi.

Lorsque Moustapha Abdeljalil est sorti pour haranguer la foule, des manifestants lui ont lancé des bouteilles en plastique vides, obligeant les forces de l'ordre à tirer des grenades lacrymogènes. "Dégage, dégage !", scandaient les protestataires lorsque le chef du CNT a pris la parole avant de se replier à l'intérieur du bâtiment.

Jeudi soir, c'est le vice-président du CNT qui avait été pris à partie par des étudiants à l'université de la ville. Abdoul Hafiz Ghoga avait été entouré et bousculé par une foule de manifestants en colère, avant d'être secouru et mis à l'abri.

Ghoga a annoncé dimanche sur Al Djazira sa démission "pour le bien de la nation".

"Malheureusement, le consensus en vue de défendre les intérêts de la nation n'existe plus. Une atmosphère de haine s'est installée (...) Je ne veux pas que cette atmosphère perdure et contrarie les efforts du Conseil national de transition", a-t-il dit.

Ces incidents illustrent le mécontentement d'une partie de la population qui exige la révocation des personnalités liées à l'ancien régime encore à des postes de responsabilités.

Les manifestants de Benghazi exigent également une totale transparence sur les dépenses publiques, notamment sur la destination des fonds libyens gelés à l'étranger pendant la guerre civile et dont une partie a été débloquée après la chute de Mouammar Kadhafi.

 

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HUMAN RIGHTS WATCH

http://www.fr.news.yahoo.com/human-rights-watch-pr%C3%B4ne-le-dialogue-avec-les-101115227.html

 

Human Rights Watch prône le dialogue avec les islamistes 

 

NEW YORK (Reuters) - Human Rights Watch invite dans son rapport annuel les démocraties occidentales à surmonter leur aversion pour les mouvements islamistes d'Afrique du Nord et au Moyen-Orient pour établir le dialogue et les encourager à respecter les droits de l'homme.

Les soulèvements démocrates du "printemps arabe", écrit Kenneth Roth, directeur de l'organisation, ont montré que les grandes puissances ne pouvaient plus se permettre de soutenir "une cohorte d'autocrates arabes" pour préserver leurs intérêts.

"La communauté internationale doit (...) prendre langue avec l'islam politique quand il exprime une préférence majoritaire.

"Les partis islamistes sont réellement populaires dans une bonne part du monde arabe, notamment parce que de nombreux Arabes considèrent l'islam politique comme l'antithèse des régimes autocratiques.

"Partout où émergent des gouvernements issus de la mouvance islamiste, la communauté internationale doit les encourager et, si besoin, faire pression pour qu'ils respectent les droits fondamentaux, exactement comme les partis et les gouvernements qui se réclament du christianisme en Europe sont censés le faire", poursuit-il en préambule de ce rapport de six cent quatre vingt dix pages publié dimanche.

UNE APPROCHE "TIMIDE ET INCERTAINE"

Les islamistes d'Ennahda ont remporté les législatives d'octobre en Tunisie, tout comme le Parti liberté et justice mis sur pied par les Frères musulmans en Egypte, qui a devancé les salafistes plus radicaux de Nour.

Kenneth Roth invite en outre les démocraties occidentales à se montrer plus fidèles à leurs principes dans leur approche de la région. "Cela implique en premier lieu de prendre clairement le parti des réformateurs démocrates, y compris en abandonnant les alliés autocrates", recommande-t-il, saluant la fermeté des Etats-Unis et de l'Union européenne à l'égard de Mouammar Kadhafi, renversé puis tué en Libye.

Hésitants au début de la crise, Washington et Bruxelles ont finalement opté pour la voie des sanctions face au régime de Bachar al Assad, se félicite le directeur de HRW.

"Ailleurs, cependant, l'approche occidentale des soulèvements de la région a été plus timide et incertaine", dit-il, déplorant l'attitude de la France à l'égard de Zine ben Ali en Tunisie et la réticence des Etats-Unis à lâcher Hosni Moubarak en Egypte.

"De la même façon, les gouvernements occidentaux n'ont donné aucune suite significative aux meurtres de manifestants commis par le gouvernement du président yéménite Ali Abdallah Saleh, qu'ils considèrent comme un rempart contre Al Qaïda dans la péninsule arabique", souligne-t-il.

 

 

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samedi, janvier 21 2012

HISTOIRE DU MAOISME FRANCAIS

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’un long message de Bernard Sichère relatif à l’histoire du maoïsme français. Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.laregledujeu.org à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer


http://www.laregledujeu.org/2010/04/11/1217/mai-68-mao-badiou-et-moi

 

Mai 1968, Mao, Badiou et moi

 

Par Bernard Sichère

 

Le style, c’est l’homme

 

Je parlais de boue et de mort : c’est le point-clé, pour qui du moins veut discuter sans rester dans les généralités. De ce militantisme maoïste, il faut bien rendre compte, puisque ceux qui sont venus par la suite sont en droit de savoir ce en quoi nous avons cru, ce que nous avons fait, et de quoi nous sommes fiers ou honteux. Quid de l’UCF, organisation rivale de la Gauche prolétarienne dirigée principalement par Alain Badiou ? Quelqu’un, dans l’article d’Eric Conan publié par Marianne (27 fevrier – 5 mars) déclare que Badiou n’a pas de sang sur les mains parce qu’il n’en a pas eu l’occasion, tandis qu’un autre, Michel Schneider, le définit comme un « maître pervers ». Autant la seconde de ces qualifications ne me paraît pas hors de propos, autant la première demande des explications. Soyons clairs : je n’ai pas de plaintes à formuler, je n’ai jamais subi là autre chose que ce que j’ai volontairement accepté (cela me semble la signification exacte du mot « engagement »). La première chose qui me semble évidente est que l’UCF, tout comme la Gauche prolétarienne, était une organisation sectaire, sévère dans son fonctionnement, souvent impitoyable dans sa discipline, et d’autant plus fermée sur elle-même que son rapport effectif à la réalité du monde ouvrier était passablement problématique. Que beaucoup, dans sa composition, aient été de jeunes intellectuels explique bien de choses, tout autant que la quasi-absence en son sein d’implantation ouvrière à la différence de ce qui avait lieu à la Gauche Prolétarienne, laquelle comptait dans ses rangs pas mal d’établis en usine (ce qui est évidemment tout à leur honneur puisque, lorsque la débâcle s’annonça, les petits chefs de la CGT ne leur firent aucun cadeau et leur firent salement payer la frousse qu’eux-mêmes avaient éprouvée).

Quand on ne dirige presque rien à l’extérieur, comment ne pas se concentrer sur la domination à l’intérieur ? Les trois intellectuels qui allaient demeurer si longtemps à la tête de l’UCF (outre Badiou, Natacha Michel et Sylvain Lazarus, sans compter l’économiste Pierre-Noël Giraud) tenaient leurs troupes par l’argumentation, en quoi Badiou avait bien sûr une longueur d’avance sur les autres et s’imposait facilement à des gens plus jeunes que sa dialectique séduisait, mais aussi par une discipline de fer (la même, je crois, régnait dans la plupart des organisations maos) et un style qu’Eric Auzoux et Michel Schneider ont parfaitement décrit : le style militaire propre à une organisation qui se voulait clandestine et s’estimait détentrice à elle seule d’une vérité adamantine. En regard de ceux qui furent souvent mal traités et qui pour certains le disent aujourd’hui, je pense avoir été clairement ménagé. Raison de plus pour que, me tournant vers un passé de passion, d’amitiés fortes, j’évoque ceux qui donnèrent à cette organisation tant de leur temps, de leur talent et leur jeunesse même, alors que pour beaucoup d’entre eux ils n’étaient pas encore entrés dans la vie active et parfois vivaient chichement : qu’on me pardonne si je pense à eux aujourd’hui avec plus d’émotion qu’à ceux qui, au sommet, voyaient en eux d’abord une masse de manœuvre, tout en gérant habilement par ailleurs leur carrière universitaire. Ce qui me frappe le plus dans les textes de Badiou n’est pas à vrai dire que sans cesse il nous ramène à la chose politique comme au noyau dur de sa pensée, mais que, des actions menées par ces gens souvent admirables qui s’épuisèrent sans compter sous sa direction, il ne soit sous sa plume pratiquement jamais question. Il y aurait donc d’un côté la majesté des concepts et de l’autre le dur labeur des gens de peine et des hommes de peu ? Ce n’est pas l’idée, personnellement, que j’avais retenue de Mai 68 : j’avais cru en une transformation profonde, au contact des révoltes populaires, de la fonction intellectuelle, celle que Foucault par exemple incarnait à l’époque en intervenant dans les prisons et les asiles psychiatriques comme aux côtés des ouvriers de Solidarnosc en Pologne : nous étions décidément loin du compte.

 

Sortir de l’organisation : le rire et les larmes

 

Je sais comment je suis entré dans cette organisation : à la suite d’un article que Sollers avait accepté de publier dans Tel Quel et qui concernait le tollé que j’avais suscité au lycée Janson de Sailly en annonçant dès le début de l’année que j’allais parler de Sade. Vint une réplique maoïste à mon texte, des rencontres, des pourparlers. Je sais également comment j’en suis sorti avec d’autres, dans une phase de désillusion qu’avait fini par susciter l’impossibilité d’obtenir certains débats et la multiplication incessante de « bilans » solennels, alors que nos pratiques s’enlisaient dans une absence manifeste de résultats. Il semblait, en somme, que l’accentuation sectaire du discours répondait à la raréfaction des effets produits dans le réel. Elément déclencheur, le drame que vécut alors notre ami François Balmès accéléra une révolte qui couvait depuis un bon moment. Un violent épisode délirant avait conduit à son internement sans qu’il nous soit possible d’en savoir plus : nous avions des comptes à demander, qu’on nous refusa (en l’occurrence Pierre-Noël Giraud, économiste et cadre dirigeant). A distance des évènements, je demeure personnellement convaincu, tout comme François M. qui lui aussi le connut et l’aima, que par une sorte de sainteté qui lui était consubstantielle, il prit alors sur lui la folie de tous pour nous permettre de l’exorciser une bonne fois.

Reste qu’on ne « sortait » pas de cette organisation, conformément à des statuts que je n’avais d’ailleurs jamais vus mais qui devaient bien exister quelque part : l’intimidation, essentielle pour qui veut demeurer le maître, devait jouer jusqu’au bout. Nous avons donc été officiellement « exclus », moi et le groupe des étudiants de Nanterre dont j’étais proche, pour « massisme et spontanéisme.» Ce jargon sans doute fait rire après coup, mais la violence et la tension, elles, furent très fortes, et je vis autour de moi bien des personnes blessées, abîmées, pour lesquelles on n’eut aucun égard. En langage clair, nous n’étions pas assez dirigeants, trop à l’écoute et à la remorque des « masses ».

De masses, à vrai dire, nous n’en avions guère vues, et c’était sans doute d’avoir un peu trop insisté pour les rencontrer qu’on nous faisait grief, en même temps que de ne pas leur avoir suffisamment imposé nos mots d’ordre, puisqu’il était entendu que nous étions les seuls détenteurs de la « ligne révolutionnaire » (de tout mon militantisme, je ne vis à dire vrai chez nous qu’un seul jeune ouvrier de Renault, fort sympathique au demeurant, qui fit une brève apparition et ne revint jamais.) Quant à ne pas être assez léninistes, qu’on me pardonne si rétrospectivement cette idée me fait rire. A l’époque, avec le groupe de Nanterre, il nous arrivait  souvent de rire entre nous, par détente, loin des chefs et des fâcheux, ce qui, il faut bien le dire, n’était pas très bien vu dans un groupuscule où le plus impeccable sérieux était requis en vue d’une tension révolutionnaire sans défaut (je ne crois pas qu’on ait beaucoup rigolé non plus  dans la Gauche Prolétarienne sous la férule de Benny Levy), et où certains idiots pouvaient lancer froidement en pleine réunion que l’homosexualité était bien, comme le disaient les camarades chinois, une « perversion bourgeoise » (il y a des cons partout, il y en eut aussi chez les maoïstes.) Mobilisation permanente face à un ennemi omniprésent et absolument haïssable, en vue du grand soir au cours duquel les comptes allaient enfin se régler : cela en effet ne prête guère à la blague.

Ce rire-symptôme, c’est au fond ce qui m’aura le plus manqué durant tout le temps où l’engagement militant m’éloigna de Tel Quel : j’en retrouvai la bienfaisance libératoire en renouant avec Sollers et Pleynet les fils d’une amitié depuis jamais démentie. Si d’ailleurs je songe rétrospectivement à la réunion au sommet entre les états-majors de l’UCF et de Tel Quel à laquelle je fus confié au tout début de mon engagement, je crois à une explication très simple de son échec : s’il est impossible de nier qu’il y eut en l’occurrence guerre au sommet entre deux fortes personnalités, le fait que Sollers se soit moqué de Badiou citant « le camarade Staline » en lui répondant par « le camarade La Fontaine » (« rien ne sert de courir, il faut partir à point »), témoigne assez clairement, je pense, du peu de crédit qu’il accordait à son pathos révolutionnaire, et qu’il avait perçu d’emblée, avec un flair très sûr, qu’un compagnonnage ne serait pas possible pour lui et les siens sous des auspices à ce point dogmatiques, pour ne pas dire un peu fous. Je note au passage que mon dernier échange avec Badiou, faisant boucle d’une manière éloquente avec le début de mon aventure, aura concerné Sade : comme j’objectais à son éloge de la Terreur révolutionnaire française et de Robespierre le cas de Sade, condamné à mort par l’infâme Fouquier-Tinville sous le double chef de « ci-devant » et de « libertin », il me fut répondu que je regardais l’histoire « par le trou de la serrure ». Personnellement, je donnerais tous les romans de Badiou  pour quelques pages du « citoyen Sade », qui eut le courage d’écrire « la vue de la guillotine de ma fenêtre m’a fait plus de mal que toutes les Bastilles imaginables »…

 

Verbiage révolutionnaire ou vraie vie ?

 

« Pourquoi alors êtes-vous parti ? »…  Mais parce que le bon sens n’était décidément pas au rendez-vous et qu’il m’était, comme à d’autres, devenu impossible de ne pas voir l’écart grandissant entre la réalité du monde et la rhétorique autiste qui permettait à Badiou de dissimuler au moyen d’une conceptualité régulièrement remaniée (Badiou est un inépuisable fabricateur de concepts) l’absence de toute effectivité. Ce que cette expérience, qui ne fut certes pas vaine mais qui aurait pu être plus courte, m’aura appris, c’est à juger plus lucidement les hommes et à m’en tenir à ce jugement. Badiou est de toute évidence un homme qui aime dominer les autres (c’est ce que Michel Schneider traduit dans son langage précis d’analyste), et il est également, en politique, celui qui a décidé une fois pour toutes de n’avoir jamais le pouvoir, ce qui lui permet de s’en tenir à une posture de dénonciation radicale parfaitement confortable en ce qu’elle exclut toute mise à l’épreuve (c’est ainsi que je comprends « Badiou n’a pas de sang sur les mains… »). On sait comment la GP s’est finalement dissoute : parce que, mise devant l’éventualité de décider une mise à mort (celle du contremaître Nogrette), elle s’y est clairement refusée. Benny Lévy aura sans doute été un dirigeant tout aussi sectaire que Badiou (il faut relire à cet égard ses entretiens d’alors avec Sartre et Gavi comme avec Foucault), du moins doit-on mettre à son crédit cette décision, qui fait honneur à tous ceux qui l’ont prise en même temps que lui. Nous ne nous sommes pas trouvés, nous, dans la même situation, dieu merci, parce que nos actions, souvent épuisantes, n’étaient pas de ce niveau, ce qui explique d’ailleurs que le nom de la GP soit demeuré dans les mémoires alors que pratiquement personne n’a entendu parler de l’UCF : nous aurons finalement été vertueux plutôt par défaut que par qualité d’âme, car notre discours, lui, était bel et bien violent, tempétueux et constamment guerrier, rhétorique implacable qui s’adressait plutôt à nous-mêmes qu’à un public absent. De fait, au « Groupe Foudre » de piètre mémoire, nos « ennemis » laissèrent à désirer : Macciochi, Gérard Miller, Ariane Mnouchkine… on aurait pu rêver plus ardent combat de classe ! Foucault, quand j’osai le solliciter au téléphone, me rembarra sans ménagement : « Le groupe comment ? Le groupe Moon ? ». Sans commentaire.

L’article d’Eric Conan m’aura en tout cas appris un certain nombre de choses, à commencer par le fait, assez cocasse, que Badiou aura fini par s’exclure lui-même de sa propre organisation, cas assez unique, il faut bien le dire, dans les annales du mouvement révolutionnaire. Les écailles lui seraient-elles enfin tombées des yeux quant au caractère fantomatique de l’ « Organisation » au nom de laquelle il s’imaginait régner sur l’ultra-gauche et sur quelques intellectuels en mal de guide ? Personnellement j’en doute, connaissant son incapacité à la moindre mise en cause de sa personne et de sa pensée. On peut en tout cas s’étonner de sa si longue discrétion en tant que dirigeant politique sur les faits d’armes et les pages glorieuses qui seraient à son actif et qui pourraient justifier le ton implacable de ses pamphlets. La radicalité du ton est une chose, encore faut-il que la pratique vienne l’alimenter : recourir à l’emphase guerrière est plus facile que de tenir une arme dans les mains, et je crains bien que Badiou, qui parle allègrement de massacres dans Le Siècle et qui salue sans hésiter ceux des terreurs antérieures, soit surtout un révolutionnaire en chambre. Nous n’avons rien risqué vraiment dans l’UCF, et lui non plus : comment imaginer qu’une organisation clandestine, obsédée par les pseudos, les rendez-vous secondaires, qui avait en cas de coups durs son avocat, maître Vergès, qui jouait en somme à la Résistance, n’ait pas intéressé la police, que celle-ci n’ait pas enquêté sur elle ou décidé de l’infiltrer, et que si elle avait perçu chez nous la moindre menace effective elle aurait hésité à intervenir ?  Comment l’imaginer, quand elle s’est récemment donné le ridicule, et l’odieux, de construire de toutes pièces un complot terroriste en interpellant au mépris de toutes les lois les gentils épiciers de Tarnac ?

Que Badiou ait finalement quitté la quasi-clandestinité où son pouvoir de dirigeant politique s’épuisait pour rejoindre les ors de la reconnaissance publique est son choix de philosophe : je n’ai rien à en dire. Libre à lui de pactiser avec les gens qu’hier encore il couvrait de boue, et d’estimer que la grandeur de sa pensée appelle ce revirement stratégique. Il lui sera difficile en tout cas d’empêcher ceux qui l’ont connu différent de lui objecter qu’il fait à son tour de la figuration dans le spectacle médiatique, et que du coup le ton arrogant et comminatoire qui est le sien sonne un peu faux. Comme il lui sera difficile de justifier la présence au premier rang de la claque chargée de l’applaudir en toutes circonstances un gentil délirant comme Mehdi Belaj Kacem (Hegel, « une parenthèse entre Kant et Badiou », vraiment, sans rire ?) ou ce pénible déconneur de Slavoj Zizek, dont on se demande à la suite de quelle manipulation perverse et indigne il a été soudain propulsé et imposé à l’avant-scène comme produit éditorial.

 

Tout reprendre à zéro

 

La vie est dure ces temps-ci pour ceux qui pensent et travaillent vraiment, comme elle est dure pour ceux qui cherchent réellement à changer le monde et à le rendre plus respirable : heureusement que le rire nous reste devant l’imposture. En ce qui me concerne, je ne cède ni à la vanité des regrets, ni au découragement, ni au reniement. Je sais que Mai 1968 a eu lieu, que beaucoup s’en sont réclamés qui n’avaient pas grand chose à voir avec sa puissance de déflagration et d’émancipation. Je sais aussi que beaucoup d’entre nous ont voulu traduire après coup, dans le langage dépassé et inadéquat de la dogmatique marxiste-léniniste, ce qui relevait d’un autre domaine d’être. Ce domaine, c’est celui qu’ont mis en évidence dans les années 1960 les acteurs d’une autre révolution, d’un mouvement de masse tel que les Etats-Unis n’en avaient jamais connu et n’en ont jusqu’à ce jour plus jamais connu : de Kerouac et Ginsberg jusqu’au soulèvement de la jeunesse américaine contre la guerre du Vietnam mais aussi contre l’americain way of life en sa totalité, quelque chose s’est passé de vrai et de libre dont nous n’avons pas encore pris la mesure, que les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent pratiquement pas, et dont les soulèvements européens de 1968 ne furent en un sens que des relais tardifs. « Les révolutions ne sont jamais assez révolutionnaires », dit quelque part Heidegger. Badiou comprendrait sans doute : elles ne massacrent pas assez. J’entends (comme Heidegger) la chose autrement : elles ne pensent pas assez loin ni assez haut, elles s’en tiennent à la logique binaire et ruineuse de la haine de l’autre et de la méconnaissance de soi, elles commencent dans l’intimidation ce qui se prolonge inévitablement en terreur, en somme elles ne sont pas suffisamment à la hauteur de ce que réclame l’accord profond de l’homme avec l’être comme avec soi-même. Les magnifiques insurgés américains des années 60 l’ont su, qui croyaient en une vie plus vraie comme en la puissance du poème. La doctrine de l’ « événement » chez Badiou est au fond bien courte, comme sa pensée de l’homme, sa pensée du temps et sa pensée de l’être. Il est bien possible que ce qui est vraiment révolutionnaire avance « sur des pattes de colombe », comme disait Nietzsche, que cela n’ait pas grand chose à voir avec les fusillades et les massacres qui fascinent les intellectuels en mal d’action, mais beaucoup plus avec les éclaircies soudaines et inapparentes d’un autre temps dans le temps, d’une autre histoire dans l’histoire. Il faut apprendre à penser le temps autrement, la politique autrement, l’être autrement. Il faut tout reprendre à zéro.

 

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LA GUERRE D IRAN N AURA PAS LIEU

http://www.blog.mondediplo.net/2012-01-17-Quand-Israel-attaquera-t-il-l-Iran-Il-y-a-deux

Quand Israël attaquera t il l’Iran ? Il y a deux ans

Mardi 17 Janvier 2012

Par Alain Gresh

Interrogé il y a quelques jours pour savoir quand Israël attaquerait l’Iran, Patrick Clawson, chercheur au Washington Institute for Near East Policy (Winep), un think-tank lié au lobby pro-israélien, répondait : « Il y a deux ans » (cité par Scott Shane, « Adversaries of Iran Said to Be Stepping Up Covert Actions », The New York Times, 11 janvier).

Cette déclaration venait après le meurtre à Téhéran d’un jeune physicien nucléaire, qui faisait lui-même suite à plusieurs autres meurtres « mystérieux », dont on s’étonne qu’ils aient été si peu dénoncés par les défenseurs des droits humains — une pétition circule toutefois pour les condamner, « Petition against the Murder of Iranian Scientists »). L’Iran a aussi été victime ces derniers mois de cyber-attaques par le virus Stuxnext (lire Philippe Rivière, « Cyber attaque contre Téhéran », Le Monde diplomatique, mars 2011).

Cette escalade est incontestablement le fait d’Israël, qui ne cherche même pas à démentir. En revanche, il est plus difficile de saisir quelle est la stratégie du président Obama. Au moment même où l’administration américaine affirme, haut et fort, sa solidarité totale avec Israël et sa détermination à empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, les manœuvres militaires entre Israël et les Etats-Unis sont reportées et les explications avancées pour ce report sont loin d’être claires ; Hillary Clinton condamne fermement le meurtre du chercheur à Téhéran ; les services de renseignement « occidentaux » (en fait américains) faisaient filtrer des informations sur la responsabilité du Mossad dans les meurtres des scientifiques iraniens (Karl Vick and Aaron J. Klein, « Who Assassinated an Iranian Nuclear Scientist ? Israël isn’t Telling », Time Magazine, 13 janvier) ; parallèlement, ils divulguaient des informations sur des agents israéliens qui tentent de se faire passer pour des membres de la CIA afin de recruter des combattants sunnites opposés au régime iranien (Mark Perry, « False flags », Foreign Policy, 13 janvier). Enfin, les Etats-Unis ont lancé une sévère mise en garde à Téhéran contre tout blocage du détroit d’Ormuz et mobilisent leurs alliés pour arrêter les achats de pétrole iranien.

Comment expliquer ces contradictions ? Gary Sick, un ancien conseiller du président Jimmy Carter, avance deux explications possibles : l’incompétence d’un côté ; de l’autre, un rideau de fumée pour préparer un nouveau dialogue avec Téhéran (« Stealth Engagement », Gary’s choices, 16 janvier 2011). Et il penche pour la seconde.

Il relève ainsi les déclarations de Leon Panetta, le secrétaire américain à la défense et ancien directeur de la CIA. Le 2 décembre 2011, celui-ci dressait un tableau catastrophique des conséquences d’une guerre contre l’Iran ; quelques jours plus tard, le 19 décembre sur CBS, il affirmait que l’Iran aurait peut-être une bombe atomique d’ici un an ; enfin le 8 janvier, à la question de savoir si l’Iran voulait la bombe atomique, il répondait… non.

Gary Sick met en avant trois facteurs explicatifs à cette apparente incohérence. D’abord, on est en pleine année électorale aux Etats-Unis, avec un Congrès favorable à une escalade des sanctions, notamment contre le pétrole iranien — avec le risque qu’elle soit analysée à Téhéran comme « un acte de guerre ». D’autre part, pour le président Obama, et compte tenu des conséquences d’un conflit dans le Golfe, il est important de retourner à la table des négociations. Enfin, il y a l’extrémisme du gouvernement Netanyahou et son influence aux Etats-Unis, notamment dans la perspective de l’élection présidentielle, même si, comme le rappelle Sick, il existe des réserves face à une aventure militaire — Ron Paul, l’un des candidats à l’investiture républicaine, s’est ouvertement prononcé contre.

Dans ces conditions, la stratégie du président Obama serait d’ouvrir une voie de communication avec Téhéran, tout en accompagnant les gestes d’ouverture de déclarations dures à l’encontre du régime iranien. Et il multiplie les pressions sur Israël pour que ce pays ne s’engage pas dans une aventure militaire. Selon Sick, la visite du président du Parlement iranien Ali Larijani à Ankara en janvier et ses déclarations sur une reprise des négociations avec les pays occidentaux, s’inscriraient dans le cadre des tentatives de dialogue lancées par la Maison Blanche.

Ces initiatives n’ont pas l’heur de plaire à Nicolas Sarkozy et aux Européens, qui poussent les Etats-Unis à adopter des positions plus fermes, au lieu de jouer le rôle de facilitateur et de favoriser le dialogue. Et qui ne veulent surtout pas entendre parler d’un Proche-Orient débarrassé des armes nucléaires, ce qui impliquerait qu’Israël renonce à la bombe. C’est pourtant la meilleure solution, comme l’expliquent Shibley Telhami et Steven Kull dans un article du New York Times, le 15 janvier.

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