Actualité: Convergence des luttes

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dimanche, mai 12 2013

J Y SUIS J Y RESTE

 

J’y suis, j’y reste.

 

Ce texte n’est pas une justification. Pas même une mise au point.

 

C’est juste la réaffirmation tranquille de mon espérance de construire un grand mouvement de l’écologie politique ouvert à la société civile. C’est la promesse initiale d’Europe Ecologie Les Verts.  C’est le sens de mon action depuis que j’ai contribué, avec d’autres, à sa fondation.

 

L’heure est pourtant venue de tirer un premier bilan. Après avoir rencontré le succès aux européennes et aux régionales, après avoir su mobiliser et attirer des électeurs et des militants désireux de construire une force politique capable de bousculer les appareils traditionnels, EELV marque le pas, comme en panne d’inspiration, comme si le souffle et l’esprit de renouveau des débuts avaient disparu.

 

Pascal Durand ne disait pas autre chose en prenant ses fonctions de secrétaire national.

 

A en croire ce que disent nombre de membres ou de sympathisantes et sympathisants, notre mouvement ne va pas bien. Il est aujourd’hui faible en adhérent,  et je crains qu’il ne soit demain, faible en influence, si la sclérose l’emporte sur l’envie de faire mouvement.

 

C’est à cette aune, qu’il faut comprendre mon action politique récente. Je refuse que notre mouvement se normalise et se dissolve dans la participation gouvernementale. Nous ne devons pas renoncer à marcher sur nos deux jambes : l’écologie est une force de proposition qui s’appuie sur un esprit de résistance. C’est cette double identité que j’entends faire vivre. Ces dernières semaines, ma prise de position en faveur de la participation à la manifestation du 5 mai a fait débat. J’ai même vu avec étonnement surgir la menace d’ouvrir le débat sur ma campagne présidentielle.

 

J’y suis prête.

 

Ma campagne présidentielle n’a pas été réussie. Cet échec a plusieurs causes.

 

En premier lieu,  les failles de la candidate. Mon impréparation, mon inexpérience, le fait de ne disposer d’aucune garde rapproché avant la campagne, ma naïveté, ma faible connaissance du jeu médiatique ont incontestablement pesé lourd. Mon équation personnelle ne faisait peut être pas de moi la meilleure candidate.  

 

Pire, nous n’avons pas su faire de notre primaire le point de départ d’une dynamique de rassemblement. Au contraire notre élection primaire est devenue une machine à perdre. Avec le recul, il me reste dans la bouche un goût de cendres, et la désagréable sensation que Nicolas Hulot et moi-même avons été instrumentalisés pour des jeux internes. Bien sur, nombre de nos partisans respectifs étaient sincères et enthousiastes. Mais les promoteurs de nos candidatures n’avaient pas tous en tête le bien de l’écologie politique, Certains développaient bel et bien des stratégies visant uniquement à empêcher tel ou telle de nous représenter à la présidentielle. Une fois l’élection primaire passée, ma victoire surprise ayant troublé le jeu, la campagne n’était manifestement plus la priorité.

 

La meilleure solution aurait été, au lendemain de l’élection primaire, de mettre en place un ticket présidentiel Hulot Joly pour porter l’idée de la priorité donnée à la transition écologique et à la république exemplaire.

 

En faisant campagne ensemble, nous aurions été dans la continuité de la dynamique des élections européennes et des régionales

 

Hélas, le dépassement des égos n’a pas été possible. Je le regrette amèrement. J’y ai ma part de responsabilité, mais ne laisserait personne dire que j’en suis seule responsable.

 

L’autre raison de mon faible score que je voudrais évoquer, n’est pas la moindre, même si elle peut sembler dérisoire : la multiplication des attaques, chausse trappe, pièges et défections venus de nos rangs a entamé le crédit de ma candidature.

 

Ce n’est pas une question de courant : des hommes et des femmes de toutes les sensibilités se sont engagés dans la campagne, y compris des hulotistes de l’élection primaire. Je les en remercie. Mais les mauvais coups sont eux aussi venus de partout. C’est une question de culture : nous ne savons pas nous mettre autour d’une table pour déterminer ensemble ou est notre intérêt commun. Les snipers n’ont pas seulement plombé ma campagne, ils ont manqué de respect à ces milliers de militants et sympathisants qui, eux, sur le terrain, se sont mobilisés sans compter, par conviction et par loyauté.

 

Aucune dynamique n’est possible quand on devient le punching-ball de sa propre famille. Le récit de ma campagne n’a donc jamais été celui d’une candidature de conquête, mais bien celui d’un long calvaire ou une seule question était posée : « va t’elle tenir ?»  J’ai tenu, mais cette campagne s’est vite avérée être une mission impossible.

 

Enfin, l’échec de la présidentielle à une cause plus fondamentale encore, d’ordre politique : la difficulté de mener campagne en même temps qu’on négocie un accord avec le parti socialiste, et d’autant plus dans un contexte où la question principale était le rejet du sarkozysme plus que la confrontation de projets de société. Je ne tire aucune amertume du choix qui a été fait : il nous a permis d’avoir un groupe à l’assemblée et deux ministres. Je crois que l’écologie politique s’en trouve renforcée dans les institutions. Mais reconnaissons quand même que notre image de force politique différente a été écornée et que nous sommes affaiblis dans la société pour quelques temps.

 

C’est ce point qui m’agite. Comment renouer avec la société ?  Quand la colère et la déception monte dans le pays, il me semble difficile de se tenir à l’écart de la protestation et de la demande d’un changement de cap. Pourquoi ce que disent de plus en plus l’ensemble de nos dirigeants sur la politique conduite par l’actuel gouvernement ne pourrait être porté sur la place publique ?

 

Je crois à la complémentarité des discours. Nos ministres, se battent au gouvernement, pour faire exister dans le secteur qui leur a été confié, une approche écologiste, et pour avoir un bilan ministériel digne de ce nom à présenter. Nous devons donc les soutenir sans réserve. Mais comment peuvent ils avoir des marges de manœuvre si nous mêmes, nous appliquons, ce que personne  ne nous demande, la même discipline que celle à laquelle ils sont soumis ? Notre solidarité ne peut pas s’exercer par l’auto censure. Je pense au contraire qu’en parlant clairement, et en disant les positions qui sont les nôtres nous leur donnons l’occasion de témoigner de l’existence dans la société d’une demande d’une politique plus conforme à nos aspirations.

 

François Hollande est nécessairement sensible aux rapports de force.

 

L’oublier, c’est tout faire reposer sur le seul jeu institutionnel. Moi je crois à la société mobilisée. Sans les citoyens, nous serons impuissants à faire triompher nos idées. Sur Notre Dame des Landes par exemple, c’est bien la dialectique entre un mouvement social radical et une présence d’écologistes dans les institutions de la république qui permet de continuer à bloquer ce funeste projet. 

 

Je peux comprendre qu’on affirme que manifester aux côtés de Mélenchon est une erreur. Je note au passage la grande sollicitude de ceux qui s’inquiètent hypocritement sur le mode « Eva va se faire bouffer par Mélenchon ». Qu’ils disent les choses plus clairement : « Eva est nulle » est le fond de leur pensée. La plupart sont d’ailleurs les mêmes qui relaient avec gourmandise les rumeurs sur mon prétendu départ sur une liste Front De Gauche. La manœuvre est simple : me discréditer aux yeux des militantes et des militants pour dénaturer le débat de fond que je veux ouvrir. On me dit même que certains ont déjà décidé de me le faire payer et de m’écarter pour les prochaines élections européennes si d’aventure je décidais de me représenter.

 

La messe est dite ?

 

Et bien justement non.

 

Je concède bien volontiers mon inexpérience politicienne et mon peu d’appétence pour les jeux internes. Mais ce qui se joue depuis le début de l’affaire Cahuzac est autre. Les françaises et les français sont écœurés par leur classe politique. La crise de confiance est à son paroxysme. Voilà pourquoi nous sommes sommés de répondre aux interrogations. Nous devons dire si nous considérons que c’est un accident de parcours ou si c’est le fruit d’un système. Il se trouve que depuis vingt ans je dis que c’est un système d’irresponsabilité et de soumission au pouvoir de l’argent qu’il faut combattre.

 

Et quand les faits me donnent raison, nous donnent raison, je devrais me taire ?

 

Ce n’est pas Eva Joly qui fait du Mélenchon, mais c’est bien Mélenchon qui dit ce que je dis depuis toujours sur la corruption et les affaires. Mélenchon a parlé de coup de balai, choquant les oreilles sensibles ?

 

La belle affaire ! La vérité, c’est qu’il est en deçà de la réalité : un karcher ne suffirait pas à décrasser le système actuel. Il faut un changement radical. Voilà ce que veut dire pour moi la sixième république.

 

C’est sur cette base que j’ai un temps discuté avec François Bayrou, ce qu’on me reproche aujourd’hui, en disant « elle passe de Bayrou à Mélenchon. » C’est faux.

 

Avec constance je plaide depuis longtemps pour la république exemplaire. C’est un combat fondateur de mon engagement en politique. Mais ces dernières années, au passage, mes yeux se sont ouverts sur la question sociale, sur l’idiotie des politiques d’austérité, sur les manques cruels de la construction européenne. Mon parcours a enrichi ma vision du monde et des moyens de le transformer. Je suis devenue une militante écologiste qui se bat pour faire émerger une autre voie au sein des forces progressistes. Ne pas laisser le monopole de la rue au Front De Gauche, c’était pour moi ne pas leur abandonner le terrain de la critique démocratique et sociale.

 

Personne n’a réfuté sur le fond cette volonté. On a juste brandi des arguments disciplinaires dont j’aurais aimé qu’on les utilise à l’égard de la noble cohorte des tireurs dans le dos, pour calmer les attaques fratricides pendant ma campagne  Indiscipline ? On ne trouvera aucune déclaration publique de ma part attaquant l’un ou l’autre de nos responsables. J’aurais aimé que la réciproque soit vraie.

 

Celles et ceux qui nous enjoignent de nous taire ne nous disent pas par ailleurs quelle est leur stratégie. J’ai seulement entendu notre secrétaire national esquisser la possibilité d’un bloc majoritaire allant du MODEM au front de gauche dans une interview au Journal Du Dimanche.

 

Cette position ne me semble pas juste au regard de la séquence politique que nous vivons. Elle n’est pas scandaleuse, mais erronée. Je rappelle d’ailleurs qu’une telle hypothèse, émise lors de ma campagne a été balayée par Bayrou comme par Mélenchon. Il faut donc choisir.

 

Alors disons les choses clairement : je plaide pour une majorité rouge rose verte ouverte à la société civile, pour bâtir une coalition de l’arc en ciel. A l’heure où François Hollande parle de remaniement, nous devrions adosser notre demande de changement de cap à une demande de rééquilibrage gouvernemental. Cécile Duflot, qui a fait ses preuves comme excellente ministre doit monter en grade et en influence pour renforcer le poids des écologistes, la coalition doit s’élargir au front de gauche pour répondre à la demande sociale, des ministres de la société civile doivent permettre au gouvernement de retrouver le chemin du peuple en intégrant des luttes symboliques de la société mobilisée et du changement.

 

Voila la ligne que je pense être juste. Elle ne me conduit pas à intégrer le Front De Gauche, mais à dialoguer avec lui. Nous avons en effet des divergences profondes avec les communistes, comme avec le Parti de Gauche. Mais si nous sommes capables de gouverner avec les socialistes, nous devons au moins être capable de déterminer des luttes communes avec le Front De Gauche, et au delà avec la société civile, pour peser sur les politiques menées. La soumission à l’agenda politique du Parti Socialiste ne peut pas être une ligne de conduite.

 

Ce débat ne fait que commencer.

 

Puisqu’on me fait reproche de ne pas assez participer à la vie de notre mouvement, je vais davantage m’y impliquer et je continuerai à faire vivre le débat engagé. Je prendrai mes responsabilités, notamment en soutenant une motion lors du congrès à venir. L’enjeu de ce congrès ne peut pas être de monter une opération anti Durand ou anti Duflot : nous devons par contre avoir un vrai débat politique sur la stratégie à mener pour retrouver la société. Parce que l’avenir de notre mouvement est déterminant pour l’avenir de notre pays.

 

J’ai peu d’ambition pour moi, beaucoup pour nous et plus encore pour les jeunes générations de l’écologie qui doivent prendre la relève.

 

Europe Ecologie Les Verts ? J’y suis, j’y reste.

 

Fidèlement, 

 

Eva Joly

 

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REYHANLI


La Turquie impute l’attentat de samedi à des partisans d’Assad


REYHANLI, Turquie (Reuters) - Le gouvernement turc a imputé dimanche le double attentat à la voiture piégée qui a fait quarante six morts la veille près de la frontière syrienne à des éléments fidèles au régime de Bachar al Assad et a invité la communauté internationale à agir contre son régime.

Neuf suspects, tous de nationalité turque, ont été arrêtés, a annoncé le vice-premier ministre turc Besir Atalay, ajoutant que le cerveau présumé était du nombre. Selon son collègue de l'Intérieur, Muammer Guler, l'attentat a été commis par un groupe connu des autorités qui entretient des liens avec les Moukhabarat, les services secrets syriens.

Le chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu a quant à lui indiqué que les auteurs de l'attentat de Reyhanli, ville de la province de Hatay où se trouvent de nombreux réfugiés syriens, étaient également responsables de celui de qui a fait soixante deux morts il y a une semaine à Banias, sur la côte syrienne.

« Cet attentat n'a rien à voir avec les réfugiés syriens présents en Turquie, il a tout à voir avec le régime syrien », a-t-il assuré à la chaîne de télévision turque TRT.

« Nous devons être attentifs aux provocations ethniques en Turquie et au Liban après le massacre de Banias », a poursuivi le ministre, qui a en outre jugé le moment venu pour la communauté internationale d'intervenir pour éviter un débordement du conflit syrien.

Omran Zoubi, ministre syrien de l'information, a nié toute implication de Damas dans l'attentat de Reyhanli et l'a jugé de la responsabilité d'Ankara, qui a selon lui pris le parti d'activistes liés à al Qaïda.

« La Syrie n'a pas commis et ne commettra jamais un tel acte, parce que nos valeurs ne le permettent pas. Nul n'a le droit de lancer des accusations sans fondement », s'est-il indigné, selon les propos rapportés par la presse officielle.

« TOUT LE MONDE A PEUR ICI » 

Banias est une enclave sunnite en pays alaouite, minorité issue de l'islam chiite à laquelle appartiennent Bachar al Assad et la plupart des caciques du régime syrien.

Côté turc, Reyhanli est devenu une base logistique des insurgés syriens et les milliers de réfugiés qui s'y trouvent sont majoritairement sunnites.

L'attentat a été commis alors que les Etats-Unis et la Russie semblaient avoir décidé de mettre leurs divergences sur le conflit syrien de côté.

En visite à Moscou, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait déclaré mardi en présence de son homologue russe Sergueï Lavrov, qu'une conférence internationale avec des représentants de Bachar al Assad et de l'opposition pourrait avoir lieu avant la fin du mois.

Samedi, un membre de l'administration russe a toutefois jugé le délai trop court et a fait état de divergences sur les délégués à inviter.

Le drame de samedi vient en outre souligner la charge que les réfugiés syriens font peser sur les pays voisins, aussi bien sur le plan économique que sur celui de la sécurité. La Turquie en accueille trois cent mille à elle seule.

L'attentat a été suivi des mouvements de protestation à Reyhanli, dont certains tiennent les réfugiés pour responsables du débordement de la guerre civile. Des manifestants ont brisé les vitres de voitures immatriculées en Syrie. D'autres s'en sont pris à la politique étrangère d'Ankara.

« C'est la politique de Tayyip Erdogan (le premier ministre) qui en est responsable. La Turquie n'aurait jamais dû s'impliquer dans ce pétrin. Nous avons neuf cent kilomètres de frontière avec la Syrie. Ils vont et ils viennent comme ils l'entendent.Tout le monde a peur ici », a déploré un enseignant de la ville.

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samedi, mai 11 2013

VINGT CINQ ANS APRES HALABJA


http://www.liberation.fr/monde/2013/05/09/une-mousse-blanche-leur-coulait-du-nez-et-de-la-bouche_901900


« Une mousse blanche leur coulait du nez et de la bouche »

Jeudi 9 Mai 2013

« Libération » a rencontré des victimes d’un bombardement dans la ville d’Alep, ainsi que des médecins à Afrin. Les symptômes décrits sont compatibles avec une attaque au gaz sarin.

Par Luc Mathieu, envoyé spécial de Libération à Alep et à Afrin

Yasser Yunis n’a pas vu mourir sa femme et ses deux fils. Il a juste entendu Sadiq, dix huit mois, suffoquer, incapable de respirer. Il a aussi aperçu sa femme à travers un nuage de fumée alors qu’elle tentait de s’enfuir avec Yahyah, cinq mois. « Elle titubait mais elle a réussi à sortir de la maison. Elle s’est écroulée juste après ».Chancelant, la vision brouillée, la gorge et le nez brûlants, Yasser Yunis a tenté de la rejoindre. Il n’a fait que quelques pas avant de tomber à son tour. « J’ai juste eu le temps de les voir, étendus dans la rue. J’ai rampé pour me rapprocher mais je me suis évanoui. Je ne me rappelle de rien d’autre jusqu’à mon réveil à l’hôpital ».

Que s’est-il passé le 13 avril peu après 3 heures du matin dans le quartier kurde de Cheikh Maqsoud, à Alep ? La maison de Yasser Yunis, un mécanicien arabe de 27 ans, a-t-elle été la cible d’une attaque à l’arme chimique ? Sa femme et ses deux fils ont-ils péri des suites d’une intoxication au gaz sarin ? Si oui, qui est responsable de cette attaque, qui a franchi la «ligne rouge» consistant à employer des armes chimiques en Syrie ? Le régime de Bachar al Assad, comme l’a sous-entendu Chuck Hagel, le secrétaire d’Etat américain à la défense ? Ou les rebelles, comme l’a affirmé lundi Carla Del Ponte, membre d’une commission d’enquête de l’ONU ?

Symptômes. Ces questions n’ont pas encore, et n’auront peut-être jamais, de réponses définitives. Mais les témoignages de victimes, de voisins accourus après l’explosion et de médecins qui les ont soignés fournissent des indices concordants, laissant penser que Yasser Yunis et sa famille ont bien été visés par une arme chimique. « Selon moi, cela ne fait aucun doute, il s’agit d’une attaque au gaz sarin. Les symptômes coïncident. Et plusieurs membres du personnel soignant on t également été contaminés alors qu’ils n’étaient pas sur le lieu de l’attaque. Cela n’arrive pas avec des armes conventionnelles », affirme Hassan Kawa, directeur de l’hôpital d’Afrin, où ont été traitées les victimes. Un chef de mission d’une ONG française, qui a envoyé une équipe à Afrin, est moins catégorique. « Les symptômes observés sur une vidéo sont compatibles avec une attaque au gaz sarin. Mais n’ayant pu examiner les corps, il est impossible de trancher ». Un expert français, contacté par « Libération », avoue lui aussi ne pas pouvoir émettre d’avis définitif. « Certains symptômes corroborent l’exposition à un agent neurotoxique tel le sarin, mais d’autres non. C’est d’autant plus difficile de trancher que des agents chimiques peuvent être combinés. Il est alors plus compliqué de les détecter et d’isoler les symptômes ».

Yasser Yunis, le mécanicien, n’a pas plus de réponse. « Le médecin qui m’a soigné m’a juste dit que c’était une attaque chimique, mais je ne sais pas quel produit a été utilisé », explique-t-il. En cette fin d’après-midi du premier mai, il revient de son travail, les mains noircies, le tee-shirt couvert de cambouis. Il habite toujours la même petite maison de plain-pied, au coin d’une ruelle au macadam troué de Cheikh Maqsoud. De l’attaque du 13 avril, il ne reste que des sacs de gravier qui se trouvaient sur le toit, où l’engin a explosé, et des bâches en plastique calcinées. « On a préféré y mettre le feu au cas où elles seraient contaminées. Sinon, on a tout lavé à grande eau. Il aurait mieux valu déménager, ou au moins acheter de nouveaux meubles, mais je n’ai pas les moyens » ajoute-t-il. Le jeune syrien semble méfiant, comme s’il craignait d’être repéré ou victime de représailles. Son quartier est resté à l’écart de la guerre jusqu’à la mi-mars, lorsque les Kurdes, majoritaires, ont décidé de se joindre à la rébellion contre le régime. Yasser Yunis ne combat pas avec eux, et n’a jamais participé aux défilés appelant à la chute de Bachar al-Assad.

Fumée. Le 13 avril, lorsqu’il est réveillé par une explosion vers 3 heures 30, il croit d’abord qu’un obus de char s’est abattu sur sa maison où dorment sa femme, ses deux fils et sa sœur. Il sort de sa chambre mais ne constate aucun dégât. « Je n’ai vu qu’une fumée blanche mêlée de poussière qui se déplaçait lentement ».L’air qu’il respire est sec, comme « tranchant ». Yasser Younis repart dans sa chambre et voit son fils d’un an et demi qui ne parvient plus à respirer. Il crie à sa femme de sortir, la voit prendre leur plus jeune fils dans ses bras, avancer de quelques mètres avant de laisser tomber l’enfant. Yasser Younis a juste le temps de dire à son frère d’aller aider leur sœur restée à l’intérieur, avant de sombrer dans l’inconscience.

« Je les ai vus tous les quatre, allongés ici », explique une voisine en pointant du doigt la rigole qui court au milieu de la chaussée. « Ils ne bougeaient plus et avaient comme de la mousse blanche qui leur coulait du nez et de la bouche ». Le frère de Yasser sort au même moment de la maison. Il n’y est resté que quelques minutes mais il ressent déjà des vertiges. Il s’évanouit.

« D’autres gens du quartier sont venus voir ce qui se passait. Certains avaient aussi des maux de tête et des étourdissements. Mon mari s’est senti mal, au bout de deux heures, il saignait du nez et a fini par s’évanouir. On a aussi retrouvé plusieurs cadavres de chats », poursuit la voisine. Sans attendre, des combattants kurdes emmènent les blessés à Afrin, à environ une heure de route. A proximité de la frontière turque, la ville est épargnée par les combats et fait figure de base pour le mouvement kurde syrien, proche du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc.

Tests. Les vingt victimes seront toutes traitées dans un hôpital de fortune, créé il y a cinq mois. Sur des vidéos tournées à leur arrivée, on voit Yasser, yeux ouverts et pupilles fixes, de la mousse blanche autour du nez et au-dessus de la bouche. Sa femme est immobile, intubée. Un autre se gratte frénétiquement la tête. « Plusieurs avaient également des mouvements incontrôlés des bras et des jambes. C’est un symptôme d’une exposition à un gaz neurotoxique. Nous leur avons fait des injections d’atropine », explique Hassan Kawa. Dans les heures qui suivent, plusieurs membres de l’équipe médicale d’Afrin, dont Hassan Kawa, seront victimes d’étourdissements. Certains resteront inconscients plusieurs heures. « La seule solution pour confirmer qu’il s’agit bien d’une attaque chimique serait d’effectuer des tests. Mais nous n’avons pas les moyens de les faire ici, nous n’avions même pas d’antidote pour les victimes », poursuit Hassan Kawa. Le médecin dit avoir contacté plusieurs organisations internationales dans les jours qui ont suivi l’attaque. « Aucune n’a répondu. Seuls des représentants d’une organisation américaine sont venus et ont récupéré des échantillons. J’ignore ce qu’ont donné les analyses, ni même si elles ont été faites ». 

Devant sa maison de Cheikh Maqsoud, Yasser Yunis répète qu’il « ne comprend rien à ce qui s’est passé. Pourquoi nous viser ? Il n’y a ni rebelle ni ligne de front ici ». Sa voisine, assise sur une chaise en plastique devant une échoppe vide, lève les bras au ciel en expliquant que Yasser Yunis a simplement manqué de chance. « C’est tombé sur sa maison mais ça aurait pu tomber sur la mienne. A mon avis, c’était un avertissement, une tentative pour nous faire peur et nous pousser à partir. L’armée syrienne veut reprendre le quartier. Je ne serais pas surprise si elle lançait une autre attaque chimique. Mais, cette fois, elle sera massive, conçue pour nous tuer tous ».

 

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MAREA VERDE


http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/10/l-enseignement-public-dans-la-rue-en-espagne_3174964_3214.html


L’enseignement public dans la rue en Espagne

Par Sandrine Morel

De la crèche à l'université, parents, élèves et professeurs étaient appelés à participer à la grève générale de l'enseignement, Jeudi 9 Mai 2013, en Espagne. Des milliers de personnes ont manifesté dans tout le pays contre le projet de réforme de la loi de l'enseignement que le gouvernement devait initialement présenter vendredi en conseil des ministres. Plus généralement, leur colère s'est déversée contre les mesures de rigueur et les coupes budgetaires qui ont réduit le budget de l'éducation de plus de six milliards d'euros en deux ans.

Selon les syndicats, la grève a été suivie par soixante dix pour cent des enseignants et quatre vingt dix pour cent des étudiants universitaires. Ces taux de participation ont été abaissés à vingt pour cent par le gouvernement. Mais dans les rues de Barcelone et de Madrid, impossible de nier le succès de l’appel lancé par les syndicats et les associations réunis dans la plate forme pour l’école publique.

Dans la capitale, une marée verte, la couleur des tee shirts en faveur de "l'éducation publique pour tous", a inondé le paseo du Prado et la rue Alcala pour venir crier sa colère sous les fenêtres du ministère de l'éducation et demander la démission du ministre, José Ignacio Wert.

Sur les pancartes bariolées portées par des lycéens, des maîtres d'école ou des professeurs d'université, les slogans témoignaient de la crainte générale de voir l'éducation publique se dégrader ou être privatisée à son tour, après une partie de la santé publique. « Seule l'éducation publique garantit l'égalité des chances », « si nous sommes l’avenir, pourquoi vous nous traitez mal », « le pire ennemi d'un gouvernement corrompu est un peuple cultivé », pouvait-on lire sur ces pancartes.

Réorientation précoce des élèves en difficulté

Théoriquement, l'objectif de la loi organique d'amélioration de la qualité éducative (Lomce) est de résoudre un problème reconnu par tous en Espagne : celui du taux d'abandon scolaire, de 24,9 %, l'un des plus élevés de la zone euro. Pour cela, elle mise notamment sur la réorientation précoce des élèves en difficulté vers des filières professionnelles, dès quatorze ans, le développement de la compétition entre centres scolaires et l'augmentation du nombre d'examens que les élèves devront passer pour poursuivre leur cursus scolaire.

Des mesures « élitistes » selon les manifestants. « Cette nouvelle loi va diviser les élèves et créer des ghettos pour les enfants qui ont parfois simplement besoin de plus de temps pour acquérir les connaissances de base », critique Pilar Fernandez, enseignante à la retraite.

Fini le temps où la loi, celle de 1983, définissait l'éducation comme « un moyen de transmettre des valeurs, de développer la cohésion sociale, le respect des différences et l’exercice de la citoyenneté responsable, libre et critique ». La Lomce prétend « améliorer le niveau éducatif des citoyens pour leur ouvrir les portes de postes de travail hautement qualifiés, un pari pour la croissance économique et un avenir meilleur ». Le texte introduit aussi une série de changements qui risquent, selon les syndicats, de créer « un enseignement public low cost », tels que l'augmentation des heures de cours ou du nombre d'élèves par classe. Ces mesures ont déjà été introduites dans la région de Madrid, sorte de laboratoire à grande échelle pour le Parti Populaire (PP, droite, au pouvoir).

« On nous a imposé deux heures de cours en plus par semaine »

« Ces deux dernières années, le nombre d'enfants de deux et trois ans de ma classe est passé de dix huit à vingt, et ils veulent encore l’augmenter à vingt et un, alors qu'on nous a supprimé une partie du personnel de soutien », témoigne Nuria Gonzalez, 29 ans, professeur dans une crèche du privé sous contrat (les crèches sont intégrées dans le système éducatif). « On ne peut pas prendre soin correctement de si jeunes enfants dans ces conditions ». Parallèlement, le salaire de la jeune femme a été réduit de deux cent euros, passant de mille à huit cent euros mensuels et les frais d'inscription ont doublé pour les parents.

« On nous a imposé deux heures de cours en plus par semaine : c'est du temps en moins pour nous occuper de la bibliothèque, faire des dédoublements de classe afin d’aider les élèves en difficulté ou organiser des sorties extra scolaires », regrette Maria Luisa G., enseignante de cinquante huit ans dans une école primaire du quartier populaire de Vallecas, dans la banlieue de Madrid. « Les quinze premiers jours, les enseignants malades ou absents ne sont pas remplacés », peste de son côté Maria Varas, parent d'élève.

L’éducation pour la citoyenneté supprimée

Derrière elle, un cortège d'étudiants et de professeurs manifeste sous une banderole « contre la privatisation de l'université d'Aranjuez ». Composé de trois facultés, ce centre universitaire qui accueille près de deux mille étudiants pourrait fermer ses portes ou être privatisé si se confirment les plans dévoilés la semaine dernière par le recteur. « On nous a dit que le campus n'était pas viable économiquement, mais l'éducation ne doit pas répondre à des critères de rentabilité », soutient Tomas Zarza, professeur d'audiovisuel de quarante sept ans venu manifester avec ses deux enfants de six et dix ans. « Tout ceci est notre présent, mais c'est aussi leur avenir. C'est eux qui vont en pâtir ».

Seul le Parti Populaire devrait soutenir la Lomce au parlement. L'opposition socialiste critique un texte qui favoriserait « la ségrégation, la privatisation et la religion ». L'éducation pour la citoyenneté, une matière introduite en 2006 par le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero comme alternative aux cours de religion, devrait être en effet supprimée et remplacée par celle de « valeurs culturelles, sociales et éthiques », comme le demandait l'Eglise.

« Plusieurs de mes amis ont dû abandonner la fac »

Les partis nationalistes régionaux critiquent quant à eux la « recentralisation » à laquelle procéderait la réforme, car elle augmente le nombre de matières imposées par l'Etat au détriment de celles choisies par les régions et, surtout, parce qu'elle remet en cause le modèle « d’immersion linguistique » en vigueur en Catalogne, c'est-à-dire un enseignement complètement en catalan dans le public et le privé sous contrat. Le ministre de l'éducation, José Ignacio Wert, qui avait tenu des propos polémiques en déclarant vouloir « espagnoliser les jeunes catalans », a en effet annoncé que la Lomce garantira l'enseignement principal en castillan pour ceux qui en feront la demande.

Dans la soirée, le ministre de l'éducation a annoncé qu'il repoussait finalement d'une semaine la présentation de la Lomce en conseil des ministres. A-t-il été sensible aux cris venus de la rue ? Comme celui de Juan Montes, vingt deux ans, étudiant aux beaux arts, à Aranjuez. Il ne comprend pas pourquoi, alors que cinquante sept pour cent des jeunes sont au chômage, le gouvernement rend plus difficile l'accès à l'éducation : « les frais d'inscription ont doublé. Les bourses de doctorat ont été réduites. Plusieurs de mes amis ont dû abandonner la fac alors qu'il n'y a pas de travail. D'autres sont partis à l'étranger, comme mon frère, ingénieur, qui vit en Allemagne depuis deux ans ».

Lui aimerait rester « pour lutter. Je vais me former et j'espère que dans un futur pas trop lointain, la société me fera une place ».

 


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CHAINE HUMAINE A NOTRE DAME DES LANDES


Chaîne humaine contre l’aéroport de Notre Dame des Landes


NOTRE-DAME-DES-LANDES, Loire-Atlantique (Reuters) - Une chaîne humaine regroupant plusieurs milliers de personnes s'est formée samedi à Notre-Dame-des-Landes pour protester contre le projet d'aéroport international prévu sur cette commune située à une vingtaine kilomètres de Nantes.

Quelque quarante mille manifestants selon les organisateurs, douze mille selon la préfecture, ont dessiné sur les petites routes du bocage ligérien un périmètre de vingt cinq kilomètres figurant les mille six cent hectares retenus pour le projet d'aéroport.

La zone a été rebaptisée « ZAD » comme zone à défendre par ses opposants qui dénoncent « un gaspillage de terres et d'argent ».

« L'objectif de cette chaîne humaine est de montrer que la ZAD est toujours sous la protection des citoyens, des élus, des associations », a souligné Françoise Verchère, conseillère générale PG de Loire-Atlantique et l'une des organisatrices de la manifestation.

« Nous voulons aussi montrer que le combat n'est pas terminé et que nous resterons mobilisés tant que le projet ne sera pas abandonné », a-t-elle ajouté.

Parmi les milliers de maillons formant cette chaîne humaine et rassemblant dans la bonne humeur des élus, des familles, des agriculteurs, des militants associatifs, Martine Billard, co- présidente du Parti de Gauche et Eva Joly, députée Europe Ecologie Les Verts (EELV) avaient fait le déplacement.

« Je pense que la mobilisation ne va pas s'arrêter mais que le bon sens finira par l'emporter car ce projet est un non-sens économique et un non-sens écologique », a estimé l'ex-candidate à l'élection présidentielle de 2012.

CLIMAT APAISÉ

Après plusieurs années de polémiques et de nombreuses manifestations autour du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, initié depuis une quarantaine d'années pour remplacer l'actuelle aérogare nantaise, les tensions sont retombées d'un cran à la suite des conclusions d'un rapport d'experts mettant en cause divers éléments du dossier.

« Le climat s'est apaisé », constate Christophe Dougé, conseiller régional EELV et membre du comité regroupant cinq cent élus opposés à l'aéroport.

« A l'automne 2012, les occupants de la ZAD devaient être expulsés et les premiers travaux devaient commencer dans la foulée. Aujourd'hui selon le rapport d'expertise, il faudrait au moins deux ans d'études complémentaires et le chantier a été repoussé à une date indéterminée », souligne-t-il, se disant confiant dans l'abandon du projet mais néanmoins prudent.

« Tant que la déclaration d'utilité publique n'aura pas été annulée et le projet définitivement abandonné, il faut rester mobilisés », a-t-il dit.

Soutenu par les majorités des différentes collectivités de Bretagne et des Pays de Loire, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est également défendu depuis son origine par l'ancien maire de Nantes et actuel Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Selon ses promoteurs, il permettrait de développer le trafic aérien et les échanges dans la région tout en éliminant le survol actuel de la métropole nantaise par des avions.

Ses opposants dénoncent de leur côté la destruction d'une zone bocagère préservée comportant d'importantes zones humides et jugent ce projet économiquement « inutile ».

« On va finir par faire passer l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique pour un simple aérodrome alors que c'est déjà un aéroport international qu'on va simplement déplacer », s'insurge Françoise Verchère.

« PROJET IRRATIONNEL »

L'expertise commandée par le gouvernement et dont les conclusions ont été remises début avril pointe quant à elle le manque d'études sur une possible optimisation de l'actuelle infrastructure et l'insuffisance des études d'impact sur le site de Notre-Dame-des-Landes.

« Ce projet, totalement irrationnel, est clairement en infraction vis-à-vis du droit communautaire sur l'eau ou la défense des espèces protégées et une procédure contentieuse a été engagée », indique Sandrine Bélier, députée européenne EELV venue de l'est de la France.

Chiffrée par la société Vinci, principal opérateur retenu pour ce projet et par la chambre de commerce de Loire-Atlantique à cinq cent huit millions d'euros, la facture totale pourrait s'élever à trois milliards d'euros selon les opposants au projet en tenant compte des infrastructures ferroviaires appelées à compléter le futur équipement aéroportuaire.

A la suite de la dislocation de la chaîne, concerts et festivités étaient prévus tout au long de la soirée sur le site de Notre-Dame-des-Landes.

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QUATRE CENT CANDIDATS A LA PRESIDENCE IRANIENNE


Rafsanjani candidat à la présidence iranienne


DUBAI (Reuters) - Akbar Hashemi Rafsanjani, chef de l'Etat de 1989 à 1997, a déposé samedi, quelques minutes avant la clôture des inscriptions, sa candidature à l'élection présidentielle iranienne du 14 juin.

Rafsanjani, soixante dix huit ans, avait appuyé en 2009 l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad, dont la réélection contestée face aux réformateurs Mirhossein Moussavi et Mehdi Karoubi avait entraîné des manifestations violemment réprimées.

Considéré comme relativement modéré, il pourrait attirer à lui les voix des réformateurs.

Un autre « poids lourd » de la politique iranienne, Esfandiar Rahim Mashaie, proche du président sortant, a également déposé sa candidature.

L'entourage de l'ayatollah Ali Khamenei, guide de la révolution iranienne, craint tout particulièrement l'influence de Mashaie, considéré par les conservateurs comme un « déviationniste » soupçonné de vouloir brider l'influence des religieux au bénéfice d'un régime plus « nationaliste ».

Un autre proche d'Ahmadinejad, son ancien directeur de cabinet Ali Akbar Javanfekr, est aussi sur les rangs. Il avait été emprisonné l'an dernier pour avoir publié un article jugé « indécent » sur le code vestimentaire islamique. Le président Ahmadinejad avait dénoncé son incarcération.

Les relations entre Ahmadinejad et Khamenei n'ont cessé de se dégrader ces dernières années.

Autre candidat à la présidence, l'ancien chef des négociateurs iraniens sur le dossier nucléaire, Saeed Jalili, est, lui, un chaud partisan de Khamenei.

LISTE OFFICIELLE D'ICI DIX JOURS

Les candidatures, elles sont environ quatre cent, dont celles de huit femmes, doivent être approuvées par le conseil des gardiens de la révolution, une assemblée de dignitaires religieux et de juristes qui publiera d'ici dix jours la liste définitive des quelques candidats autorisés à se présenter.

Samedi matin, les médias iraniens ont également annoncé la candidature du maire de Téhéran, le charismatique Mohammad Baqer Qalibaf, ardent défenseur de Khamenei et du système théocratique au sein du groupe conservateur des « osoulgarayan », les « défenseurs des principes » hostiles au président Ahmadinejad et aux réformateurs.

Depuis les manifestations de 2009, les partisans des réformes ont été écartés de la vie politique. Moussavi et sa femme sont en résidence surveillée depuis plus de deux ans, tout comme Karoubi.

Un autre candidat pro-Khamenei, Gholam-Ali Haddad-Adel, s'est porté candidat vendredi, suivi samedi par un autre partisan du guide suprême, l'ancien ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati.

Deux autres proches de Khamenei, Mohammad Hassan Abu-Torabi Fard et l'ancien ministre de la Santé Kamran Baqeri Lankarani, sont également en lice, de même que Mohsen Rezaie, ancien chef des Gardiens de la révolution battu par Ahmadinejad en 2009.

Face à eux, le religieux modéré Hassan Rohani, négociateur nucléaire du temps du président réformateur Mohammad Khatami, et plusieurs autres candidats comme l'ancien député Mostafa Kavakebian et Mohammad Aref, qui fut le vice-président de Khatami.

 

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vendredi, mai 10 2013

BOUTEFLIKA DEMISSION


http://www.france-irak-actualite.com/article-abdelaziz-bouteflika-peut-encore-partir-la-tete-haute-117679559.html


Abdelaziz Bouteflika peut encore partir la tête haute

Par Gilles Munier

Jeudi 9 Mai 2013

Les algériens ont appris que le président Bouteflika est toujours au Val-de-Grâce grâce au quotidien « Le Parisien Libéré ». Inquiets par la prolongation de son séjour à l'hôpital et par un éventuel saut dans l’inconnu, sa famille et son clan se taisent, comme si le peuple algérien ne méritait pas d’être tenu au courant de son état de santé réel.  

Je souhaite bien évidemment le rétablissement d’Abdelaziz Bouteflika. Car, si personne de censé n’a intérêt à ce que le chaos s’installe en  Algérie, tout le monde craint que la vacance prolongée du pouvoir n'y conduisent tout droit. Selon le professeur de médecine Ali Rachedi, la maladie actuelle de Bouteflika serait « beaucoup plus grave que ce que l’on veut bien faire croire »et que son entourage « n’aurait pas d’autre but que de cacher cette gravité ».  

Hier, en Algérie, le 8 mai n’était pas l’anniversaire de la libération de la France à laquelle des milliers de nord-africains ont contribué, mais la commémoration des massacres de la région de Sétif par l’armée française et des colons. Les algériens se sont sans doute souvenus du discours prononcé il y a un an, en ce lieu, par Bouteflika en campagne pour les élections législatives. Le président avait alors déclaré, à la stupeur de ses courtisans, que l’heure était venue à la génération de l’indépendance de céder le pouvoir aux jeunes. Non seulement il n’a rien fait ensuite pour que cela arrive, mais il s’est accroché au pouvoir, laissant le pays partir à vau-l’eau.

Il est encore temps pour Abdelaziz Bouteflika de quitter la présidence la tête haute. Pour cela, il lui suffit de démissionner.

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FORUM DES LIBERTES SYNDICALES


http://www.ffs-dz.net/?p=2257


Tahar Belabbes au forum des libertés syndicales organisé par le FFS

« Il faut une grande mobilisation pour changer le système »

Mercredi Premier Mai 2013

Le coordinateur du Comité National de Défense des Droits des Chômeurs, Tahar Belabbes, a été le second intervenant au forum des libertés organisé par le FFS. Il a axé son discours sur les problèmes des jeunes, le chômage en particulier.

Face à une corruption caractérisée, il est temps de changer les choses, de changer un système qui fait de la mal gouvernance une politique. Pour y arriver, il est bien temps de sensibiliser aussi bien le peuple que les élites. Une véritable coordination des chômeurs, des jeunes et des étudiants permettra à coup sûr de mettre fin à cette féodalité moderne, dira l’intervenant.

L’absence d’une volonté d’amorcer un véritable dialogue social avec des partenaires crédibles et légitimes est l’un des points noirs de ce pouvoir qui se cache derrière des alibis juridiques pour étouffer les voix libres et autonomes.

Notre objectif est d’être agréé comme un syndicat des chômeurs, nous comptons sur toutes les voix libres pour nous aider à faire avancer notre cause, nous ne sommes ni extrémistes ni autonomistes, terminera l’orateur.

Tahar Belabbes a rendu hommage au FFS et à ses militants qui ont toujours soutenu la cause des chômeurs et les animateurs du mouvement à chaque fois qu’ils sont réprimés.

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PRINTEMPS BERBERE

http://www.siwel.info/Rassemblement-des-etudiants-de-langue-et-culture-amazighes-devant-l-academie-de-TIizi-Ouzou-Le-Kabyle-est-notre-langue_a4905.html


Rassemblement des étudiants de langue et culture amazighe devant l’académie de Tizi Ouzou

 

« Le kabyle est notre langue maternelle »

 

Mardi 23 Avril 2013

 

TIZI-WEZZU (SIWEL) – C’est lors d’un rassemblement tenu, ce matin, devant l’académie de Tizi-Wezzu, que les étudiants du département de langue et culture amazighe ont affirmé leur attachement à leur langue maternelle, à savoir le kabyle.


Plusieurs dizaines d'étudiants et d'étudiantes ont tenu à exprimer leur refus de cautionner le statut conféré actuellement à la langue amazighe en Algérie. Ils ont réclamé un statut adéquat à cette langue.

Ces mêmes étudiants qui ont convié le Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie (MAK), le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), ainsi que le Front des Forces Socialistes (FFS), au rassemblement ont dénoncé le caractère facultatif imposé à l'enseignement de la langue de Massinissa. Ils ont réclamé, en outre, l'octroi de plus de moyens à cet enseignement qui devrait, selon ces étudiants, s faire en latin, loin de toute considération idéologique qu'impose le pouvoir raciste d'Alger.

« Le kabyle est notre langue maternelle » n'ont cessé de clamer les étudiants qui ont laissé la parole au président du MAK, Bouaziz Ait Chebib, qui a réaffirmé le soutien du mouvement à cette action. Ce que confirmera, pour sa part, un responsable du RCD. Quant au FFS, ils ont tenu à apporter leur soutien aux étudiants à travers des messages envoyés pour la circonstance.

 

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jeudi, mai 9 2013

QUE RESTE T IL DE LA POLITIQUE


http://blogs.mediapart.fr/blog/michael-lowy/050513/que-reste-t-il-de-la-politique


Que reste t il de la politique ?

Par Michael Lowy

Dimanche 5 Mai 2013

Il y a deux sortes de « politique » en France, en Europe, et ailleurs. Non seulement différentes, mais antagoniques, contradictoires et irréconciliables. 

La première est la politique officielle, institutionnelle, représentée par les gouvernements, qu’ils soient de centre-droite ou de centre-gauche, ou encore, de plus en plus, d’extrême centre; par les partis majoritaires au parlement, et leurs diverses combines et manigances, et par différentes bureaucraties administratives, judiciaires, religieuses ou sportives. Que ces gouvernements et partis soient « honnêtes » ( ?)  ou corrompus, « progressistes » ou conservateurs, intelligents ou stupides, partisans de la « croissance » ou de l’ « austerité », sociaux libéraux ou néo libéraux, « normaux » ou agités, prétendument  « socialistes » ou soi-disant « populaires »,  modernisateurs ou traditionnalistes, ils ne représentent que des variantes de la même politique, celle du système, celle du capital  financier, celle du capitalisme globalisé, celle qui perpétue et aggrave les inégalités, celle qui perpétue et accélère la destruction de l’environnement, celle qui a conduit à la présente crise économique et qui conduira, dans quelques décennies, à une catastrophe écologique.  C’est la politique du statu quo,  du business as usual, de la « gouvernance » du système, du maintien de l’ordre, de la police (au sens donné à ce terme par Jacques Rancière), de la gestion des affaires du capital, de la neutralisation et/ou de la répression des conflits,  de la « compétitivité » à mort, des coupes sombres dans les salaires et les retraites, des privatisations à tour de bras, des cadeaux fiscaux aux riches, du démantèlement des services publics,  de la course aux armements. 

Cette politique-là règne, elle gouverne partout, elle est aux commandes, elle exerce le pouvoir d’Etat à l’échelle nationale et continentale. Malgré la crise, malgré les difficultés, la dette, le chômage, la corruption, les scandales à répétition, elle semble promise à un bel avenir ; le seul changement semble prendre la  forme d’alternance, le centre-gauche remplaçant le centre-droite ou vice-versa, à moins qu’ils ne forment ensemble, comme en Grèce, un gouvernement d’union nationale. Pourquoi pas ? Ne partagent-ils pas les mêmes options fondamentales, le même conformisme, la même soumission sourde et aveugle aux impératifs des marchés financiers ? Cette politique continuera donc encore longtemps à exercer sa domination sur les peuples de l’Europe.

A moins qu’une autre conception de la politique s’impose. Celle dont parlait Hannah Arendt : l’action organisée pour engendrer l’égalité,  pour construire un monde commun « de concert avec ses égaux et seulement avec ses égaux ». En d’autres termes, un combat permanent contre l’inégalité, l’injustice, la domination, en vue de créer une communauté politique libre et égalitaire. Bref,  une politique de l’égaliberté (Etienne Balibar).

Le point de départ de cette autre politique est l’indignation. Célébrant la dignité de l’indignation et de l’inconditionnel refus de l’injustice,  Daniel Bensaïd écrivait : « Le courant brûlant de l’indignation n’est pas soluble dans les eaux tièdes de la résignation consensuelle. L’indignation est un commencement. Une manière de se lever et de se mettre en route. On s’indigne, on s’insurge, et puis on voit ». Sans indignation rien de grand ni de profond ne s’est fait dans l’histoire humaine. Pour donner un exemple récent, le mouvement zapatiste du Chiapas (Mexique) a commencé en 1994 avec un cri : « ya basta », cela suffit comme cela ! Mais le même vaut pour le printemps arabe,  pour la révolte des indignés en Espagne et en Grèce,  pour celle du mouvement Occupy Wall Street. La force de ces  mouvements vient tout d’abord de cette négativité radicale,  inspirée par une profonde et irréductible indignation. Si le petit pamphlet de Stéphane Hessel, « indignez-vous », a eu autant de succès, c’est  parce qu’il correspondait au sentiment profond,  immédiat, de millions de jeunes, d’exclus et d’opprimés de par le monde. 

La radicalité de ces révoltes résulte, dans une large mesure, de cette capacité  d’insoumission, de cette disposition intraitable à dire non. Les critiques opportunistes et les médias conformes insistent lourdement sur leur caractère excessivement « négatif », leur nature « purement » protestataire, l’absence de propositions alternatives « réalistes ». Il faut  refuser catégoriquement ce chantage : même si les mouvements n’avaient  pas une seule proposition à faire, et ils en ont, leur indignation et leur révolte ne serait pas moins totalement justifiée.

L’autre ingrédient de la politique au sens noble, c’est-à-dire plébéien, du terme, c’est l’utopie.  C'est le sociologue Karl Mannheim qui a donné sa définition « classique », et encore aujourd'hui la plus pertinente, de l’utopie : toutes les représentations, aspirations ou images de désir, qui  s'orientent vers la rupture de l'ordre établi et exercent une « fonction subversive ». La  démarche de Mannheim s’oppose aux conceptions bien pensantes et conformistes, qui font de l'utopie un rêve irréaliste ou irréalisable : comment savoir d'avance quelles aspirations seront ou non « réalisables » à l'avenir ? La démocratie n'apparaissait-elle pas comme une utopie « irréaliste » au milieu du dix huitième siècle ? Tout changement social égalitaire ou libertaire,  de l’abolition de l’esclavage  à la suppression de la monarchie,  a commencé comme une utopie. Selon Ernst Bloch, le philosophe du « principe espérance », l’utopie est un non encore être : elle est l’anticipation d’un monde non encore devenu mais ardemment désiré.

Sans indignation et sans utopies, sans  révolte et sans ce qu’Ernst Bloch appelait « paysages de désir », sans images d’un monde autre, d’une nouvelle société, plus juste et plus solidaire, la politique devient mesquine, vide de sens, creuse.

La guerre entre ces deux formes du politique ne fait que commencer.

 

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MEDIASET


Silvio Berlusconi condamné en appel à quatre ans de prison


MILAN (Reuters) - La cour d'appel de Milan a confirmé mercredi la peine de quatre ans de prison infligée en première instance à Silvio Berlusconi pour fraude fiscale dans l'affaire de l'achat de droits de retransmission par son empire télévisé Mediaset.

L'ancien président du conseil italien, qui a opéré un spectaculaire retour sur la scène politique à l'occasion des élections de février, est également frappé d'une interdiction d'occuper un poste officiel pendant une période de cinq ans.

Ces deux décisions doivent encore, pour avoir un caractère définitif et exécutoire, être confirmées à l'occasion d'une ultime procédure en cassation.

Le « cavaliere », qui est âgé de soixante seize ans, avait fait appel du verdict de quatre ans d'emprisonnement rendu en octobre dans l'affaire Mediaset.

Il lui est reproché d'avoir gonflé le prix payé pour acquérir les droits de retransmission en se servant de sociétés offshore placées sous son contrôle et d'avoir écrémé une partie de cet argent pour créer des caisses noires à l'étranger.

Son avocat, Niccolo Ghedini, a réagi en accusant les magistrats de faire montre de partialité vis-à-vis de son client pour des raisons d'ordre politique.

Cette semaine, la Cour de cassation a rejeté la demande de Silvio Berlusconi de « dépayser » ses procès hors de Milan où, selon lui, les juges ont un parti pris contre lui.

Son prochain rendez-vous devant des juges est fixé au 13 mai dans l'affaire « Rubygate » d'incitation à la prostitution de mineure.

L'arrêt rendu mercredi risque de compliquer la tâche du nouveau gouvernement de coalition d'Enrico Letta, qui rassemble la gauche, le centre et la droite, dont le Parti De la Liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. Ce dernier ne siège pas au gouvernement mais il a la faculté de faire chuter l'équipe Letta au parlement.

 

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BIOGRAPHIE DE DENIS BERGER


http://blogs.mediapart.fr/blog/michael-lowy/070513/denis-berger-1932-2013


Denis Berger (1932 – 2013)

Par Michael Lowy

Denis Berger  nous a quittés. Marxiste hétérodoxe,  communiste dissident,  universitaire non académique, il avait appartenu à la petite poignée de militants anticolonialistes qui, pendant la guerre d’Algérie, ont sauvé l’honneur internationaliste de la gauche française en soutenant activement le combat du peuple algérien.

Denis Berger est le premier ami que j'ai eu en France. J’ai fait sa connaissance en 1963, quand il animait, avec Felix Guattari, « La voie communiste ». Il était chaleureux, doté d’un humour ravageur, allergique à tout dogmatisme. Pendant ces cinquante années, et au delà des accords ou désaccords que nous avons eus à tel ou tel moment, nous avons gardé ce don précieux et fragile : l’amitié. Lors de notre dernière rencontre, il y a quelques mois, j’étais à nouveau frappé par sa formidable lucidité politique et la fidélité obstinée à l’idée communiste de Marx. Denis Berger va nous manquer…

Je me permets de reproduire ici, telle quelle, la notice sur lui que j’avais rédigée pour le dictionnaire du mouvement ouvrier français (le « Maitron ») il y quelques années.

 

Denis Berger, Paris (septième arrondissement), 11 juin 1932.   Dirigeant communiste oppositionnel,  fondateur du journal « La voie communiste », actif dans les réseaux de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie. Enseignant au département de sciences politiques de l'Université de Paris 8 à partir de 1982.

Denis Berger a exercé une influence souterraine importante sur l'extrême-gauche française des années 1950 et 1960,  en particulier à travers le journal « La voie communiste », dont il fut le principal animateur. Malgré la grande diversité de ses engagements politiques et organisationnels successifs et souvent éphémères, l'adhésion à un communisme de gauche, anti stalinien, anti colonialiste et anti impérialiste, donne le fil rouge de sa vie militante.

Son activité militante commence  en mars 1950,  quant il adhère à la cellule étudiante du Parti Communiste Internationaliste (PCI),  section française de la quatrième internationale. Sa première action importante sera la participation à la brigade de travail « 14 juillet », organisée par le PCI en solidarité avec la Yougoslavie, qui  va contribuer à construire une cité universitaire à Zagreb  (été 1950).  De retour à la cellule étudiante du PCI,  il participe aux ventes du journal trotskyste « La Vérité » aux portes de la Sorbonne, et se trouve dans l'obligation de se défendre contre des attaques musclées de militants du PCF.  Lors d'un meeting le 9 février 1953, il va se confronter personnellement, à coups de gourdins, avec Le Pen et ses hommes, qui interviennent aux cris de « vive la réaction ».

Lors de la scission du PCI, il se solidarise avec le courant de Pablo et Frank,  et accepte de mettre en pratique l'orientation « entriste » adoptée par la majorité du secrétariat international de la quatrième internationale (mais seulement la minorité du PCI). Il adhère donc en 1953 au PCF, où il devient membre, et bientôt secrétaire, de la cellule « Saint Just », composée d'étudiants d'histoire, où il côtoyé Alain Besançon, Claude Mazauric et Paul Boccara. Il reconnaît, devant ses camarades du PCF, avoir été un « trotsko titiste », et se trouve, pour cette raison, écarté du comité de section. Parallèlement, il devient un des responsables du « travail entriste » du PCI,  et bientôt membre de son comité central et de son bureau politique (1955).

Devenu instituteur à Saint Ouen en 1954, Denis Berger passe à militer dans des cellules de banlieue du PCF. En 1956, suite au vingtième congrès du PCUS et aux « événements » d'Hongrie, des courants dissidents apparaissent au sein du PCF. Felix Guattari, psychiatre et ancien trotskyste, propose à des étudiants de la cellule de philosophie du parti avec lesquels il est en contact, Lucien Sebag, Anne Giannini et d'autres, la fondation d'un bulletin d'opposition interne : « tribune de discussion ». Denis Berger rejoint ce groupe, qui va bientôt adhérer au PCI, et publier des prises de position radicales contre l'invasion soviétique en Hongrie. La « tribune » entre  peu après en contact avec un autre groupe de militants oppositionnels du PCF, Victor Leduc, Jean Pierre Vernant, Yves Cachin et Gerard Spitzer, qui a des opinions plus ambivalentes sur les événements hongrois, et qui avait crée son propre bulletin : « l’Etincelle ». Certains intellectuels oppositionnels, comme Henri Lefebvre et François Châtelet, collaborent aux deux bulletins, qui finiront après quelques discussions, par fusionner au printemps 1957, en produisant une  publication conjointe sous le titre « étincelle tribune de discussion ».  La dénonciation de Denis Berger et de ses amis comme trotskystes par l'ex-militante du PCI (devenue pro-soviétique) Michelle Mestre  provoque le départ de Victor Leduc et de ses amis de « l'Etincelle » à la fin 1957.

Quelques mois plus tard  Gerard Spitzer, qui avait rejoint le bulletin « tribune de discussion », convainc le groupe à s'engager à fond dans le combat contre la guerre coloniale en Algérie.  C'est à ce moment, début 1958, que Denis Berger décide, avec ses camarades, de lancer un journal, « La Voie Communiste », qui se présente toujours comme une opposition interne du PCF, mais s'adresse en fait à un public plus large. Soutenu financièrement pendant une (très) courte période par Jean Paul Sartre,  la publication aura comme principale ressource la clinique de Laborde, à Cour-Cheverny, où exerce Felix Guattari.

Pendant ce temps, un débat t s'ouvre au sein du PCI : tandis que Denis Berger propose que le parti rejoigne un  regroupement large avec des oppositionnels du PCF, limitant l'activité trotskyste à une revue théorique, Pierre Frank et la majorité, soutenus par les dirigeants internationaux, Michel Pablo et Ernest Mandel, insistent sur la construction du PCI comme noyau du parti révolutionnaire. La confrontation aboutit à la rupture et au départ fin 1958 de Denis Berger et ses camarades, Lucien Sebag, Anne Giannini, Gabriel Cohn Bendit et Felix Guattari.

« La Voie Communiste », qui s'est renforcé avec l'adhésion de Simon Blumenthal,  Roger Rey et d'autres, décide de soutenir le FLN, et prend contact avec la fédération de France du mouvement indépendantiste algérien. Arrêté le 5 décembre 1958 avec un groupe de militants français et algériens, dont Moussa Khebaïli, chef de la willaya Paris périphérie, Denis Berger passe dix jours dans les caves de la DST, mais, contrairement aux militants maghrébins, n'est pas  torturé, et finit par être libéré par absence de preuves.

Exclu du PCI fin 1958 et du PCF en 1960, il avait en fait cessé de militer dans ce parti, Denis Berger connaît aussi des difficultés internes dans « La Voie Communiste », où il se trouve, pendant quelques temps, marginalisé. Il se consacre essentiellement, avec certains amis de « La Voie Communiste » comme Roger Rey, à l'aide au FLN,  en se spécialisant dans l'évasion de militants anticolonialistes.

Ainsi, le 7 janvier 1961, ils préparent,  avec l'aide de Gerard Spitzer, lui aussi emprisonné à Fresnes, la fuite de Mohamed Boudiaf et deux de ses compagnons, Doum et Bensalem, mais seulement ce dernier réussira à partir.  L'opération la plus réussie a été l'évasion de six femmes du réseau Jeanson, deux algériennes et quatre françaises (dont Micheline Pouteau et  Hélène Cuénat) de la prison de la Roquette en février 1961, et leur  sortie clandestine de la France (vers la Belgique). En mai 1962, pendant les négociations d'Evian, les algériens demandent à Denis Berger et Roger Rey d'aider à l'évasion de leurs principaux dirigeants, Ben Bella, Ait Ahmed et Mohamed Khidder, enfermés au château de Turquant près de Saumur. Denis Berger et ses amis trouvent une galerie souterraine qui mène aux caves du château, mais un coup de téléphone malencontreux de Ben Bella à Rabah Bitat (emprisonné à Fresnes) met la police aux aguets et fait avorter la tentative.  

Au moment de l'indépendance de l'Algérie, Denis Berger et ses amis de « La Voie Communiste » décident de soutenir Mohamed Boudiaf et son Parti de la Révolution Socialiste, plutôt que Ben Bella. Le groupe suit de près les événements en Algérie indépendante, mais s'intéresse aussi aux critiques chinoises à la politique soviétique, qui commencent à s'exprimer à cette époque. Cette question provoque des tensions internes, et en 1965 le groupe éclate, avec le départ de Felix Guattari et plusieurs autres. Denis Berger, avec quelques proches, continue à publier un bulletin, bien plus modeste, intitulé  « La Voie ».

Pendant les années qui suivent, il s'investit surtout dans le Comité Vietnam National et dans le Tribunal Russel contre les crimes de guerre au Vietnam, deux organisations où il  exerce des fonctions de secrétaire. Il participe  aux séances du Tribunal Russel  à Stockholm et Copenhague, ainsi qu'à une mission d'enquête, composée entre autres par le dirigeant noir américain Stokely Carmichael et Mehmet Ali Aybar du Parti Ouvrier Turc, envoyée par celui-ci au Vietnam en été 1967.

En mai 1968 il prend part aux événements sans jouer un rôle particulier. Après l'éphémère tentative de publier la revue « Front » (avec le soutien du FLN algérien) en 1969 et en 1970, Denis Berger et ses amis de « La Voie », dont sa  compagne, Michelle Riot-Sarcey, décident, en 1971,  d'adhérer au Parti Socialiste Unifié, où ils s'intègrent dans le courant marxiste-révolutionnaire animé par Jean-Marie Vincent et Jacques Kergoat. Lorsqu’en 1972 la plupart des militants de cette tendance décident d'adhérer à la Ligue Communiste Révolutionnaire, Denis Berger quitte lui aussi le PSU,  mais n'adhère à l'organisation trotskyste que trois ans plus tard (1975).

Devenu chargé de cours à temps plein au département d'économie politique de  l'université de Paris 8 (Vincennes) en 1972, il milite à la cellule de la LCR dans cette université, en compagnie de Jean-Marie Vincent et d'Henri Weber. Il participe au comité de rédaction de la revue de la LCR, « critique communiste » et contribue à la formation, avec Michel Lequenne, en 1977,  d'un courant oppositionnel dans la LCR,  la T3 (Tendance Trois). Ses principaux désaccords avec la ligne de l'organisation concernent la stratégie de construction du parti, et la conception trotskyste classique sur la nature de l'URSS. Lorsque Denis Berger, Michel Lequenne, Jean Marie Vincent et d'autres rédacteurs de « critique communiste » condamnent  l'invasion soviétique en Afghanistan,  ils se verront infliger un « blâme » par la direction de la LCR. Lors du départ de plusieurs militants de la T3 en 1985,  il quitte de façon discrète la LCR, mais contrairement à la plupart de ces camarades,  ne rejoint pas le parti Vert.

A partir de cette date, Denis Berger n'appartient plus à aucune organisation politique,  mais continue à avoir des activités politiques et syndicales (il est militant du SGEN depuis 1972).   Devenu assistant au département de sciences politiques de l'université Paris 8 en 1982,  il passe son doctorat en 1988 avec une thèse intitulée « Les partis politiques : essai méthodologique.  Le cas du PCF »,  sous la direction de Jean Marie Vincent et est élu maître de conférences en 1989.

Si dans le passé ses écrits prenaient surtout la forme d'articles de revues et journaux,  il publie à partir de cette date deux ouvrages qui auront un certain retentissement dans l'opinion de gauche : « Le spectre défait. La fin du communisme » (1990)  et,  avec Henri Maler, « Une certaine idée du communisme. Répliques à François Furet » (1996).  Il participe aussi à plusieurs ouvrages collectifs et est un des fondateurs (1990) de la revue « Futur Antérieur ». Récemment, renouant avec son passé de communiste oppositionnel, il participe à la rédaction du journal du courant communiste refondateur du PCF, « Futurs »

 

 

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mercredi, mai 8 2013

LA SOCIETE DU SPECTACLE


http://www.preavis.org/breche-numerique/article565.html


La société du spectacle

Samedi 27 Décembre 2008

Par Daniel Bensaïd

Bien au-delà de ses propres forces militantes marginales, le situationnisme et Guy Debord, sa figure centrale, ont coloré l’air du temps dans les années 1960 et exercé une influence intellectuelle diffuse mais importante sur les mouvements de 1968. Le livre de Debord, « la socité du spectacle », paru en 1967, peut ainsi être lu comme un de ses textes précurseurs, où se déploie la critique de la société de consommation, de l’aliénation urbaine, du fétichisme généralisé de la marchandise.

Né à Paris en 1931, Guy Debord adhère en 1951 à l’internationale lettriste fondée par Isidore Isou. Il réalise en 1952 son premier long métrage (sans images), Hurlements en faveur de Sade. En octobre de la même année paraît le premier numéro de la revue « l’internationale lettriste » et le groupe attaque à Paris une conférence de Charlie Chaplin venu présenter son film « Limelight ». En 1954, il fait campagne pour la suppression du vocable de « saint » dans les noms de rue comme dans les conversations. Il publie, entre 1954 et 1957, vingt neuf numéros du bulletin Potlatch. Le groupe se rapproche alors brièvement des surréalistes avant de rompre violemment avec eux. En 1956, Guy Debord publie « Mode d’emploi du détournement » (avec Gil Wolman) et « Théorie de la dérive ».

En 1957, une réunion tenue à Cosio d’Arruscia, en Italie, fonde l’internationale situationniste. Chez Debord, la critique de l’art et de l’urbanisme se radicalise à la lecture de Marx, de Lukacs, de Goldman, de Lefebvre. Le premier numéro de « l’internationale situationniste » paraît en 1958. En 1960, Debord signe le Manifeste des cent vingt et un contre la guerre d’Algérie et il fréquente les réunions du groupe Socialisme ou Barbarie. Castoriadis lui fait découvrir les auteurs conseillistes (Korsch, Pannekoek, Mattick). Il quitte cependant le groupe dès l’année suivante et publie en 1962 les « thèses sur la commune ». En 1963, il accuse violemment Henri Lefebvre en 1963 de les avoir plagiées dans son propre livre sur la commune.

En 1966, Debord publie en français « Le déclin et la chute de l’économie spectaculaire marchande », sur les émeutes de l’année précédente dans le quartier de Watts (Los Angeles), ainsi que «  Les luttes de classes en Algérie ». Le petit groupe situationniste de Strasbourg s’empare de la section locale de l’UNEF et publie la brochure anonyme « de la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel, et de quelques moyens pour y remédier », rédigée par Mustapha Khayati sur les conseils de Debord. En 1967, Debord publie chez Buchet-Chastel « la société du spectacle », et Raoul Vaneigem, chez Gallimard, le « Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations ». Ces écrits inspirent durant les manifestations et les grèves de 1968 un petit courant, dont les « enragés » de Nanterre et le « conseil pour le maintien des occupations » siégeant dans la Sorbonne occupée.

En 1972, l’internationale situationniste proclame son auto dissolution et Debord publie aux éditions Champ libre «  La véritable scission de l’Internationale ». En 1978, il tourne « In girum imus mode et consumimur igni » et publiera « Le jeu de la guerre ». Viendront ensuite les « considérations sur l’assassinat de Gérard Lebovici » (1985), les « commentaires sur la société du spectacle » (1988), le premier tome du « Panégyrique » (1989). Guy Debord s’est suicidé le 30 novembre 1994.

La question de la ville

Dans la continuité de l’expérience lettriste du début des années 1950, le situationnisme trouve son origine dans une critique de la dégradation de l’art en spectacle. « Notre temps voit mourir l’esthétique », écrit Debord dès 1953. Le reflux des mouvements révolutionnaires des années 1930 a entraîné un irréversible reflux des « mouvements qui ont essayé d’affirmer des nouveautés libératrices dans la culture et dans la vie quotidienne ». L’art, après avoir été « le langage commun de l’inaction sociale », est voué désormais à se dissoudre dans le spectacle de l’économie marchande.

La question de la ville occupe une place importante dans la littérature situationniste des années 1950. Son projet « d’urbanisme unitaire » s’oppose à une architecture subordonnée à l’existence actuelle « massive et parasitaire ». Il propose d’inclure le temps de transport dans le temps de travail, et d’envisager le passage d’une circulation conçue comme supplément du travail, à une circulation comme plaisir, flânerie et dérive. Il prétend s’inspirer en cela de la commune, présentée comme « la plus grande fête du dix neuvième siècle » du point de vue de la vie quotidienne. L’urbanisme moderne constitue au contraire une « technique de la séparation », où la ville tend à « se consommer elle-même et à s’anéantir dans des villes nouvelles où il n’arrivera rien : les forces de l’absence historique commencent à composer leur propre paysage exclusif » (Debord, 1967).

La rébellion des ghettos de Watts en 1965 fournissent à Debord matière à réflexion sur les émeutes péri urbaines qui préfigurent l’explosivité de nos banlieues. Elles ne sont pas à ses yeux des émeutes raciales, mais bien des émeutes de classe. La « publicité de l’abondance » incite en effet à exiger tout, tout de suite. Le pillage apparaît ainsi comme la réalisation sommaire de la promesse communiste de satisfaire chacun « selon ses besoins : la jeunesse sans avenir de Watts a choisi une autre qualité du présent » (Debord, 1966).

Mais, dans la mesure où l’insatisfaction elle-même devient solvable et marchande, « à l’acceptation béate de ce qui existe peut aussi se joindre comme une même chose la révolte purement spectaculaire ». Le monde que le spectacle donne à voir est en effet « le monde de la marchandise dominant tout ce qui est vécu ». L’économie transforme ainsi le monde en « monde de l’économie et le spectacle est le moment où la marchandise est parvenue à l’occupation totale de la vie sociale » (Debord, 1967). Il « ne chante pas les hommes et leurs armes, mais les marchandises et leurs passions, le devenir monde de la marchandise qui est aussi bien le devenir marchandise du monde. Le spectacle est l’inversion concrète de la vie et le langage officiel de la séparation généralisée ou encore le soleil qui ne se couche jamais sur l’empire de la passivité humaine, la scission achevée à l’intérieur de l’homme, le mauvais rêve de la société moderne enchaînée qui n’exprime finalement que son désir de dormir ».

Que peut-on espérer opposer à cette forme absolue et achevée de l’aliénation. Le vrai révolutionnaire est-il celui des loisirs, comme Debord l’écrivait dans Potlach ? Le slogan mural dont on lui attribue la paternité (contestée par Michel Mansion) tendrait à le confirmer : « ne travaillez jamais ». Mais la séparation du loisir et du travail est encore une séparation spectaculaire ! C’est bien le capital lui-même qui, ayant vidé le travail productif de toute signification s’est efforcé de « placer le sens de la vie dans les loisirs », de sorte qu’il ne soit même plus possible de « regarder encore les loisirs comme une négation du quotidien » (Debord, 1961). Le monde que le spectacle donne à voir « est le monde de la marchandise dominant tout ce qui est vécu », et le spectacle lui-même est le moment où « la marchandise est parvenue à l’occupation totale de la vie sociale » (Debord, 1967).

Cette conception du spectacle comme stade suprême du fétichisme de la marchandise et aliénation absolue aboutit à neutraliser toute action subversive, condamnée à combattre l’aliénation sous des formes elles-mêmes aliénées. Tout est récupérable et récupéré. C’est pourquoi, écrit Debord en 1990 dans une confession pré-posthume, « il faut admettre qu’il n’y avait pas de succès ou d’échec pour Guy Debord et ses prétentions démesurées ». Les auto-dissolutions successives, les scissions et les règlements de compte, jusqu’à la solitude et au suicide, apparaissent ainsi comme l’aboutissement logique d’une impasse construite en théorie.

A partir d’un constat d’épuisement de l’art, consécutif à une défaite historique des révolutions, le projet situationniste s’était initialement défini comme celui d’une « science des situations » qui emprunterait à la psychologie, à l’urbanisme, à la statistique, à la morale, pour aboutir à quelque chose de radicalement nouveau, « la création consciente des situations : la beauté nouvelle sera de situation, c’est-à-dire provisoire et vécue » (Debord 1954). Pour « construire les situations et les aventures » d’où naîtrait la grande civilisation à venir, le situationnisme des années 1950 entendait explorer les possibilités d’une « éthique de la dérive et d’une pratique du détournement », définissant la dérive comme une « technique de passage hâtif à travers des ambiances variées » et le détournement, au contraire de la citation, comme « le langage fluide de l’anti-idéologie ».

Bureaucratisation planétaire

Confronté à la question de la bureaucratie au contact du groupe Socialisme ou Barbarie, Debord dénonce la bureaucratisation planétaire de l’art et de la culture. Il définit les néo-bureaucraties coloniales comme des lumpen bourgeoisies, « versions sous-développées de la vieille bourgeoisie européenne ». Il voit ainsi dans le coup d’Etat de Boumedienne en 1965 le signe d’une bureaucratie en formation comme classe dominante algérienne. De même, la bureaucratie serait en Chine la seule propriétaire d’un « capitalisme d’Etat ». De cette montée en puissance planétaire, Debord conclut que « l’erreur sur l’organisation est l’erreur politique centrale ».

Or, dans la société du spectacle, tous les acteurs, et non seulement les prolétaires asservis au travail, perdent leur capacité subversive. Ainsi recommande-t-il à Mustapha Khayati de bien faire sentir, dans sa brochure sur la misère en milieu étudiant, « notre mépris suspendu sur eux, pour leur ôter tous les doutes sur le mépris universellement mérité par leur milieu » (Debord, 1966). Il estime encore qu’en 1968 les étudiants n’ont été rien d’autre que l’arrière-garde du mouvement. Quant aux cadres et aux couches supérieures du salariat, ils ne sont que « la métamorphose de la petite bourgeoisie urbaine des producteurs indépendants devenus salariés ». Ils sont « les consommateurs par excellence ». Quant à l’immigration, magnifiée par certains courants maoïstes, le « risque de l’apartheid » est déjà devenu une fatalité avec à l’horizon « la logique des ghettos, des affrontements raciaux, et un jour des bains de sang » (Debord, 1985). Car le capitalisme à son stade spectaculaire « rebâtit tout en toc et produit partout des incendiaires alors que son décor devient partout inflammable ».

La mafia, qui apparut naguère comme un « archaïsme transplanté », voué à s’effacer devant l’Etat moderne, redevient avec la décomposition de l’Etat, avec « la victoire du secret, la démission générale des citoyens, la perte complète de la logique et des progrès de la vénalité et de la lâcheté universelles », une « puissance moderne et offensive : dans le spectaculaire, les lois dorment » (Debord, 1988). On a « déjà commencé à mettre en place quelques moyens d’une sorte de guerre civile préventive et les procédés d’urgence deviennent procédure de toujours ». Cette démocratie parfaite « fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme ».

Un monde forclos.

Il y a bien chez Debord une vision prospective féconde et pénétrante. Mais la spectacularisation du monde forclôt toute possibilité d’ouverture stratégique. Marx eut à ses yeux le mérite d’aller au-delà de la pensée scientifique de son temps pour donner à la compréhension de la lutte la priorité par rapport à celle de la loi causale, et pour entrevoir une théorie de l’action historique comme « théorie stratégique. La stratégie est très exactement le champ complet du déploiement de la logique dialectique des conflits » (Debord, 1988). La victoire du spectacle sur la stratégie devient ainsi propice aux résurgences d’une utopie conçue comme « expérimentation de solutions aux problèmes actuels sans se préoccuper de savoir sur les conditions de leur réalisation sont immédiatement données ». Le mouvement révolutionnaire doit devenir « un mouvement expérimental ». Mais cette utopie, conçue à la manière de Lefebvre comme « sens non (encore) pratique du possible », n’est pas celle des courants utopiques qui se définissent pour la plupart par leur refus de l’histoire du socialisme. Ils tournent ainsi le dos à toute pensée stratégique, car « un Etat dans la gestion duquel s’installe durablement un grand déficit de connaissances historiques ne peut plus être conduit stratégiquement » (Debord, 1988).

Depuis « l’incomplète libération de 1944 », les politiques révolutionnaires n’auraient ainsi cessé de reculer, et les avant-gardes de se transformer en arrière-gardes. Debord reproche notamment à Lucien Goldman d’avoir parlé d’une « avant-garde de l’absence » pour désigner, dans l’art et dans l’écriture, un certain refus de la réification. Ce que Goldman appelle absence n’est rien d’autre que « l’absence de l’avant-garde ». Ce vocable s’enveloppe en effet chez Debord d’une nostalgie de pureté et de nouveauté absolue, d’où naît l’enchaînement récurrent des purges et des exclusions, dans l’effort illusoire de conjurer la menace permanente d’absorption de la nouveauté par la mode mortifère. La fétichisation d’une « communauté élective » de l’avant-garde a pour conséquence une hantise paranoïde de la désertion, de la trahison, de la récupération, dont se nourrissent toutes les sectes politiques ou esthétiques. La solitude tragique du dernier Debord en est l’expression extrême et extrêmement désespérée : « A moitié du chemin de la vraie vie, nous étions environnés d’une sombre mélancolie, qu’ont exprimée tans de mots railleurs et tristes, dans le café de la jeunesse perdue. Nous traversons maintenant ce paysage dévasté par la guerre qu’une société livre contre elle-même et contre ses propres possibilités » (Debord, 1978).

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LA TRUELLE ET LE BALAI

LA TRUELLE ET LE BALAI

 

Les organisateurs de la manifestation nationale du Front De Gauche pour une sixième république le 5 mai 2013 Place de la Bastille à Paris annonçaient la participation de cent quatre vingt mille personnes.

 

Dans la rue et dans les urnes, dans l’histoire universelle comme dans l’histoire de France, le mouvement social d’aujourd’hui était rarement la conséquence aussi claire et aussi directe des campagnes électorales d’hier et la cause aussi claire et aussi directe des campagnes électorales de demain. La manifestation du 5 mai 2013 était directement la conséquence des campagnes des élections présidentielles et législatives françaises de 2012 et sera directement la cause des campagnes des élections municipales et européennes de 2014.

 

Le Front De Gauche mettait la question de la sixième république au centre de la campagne électorale de Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2012. La candidature Mélenchon faisait onze pour cent des voix et quatre millions d’électeurs dans une situation dans laquelle la dernière candidature du Parti Communiste Français au premier tour des élections présidentielles de 2007, la candidature Buffet, faisait deux pour cent des voix et sept cent mille électeurs.

 

Un mois plus tard, en juin 2012, le PCF prenait à nouveau la direction de la campagne pour les élections législatives, la question de la sixième république disparaissait de la campagne, et les résultats des candidats du Front De Gauche étaient encore inférieurs par rapport aux résultats des candidats du PCF aux élections législatives de 2007.

 

Le succès de la manifestation du 5 mai 2013 à Paris pour la sixième république sera au centre des campagnes des élections municipales et européennes de 2014.

 

Tsipras, le leader de SYRIZA en Grèce, Grillo, le leader du Mouvement Cinq Etoiles en Italie, et Cayo Lara, le leader d’Izquierda Unida en Espagne, n’étaient pas dans le carré de tête de la manifestation du 5 mai 2013 à Paris. Personne ne les invitait.

 

En 2014, il y aura donc des élections municipales en France et des élections européennes. Les élections municipales françaises seront encore des élections franco françaises, elles ne parleront pas trop aux peuples d’Europe en lutte contre la troïka. Par contre, il y a une perspective stratégique pour les élections européennes, c’est la présentation  dans au moins cinq pays d’Europe, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, l’Allemagne et la France, de candidatures communes sous une étiquette commune, contre la crise économique européenne et contre les plans de récession de l’Union Européenne, de la Banque Centrale Européenne et du Fonds Monétaire International.

 

Ces candidatures communes seraient des candidatures du mouvement des indignés en Espagne, de SYRIZA en Grèce, du Mouvement Cinq Etoiles en Italie et du Parti Pirate en Allemagne.

 

Quelle sera la configuration de ces candidatures communes en France ? Seront-elles des candidatures du Front De Gauche ou bien de véritables indignés français, y aura-t-il la constitution d’une section française du Mouvement Cinq Etoiles ou bien du Parti Pirate International, ou bien seront-elles une combinaison de l’une quelconque de ces hypothèses, personne n’en sait rien et nous avons un an pour la préparation et la réalisation de cette perspective stratégique.

 

Les plus grands mouvements sociaux ont de profondes causes et conséquences historiques et internationales.

 

Les institutions de la cinquième république française, l’élection du président de la république au suffrage universel, sont des institutions bonapartistes anti démocratiques depuis le premier jour. Pendant des dizaines d’années, des groupuscules dénonçaient leur caractère anti démocratique et demandaient l’abrogation des institutions de la cinquième république. Nous prêchions dans le désert.

 

La nouvelle génération de la jeunesse d’aujourd’hui soutient et défend spontanément le mot d’ordre d’assemblée constituante souveraine pour une sixième république.

 

Pendant cinquante quatre ans, le PCF d’avant le Front De Gauche ne faisait pratiquement jamais campagne contre les institutions anti démocratiques de la cinquième république. Le PCF d’avant le Front De Gauche était depuis longtemps un parti syndical, il défendait le pouvoir d’achat, l’emploi, la sécurité sociale et les retraites. Il ne posait plus depuis longtemps la question du pouvoir, du gouvernement et des institutions, à l’exception de la participation des ministres communistes à des gouvernements sociaux démocrates de gestion de la crise, le gouvernement Mauroy entre 1981 et 1984 et le gouvernement Jospin entre 1997 et 2002, et de la participation à la totalité des majorités d’union de la gauche dans la totalité des conseils régionaux, généraux et municipaux.

 

C’est vrai en France, c’est vrai en Espagne. La nouvelle génération de la jeunesse espagnole, la « jovenes sin futuro », la jeunesse sans futur, le mouvement des indignés, le mouvement « occupa el congreso », dénonce le « PPSOE », l’alternance entre la vraie droite du Parti Populaire et la fausse gauche du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, elle met au centre de son programme la dénonciation de la constitution espagnole post franquiste de 1979, la question d’un processus constituant, la question nationale basque et catalane et la question de la république pour l’abolition de la monarchie.

 

Le 23 février 2013 était une journée de manifestation nationale et européenne de la jeunesse espagnole à l’occasion du trente-deuxième anniversaire de la tentative de coup d’Etat du lieutenant colonel Tejero en 1981. Le 23 février 2013, dans le cadre de cette journée de manifestation, Place du Trocadéro à Paris sous la neige, une cinquantaine de jeunes espagnols, seuls au milieu des touristes, sans aucun militant d’aucune organisation française, brandissaient le drapeau de la république espagnole et criaient « Espana, manana, sera republicana », le vieux mot d’ordre des républicains de la guerre d’Espagne.

 

De la même manière, en mars 2013, des centaines de milliers de jeunes portugais chantaient « Grandola vila morena » dans les rues de Lisbonne et des grandes villes du Portugal. Pour la majorité d’entre eux, ils naissaient dix ans après la révolution portugaise de 1974, et pourtant ils chantaient la chanson de la révolution portugaise, comme la génération de leurs parents et de leurs grands parents.

 

Telles sont les principales formes d’expression de la révolution européenne d’aujourd’hui. Telles seront les principales formes d’expression de la révolution européenne de demain.

 

Bernard Fischer

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SEMDINLI


Les militants du PKK entament leur retrait de Turquie


ANKARA/SEMDINLI (Reuters) - Les militants séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont entamé mercredi leur retrait de Turquie dans le cadre d'un accord censé mettre fin à un conflit qui a fait quarante mille morts en près de trente ans.

Le début du retrait des combattants du PKK a été confirmé à Reuters par Gultan Kisanak, l'un des dirigeants du parti pour la paix et la démocratie (BDP, pro-kurde).

Quelque deux mille militants qui opéraient en territoire turc doivent gagner par petits groupes les bases du PKK dans le nord de l'Irak, aux termes de l'accord conclu entre le chef historique du parti séparatiste, Abdullah Öçalan, emprisonné depuis 1999, et les autorités turques.

Le processus, qui doit s'étaler sur plusieurs mois, sera surveillé par les services de renseignement côté turc et par le gouvernement autonome du Kurdistan côté irakien.

Mardi, le PKK a accusé l'armée turque de mettre en danger ce processus en raison de mouvements de troupes à la frontière et de vols de reconnaissance opérés par des drones au-dessus de la région.

Mercredi, on ne faisait état d'aucune activité militaire dans les secteurs concernés du sud-est de la Turquie.

Les militants du PKK, conservant leurs armes légères, notamment leurs fusils d'assaut Kalachnikov, doivent franchir la frontière en direction des bases du parti dans les montagnes du Nord irakien.

« UNE GRANDE CHANCE »

Ce retrait a été ordonné fin avril par le commandant militaire du PKK, Murat Karayilan, dans le cadre des négociations entre Abdullah Öçalan et les dirigeants turcs.

Des hommes politiques pro-kurdes sont sur place pour vérifier le bon déroulement des opérations.

A Semdinli, là même où l'insurrection a débuté le 15 août 1984, la population espère voir enfin le bout du tunnel.

« La ville n'a plus connu une vie normale depuis trente ans », a déclaré le maire, Sedat Tore.

« Ce jour du 8 mai représente une grande chance de faire taire les armes. Les gens ne comprennent pas complètement le processus en cours mais ils ont de l'espoir, ils recherchent le moindre rayon de lumière ».

Le plan de paix, selon Selahattin Demirtas, co-président du BDP, comporte trois étapes : retrait des combattants kurdes, modifications de la législation turque et négociations politiques en vue d'une « normalisation ».

Le BDP a quatre demandes-clés : la constitution ne doit plus définir tous les citoyens comme « turcs », elle doit accorder aux kurdes le droit à l'éducation dans leur langue maternelle, reconnaître la diversité turque et prévoir le droit à une certaine forme d'autonomie.

Plusieurs milliers de militants kurdes, dont des dizaines d'élus, sont sous les verrous en Turquie, accusés d'avoir soutenu le PKK.

 

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mardi, mai 7 2013

ACQUITTEMENT DU DOYEN DE LA MANOUBA


http://www.liberation.fr/monde/2013/05/02/en-tunisie-l-universite-des-lumieres-triomphe-du-niqab_900529


« L’université des lumières » triomphe du niqab

En tranchant en faveur d’un doyen de faculté mis en cause par deux étudiantes intégralement voilées, la justice a conforté les défenseurs de la laïcité.

De tous les procès intentés contre ceux qui défient le pouvoir dans la Tunisie en transition, le plus emblématique, l’affaire Kazdaghli, a connu hier son dénouement. Accusé d’avoir giflé le 6 mars 2012 une étudiante en niqab, Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des lettres de la Manouba, près de Tunis, a été acquitté en première instance. Les deux plaignantes, Imen et Fattouma, ont pour leur part écopé de deux mois de prison avec sursis pour « atteinte à la dignité d’un fonctionnaire »,plus deux mois encore pour la seconde qui a saccagé le bureau du doyen ce même 6 mars 2012. Les deux jeunes femmes compteraient faire appel.

« C’est un soulagement pour moi, pour l’université, pour la Tunisie que je défends », a réagi Kazdaghli, pendant que ses collègues célébraient la nouvelle dans son bureau. « Tout le monde s’accorde à dire que c’est un procès emblématique de l’Etat de droit en Tunisie. La justice a su résister aux pressions auxquelles elle a été soumise, les forces de la modernité étaient et seront là pour défendre l’université des lumières », poursuit ce militant de longue date de la gauche modérée. « C’est un signe de bonne santé démocratique », estime aussi son ami et collègue Habib Mellakh, auteur des « chroniques du Manoubistan », dans lesquelles il retrace l’année de combat mené par le corps enseignant contre un groupe d’étudiants jihadistes militant violemment pour le droit inconditionnel au niqab.

Il aura fallu plus d’un an de procédure, une demi-douzaine d’audiences et autant de mobilisations pour sortir de ce « procès qui n’avait même pas lieu d’être », estime Kazdaghli.

« C’est une affaire complètement absurde, montée de toutes pièces par le régime pour déstabiliser un doyen et l’institution universitaire », décrit également Mohamed Lakhdhar, le coordinateur des quarante avocats du comité de défense.

« Irrationnel ». Les soutiens du doyen ont d’abord craint une instrumentalisation, lorsque le parquet a requalifié les faits à la première audience, aggravant la peine encourue. Mais tous s’accordent à dire que le tribunal, d’ordinaire expéditif en matière pénale, a ensuite « fait preuve de patience et vraiment essayé de découvrir la vérité »,dit Lakhdhar. « L’institution judiciaire, elle aussi, mène un combat pour son indépendance »,relève Kazdaghli. La fameuse gifle, élément central de l’accusation, a pris du plomb dans l’aile. Sollicité, l’ordre des médecins a récusé le certificat médical de la jeune femme, le jugeant « non recevable en justice ».

Malgré le côté « irrationnel » du procès, le combat n’a pas été vain, considère Kazdaghli : « il a fédéré tous ceux qui ont une vision moderne de la société », se félicite-t-il, en ardent défenseur de « l’union des forces progressistes »face aux islamistes d’al Nahda. « Il a sensibilisé les jeunes enseignants et les étudiants à l’importance des libertés académiques », ajoute Mellakh, qui a cofondé une association de défense des valeurs universitaires. « Cela a pris des proportions énormes car, au-delà du doyen, l’enjeu était le projet de société, entre des gens qui tiennent à la sécularisation, à l’autonomie et à la souveraineté de l’université, et ceux qui veulent la placer sous l’influence religieuse », estime le professeur, qui ne « regrette pas » l’énergie déployée dans cette guerre d’usure, loin d’être finie.

« Esquive ». Le campus de la Manouba a retrouvé la sérénité. Seules deux étudiantes portent toujours le voile intégral, mais acceptent désormais de l’enlever en classe. Les pro-niqab ont cependant ouvert la bataille sur un autre front, à la fac des sciences d’al Manar, à Tunis. Une vingtaine d’étudiants campent devant les bureaux de l’administration depuis deux mois pour réclamer la modification du règlement anti niqab. Le conseil scientifique d’al Manar a été le premier à le proscrire, mais la décision est variablement appliquée, certains professeurs le tolérant. « Ici, c’est plutôt la politique de l’esquive pour éviter les problèmes », explique Mbarka Yaacoubi, professeure de chimie, qui ne comprend pas pourquoi les pro-niqab sont revenus à la charge.  « On a l’impression qu’il y a un agenda politique derrière », dit-elle.

De leur côté, les pro-niqab ont retenu la leçon : cette fois, pas de violences, hormis quelques insultes sur facebook. Le comité de défense des étudiantes voilées est composé de jeunes islamistes et salafistes, moins enflammés que les jihadistes qui ont agité la Manouba pendant trois mois. « Ils ont commis plusieurs fautes et donné une mauvaise image. Il faut prendre les choses pas à pas », explique Yahya Arfa, l’un des initiateurs du sit-in d’al Manar.

Favorable au voile intégral, le ministre tunisien de l’enseignement supérieur, Moncef ben Salem, cadre d’al Nahda, partisan de la ligne dure, y a aussi trouvé une nouvelle occasion d’essayer de pousser ses pions : à l’assemblée, la semaine dernière, il a appelé al Manar à suspendre l’interdiction du niqab, le temps des examens qui débutent lundi. Le ministre de l’enseignement entend également soumettre un projet de loi à l’assemblée. Mais, loi ou pas, « nous ne changerons pas », assure déjà Habib Kazdaghli. Le feuilleton du niqab promet encore d’autres épisodes.

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lundi, mai 6 2013

INTERVIEW D ALBERTO GARZON


http://www.humanite.fr/social-eco/%C2%AB-c%E2%80%99est-la-dictature-des-marches-%C2%BB-483978


Alberto Garzon contre la dictature des marchés


Vendredi 18 Novembre 2011


Alberto Garzon est candidat d’Izquierda Unida à Malaga. Economiste de vingt-six ans, il est l’une des figures du mouvement des indignés.


Question. Cible des marchés financiers, l’Espagne échappera-t-elle à une intervention économique étrangère ?


Réponse. Techniquement, on peut dire qu’elle est déjà l’objet d’un « sauvetage ». La Banque Centrale Européenne (BCE) est en train d’acheter de la dette et, de ce fait, impose des mesures comme l’introduction de la « règle d’or » pour garantir le remboursement de la dette publique. Cela peut encore empirer si l’on persiste à appliquer la politique d’austérité recommandée par l’UE et contenue dans les programmes du Parti Populaire (PP) et du Parti Socialiste Ouvrier d’Espagne (PSOE). À l’inverse, nous pensons qu’il faut restructurer le système économique, en nationalisant, par exemple, des banques et les entreprises de service public. Il faut également une réforme fiscale qui impose davantage d’impôts à ceux qui ont le plus de revenus.


Question. Les Espagnols votent donc sous pression ?


Réponse. Oui. Les États ont abandonné leur souveraineté aux marchés qui ont désormais le pouvoir de renverser des gouvernements démocratiques. On leur a permis de développer des opérations spéculatives tout en privatisant les entreprises. Or, un État n’est rien sans entreprises publiques, et sans banque publique. Le paradoxe est que personne ne vote pour les marchés. La situation révèle l’essence d’un système politique occulté, c’est celui d’une dictature des marchés.


Question. Il existe de fortes mobilisations contre l'austérité. Comment expliquez vous la victoire annoncée de la droite alors qu'elle a fait de la rigueur son étendard ?


Réponse. La société a été dés idéologisée. Le mouvement des indignés, les luttes pour la défense de la santé et de l’éducation publiques sont importantes mais pas représentatives de la globalité de la population. Celle-ci a une grille de lecture plus « simpliste » à travers le prisme du bipartisme. Autre facteur, les gens, souvent de gauche, sont désenchantés du vote en soi. Mais il convient de rappeler que lors des municipales de mai, si la droite a gagné quatre cent mille votes, Izquierda Unida en a gagné deux cent mille.


Question. Vous êtes une figure des Indignés à Malaga. Quel est le devenir de ce mouvement ?


Réponse. Ce mouvement a mûri : du vote blanc ou nul, il demande aujourd'hui le vote pour un troisième parti, afin d'en finir avec le bipartisme. Les assemblées se sont décentralisées vers les quartiers, là où le mouvement peut tisser des réseaux sociaux. La caractéristique du mouvement du 15 mai est de repolitiser la société, même s’il souffre encore d’un manque de représentants et de ligne stratégique.


Question. Comment appréciez-vous la remontée électorale annoncée d’IU ?


Réponse. C'est une bonne nouvelle. Mais n'oublions pas que la loi électorale est viciée. Une variation d'un pour cent peut nous faire passer de six à quatorze députés, ou l’inverse, en raison du montage des circonscriptions. Les remontées électorales sont un aboutissement de trajectoires de fond. Cela fait longtemps qu’IU tisse des réseaux avec des syndicalistes, des mouvements sociaux. Nous allons vivre des moments très durs, avec des explosions sociales. La tâche d’un parti de gauche est de canaliser tout cela, en pointant les responsables mais également les solutions. Et cela ne peut se faire exclusivement depuis les institutions.

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MARCHE DE PRINTEMPS POUR LES LIBERTES


L’opposition russe à la recherche d’un nouveau souffle


MOSCOU (Reuters) - Des opposants russes ont déployé lundi à Moscou une immense banderole réclamant la libération des « détenus politiques » dans le cadre d'une journée de protestation, un an après le retour au Kremlin de Vladimir Poutine.

Le calicot, proclamant « liberté pour les détenus du 6 mai », a été déroulé sur les trois derniers étages d'une tour résidentielle bordant Novy Arbat, l'une des grandes artères commerciales de la capitale. La banderole a été rapidement enlevée et un homme a été interpellé.

Cet acte de défi prélude à un rassemblement prévu dans la soirée sur une place de Moscou où, il y a un an, des policiers armés de matraques ont dispersé une manifestation à la veille de l'investiture, le 7 mai 2012, du président Vladimir Poutine. Des centaines de personnes avaient été arrêtées à cette occasion.

A Ekaterinbourg, dans l'Oural, des opposants ont également affiché sur les panneaux de rue les noms de personnes poursuivies pour la manifestation de mai 2012.

Les adversaires du chef du kremlin accusent ce dernier de changer de tactique en recourant à l'usage de la force et à la menace de condamnations judiciaires.

« Retour du goulag en Russie », s'interroge Gennadi Goudnov, un ancien parlementaire, en dressant un parallèle avec les camps de travail installés dans tout le pays par Staline à l'époque soviétique et dans lesquels des millions d'opposants périrent.

Dans un commentaire en ligne appelant les moscovites à manifester dans le courant de la journée sur la place Bolotnaïa, l'ancien élu prévient: « si vous voulez éviter un avenir semblable, venez aujourd'hui place Bolotnaïa ».

Les groupes d'opposition espèrent ainsi attirer les dizaines de milliers de ceux qui avaient manifesté leur hostilité début 2012 à Vladimir Poutine. Depuis, l'opposition, fragmentée et désunie, a perdu une bonne partie de ses membres, pour la plupart dans les classes moyennes urbaines et chez les jeunes.

La colère a laissé la place à une certaine apathie.

UNE OPPOSITION FRAGMENTEE GUETTÉE PAR L'APATHIE

A tel point que la radio libérale « Echo de Moscou » a diffusé une émission au cours de laquelle les auditeurs étaient invités à s'interroger sur le bien-fondé de la manifestation de ce lundi.

Dimanche, un premier rassemblement a attiré quelques centaines d'opposants. Les chefs de file du mouvement étaient absents, signe des divisions qui minent l'opposition.

Le chef de l'Etat qui, en treize ans au pouvoir comme président, puis premier ministre et de nouveau président, a réussi à marginaliser ses adversaires, tourne en dérision l'opposition.

En avril, il a pris pour cible le blogueur et avocat contestataire Alexeï Navalni en se réjouissant ouvertement de ses déboires judiciaires, l'opposant est accusé de vol devant un tribunal de province, une peine passible de dix ans de prison. L'intéressé, qui nie les charges, parle de « procès politique ».

« Ceux qui partent en croisade contre la corruption feraient mieux d'être blancs comme neige », a lancé le président lors d'une émission télévisée de questions et de réponses.

Comme pour illustrer l'impuissance de l'opposition, le ministère de la justice a annoncé en ligne qu'il avait rejeté la demande d'enregistrement d'un parti politique visant à soutenir Alexeï Navalni, qui fait partie des organisateurs de la manifestation de lundi.

De son côté, le parlement a adopté plusieurs textes de loi visant, selon les opposants, à museler les détracteurs du régime, y compris des lois plus sévères contre la diffamation et aggravant les amendes infligées aux manifestants ne respectant pas les règles.

Selon des groupes de défense des droits de l'homme et des militants de l'opposition, vingt huit personnes font l'objet de poursuites à la suite du rassemblement de 2012. Plusieurs d'entre eux sont toujours en détention préventive en attendant leur procès et d'autres sont placées en résidence surveillée.

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dimanche, mai 5 2013

DANIEL BENSAID POUR LA SIXIEME REPUBLIQUE


http://www.danielbensaid.org/Republique-et-institutions-briser?var_mode=calcul

http://www.lepcf.fr/Republique-et-institutions-briser

http://www.gauchemip.org/spip.php?article20791


République et institutions

Briser le présidentialisme

Par Daniel Bensaïd

Jeudi 12 Avril 2007

Cette campagne électorale (la présidentielle en France) a de nouveau remis en avant la nécessaire « réforme » des institutions, que le parti socialiste peine à définir.

« La France présidente » ? Le slogan de Ségolène Royal parachève le ralliement du parti socialiste à la logique bonapartiste des institutions de la cinquième république. Après avoir dénoncé leur « coup d’État permanent », François Mitterrand avait su les instrumentaliser pour remodeler son parti et la gauche autour de leur usage monarchique. En soutenant l’initiative référendaire de Chirac sur « le quinquennat sec », puis en prenant lui-même l’initiative d’une inversion du calendrier électoral qui subordonne l’élection parlementaire à la présidentielle, Lionel Jospin s’y était rallié à son tour. Il prit pour mot d’ordre de campagne « présider autrement », comme s’il suffisait de faire bon usage des institutions pour en changer le sens. La campagne de Ségolène Royal n’est que la dernière péripétie de ce « grand renoncement de la gauche », qui a rendu les socialistes « incapables de la moindre distance d’avec le régime en place » : « les institutions pensent désormais à leur place ».

De Marx à Blum et Mendès-France, l’opposition à l’élection du président au suffrage universel fut pourtant commune à la gauche révolutionnaire comme à la gauche réformiste.

Dès le coup d’État de Louis Bonaparte, Marx avait compris la fonction perverse de cette institution : « la constitution s’abolit elle-même en faisant élire le président au suffrage direct par tous les Français. Alors que les suffrages des français se dispersent sur les sept cent cinquante membres de l’assemblée nationale, ils se concentrent ici, au contraire, sur un seul individu. Il est, lui, l’élu de la nation. Vis-à-vis d’elle, il dispose d’une sorte de droit divin, il est par la grâce du peuple ».

Sixième république

Même argument, dès 1848, chez le futur communard Félix Pyat : « La république, dont le président est affublé du titre de chef de l’État, n’est pas la république, c’est la royauté. Un président nommé par la majorité absolue des suffrages du peuple aura une force immense et presque irréversible. Une telle élection est un sacre bien autrement divin que l’huile de Reims et le sang de Saint Louis. Ou monarchie ou commune ! Si nous voulons la commune, plus de présidence ». Ces critiques ne sont pas l’exclusivité d’une gauche extrême. Ainsi, Pierre Mendès France déclarait, en 1962 : « choisir un homme sur la seule base de son talent, de ses mérites, de son prestige, ou de son habilité électorale, c’est une abdication de la part du peuple, une renonciation à commander, à contrôler lui-même, c’est une régression par rapport à toute une évolution que l’histoire nous a appris à considérer comme un progrès ».

Au fil des ans, cette « renonciation » a gangrené la vie publique, favorisant le clientélisme et la corruption, propageant ses effets au niveau des régions, privilégiant la nomination princière au détriment du contrôle des mandats électifs, personnalisant et dépolitisant à outrance le débat électoral. La campagne en cours marque une étape supplémentaire dans cette dégradation de la vie publique. Le rôle des grands médias (étroitement mêlés au grand capital financier et aux jeux de pouvoir) donne à l’affaire un tour plébiscitaire sans précédent. Marx disait de Napoléon, le neveu : « vu le manque total de personnalité d’envergure, le parti de l’ordre se croit naturellement obligé à s’inventer un individu unique en lui attribuant la force qui faisait défaut à sa classe tout entière et de l’élever ainsi à la dimension d’un monstre ».

Aujourd’hui, ce monstre miniature dispose déjà de sa société du dix décembre, de ses affairistes. Comme ses précurseurs de 1848, il se présente « en rempart de la société » et condescend en « charlatan arrogant » à « porter le fardeau du monde sur ses épaules ».

Cependant, sa force tient surtout à la faiblesse d’opposants occupés à lui disputer le parti de l’ordre juste. Affirmant que « la France a le meilleur régime politique de son histoire », Sarkozy entend ainsi pousser à son terme la logique bonapartiste de la cinquième république, quitte à injecter dans ses rouages une infime dose de parlementarisme.

Ségolène Royal dit-elle autre chose ? Elle a fini, dans son discours du 18 mars, par lâcher le mot de sixième république : « Cette république nouvelle, farouchement accrochée à ses identités et à ses diversités, ce sera notre sixième république. » Mais le flacon ne fait pas l’ivresse : « la nature de la république, et pas seulement son numéro, fait problème en France. » La proposition de Ségolène Royal promet le mandat unique, une dose de proportionnelle, la suppression de l’article 49 alinéa 3, mais elle ne limite en rien les pouvoirs du président. La « France présidente » entend, au contraire, utiliser à plein la fonction : « je serai la présidente de la juste autorité, car je sais où je vais et comment j’y vais ». Elle le sait si bien qu’elle a renoncé à proposer une assemblée constituante, sans laquelle on ne voit plus de quel pouvoir émanerait sa sixième république, et se contente d’évoquer un « comité constituant », aussi peu démocratique que celui qui concocta, sous la présidence de Giscard, le traité constitutionnel européen.

Droits de contrôle

Pour qu’une gauche digne de ce nom ressuscite du « sépulcre constitutionnel » où la gauche libérale s’est volontairement ensevelie, une réforme démocratique radicale exigerait la convocation d’une assemblée constituante et la suppression de l’élection au suffrage universel du président de la république, clé de voûte du bonapartisme institutionnalisé. Elle exigerait aussi un mandat unique renouvelable une seule fois, un système proportionnel intégral par régions, et non l’injection d’une dose homéopathique de proportionnelle, avec correction nationale prenant en compte les restes, le droit de vote pour tous les résidents étrangers, l’exercice garanti du droit à l’autodétermination pour les départements et territoires d’outre-mer.

Elle exigerait la suppression du sénat et son remplacement par une assemblée issue des mouvements sociaux. Elle devrait radicaliser le droit du sol, en opposant à la notion généalogique d’identité, celle d’une citoyenneté élargie à tous ceux et celles qui vivent et travaillent sur le territoire. Elle devrait supprimer la tutelle préfectorale sur les communes héritée de l’empire, promouvoir une expansion de la démocratie communale et remplacer le conseil constitutionnel, nommé par une commission parlementaire élue à la majorité des deux tiers. Elle devrait surtout favoriser la reconnaissance de droits de contrôle et d’autogestion sur les lieux de travail, réduire le temps légal de travail pour faciliter la rotation des mandats et la déprofessionnalisation des pouvoirs, instituer la révocabilité des élus par leurs mandants et aligner leur indemnité sur le salaire d’un travailleur qualifié.

 

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BOMBARDEMENTS ISRAELIENS CONTRE DAMAS


Nouvelle frappe israélienne sur la Syrie


BEYROUTH (Reuters) - Israël a bombardé la Syrie pour la deuxième fois en quarante huit heures, menant à l'aube une série de frappes aériennes sur Damas pour empêcher la livraison au Hezbollah, le puissant mouvement chiite libanais, de missiles fournis par l'Iran.

Une source appartenant au monde du renseignement occidental est à l'origine de l'information, Israël refusant de confirmer.

L'Iran, qui souhaite la destruction de l'Etat d'Israël, a condamné l'opération. L'Iran chiite est un des rares alliés du président syrien Bachar al Assad, membre de la minorité alaouite, une branche issue du chiisme.

Les médias syriens ont identifié le site bombardé par Israël comme étant le centre de recherches militaires de Jamraya, situé au nord de la capitale, Damas, celui-là même que les avions de Tsahal avaient frappé une première fois le 30 janvier. Jamraya, n'est qu'à quinze kilomètres de la frontière libanaise.

Vendredi, Israël a bombardé un entrepôt de l'aéroport de Damas censé abriter des missiles sol-sol Fateh 110 fabriqués en Iran, a indiqué le New York Times.

La source appartenant au monde du renseignement occidental a déclaré à Reuters : « dans l'attaque de la nuit dernière, comme dans la précédente, ce qui a été attaqué ce sont des réserves de missiles Fateh 110 qui étaient en transit de l'Iran vers le Hezbollah ».

Dimanche, des riverains de la base de Jamraya ont parlé d'explosions pendant plusieurs heures dans divers endroits près de Damas. « Il faisait jour en pleine nuit », a témoigné un homme.

Un autre témoin a parlé d'un incendie près de Koura al Assad, localité située à cinq kilomètres à l'ouest de Jamraya où vivent de nombreux dignitaires du régime.

La télévision publique syrienne a parlé de « nombreuses victimes civiles et d'importants dégâts » à Jamraya et a cité une lettre du ministère syrien des affaires étrangères aux nations unies évoquant une « agression israélienne manifeste ».

Le vice-ministre syrien des affaires étrangères, Faiçal al Mekdad, a pour sa part évoqué « une déclaration du guerre », selon la chaîne de télévision CNN.

L'AVENIR D'ISRAËL

Une vidéo mise en ligne montre une série d'explosions. L'une illumine le ciel de Damas, l'autre déclenche une colonne de feu et d'explosions secondaires.

Les médias d'Etat syriens ont accusé Israël d'avoir attaqué en réponse aux récents succès des forces fidèles au président syrien Bachar al Assad contre les rebelles, majoritairement sunnites, qui cherchent à le renverser depuis deux ans.

Le nouveau raid israélien intervient alors que les Etats-Unis s'interrogent sur l'utilisation d'armes chimiques par le pouvoir syrien et sur un soutien plus affirmé aux rebelles. Les occidentaux ne voient toutefois pas d'un bon oeil la présence de combattants islamistes anti occidentaux parmi les rebelles.

Lors d'une apparition en public dimanche, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, n'a pas fait allusion aux derniers raids mais a évoqué avec insistance sa responsabilité pour assurer l'avenir d'Israël.

Benjamin Netanyahu a maintenu son projet de déplacement en Chine, il doit s'envoler pour Pékin dans la journée, ce qui semble montrer qu'il ne s'attend pas à d'importantes représailles de la part du président Assad et du Hezbollah.

De source militaire israélienne, on indique toutefois que l'armée a déployé ces derniers jours des systèmes supplémentaires de défense anti missile près de la frontière nord.

Le commandant des forces terrestres iraniennes, Ahmad Reza Pourdastan, a apporté un soutien appuyé à la Syrie.

« La Syrie a une armée puissante. Avec sa structure et son l'expérience contre le régime sioniste (Israël), elle peut tout à fait se défendre. Il n'y a pas besoin de l'intervention d'autres pays. Mais, si elle a besoin d'entraînement, nous pouvons l'aider », a déclaré Pourdastan selon l'agence Fars.

L'Egypte a estimé que l'attaque était une violation du droit international et une menace pour la stabilité de la région. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al Araby, a demandé au conseil de sécurité des Nations unies d'agir immédiatement pour faire cesser « les attaques d'Israël sur la Syrie ».

EXPLOSIONS TOUTE LA NUIT

Dimanche, dans le centre de Damas, les gens ont cru d'abord à un tremblement de terre.

« Le ciel a rougeoyé toute la nuit. On n'a pas pu dormir une seconde. Les explosions ont commencé après minuit et ont continué pendant toute la nuit », a déclaré un homme à Reuters qui habite à Hameh, à moins de deux kilomètres de Jamraya.

« Il y a eu des explosions de tous les côtés de ma maison », a-t-il ajouté. Les gens se sont cachés dans les sous-sols pendant l'alerte, a-t-il raconté.

Selon l'agence de presse syrienne Sana, l'aviation israélienne a frappé en trois endroits : le nord-est de Jamraya, la localité de Maysaloun à la frontière libanaise et la base aérienne de Dimas. L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), proche de l'opposition, précise que les frappes ont visé Jamraya mais aussi un dépôt de munitions voisin.

Dimanche matin, début de la semaine, le centre de Damas était pratiquement vide. Seuls quelques magasins étaient ouverts. Des hommes supplémentaires semblaient avoir été placés aux points de passage qui protègent les zones contrôlées par le gouvernement des attaques de rebelles.

 

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