Actualité: Convergence des luttes

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lundi, août 30 2010

FRONT DE LUTTE POUR L EDUCATION

http://www.canempechepasnicolas.over-blog.com/article-appel-de-la-jeunesse-a-un-mouvement-unitaire-et-et-combatif-des-la-rentree-56110511.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-front-de-lutte-pour-l-education-56230220.html

 
APPEL DE LA JEUNESSE à un mouvement unitaire

Vingt six organisations de la jeunesse, SOS FAC, la Coordination Lycéenne Indépendante, SELF86, Sud Etudiant 84, l'Onde Violette, la FIDL 14, 66, 72, 74, l'UNL 17, 38, 44, 45, 59, 91, le SGL 02 et 50, SUD Lycéen 50, 57, 85, le comité Lycéen des Landes, Encore un Parti de Gauche (EPG) les JC 13 et 62, le NPA Jeunes 57 et le MJS 62 constituant le Front de lutte pour l’Education appellent à un mouvement unitaire et combatif de la jeunesse
dès la rentrée.

Comme nous le savons tous, un mouvement de grande ampleur s’organise début septembre. Dans l’éducation tout d’abord, avec une grève dès le 6 septembre, ce qui est plutôt rare ! Puis contre le projet de réforme des retraites le 7 septembre. Ces journées sont une réponse directe aux nouvelles attaques réactionnaires du gouvernement à tous les niveaux, de nouvelles attaques qui, nous le savons, ont la même origine ;

Une offensive globale néolibérale visant à spolier nos acquis sociaux sous prétexte de crise, une première depuis 1945… La jeunesse est, plus que jamais, touchée de plein fouet par cette offensive historique du capital ; répression policière et administrative, éducation privatisée, aides sociales menacées, contre réforme des retraites etc… Nous trinquons pour les actionnaires, le patronat, les élites “éclairées”, pour ceux qui jouent avec des milliards, pour ceux qui jouent avec nos vies !

La jeunesse à un rôle à jouer dans les luttes qui s’annoncent. Elle doit s’unir et s’organiser pour contrer cette menace. Il faut qu’elle oeuvre à l’édification d’un véritable rapport de force, en rupture avec les principales directions syndicales qui bien trop souvent font avorter tout mouvement de contestation en cherchant à se réapproprier les luttes menées par la base !

Assez de ce double jeu, le compromis n’est pas envisageable, seules nos luttes payeront !

Nous devons donc riposter afin de faire reculer une bonne fois pour toute le gouvernement allié du patronat, ce qui implique notamment le retrait total de la réforme des lycées et d’oeuvrer à l’édification d’une école véritablement égalitaire, émancipatrice et démocratique, en un mot, populaire, où tout le monde, élèves comme professeurs et parents, pourrait diriger la vie interne de l’établissement.

Une école réellement gratuite et accessible à toutes et à tous, avec ou sans papiers, garantissant les mêmes chances, les mêmes droits et étant 100% publique !

Et ce, en liaison avec le monde du travail, en revendiquant et en mettant en pratique la convergence des luttes pour la défense du service public dans son ensemble.

Car seule une riposte globale pourra nous assurer une victoire totale !?

C’est pourquoi le Front de Lutte pour l’Education appelle lycéens et étudiants à préparer dès la rentrée la grève interprofessionnelle du 7 septembre !

La journée de mobilisation dans l’éducation de la veille devant également servir à constituer des AG informatives ou décisionnelles, tout en faisant jonction avec le corps enseignant. Car seule une grève politique de masse fera plier le gouvernement allié du patronat et sera à même d’amorcer un mouvement de résistance solidaire à l’échelle européenne !



dimanche, août 29 2010

COLLECTIF CONTRE LA XENOPHOBIE D ETAT

Compte-rendu de la réunion du 22 août 

Ce 22 août 2010, le collectif contre la xénophobie d’État a tenu sa deuxième réunion, de 15 heures à 18 heures, 38 rue Keller, à Paris. On a pu se féliciter de ce qu’une autre réunion de collectif contre la xénophobie se soit également tenue à Lyon, Place des Terreaux, de 14 heures à 20 heures, et de l’annonce de la création d’un autre collectif à Tours. Une semblable réunion s’est tenue à Salon de Provence samedi.

Depuis la précédente réunion, a été créé le blog du collectif contre la xénophobie (http://contrelaxenophobie.wordpress.com). Celui-ci a publié une vingtaine d’articles en une semaine, mais la décision a été prise de tenter d’en faire un fil d’information continu, qui serait mis à jour en permanence, recensant l’ensemble des informations sur l’actuelle campagne raciste de l’État français.

A été adoptée l’affiche « Roms, gitans, manouches, et après ? Nous sommes tous en danger ! » (mise en ligne sur le blog), afin de la reproduire et de l’afficher en tous lieux.

Pendant trois heures, la discussion a roulé sur nombre de questions.

L’idée a été adoptée de réaliser une étude comparative des situations des roms dans l’ensemble des pays européens.

Le collectif contre la xénophobie a réaffirmé son intention d’essaimer dans autant de communes que possible, comme à Ivry-sur Seine ou Montreuil, d’où proviennent plusieurs participants de cette réunion.

Parmi diverses propositions, le mot d’ordre « attaquons-nous aux Bettencourt, pas aux Roms » a été suggéré, soulignant le scandale particulier qui consiste à fomenter une campagne raciste afin de détourner l’attention du public du scandale de la corruption aux plus hauts niveaux de l’État.

Plusieurs participants ont évoqué la situation à Montreuil où, depuis novembre 2009, une quarantaine de personnes (trente six, enfant compris) – qui occupaient depuis quatre ans un terrain dont ils ont été expulsés à l’occasion du Salon du livre pour enfants – errent de lieu en lieu, d’expulsion en expulsion.

Les responsables de la Mairie déclarent ne vouloir rien faire au delà des trois cent cinquante huit roms hébergés dans le « village d’insertion », dit MOUS, supposé leur permettre d’être « pris en charge et de s’insérer professionnellement et socialement dans la ville ». L’essentiel du budget d’un tel « village d’insertion » est consacré à la « sécurité ». Ceux qui y résident ne peuvent recevoir aucun type de visite sans l’autorisation du Préfet.

Le collectif a décidé d’envoyer des représentants à la réunion qui s’est tenue lundi à 18 heures 30 à la Mairie de Montreuil.
 
Étaient présents quelques dizaines de représentants de diverses associations et partis en activité sur la Commune de Montreuil et au-delà. Trois représentants des roms avaient été admis, in extremis, sur l’insistance d’une participante invitée.

Un groupe de travail a été organisé pour traiter de la question des OQTF (Obligations à quitter le territoire français) qui ont été signifiées, sélectivement, aux hommes de ces quelques familles. La mairie a informé de la possibilité de domicilier l’ensemble du groupe au CCAS (Centre communal d’action sociale). A été également évoquée la question des terrains disponibles, et la nécessité d’examiner les plans cadastraux à cet effet. Des participants ont défendu la solution simple consistant à procéder par réquisition.

Les porte-paroles de la mairie de Montreuil ont proposé que se tienne dans la semaine une deuxième réunion, plus restreinte, afin de rédiger un appel commun de la mairie et des associations. Le collectif contre la xénophobie est intervenu pour souligner qu’il ne suffirait pas d’une déclaration d’intentions, mais qu’il faut que la mairie s’engage d’urgence pour garantir, au moins, l’hébergement des 36 personnes ballotées depuis novembre, et provisoirement hébergée par une association protestante – jusqu’au 3 septembre.

Le collectif contre la xénophobie pourrait souhaiter participer à la prochaine réunion. Il s’agirait de défendre l’urgence qu’il y a à trouver une solution pour ces quelques personnes dont la situation est devenue emblématique dans le débat national qui s’est ouvert cet été à l’initiative du chef de l’État, afin de marquer le refus de la politique de chasse aux roms aussitôt mise en place par le gouvernement.

Les Verts, comme l’ensemble de la gauche, doivent clairement se prononcer, sans laisser la place à la moindre ambiguïté, pour affirmer leur opposition au contrat social raciste qu’on tente d’imposer en France.

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-collectif-contre-la-xenophobie-d-etat-56176605.html







COUR DE JUSTICE DE LA REPUBLIQUE

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20100829/tts-france-woerth-justice-ca02f96.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-cour-de-justice-de-la-republique-56169258.html

 

 

 

Nouveau front judiciaire dans l'affaire Woerth (Reuters)

La Cour de justice de la République (CJR), chargée de juger les crimes et délits commis par des ministres en exercice, pourrait être saisie de l'affaire Eric Woerth, écrit le Journal du Dimanche.

Le ministre du Travail est soupçonné de prise illégale d'intérêt et de favoritisme depuis la révélation d'enregistrements clandestins de conversations de Liliane Bettencourt.

Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a demandé au procureur général de Versailles, chargé du procès qui déchire la famille Bettencourt, des éléments du dossier susceptible d'accréditer ces soupçons, écrit le JDD.

Dans un autre courrier, il aurait demandé au ministre du Budget, François Baroin, de lui remettre une copie du rapport de l'Inspection générale des finances, selon lequel Eric Woerth n'est pas intervenu dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt.

Eric Woerth a, lorsqu'il était ministre du Budget, décoré de la Légion d'honneur Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de l'héritière de L'Oréal, qui avait également embauché la femme du ministre, Florence Woerth.

La gauche estime qu'il y a là un conflit d'intérêts car le ministre du Budget dirige l'administration fiscale et Liliane Bettencourt possède la troisième fortune de France.

COMMISSION DES REQUÊTES

Corinne Lepage, députée européenne et avocate, est à l'origine de ces requêtes faites par Jean-Louis Nadal.

"Depuis l'origine de l'affaire Bettencourt, la stratégie suivie est de contourner les organes normalement compétents", dit-elle dans le JDD. "Dans ce dossier, il aurait fallu saisir un juge d'instruction depuis longtemps !"

"J'ai donc écrit au procureur général près la Cour de cassation pour lui demander de saisir la Cour de justice du cas Woerth", ajoute l'ancienne ministre de l'Environnement, dirigeante du parti écologiste Cap 21.

La CJR, juridiction d'exception, a tenu quatre procès depuis sa création en 1993. Au printemps, elle a relaxé l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua dans deux des trois dossiers pour lesquels il était jugé, le condamnant à un an de sursis dans la troisième affaire.

Corinne Lepage estime que deux infractions présumées peuvent mener à la saisine de la Cour de justice: "son intervention éventuelle en matière fiscale pour un contribuable employeur de son épouse, et aussi la vente des terrains de l'Oise".

Eric Woerth est en effet accusé d'avoir bradé à des connaissances une parcelle de la forêt de Compiègne, dans l'Oise, lors d'une vente qu'il a supervisée en tant que ministre du Budget.

Le procureur général près la Cour de cassation est le magistrat qui peut saisir la Cour de justice en France, après avis conforme de la commission des requêtes. Le parquet doit auparavant accepter de transmettre le dossier à cette commission.

"Nous allons évaluer la pertinence des documents que nous avons demandés, et ensuite nous verrons s'il y a lieu de saisir la commission des requêtes", a dit au JDD l'entourage de Jean-Louis Nadal.

Selon cette source, aucun des documents demandés par des courriers du 17 août n'étaient parvenus au procureur général en fin de semaine.

 

samedi, août 28 2010

LARIJANI CONTRE AHMADINEJAD

 

Iran : Mahmoud Ahmadinejad en butte aux vives critiques du clan conservateur

Article publié le 18 Août 2010 par Marie-Claude Decamps

Source : LE MONDE Taille de l'article : 730 mots

Guérilla parlementaire, disputes avec le pouvoir judiciaire, le président iranien est sur tous les fronts.

Réélu avec de forts soupçons de fraude, en juin 2009, le président Mahmoud Ahmadinejad semble devoir gouverner dans la contestation. Pas celle de l'opposition réformatrice dont tous les dirigeants sont en prison, mais celle de son propre clan conservateur. Depuis des semaines, les passes d'armes se succèdent à Téhéran.

Premier lieu d'affrontement, le Parlement, présidé par Ali Larijani, ex-négociateur nucléaire, ex-candidat malheureux à la présidentielle de 2005 et, surtout, un des « poulains » fondamentalistes du guide suprême, Ali Khamenei. Or, Monsieur Larijani a refusé de laisser toute liberté à Monsieur Ahmadinejad pour distribuer, selon son habitude, des subventions à divers projets qui vident les caisses de l’Etat et coûtent cent milliards de dollars par an (soixante dix huit milliards d’euros). Le tout assorti de vives critiques sur la gestion économique « populiste » de l’équipe gouvernementale. Monsieur Larijani allant jusqu’à dire : « Nous devons améliorer notre situation économique (…) La prospérité, ce n’est pas de distribuer de l’argent à la population ».

De son côté, Monsieur Ahmadinejad a joué l’obstruction, refusant de signer plusieurs lois dûment approuvées pendant six mois. Et ce en fonction, parfois, disent les critiques, de ses inimitiés personnelles. Ainsi a-t-il gardé sous le coude le texte allouant deux milliards de dollars au métro et à la municipalité de Téhéran. La société en charge du métro est présidée par Mohsen Rafsandjani, fils de l’ancien président et poids lourd de la politique iranienne, Hachemi Rafsandjani, très critique vis-à-vis de Monsieur Ahmadinejad. Quant à Téhéran, son maire, Mohammad Qalibaf, candidat malheureux, lui aussi, aux élections de 2005 et ex héros de la guerre Iran Irak, il ne cache pas ses ambitions présidentielles.

Ensuite, c’est avec le pouvoir judiciaire, présidé par Sadegh Larijani, frère du président du Parlement, que le président iranien a croisé le fer. Furieux de ce qu’un de ses proches, Mohammad Javad Behdad, ex directeur de l’agence de presse Irna, ait été condamné à sept mois de prison avec sursis pour « publication de fausses informations », Monsieur Ahmadinejad a accusé la justice de « partialité ».

Réplique cinglante de Sadegh Larijani : « Quelle est cette façon d’accuser la justice de zèle lorsqu’un verdict ne vous convient pas ? (…) Nous attendons du président qu’il utilise un langage posé et digne à la place de son langage populaire habituel ».

Mais ce qui a vraiment suscité une levée de boucliers au sein du clan conservateur, c’est le soutien indéfectible de Monsieur Ahmadinejad à son chef de cabinet, Rahim Machaie, un spécialiste en opérations de propagande des gardiens de la révolution, dont la fille a épousé le fils du président. Déjà, à l’été 2009, Monsieur Ahmadinejad avait voulu, contre la volonté du guide suprême, nommer Monsieur Machaie vice président, et n’avait reculé que devant l’ire de Monsieur Khamenei.

Mais il y a quelques semaines, Monsieur Machaie, tentant une opération de charme auprès de quelques centaines d’iraniens de l’étranger, avait fait une déclaration étonnante. En gros, avait il expliqué, l’Iran et l’Islam sont deux entités différentes et c’est l’Iran la plus importante, ajoutant : « Si l’Islam n’était pas installé et mélangé à la culture iranienne, il serait enterré dans les sables de l’Arabie ».

Le clan fondamentaliste, qui a « parrainé » la réélection de Monsieur Ahmadinejad, est entré en furie. Le général Firouz Abadi, commandant des forces armées, des pasdarans et des volontaires bassidjis, déclarait : « Monsieur Machaie relève des tribunaux militaires. Ses déclarations sont dignes d’un agent infiltré ».

Puis, devant le refus du président de désavouer son conseiller, la presse ultra conservatrice s’est déchaînée. Le journal République islamique, qui appartient en propre au guide Khamenei, tire à boulets rouges sur le président iranien.

Quant à Kayan, il réclamait dans un éditorial la tête de Monsieur Machaie. Enfin, une lettre ouverte, signée par cinquante députés conservateurs, devait être lue, mardi 17 août, au Parlement pour inciter Monsieur Ahmadinejad à se séparer de son chef de cabinet.

Cependant, nombre d’analystes s’interrogent sur la stratégie actuelle du président : pourquoi cette « dérive ultra nationaliste » qui lui aliène une partie des conservateurs ? L’un deux, ex diplomate proche des réformateurs, nous a confié que, à son avis, Monsieur Ahmadinejad essayait de se « démarquer » précisément du clan fondamentaliste, en vue des législatives, dans un an et demi.

« Il s’est rendu compte que le discours islamiste dur a été déligitimé par la répression et que les opposants du « mouvement vert » proposent une version moderne du nationalisme. De plus, son image contestée rivalise de moins en moins avec celle d’Ali Larijani, par exemple, qui incarne le conservatisme traditionnel, mais intellectuel et responsable. Alors il cherche à créer une sorte de national populisme propre à séduire les classes moyennes ».       


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-larijani-contre-ahmadinejad-56119482.html

 

 

NOUS NE PARTONS PAS

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-revue-de-presse-article-de-robert-fisk-23-8-10-56035691.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-nous-ne-partons-pas-56116142.html

 


Le fléau que les Américains laissent derrière eux en Irak

par Robert Fisk*

The Sunday Independent (Afrique du Sud - 23/8/10)

Quand vous envahissez un pays, il y a toujours un premier et un dernier soldat.

Le premier homme à la tête de la première unité de l’armée d’invasion américaine qui a atteint la place Fardous, au centre de Bagdad, en 2003 était le Caporal David Breeze du 3ème bataillon, du 4ème régiment de Marines. Et pour cette raison, il m’a fait remarquer qu’il n’était pas un soldat car les Marines ne sont pas des soldats. Ce sont des Marines. Comme il n’avait pas parlé à sa mère depuis deux mois, je lui ai offert mon téléphone satellite pour qu’il l’appelle dans le Michigan. Tous les journalistes savent qu’ils auront droit à une bonne histoire s’ils prêtent leur téléphone à un soldat en guerre. « Allo » a hurlé Breeze, « Je suis à Bagdad. Je vous appelle pour vous dire que je vous aime. Je vais bien. La guerre sera terminée dans quelques jours. A bientôt ».

Et oui, ils disaient tous que la guerre serait finie rapidement mais ils n’avaient pas demandé leur avis aux Irakiens sur cette agréable opinion. Les premiers attentats suicides – un policier en voiture et deux femmes -  avaient déjà touché les Américains sur l’autoroute conduisant à Bagdad. Il y en aurait des centaines de plus. Il y en aurait des centaines d’autres en Irak à l’avenir.

Disons-le tout haut : nous ne partons pas

Aussi nous ne devrions pas être dupes de la farce recréée sur la frontière koweitienne dans les heures suivantes, le départ d’Irak des « dernières unités de combat » deux semaines avant la date prévue, ni des cris infantiles de « Nous avons gagné » de très jeunes soldats, dont certains ne devaient pas avoir plus de douze ans lorsque G. W. Bush a lancé son armée dans cette aventure irakienne catastrophique. Ils laissent derrière eux cinquante mille soldats, hommes et femmes, soit un tiers des forces d’occupation US, qui seront attaqués et qui auront de toute manière, encore, à combattre la résistance.

Officiellement, cependant, ils sont là pour entraîner les milices et les tireurs et les plus pauvres des pauvres qui rejoignent la nouvelle armée irakienne dont les commandants savent parfaitement qu’ils ne pourront assurer la défense de leur pays avant 2020. Mais ils seront toujours sous occupation car, il est certain que l’un des « intérêts américains » à défendre est leur présence, concomitamment  à celle de milliers de mercenaires armés et indisciplinés, de l’Ouest et de l’Est, qui tirent à tout venant pour garantir  la sécurité des diplomates et hommes d’affaires occidentaux.

Aussi disons-le tout haut : nous ne partons pas.

Au contraire, les millions de soldats américains qui ont traversé l’Irak laissent aux Irakiens un fléau qu’ils ont apporté d’Afghanistan : al-Qaïda. Ils y ont importé le virus de la guerre civile. Ils ont contaminé l’Irak avec  une corruption sans commune mesure. Ils ont imprimé le sceau de la torture à Abou Ghraib et les honteuses prisons d’Afghanistan. Ils ont confessionnalisé un pays qui, malgré la brutalité du régime de Saddam, avait, jusqu’à présent, rassemblé les sunnites et les chiites.

Le Dawa était « des terroristes », maintenant ce sont des « démocrates »

Et parce que les chiites vont immanquablement gouverner cette « démocratie », les soldats américains ont offert à l’Iran la victoire qu’il avait cherchée à obtenir si vainement dans sa guerre contre Saddam en 1980-1988. Les hommes qui avaient attaqué l’ambassade américaine au Koweït dans les mauvais jours, alliés de ceux qui avaient soufflé la base des Marines à Beyrouth en 1983, aident maintenant à gouverner l’Irak. Le Dawa, à l’époque, était « des terroristes » maintenant, ce sont des « démocrates ». C’est drôle comme nous avons oublié les 241 conscrits américains qui ont péri dans l’aventure libanaise. Le caporal Breeze devait avoir, alors, deux ou trois ans.

Ils sont venus, ils ont vu et ils ont perdu

Le désastre américain d’al-Qaïda en Irak a infecté la Jordanie avec les attentats à Amman, et le Liban de nouveau. L’arrivée des hommes armés du Fatah al-Islam dans le camp palestinien de Nahr al-Bared au nord du Liban, les 34 jours de guerre contre l’armée libanaise et les douzaines de civils morts ont été la conséquence directe du soulèvement sunnite en Irak. Al- Qaïda est arrivé au Liban et l’Irak, sous domination américaine, a réinfecté l’Afghanistan avec les attentats suicide, l’immolateur auto-consacré qui a fait des soldats américains des hommes qui se cachent au lieu d’hommes qui se battent.

Ils réécrivent l’histoire maintenant. Un million d’Irakiens sont morts. Tony Blair s’en moque, ils ne figurent pas, remarquez, parmi les bénéficiaires de sa générosité. Ni d’ailleurs la plupart des soldats américains tués. Ils sont venus, ils ont vu et ils ont perdu. Mais, maintenant, ils disent qu’ils ont gagné. Comme les Arabes, survivant avec six heures d’électricité par jour dans un pays désolé doivent espérer d’autres victoires comme celle-là !

Traduction : Xavière Jardez – Sous-titres « France-Irak Actualité »

* Robert Fisk est le correspondant à Beyrouth du journal britannique The Independent. Il est considéré, à juste titre, par le Financial Times, comme  « l’un des plus remarquables reporters de sa génération ». Ouvrages récents : La Grande Guerre pour la civilisation : l'Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005), La Découverte, 2005 et Liban, nation martyre, Editions A&R et du Panama, 2007.

 

 

 

 

IMMIGRATION REPERE ET CITOYENNETE

 

L'association "Immigration Repère et Citoyenneté" vous invite à une conférence de presse sur le thème de :

« Faut-il donner la nationalité française au faciès ou sur le choix de l’engagement politique du demandeur ? » - Réponse officielle à l’appui.

Celle-ci sera suivie par une conférence publique/débat sur le même sujet associé aux thèmes suivants :

Faut-il retirer la nationalité française aux exclus de la République ?

Quelles sont les vraies causes de la délinquance en France ? Et qui sont ces « délinquants » ?

Rendez-vous le vendredi 10 septembre 2010 à 19 heures
Médiathèque de la Rocade Jean-Louis Barrault à Avignon

Entrée libre

Contact téléphonique : 06 11 36 48 86

Contact électronique : immigrationstorys@yahoo.fr


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-immigration-repere-et-citoyennete-56115668.html


 

CRISE DU COMMUNISME

 

Vous trouverez ci-dessous la septième et avant dernière partie de la longue brochure de Francis Arzalier relative à la crise du communisme. Elle est disponible en totalité si vous consultez le site du collectif communiste polex.

Bernard Fischer

http://www.collectif-communiste-polex.org/mouvement%20communiste/Communistes%20de%20France%202.html

http://www.pcf.venissieux.org/spip.php?page=article&id_article=868


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-crise-du-communisme-56110074.html

 

ETAT DES LIEUX 2009

Les communistes en France sont aujourd'hui éparpillés en de multiples organisations, groupes, chapelles, plus occupées parfois à réciproquement s'excommunier, voire à s'encombrer d'adhérents relevant d'une autre mouvance, pour se donner l'illusion du nombre, qu'à convaincre une opinion désinformée. A ce niveau d'effritement, d'inefficacité autre qu'occasionnelle, la nébuleuse n'est plus une image adéquate. On penserait plutôt à un champ d'immeubles explosés, où s'agitent de ci, delà, quelques survivants préoccupés surtout d'eux-mêmes. Et pourtant, les communistes en France sont nombreux, dizaines de milliers de toutes conditions, qui portent en eux ce rêve singulier, que tous ses contempteurs ne cessent de vouloir tuer, après l'avoir décrété mort.

Le PCF en « risque » d'implosion

Grand corps malade depuis fort longtemps, riche de son histoire et son ancrage populaire, de ses lambeaux de communes plus très ouvrières, envahi de métastases opportunistes, le PCF, avec ses cent trente mille adhérents ( ?) , est encore celui où s'accrochent des milliers de communistes envers et contre tout. Aux dernières élections internes à l'organisation, préparant en 2008 son congrès, le texte redondant et mou proposé par la direction pour concilier les courants contraires, n'a recueilli que soixante pour cent des votes militants ; quatre sur dix se sont au contraire retrouvés autour des « critiques de gauche », opposés aux dérives opportunistes et à l'alignement sur le PS (« La Riposte » et ceux réunis avec André Gérin, député-maire de Vénissieux). Les plus droitiers au sein du PCF, cornaqués par l'ancien secrétaire général Robert Hue et Marie- Pierre Vieu, « idéologues » de l'allégeance à « la gauche » libérale, avaient si peu confiance en leur audience interne qu'ils ne proposaient pas leur texte propre au vote, et tinrent un congrès concurrent face à celui du PCF officiel. Le mode de fonctionnement étant au parti, ce qu'il est, que croyez-vous qu'il arriva ? A l'issue du congrès, une nouvelle direction, « conseil national » resserré ( ?) fut « choisie ». Les partisans de quarante pour cent de militants n'en sont pas, sauf deux ou trois, peu connus. Les droitiers, partisans d'une «large ouverture » au social-libéralisme qui firent mine d'en partir, peuplent massivement le conseil national, bien au-delà de ce qu'ils représentent en militants. Triste confirmation pour certains d'entre nous que la stratégie de reconquête interne du PCF est, par sa nature fonctionnelle, condamnée à l'échec.

D'autant que le PCF persiste et signe en 2009, à l'occasion des élections européennes. Alors que les partis de gauche, pourtant opposants aujourd'hui, s'obstinent à ne bêler qu'un message inaudible ; que le PS, définitivement droitier, a pour seul programme électoral les erreurs qu'il attribue à la droite sarkozienne, et son désir d'accéder à nouveau au pouvoir par défaut ; le PCF eut pu, si le bon sens l'avait saisi, constater que la majorité des français avaient voté contre « l'Europe » des banquiers, trafiquants de main d'œuvre et pourvoyeurs de bas salaires.

Il lui suffisait donc, pour surfer sur la vague, de se présenter en seul adversaire, opiniâtre, de l'Europe supranationale : elle fut au service du capitalisme dès sa naissance, et ne peut que le devenir un peu plus chaque jour, au gré du rapport de force actuel. Au lieu de ce discours très clair, le PCF s'est dépensé à prôner « l'autre Europe » ( ?), et a désarçonné encore un peu les électeurs qui restent. En s'alliant à un transfuge du PS, il se décolorait encore un peu en « Front de Gauche », risquant d'atteindre un score minuscule, bien en deçà de ce qu'il est encore, l'espoir toujours vivant d'un univers nouveau pour des milliers de communistes authentiques.

Bien qu'affichant depuis sa création un monolithisme sans failles, baptisé « centralisme démocratique », le PCF, organisme vivant, a toujours réuni des sensibilités diverses : durant la guerre d'Algérie, par exemple, ou quelques adhérents allaient jusqu'à porter les valises du FLN, quand d' autres, réticents, rechignaient à la fin de l'empire français. Le grand public, les électeurs, la majorité des militants même, s'en tenaient à la version majoritaire et réaliste, un parti uni dans sa « lutte de masse », pour imposer la paix en Algérie, par la négociation avec les nationalistes algériens.

Cet objectif, susceptible de convaincre une opinion française encore favorable aux thèses coloniales, était largement partagé par les adhérents : les minorités internes réticentes, colonialistes ou impatients, étaient faibles, isolées, et quittaient sans un mot le navire.

Toute autre est la situation depuis l'affaiblissement du parti, tiraillé aujourd'hui en groupes multiples, idéologiquement inconciliables. Si le mot « tendances » est proscrit, la réalité est bien présente, et fluctuante.

Ne nous attardons pas sur la réalité droitière, matricielle, de la dérive opportuniste de l'ensemble, qui conduisit le PCF « en mutation » sous la direction, quelques années, de Robert Hue. En font partie, autour de lui, d'anciens ministres PCF de la gauche, alors que d'autres, comme Fiterman, ont poussé la « logique unitaire » jusqu'au ralliement au PS ; et surtout de multiples permanents professionnels influents dans les régions, Ile de France ou Languedoc en alternance, comme Blotin ou Gayssot. Leur vulgate tactique tient en quelques principes : s'assurer l'appui électoral du PS en ne s'éloignant pas trop de ses croyances, en refusant par exemple l'idée de manifester contre la guerre israélienne à Gaza, ou celle des USA contre l'Irak.

Cette tendance rêve d'élargir le parti à d'autres sensibilités, écologistes, féministes, humanistes, pour en transformer la substance, à l'image revendiquée des « ex-communistes » d'Europe centrale et du sud. Cela bien sûr tout en gardant les clés de la « vieille maison », ses locaux, l'audience qui lui reste, quitte à l'engluer dans un financement extérieur, d'Etat ou d'entreprise. L'objectif n'est pas qu'ébauché, il est assuré de soutiens peu nombreux mais influents à tous niveaux de l'organisation, comité national, fédérations.

D'ores et déjà, une fondation dite « Péri », aux ressources abondantes et occultes, contrôlée par Robert Hue et ses fidèles, a repris la gestion de revues survivantes du PCF, et d'échanges internationaux (Afrique, Chine) que le parti n'assume plus. Ce phagocytage du parti par sa frange « gauche plurielle » va bon train depuis le congrès ; handicapé par sa faiblesse numérique en militants, il est redoutablement efficace par le contrôle des leviers de pouvoir dans l'appareil. 

L'ultime décennie du vingtième siècle a vu se déployer une palinodie presque surréaliste : à Moscou, Gorbatchev dissolvait sans autre forme de procès le PC d'Union soviétique dont il était le secrétaire général ; à Paris, son admirateur avoué Robert Hue jouait les fossoyeurs bonasses d'un PCF en déshérence, avant de devenir, quelques années plus tard, « la nouvelle coqueluche d'un PS en détresse » (Le Monde des 12 et 13 juillet 2009).

Dans le Landerneau 2009 du petit monde de la gauche française le résultat calamiteux des élections européennes devrait servir d'électrochoc : un PS définitivement ancré dans ses certitudes libérales, et réduit au choc des ambitions internes, ne peut plus prétendre phagocyter ses partenaires opposants de Sarkozy quand il ne réunit que 16 % des votants ; le PCF ne peut empêcher en son sein de voir surgir enfin quelques envies de rompre avec l'ascendant du PS, de faire naître une force nouvelle, une coalition de gauche anticapitaliste, liée aux luttes sociales et à l'anti-impérialisme, sans plus de concessions d'opportunisme électoral.

C'est à cette occasion que Robert Hue qui fut Président du PCF dont il n'est plus l'adhérent, se pose en défenseur de l' « Union de la Gauche », au sein d'une assemblée de dirigeants socialistes ; sénateur du Val d'Oise, grâce déjà aux suffrages du PS, il tient à le rester et se fait le porte - paroles des élus du PC tributaires du même parcours, des mêmes compromis politiciens ; ce faisant, il est très lucide : son « appel pour un pacte unitaire de progrès au-delà des appareils politiques  », réunissant des notables élus « communistes de gouvernement », PS, Verts, ou syndicalistes réformistes, est le seul moyen d'assurer la réélection des « cent quatre vingt cinq conseillers régionaux sortants » (du PCF).

Le choix est en effet pour les années qui viennent en France de la constitution d'un pôle anticapitaliste capable d'attirer à lui tous ceux qui rêvent d'une France socialiste, égalitaire, démocratique et pacifique refusant fermement tout accord organique avec les partisans du capital, qu'il ait pour maître - queue Strauss-Khan, Cohn-Bendit, Bayrou ou Sarkozy ; choix de rupture donc avec la stratégie de l' « Union de la Gauche », qui en 30 ans a démontré qu'elle était le masque idéal de la régression sociale, de la destruction des services publics, de l'aliénation monarchique et médiatique des esprits. Pour cela, le PCF devra effectivement perdre quelques centaines d'élus nationaux, régionaux ou locaux : sa renaissance révolutionnaire est à ce prix, qui n'a rien d'excessif.

Quels que soient par ailleurs le dévouement et les qualités de certains de ses membres, cette cohorte élue a-t-elle réussi à stopper les méfaits des pouvoirs successifs en place, privatisations, régressions sociales ? En fait, ces notables élus que Robert Hue défend sont devenus les cadres régionaux, locaux et nationaux du PCF, ses véritables dirigeants, par-delà les congrès et la volonté des adhérents : ils sont donc l'obstacle essentiel à la rénovation de ce parti sur une base anticapitaliste.

La direction du PCF a indéniablement le soutien de la majorité des adhérents, « légitimistes », quel que soit par ailleurs son manque total de charisme, y compris nombre de communistes authentiques, peu informés de l'histoire du parti dont ils sont adhérents sincères. Ce qui les paralyse et les confine à une prudence excessive, à un modérantisme parfois timoré, est l'attachement quasi religieux, irrationnel, à ce que fut en d'autres temps un bonus militant, et n'est plus qu'une duperie politique : « sauvegarder, par tous les moyens, l'unité du parti ». Au lieu donc de favoriser sa reconquête par les communistes, ils se résignent à admettre les compromis constants avec le réformisme le plus plat, y compris dans leurs rangs. Mieux, ils en redemandent, confondant élargissement de l'influence et compromis idéologique, navigation à la godille et plus grande ouverture d'esprit.

Les marges « rouges » du PCF

Le renouveau ne pourrait venir évidemment que de ces communistes à la gauche du PCF, qui sont d'accord pour refuser la « mutation » opportuniste du parti. Ils sont finalement nombreux, mais disparates, eux que la presse malintentionnée à leur égard (Monde, Figaro, Libération) a baptisé, curieusement, les « orthodoxes » : orthodoxes de qui, de quoi ?...

Une partie de ces mouvances a choisi délibérément de rester dans le PCF, et d'y lutter pour un objectif qu'elle croit, malgré l'expérience, plausible : la reconquête interne du parti, conçue comme un retour à la lutte de classes, l'anti-impérialisme et la fin des concessions opportunistes. Ils ont parfois, à l'aide d'un leader local bien implanté en tissu militant, réussi à devenir majoritaires : ce fut le cas des années durant, en Pas-de-Calais, avant que la direction fédérale réintègre le giron protecteur de Marie-George Buffet. C'est encore aujourd'hui, le fait d'une « section » du 15ème arrondissement parisien, de celle plus modeste de Béziers en Hérault, dont le représentant au conseil national proclamait son désir d'employer le scrutin à « faire péter (exploser) l'Europe ». C'est surtout le choix de Vénissieux, en Lyonnais, qui confère au député, André Gérin, un rôle reconnu de porte-voix des opposants à la gauche du PCF. Evincé des instances nationales de direction au dernier congrès, il a clamé un vigoureux refus de l'Europe institutionnelle : l'Humanité, journal qui s'affirme toujours communiste « sans dépendre du PCF », l'a passé en tribune libre ! Un autre groupe aussi est né d'un ancrage local, autour d'Aubervilliers en Seine Saint Denis, département en pleine mutation socio-politique. Il fut autrefois « ceinture rouge » de Paris, parsemé de « forteresses ouvrières » en voie de démantèlement : Saint Denis, Montreuil, Aubervilliers, où bureaux et logis de standing remplacent aujourd'hui ateliers et taudis lépreux, ont vu leurs mairies passer aux hérauts de « l'union de la gauche », ou aux « Verts », et le conseil général basculer au PS. André Karman, élu d'Aubervilliers, et ses amis, ont à contre courant, créé « la gauche communiste », qui ambitionnait d'essaimer dans les régions de France, et y parvint parfois,
localement.

Ajoutons pour être plus complet, sinon exhaustif, dans ce tableau mouvant des sensibilités organisées à la gauche du PCF, qu'elle peut se prévaloir du soutien de militants prestigieux, et âgés, proches des « vétérans », comme les héros de l'anti-colonialisme communiste, Henri Martin, Henri Alleg, les anciens députés Pranchère et Georges Hage Ces noms évoquent au PCF un passé glorieux : la direction les ménage quand ils contestent, comme on hésite à matraquer femmes et enfants, placés au premier rang des manifestants.

Ils sont en quelque sorte le lien ténu entre générations de militants, entre les groupes précédents, et ceux, très structurés, présents un peu partout en France, issus tous deux de ce qu'on nommait en 2000 « Coordination communiste ». Brisée par les divergences tactiques vis-à-vis de la direction du parti, et par des conflits personnels, elle a donné naissance au PRCF, animé notamment par le théoricien marxiste Gastaud, et à son émule concurrent l'URCF, dont Jean-Luc Sallé est l'un des dirigeants. Très actifs dans certains conflits socio-politiques locaux, ces militants le sont aussi beaucoup pour dénoncer la criminalisation du communisme européen. Ces actions assurent leur impact, notamment auprès de militants âgés nourris de leur rôle historique. Elles font aussi leur faiblesse, quand elles révèlent en style et analyses, une indéniable nostalgie a-critique du « socialisme réel », continent englouti pour les générations nouvelles.

Autre groupe influent à l'intérieur du PCF, « La Riposte », avec Greg Oxley, dont le texte programme fut approuvé par près d'un militant sur cinq, lors du vote préparatoire au congrès. L'analyse des résultats révèle l'aspect récurrent de certains clivages prétendument indépassables, pour des marxistes historiques. « La Riposte » a fait un succès attendu dans son fief toulousain, parmi les étudiants, mais aussi, à la surprise de beaucoup, parmi les salariés syndicalistes de Bastia, en Corse, ou d'Alès en Cévennes, qui se sont reconnus dans un discours axé sur la lutte des classes, qu'ils espéraient. Le paradoxe étant que « La Riposte » est le seul mouvement trotskiste organisé, affilié à un vaste panel de partis de la même obédience, d'Amérique en Asie et Europe de l'Est : en 2009, la querelle Trotski-Staline relève fort des vieilles lunes, et entre pour peu dans les choix des prolétaires de Bastia

Ces groupes sont en tout cas à la jonction entre ceux restés adhérents du PCF avec l'espoir de le changer, et la foule des communistes, aussi nombreux peut-être, qui croient cette lutte interne illusoire, comme le groupe Combat, animé par Guy Poussy en Val de Marne, ancien suppléant de Georges Marchais ; ou les « Rouges vifs », organisés à Paris et en banlieue, notamment par des militants de grandes entreprises (aéroport d'Orly, banques et journaux du 2ème arrondissement, cheminots des gares d'Austerlitz et d'ailleurs). D'autres « Rouges vifs » fort dynamiques, ont vu aussi le jour à Marseille, entraînés par le leader bouillonnant de la CGT des chômeurs, Charles Hoareau. D'autres collectifs communistes locaux existent en Loir et Cher, en Seine Maritime, etc, et drainent une audience locale, ou par le biais du net

Au sein de ce kaléidoscope, la donne eut pu être changée vers l'an 2000 par un journal mensuel, « Le Manifeste », dont l'ambition était de dépasser ces différences. Il vit le jour et atteignit quelques milliers de lecteurs, puis il mourut, de l'incapacité d'être autre chose que la voix des quelques uns qui notamment le finançaient.

Dans cet esprit « d'œcuménisme communiste », on peut citer « le collectif communiste Polex », groupe de réflexion sur les questions internationales, dont le nom se réfère à la « section de politique extérieure » active près de la direction du PCF jusqu'à son démantèlement par Robert Hue, aux temps de « mutation ». Ambitionnant ouvertement de réunir des communistes en dehors de tout groupe, pour confronter leurs analyses et lutter mieux contre l'impérialisme, il y est modestement parvenu, lors de débats animés, réfléchis, auxquels participaient des militants européens ou africains, des tenants officiels du PCF et leurs critiques, adhérents ou non de ce parti, défenseurs de Cuba, de la Chine, sans la moindre réserve, ou mesurés : le kaléidoscope actuel des communistes, en quelque sorte, pour raviver l'action militante. Une voie vers l'issue, peut être, mais elle reste bien lointaine Fils de Marx, de Trotski et Bakounine ?

Le conflit Staline-Trotski, transposé en luttes sans pitié entre troisième et quatrième Internationales à l'échelle du globe, a été quatre-vingts ans durant, une des guerres internes à la famille communiste, d'une rare intensité de haine et de furie. Fusillades et liquidations à Barcelone en 39, délations et exécutions réciproques, entre résistants anti-nazis en France, victoire « stalinienne » d'après guerre et marginalisation « trotskiste » : ne serait-il pas temps d'enterrer la hache de guerre, entre protagonistes qui n'ont jamais eu totalement raison ? Il est sain pour les historiens de Russie et des révolutions du monde, de questionner, encore aujourd'hui, les vieux débats vitaux de l'URSS, révolution mondiale permanente ou en un seul pays, état bureaucratique issu du peuple ouvrier ou technocratie politique. Le débat a été tranché dans les faits, et il ne répond guère aux questions d'aujourd'hui, sauf à forcer un peu le trait : Staline, le vainqueur, ne fit certes pas dans la dentelle en gouvernant.

Mais qu'eut fait à sa place Trotski, le créateur de l'Armée Rouge, qui eut tout de même avant sa chute, le temps de militariser les syndicats soviétiques, d'en faire les courroies de transmission des oukazes d'état ?

La discussion, donc, est forclose. Redouter les déviations d'état bureaucratiques ou policières n'est pas une spécialité trotskiste, mais un principe communiste à mettre en œuvre. Une majorité des militants actuels du NPA, de LO, du PT, n'ont d'ailleurs lu ni Trotski, ni Staline, et fort peu Lénine au demeurant ; pas plus d'ailleurs, pas moins, que ceux du PCF, qu'on le regrette ou pas.

Le NPA d'aujourd'hui est un nouvel habit : il fut durant quarante ans la Ligue Communiste, dont il faut rappeler la genèse. Surgeon du PCF à partir des années 60, elle est née dans ce chaudron existentiel qu'était alors le Quartier Latin étudiant, ponctué de hauts lieux le long du Saint Michel, rue d'Ulm et la Sorbonne, librairie Maspero et local de « Clarté », place Paul Painlevé. Les « étudiants communistes » parisiens (UEC) avaient alors tué le père, en rejetant la tutelle du parti, et de son délégué auprès d'eux, l'apparatchik dandy Roland Leroy. Bardés de citations de grands auteurs marxistes, ils se disputaient sous l'égide d'icônes imaginées, Trotski, Mao Ze Dong, Che Guevara. Les uns, dits « italiens » lorgnaient vers Rome et un PCI plus « ouvert » que celui de France ; d'autres voyaient déjà la Grande Muraille ou la Sierra Maestra en bords de Seine.

Cette cacophonie recouvrait toutefois la conviction commune « anti-parti », anti-soviétique, des turpitudes de Staline et de ses successeurs moscovites, embourgeoisés, trop conciliants avec l'impérialisme occidental. Le PCF fit le ménage à l'UEC, avec l'aide des étudiants plus mesurés de province, de Montpellier, Lille, etc qui expulsèrent les trublions. Telle fut l'origine des groupes trotskistes ou maoïstes qui, rejetés, se constituèrent en petits partis d'activistes intellectuels, de façon plus ou moins pérenne. Ils eurent leur heure de gloire en mai 68, quand les murs de Sorbonne occupée s'ornaient des portraits de tous les grands ancêtres, Marx et Engels, Bakounine et Blanqui, Mao, Staline, Gramsci et Trotski. Ces images, imberbes ou barbues, présidaient aux diatribes enflammées dont n'étaient exclus que les « stals » et les « fafs » de la droite extrême, les gros bras de la rue d'Assas.

Cela pendant que les usines étaient en grève, ou dans la rue. Une fois la fête finie, chacun rentré « chez son automobile » comme le disait Nougaro, ces groupes qu'on disait gauchistes ont mal vécu les atteintes du temps. Quelques uns des tenants de Mao et Lin Piao se sont perdus en combats clandestins sans issue. La plupart ont, c'est bien connu, rejoint le camp qu'ils combattaient, peuplant aujourd'hui le Medef, les grands médias conservateurs. Certains trotskistes aussi se sont déshonorés au fil des ans, ceux par exemple assidus à former de nombreux dirigeants du PS, comme Jospin. Les seuls méritant le respect, pour leur fidélité durant des décennies aux convictions premières, furent ceux de la Ligue Communiste, avec Krivine et Bensaïd. Elle ne fut, durant ce laps de temps, qu'un groupe structuré, militant et actif, mais inapte à jouer dans la cour des grandes organisations françaises : un effectif limité d'adhérents, aucun impact électoral notable, peu d'influence, à l'exception de quelques enseignants syndicalistes La « divine surprise » arriva pour la Ligue après l'année 2000, grâce au déclin opportuniste du PC français, son géniteur. Besancenot, intellectuel cultivé au bagout remarquable, fort d'une image télévisée de « facteur PTT à Neuilly » quand tant d'autres leaders étaient professionnels de la promesse électorale, fit bondir les scores de la Ligue aux élections, alors que Robert Hue dégringolait. De nombreux communistes, électeurs habituels du PCF, écoeurés par les palinodies réformistes de l'ex « parti des travailleurs » prirent dès lors l'habitude de voter pour « le facteur », l'un d'entre eux, qui disait enfin aux médias ce que le PCF devrait dire : que le PS était accroché à l'idéologie de droite, que la tactique « union de la gauche » relevait de l'escroquerie politique, que seules les luttes populaires étaient l'issue

Prenant parfois ces ralliements de circonstance pour une adhésion à leurs thèses, voire à l'héritage trotskiste ( ?), les leaders de la Ligue en firent hara-kiri, la baptisant en 2008 « Nouveau Parti Anticapitaliste », en profitant des bons sondages du « facteur » auprès de la jeunesse, des salariés déçus par « la gauche réelle ». L'avenir dira si l'opération réussit, si le NPA deviendra demain le grand mouvement de transformation socio-politique souhaité, ce n'est pas encore le cas. Mais surtout l'opération n'est pas sans risques politiques et idéologiques : supprimer le sigle communiste, le remplacer par une définition négative, tout droit sortie des grandes messes alter mondialistes, prônant un autre monde sans savoir lequel, n'est-ce pas risquer l'affadissement du projet, pour le seul objectif d'être les plus nombreux ? La Ligue a été protégée de la dérive opportuniste parce qu'elle n'avait pas d'élus à préserver : ce mal guette le NPA quand il a pour seul but aux élections européennes de 2009 de dépasser définitivement le PCF. Quand, pour « élargir » son audience, il s'en tient lui aussi à prêcher pour une « autre Europe », isolat de bonheur progressiste dans un continent capitaliste. A l'issue des élections européennes, le NPA doit constater l'inanité de son espoir : il ne saurait remplacer le PCF, héritier d'une longue histoire, saura-t-il en tirer les conséquences, arrêter de rêver à la mort du père ?

On trouve aussi des communistes indéniables à Lutte Ouvrière, qui fut longtemps le pendant concurrent de la Ligue, elle aussi d'origine trotskiste. Militante et active malgré son nombre limité d'adhérents, elle eut, plus que la précédente, des liens réels avec les luttes sociales en entreprise, notamment par le biais syndical. Mais ce n'est pas faire injure à certains de ses militants, dévoués comme on savait l'être au PCF il y a vingt ans, de noter comme un handicap un langage trop souvent connoté des années d'après guerre, voire une propension de quelques uns à la clandestinité sectaire.

Mêmes limites et mêmes qualités, dans le Parti des Travailleurs, relevant lui aussi des chapelles trotskistes antagonistes. Cela n'interdit pas toujours d'animer des luttes efficaces, localement, quand ses militants parviennent à se dépouiller de leur haine sectaire, originelle, obsessionnelle, du PCF et des autres fils putatifs de l'inventeur de l'Armée Rouge.

Reste à réintégrer à la famille communiste, malgré tous les fossés qu'a pu creuser l'histoire entre eux, ceux des anarchistes qui n'ont pas effacé l'héritage de Marx et de la 1ère Internationale. Il est vrai que l'individualisme libéral régnant aujourd'hui s'accommode très bien d'un libertarisme de salon, dénonce l'Etat quand il protège les plus faibles, et confond liberté et loi de la jungle marchande. Vrai aussi que depuis Ravachol, la violence irraisonnée a toujours été le meilleur argument du conservatisme social. Le procédé n'est pas usé : provocateurs stipendiés ou naïfs, les « Black Blocks »en ravageant récemment un quartier pauvre de Strasbourg, sous le regard complaisant de la police, ont réussi à déconsidérer la manifestation franco-allemande contre l'Otan.

Si ceux-là sont toujours le terreau des provocations politiques, il n'en reste pas moins que le temps est peut-être venu de réintégrer dans la galaxie communiste, une planète longtemps excentrée, souvent rétive à tout alignement, faite de militants syndicaux et parfois associatifs, qu'inspire l'anarchisme politique. On ne peut oublier une réalité bien longtemps occultée : qui sait encore qu'en banlieue nord de Paris, à Argenteuil en 1919, des anarchistes formèrent un soviet, inspiré de la révolution russe, embryon du futur PCF ? Pourquoi cacherait-on le grand nombre d'anarcho-syndicalistes, qui firent en 1920 au Congrès de Tours, sortir un PCF aligné sur les bolcheviks, d'un PS englué dans « l'Union Sacrée » opportuniste et « patriote » ? En 1921 encore, Moscou en révolution fit de grandioses funérailles à Kropotkine, le prince rouge et noir. Puis commencèrent les ruptures : elles durent encore. Il existe pourtant nombre de militants qui se disent eux-mêmes des « communistes libertaires », lutteurs sans compromis contre l'impérialisme guerrier, pour les immigrés sans papiers soumis aux caprices de la police et des patrons. Tout ostracisme communiste à leur égard est une perte de substance, pour un ensemble de courants pas encore en ordre de bataille.

On ne saurait exclure de la nébuleuse communiste, la petite cohorte de philosophes ou sociologues médiatisés, bien que nourris de convictions marxiennes ; ils sont capables d'analyses stimulantes et souvent pertinentes, quand ils savent se dégager de la bulle universitaire ou académique, qui leur laisse ignorer la réalité sociale en mouvement ; à condition aussi de ne pas prendre le petit monde d'internet sur lequel on cultive son ego pour le sel de la terre ; le petit peuple des trains de banlieue, si aliéné soit-il aujourd'hui, est le seul à pouvoir accoucher tôt ou tard de révolution sociale et politique, quand il conviendra de sa nécessité ; elle ne peut venir de seuls cénacles réservés à « l'élite intellectuelle », si critiques soient-ils.



 

 

vendredi, août 27 2010

UNASUR

 

Le sommet Chavez-Santos en Colombie: l’éruption d’une paix négociée grâce à UNASUR

Par Francisco Dominguez, secrétaire de Venezuela Solidarity Campaign

Les relations déjà mauvaises entre le Venezuela et la Colombie ont empiré à la suite des accusations de Luis Hoyso, représentant du gouvernement Uribe à l’OEA (Organisation des Etats Américains), selon lesquelles le gouvernement vénézuelien abriterait des guérilleros colombiens (mille cinq cent) et autoriserait sur son territoire des camps d’entraînement à la guérilla (quatre vingt cinq). Les preuves – déjà réfutées– de ce tissu de mensonges une fois encore venaient des « ordinateurs magiques » saisis par les forces militaires colombiennes lors de leur attaque militaire illégale du 1er mars, 2009.

Chavez a réagi par la rupture des relations avec la Colombie, entraînant une nouvelle dégradation  entre les deux nations, mais il a néanmoins envoyé son ministre des Affaires Etrangères pour assister à l’investiture de Santos. La réponse d’Uribe fut d’annoncer, la veille de cette investiture, que son gouvernement déposait une plainte formelle contre le Venezuela auprès du Comité Américain des Droits de l’Homme, et une autre contre le président Chavez lui-même auprès de la Cour Pénale Internationale. Par ailleurs, Uribe s’est déclaré prêt à témoigner devant la CPI contre Hugo Chavez.

Cependant, après d’intenses activités diplomatiques à l’initiative de UNASUR, Nicolas Maduro, ministre vénézuélien des Affaires Etrangères, Nestor Kirchner, président de UNASUR et Lula, président du Brésil (ce dernier ayant rencontré publiquement à la fois Hugo Chavez et Juan Manuel Santos au cours de diverses réunions séparées), ont réussi, en quelques jours, à transformer ce qui apparaissait comme une escalade inexorable vers une catastrophe, en un des retournements politiques in extremis des plus extraordinaires de l’histoire latino américaine récente.

Pendant son investiture, Juan Manuel Santos a stupéfié le monde en annonçant que son gouvernement aurait comme priorité de chercher à réparer et normaliser les relations de la Colombie avec le Venezuela et l’Equateur. Et dans un contraste saisissant avec la position dominante sous Uribe, Santos a déclaré : «  Le mot ‘guerre’ n’est pas dans mon dictionnaire quand je pense aux relations de la Colombie avec ses voisins » (à l’opposé du bellicisme d’Uribe). Par ailleurs, Santos avait antérieurement exprimé sa volonté, sous certaines conditions, de discuter même avec les guérilleros colombiens. Une nouvelle surprise allait suivre : Santos ordonna que les « ordinateurs magiques”  de Paul Reyes soient remis au gouvernement équatorien.

Les medias britanniques comme le Guardian, The Economist, la BBC, et bien sûr l’omniprésent Human Right Watch avaient, à l’époque, accueilli avec enthousiasme les « preuves » publiées par les autorités colombiennes. Quant aux media privés nord américain, leur attitude était encore pire. Comme on l’a appris, bien que ce ne soit pas l’objet d’une large diffusion par les medias, Ronald Coy, le chef de la police technique colombienne, avait révélé au cours d’une enquête officielle d’une part, que les données des ordinateurs avaient été manipulées avant d’être soumis à l’inspection judiciaire, et d’autre part qu’aucun e-mail n’y avait été découvert (ce qui n’avait pas empêché Rory Carroll, correspondant du Guardian en Amérique latine, d’avoir « lu » plusieurs e-mails sur les ordinateurs magiques, comme il l’avait écrit à l’époque). 

Bientôt nous saurons combien, parmi les “preuves” de Monsieur Hoyos, résisteront à l’analyse des “ordinateurs magiques” par l’Equateur. Le gouvernement vénézuelien a systématiquement réfuté ces accusations et jusqu’à ce jour, à part les apparitions régulières de “faux positifs” uribistes dans les medias, aucune preuve sérieuse d’aucune sorte n’a été fournie afin de corroborer les allégations selon lesquelles le Venezuela abriterait des guérilleros et des camps de guérilla sur son territoire, ou qu’il leur fournirait ressources et armes.

Le Venezuela et la Colombie partagent deux mille deux cent treize kilomètres de frontières très poreuses. Le conflit interne à la Colombie a la malencontreuse dynamique de déborder au-delà de ses frontières dans les pays voisins sous des formes diverses : guérilleros, paramilitaires, trafiquants de drogue, réfugiés et immigrés fuyant le conflit (environ cinq millions de colombiens résident de façon permanente au Venezuela). On estime que dans l’ensemble, la force militaire colombienne comporte trois cent mille soldats – proportionnellement la force la plus importante de la région, sept fois supérieure aux forces armées vénézueliennes - et  qu’elle bénéficie de sept milliards d’aide militaire par les USA (leur deuxième bénéficiaire au niveau mondial). Elle est cependant incapable de contrôler ce qui se passe sur son propre territoire où sévissent huit mille guérilléros armés, plusieurs milliers de paramilitaires actifs illégaux et beaucoup de trafic de drogue.  La plus grande partie de la cocaïne du monde (50%) est produite en Colombie. Le Venezuela se trouve donc géographiquement pris en sandwich entre le plus grand producteur et le plus grand consommateur de cocaïne d’un point de vue mondial, à savoir respectivement la Colombie et les USA.

Après l’investiture de Santos, les évènements se sont précipités. Grâce à la médiation de Nestor Kirchner, les ministres des Affaires Etrangères de Colombie et du Venezuela se sont rencontrés dimanche dernier à Bogota et ont annoncé que les présidents Santos et Chavez se rencontreraient dans une réunion extraordinaire au sommet, mardi 10 août en Colombie. Chavez a saisi immédiatement l’occasion offerte par son homologue colombien et a fait un appel aux guérilleros pour qu’ils trouvent une solution politique : «  les guérillas colombiennes n’ont pas d’avenir par les armes… en outre, elles sont devenues un prétexte pour que l’empire (US) intervienne en Colombie ce qui menace le Venezuela» a-t-il dit dimanche. Il leur a aussi demandé de montrer leur engagement à un accord de paix par « de façon convaincante, par exemple, en libérant tous ceux qu’ils ont kidnappés ». 

Il est clair que Santos voulait raccommoder les relations avec le Venezuela et l’Equateur et qu’il était prêt à accepter pour cela l’aide de UNASUR afin de faciliter sa rencontre avec Chavez. Si Santos est si déterminé à améliorer les relations entre la Colombie et le Venezuela et l’Equateur, c’est d’une part qu’il souhaite en finir avec l’isolement régional de la Colombie, et d’autre part que l’arrêt quasi complet du commerce avec le Venezuela pose un vrai problème à l’économie colombienne (leurs échanges commerciaux ont décliné de 73,7%). Il est aussi clair qu’Uribe savait cela et son attaque enragée de dernière minute contre le Venezuela visait sans doute plus Santos que Chavez. Uribe a désespérément essayé de torpiller le rapprochement colombo-vénézuelien avant de partir.

Ces efforts désespérés d’Uribe reflètent les actions de puissantes forces à Washington qui travaillent intensément pour que le Venezuela soit qualifié d’“Etat soutenant le terrorisme”, “Etat narcotrafiquant” ( en particulier au sein de Southcom et du Congrès). Ces forces souhaiteraient une solution « militaire » du soit disant « problème vénézuelien ». SOUTHCOM est très actif dans l’installation de bases militaires nord américaines partout dans la région, et a remis en place la 4ème flotte (mise hors service en 1950). Les USA ont déployé 20 000 soldats en Haïti après le tremblement de terre et posté d’importantes forces militaires au Costa Rica (7 000 soldats, 200 hélicoptères et 46 bateaux de guerre pour la fin décembre). Ainsi, qualifier le Venezuela de « soutien du terrorisme » n’est pas juste de la rhétorique droitière, cela peut avoir des conséquences militaires graves. Les dirigeants de la région sont très alarmés par ces évolutions et ont fait part de leurs inquiétudes.

Une des dimensions généralement omise des rapports entre la Colombie et le Venezuela est l’attitude de la droite vénézuelienne. Pendant les deux mandats présidentiels d’Uribe, à chaque querelle, elle prenait position de façon enthousiaste en faveur d’Uribe. Elle a fait de même cette fois encore, mais a été prise au dépourvu par l’annonce de Santos. Quand il s’agit de s’opposer au Président Chavez, la droite vénézuelienne perd le sens des proportions. Ainsi, par exemple, Cesar Perez Vivas, gouverneur de l’Etat de Táchira, et membre de COPEI, a été jusqu’à demander à Chavez de ne pas faire de la présence de bases militaires nord américaines dans ce pays une pré condition pour la normalisation de ses relations avec la Colombie. Alberto Nolla, un animateur de télévision, a suggéré qu’au cours de la crise déclenchée par les actions d’Uribe, les medias de droite au Venezuela étaient plus bruyants dans leur soutien à Uribe que les medias colombiens eux-mêmes. Un examen sommaire des principaux journaux de droite tels que El Universal et El National et des chaînes de télévision comme Globovision le confirment de façon concluante.

Ce qui est sans précédent c’est que l’administration nord américaine fut de facto réduite au rôle de spectatrice. Les USA ont soutenu les accusations contre Chavez à l’OEA (leur ambassadeur à l’OEA a déclaré « … notre préoccupation sur les liens entre le Venezuela et les FARC qui nous a empêché de reconnaître le Venezuela comme coopèrant entièrement avec les USA et d’autres dans ces efforts anti-terroristes ») mais ils ont été clairement mis sur la touche par la stratégie de la corde de raide de UNASUR qui a mené au rapprochement entre la Colombie et le Venezuela.

C’est Santos, Chavez et UNASUR (en particulier le Brésil) qui ont pris les choses en main (le gouvernement du Brésil a fait clairement comprendre qu’il voulait que la question soit réglée au sein de UNASUR, sans l’influence des USA. Il a proclamé que l’Amérique du Sud était une « région pacifique » et affirmé que les problèmes entre les pays devaient, en premier lieu, être traités bilatéralement). Cette réalité montre d’abord une confiance en soi croissante et une indépendance de la région vis-à-vis des centres économiques traditionnels, et d’autre part une prise de distance de plus en plus ferme envers les USA. Les plaques tectoniques ont bougé de façon spectaculaire et la plupart des dirigeants latino-américains ont l’impression d’avoir évité une guerre quasi certaine menée conjointement par Uribe et les USA.

Reste à savoir jusqu’où ce sommet mènera les deux pays. Ils ont décidé de rétablir complètement leurs relations dans tous les domaines et les deux présidents ont mis en place cinq commissions dans le cadre d’une déclaration de principes commune. Elles comprennent une commission sur la dette ; une autre sur la collaboration économique entre les deux pays ; une pour le développement d’un plan d’investissement sur leur frontière commune ; une autre pour une entreprise commune de travaux d’infrastructure ; et enfin une commission de sécurité. Les deux chefs d’Etat se sont engagés à collaborer dans la lutte contre le trafic de drogue, et les activités armées illégales paramilitaires. La Colombie a envoyé le président du parlement colombien, Armando Benedetti pour aider au processus de rétablissement complet des relations entre les deux pays. L’OEA a félicité Santos et Chavez pour leur diplomatie. Les peuples des deux nations se sont réjouis. Cependant toutes les questions en litige entre les deux nations n’ont pas toutes été traitées, ainsi les bases militaires nord américaines en Colombie, le besoin urgent d’un processus de paix en Colombie, et les accusations levées par Uribe contre le Venezuela devant la Cour Américaine des Droits de l’Homme et contre la personne de Chavez à la CPI.

Les chiens de la guerre sont, au moins temporairement, tenus en laisse. La paix a soudain fait éruption. Le rétablissement complet des relations entre le Venezuela et la Colombie est bien entendu très positif. Cependant, la pléiade de forces qui s’opposent à un programme de paix aussi étendu est aussi assez impressionnante. Pour commencer à sa tête se trouvent les USA, et elle inclut de puissants groupes économiques dans la plupart des pays de la région, tels que les séparatistes de l’Est de la Bolivie qui ont failli renverser le gouvernement de Morales en 2009 ; la droite vénézuelienne qui a réussi à évincer Chavez en 2002 (mais le peuple l’a remis au pouvoir) ; l’oligarchie colombienne elle-même ; la bourgeoisie pinochettiste chilienne extrêmement riche et puissante ; la droite en Argentine ; les très riches entrepreneurs de Guayaquil etc.. Tous ceux-là d’une manière ou d’une autre sont pour la militarisation nord américaine de la région comme solution de dernier recours face aux mouvements sociaux radicaux et aux gouvernements progressifs du continent. En attendant la militarisation étatsunienne de la région se poursuit à un rythme accéléré.

Il est dans l’intérêt de l’Amérique latine, très bien représentée à cette occasion historique par UNASUR, d’aider l’oligarchie colombienne à desserrer l’étreinte nord américaine très inconfortable dans laquelle l’a mise Uribe. D’un autre côté il y a les intérêts nord américains hégémoniques dans la région et leur dépendance croissante à cause du pétrole envers des gouvernements farouchement nationalistes qui affirment collectivement leur indépendance. Les stratèges politiques et militaires de Washington sont sans doute stupéfaits de ce rapprochement extraordinaire entre Santos et Chavez.

Les efforts insensés d’Uribe pour provoquer une guerre avec le Venezuela soulignent la situation impossible dans laquelle se trouvent les USA: confrontés à la révolte de leurs voisins du Sud, incapables de l’emporter politiquement, et dans l’impossibilité d’offrir le développement, le progrès, l’investissement, voire le mode de vie américain (the American Way of Life) qui est en train de s’effondrer aux USA mêmes, ils ont décidé d’avoir recours à la guerre pour maintenir leur arrière cour dans la soumission. L’Amérique latine a choisi la démocratie, le progrès social, la souveraineté nationale et la paix. Dans cet épisode, même l’oligarchie colombienne la plus fidèle aux USA a pris le parti du Sud et non du Nord. Nous verrons qui gagnera cette bataille historique en cours.


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-unasur-56070516.html

 

 

LETTRE DE BOUTAULT A GAUDIN

 

http://www.paris.lesverts.fr/article.php3?id_article=1988

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-lettre-de-boutault-a-gaudin-56069878.html

 


Jacques Boutault opposé à un « apéro anti-islam » Place de la Bourse à Paris.

A la suite de l’annonce d’une demande d’autorisation d’ une manifestation dénommée « apéritif républicain » Place de la Bourse, Jacques Boutault a adressé le courrier suivant au Préfet de Police de Paris, M. Michel Gaudin.

J’apprends que vous êtes en possession d’une demande d’autorisation d’une manifestation dénommée « grand apéritif républicain », programmée par l’association « Riposte laïque », le samedi 4 septembre sur la place de la Bourse à Paris.

En tant que maire du deuxième arrondissement, je tiens à vous faire savoir que je suis fermement opposé à ce que se déroule dans l’arrondissement dont j’ai la charge une manifestation qui, contrairement à son intitulé, bafoue les fondements de notre République en opposant des citoyens français sur des thèmes religieux, et qui se présente comme un nouvel « apéro anti-islam ».

Il m’apparaît de surcroît que l’objet de cette manifestation présente un risque sérieux de trouble à l’ordre public : les exemples récents d’apéros « saucisson et pinard » organisés à Paris, à Lyon et dans d’autres villes de France, sont là pour le prouver.

Bien que confiant dans la décision que vous prendrez, qui relève de votre seule responsabilité, j’estime important de vous faire connaître ma position.

Jacques BOUTAULT, Maire du deuxième arrondissement de Paris

 

mercredi, août 25 2010

MOYON CONTRE SARKOZY

 

http://www.mediapart.fr/club/blog/richard-moyon/170810/pour-ceux-qui-ont-la-tete-auvergnate-de-zidane-et-noah

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-moyon-contre-sarkozy-55950058.html

 

 

 

Pour ceux qui ont la tête auvergnate de Zidane et Noah

17 Août 2010

 

Par Richard Moyon

Chacun le sait, la volonté du président de la République de déchoir de la nationalité française les délinquants d'“origine étrangère”, de détruire les camps de gens du voyage, d'expulser les Roms et de priver les sans papiers du droit d'être soignés suivies des subtiles variations de ses seconds couteaux sur ces thèmes sont des gesticulations visant à faire oublier les retraites et à éclipser les petits arrangements entre amis –enveloppes, décorations, embauches et dégrèvements– chez les Woerth, Bettencourt et compagnie.

Trouvailles lumineusement simplistes de matamore du café du Commerce, ces idées sont dangereuses et pour la plupart inutiles, inapplicables, anticonstitutionnelles, démagogiques, vulgaires, d'inspiration pétainiste, voire “nazie” selon Michel Rocard. Elles donnent du pays une image lamentable. Mais elles sont aussi et surtout dévastatrices.

Enseignant en lycée professionnel en banlieue parisienne (et l'un des fondateurs du Réseau Education sans frontières), je travaille avec les jeunes que stigmatise M. Sarkozy. Je croise parfois quelques uns de mes anciens élèves «issus de l'immigration» devenus adultes, Monsieur et Madame Toulemonde, électriciens, employés de bureau, vendeurs, patron d'une petite entreprise de transport, profs de l'enseignement technique, commerçant, taxi, livreur, cadre technico-commercial, chef d'équipe, aide-soignante en maison de retraite (ces trois derniers ayant été des élèves sans papiers régularisés par l'action de leurs enseignants et de leurs camarades). Le discours du président de la République leur est une insulte comme pour les millions d'habitants de ce pays « d'origine étrangère » ou étrangers résidents en France, particulièrement quand ils ont la tête auvergnate de Zidane ou celle de Noah et qui, pourtant et heureusement, se sentent légitimement appartenir à la société française qui les reconnaît comme tels.

M. Sarkozy soutiendra que ce n'est pas eux qu'il visait. Formellement, certes. Mais c'est un vieux singe. Il sait parfaitement que la cible atteinte est bien plus large que ceux explicitement désignés par son discours. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a employé ces mots-là, dans cet ordre-là, à ce moment-là, conformément à un plan longuement mûri. Parmi les victimes collatérales de son discours de haine, mes élèves et des centaines de milliers de jeunes et d'adultes des quartiers populaires. Une partie des jeunes, des garçons mais aussi depuis quelques années, de plus en plus de filles, est effectivement en danger de marginalisation.

Issus de milieux pauvres, en échec scolaire, habitant des cités déglinguées, ne s'imaginant pas d'avenir, certains sont menacés de perdre tout repère. Mais loin d'être une solution, tout dans l'attitude et la politique de Sarkozy conforte les jeunes dans l'idée qu'il n'y a rien à attendre de la société, celle-là ou une autre.

 

L'admiration éperdue du président pour le monde de l'argent, sa propension à caser ses amis, son népotisme, les «coïncidences» de l'affaire Woerth Bettencourt et les dénégations officielles auxquelles personne ne croit, sont aux yeux des jeunes la preuve venue d'en haut que la raison du plus fort est la meilleure et le «pas vu pas pris» le fondement de la morale à la tête de l'Etat. Ses attitudes bravaches, ses défis puérils, y compris physiques, la vulgarité de son langage et de sa pensée légitiment le pire chez certains jeunes. La guerre qu'il ne cesse depuis presque dix ans de déclarer aux jeunes d'origine étrangère puisqu'il a lâché le mot, son refus maintenant de les reconnaître comme des citoyens de plein droit, les confortent dans l'idée qu'ils sont rejetés de la société.

Au bout du compte, M. Sarkozy donne raison à ceux de mes élèves qui, même avec leur carte nationale d'identité en poche, commencent leurs phrases par: "Vous, les Français". A leur grand étonnement, j'explose. Leur rappelant qu'ils sont tous de ce pays, qu'ils en aient la nationalité ou pas, qu'ils aient des papiers ou pas. Ils sont scolarisés en France, en langue française, ils sont de civilisation française. Je leur signale que les arrières-grands-pères de certains d'entre eux étaient tirailleurs dans l'armée française quand mes grands-parents maternels étaient encore en Espagne et ceux de Sarkozy du côté de chez Dracula. Bref, le message est qu'ils sont ici chez eux, autant que Nicolas Sarkozy, Carla Bruni ou moi-même. Et que s'ils n'y trouvent pas ce qu'ils sont en droit d'attendre, l'égalité, la considération due à chacun, une vie digne, ils ont le droit –le devoir!– de faire ce qu'il faut pour rendre ce pays plus juste et plus humain. Mais pas celui de s'enfermer ou de se laisser enfermer dans des particularismes dépassés. « On ne nous avait jamais dit ça » s'étonnent certains.

C'est ce discours éducatif et porteur d'espoir et ses innombrables déclinaisons dans la bouche de centaines de milliers d'enseignants, d'éducateurs, de responsables associatifs que le président de la République anéantit en quelques phrases venimeuses. Il exclut, bannit, incrimine «l'origine» là où elle n'a que faire. C'est irresponsable. Pathétiquement. On aura rarement vu dirigeant politique sacrifier l'intérêt général à ses intérêts partisans avec tant d'inconscience, l'avenir de tous à ses préoccupations particulières immédiates avec tant de grossièreté.

Déplorer l'irresponsabilité de Nicolas Sarkozy n'épuise pour autant pas la question. La riposte aurait du être immédiate, unanime. Pourtant, si les associations se sont fortement émues, à ce jour, les partis politiques sont restés beaucoup plus discrets.  Des dirigeants ont prétendu ne pas vouloir tomber dans le piège tendu par Sarkozy, préférant se cantonner au débat sur l'insécurité. D'autres ont justifié leur prudence en estimant «plausible» le sondage du Figaro selon lequel 80% des personnes interrogées approuveraient le discours de l'UMP. Ces considérations sont irrecevables.

L'offensive de l'UMP ne porte pas sur l'insécurité -cela fait bientôt dix ans que M. Sarkozy est en charge de la question, pérore en continu, fait des moulinets à chaque fait divers et finalement échoue. Rien de nouveau en ce domaine, donc. La nouveauté et la  provocation résident dans sa prétention à exclure de la nationalité française une partie de la population française au titre qu'elle n'en serait pas digne. C'est sur ce terrain que se place M. Sarkozy, c'est sur celui-là qu'il doit perdre. Inutile de se bercer d'illusions. Qui imagine les hommes du président abandonner le sujet parce que personne ne leur répond?

Quant à la thèse selon laquelle ce sujet serait un piège tendu à la gauche pour allumer une polémique sur un terrain qui lui est réputé défavorable, c'est une musique qui a trop longtemps été jouée à propos des sans papiers et qu'on préférerait ne plus entendre. Certains à gauche étaient très timorés, «pour ne pas donner d'arguments à la droite», et parce que «l'opinion ne comprendrait pas», etc. 

Si les choses ont évolué et si de nombreux élus et les partis de gauche s'investissent maintenant activement dans le soutien aux familles sans papiers, aux travailleurs, aux amoureux, etc, c'est parce que l'action d'associations (dont le Réseau Education sans frontières) et maintenant des organisations syndicales a mis au jour une évolution en profondeur des consciences. Il y a trente ans, Le Pen entamait sa seconde carrière politique sur le thème «La France aux Français, les étrangers dehors». Ce langage et ces thèmes sont devenus impossibles aujourd'hui. «L'immigré» est Français, ouvrier, employé de bureau mais aussi chirurgien, prof, avocat, restaurateur, ministre et même sportif. L'immigration a diffusé dans presque toutes les couches de la société. On ne compte plus les familles dont l'un des membres, cousin, belle-soeur, petit-enfant, conjoint, est «visiblement» d'ascendance étrangère.

Oui, la société française est métissée, elle le sera de plus en plus, comme celle de tous les pays du monde selon toute vraisemblance. Et le plus important et finalement le plus encourageant est que de nombreux signes montrent qu'elle l'assume et même le revendique. D'une certaine façon, faut-il espérer, la population française est dans ses profondeurs plus en avance que ceux qui prétendent la représenter. Il faut parier qu'est en train de se produire ici ce qui s'est passé aux Etats-Unis il y a quelques années. Il y a quatre ans, personne n'aurait misé un dollar sur l'élection d'un Noir à la Maison Blanche. Et pourtant! Certes tout n'est pour autant pas réglé. Ni là-bas, ni ici.

Mais puisqu'un président de la République en perdition a cru habile de flirter avec le racisme pour se refaire une popularité, il faut qu'il soit défait sur ce terrain. Massivement, définitivement. Qu'il soit publiquement désavoué par les millions de femmes et d'hommes qu'il voudrait reléguer au rang de français de seconde zone et par toutes celles et ceux qui travaillent avec eux, vivent avec eux, les aiment et en sont aimés et font des enfants avec eux. Un refus et en même temps un geste d'espoir qui doivent être ceux des militants antiracistes mais aussi ceux des dirigeants politiques dignes de ce nom. Ils doivent être enfin et surtout, la réaction de dignité venue des cités, des quartiers, des lycées, des chantiers et des usines ou vivent et travaillent ceux que voudrait exclure M. Sarkozy: les futurs déchus de la nationalité française et ceux qui les aiment giflent Pétain 2010.

 

 

LANDINI CONTRE SARKOZY

 

http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-639.htm#titre-5

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-landini-contre-sarkozy-55948237.html

 

 

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

par Léon Landini, Résistant

Bagneux le 12 août 2010

C’est avec stupeur et indignation que j’ai pris connaissance du discours que vous avez prononcé le 30 juillet dernier à Grenoble.

Ce jour là, vous avez affirmé que : « La nationalité française puisse être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme, ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique».

Stupéfait et indigné parce que votre déclaration va totalement à l’encontre de l’article premier de la Constitution française qui stipule : « Tous les français sont égaux, quelles que soient leurs origines ».

Oui Monsieur le Président, égaux en droits et en devoirs, cela signifie que ce n’est pas parce que qu’un français est d’origine étrangère, (comme vous l’êtes vous-même) qu’il a moins de droits, ou bien qu’il est un français de moindre qualité.

Or dans votre discours, vous envisagez d’appliquer des droits différents selon l’origine de la personne. Il ne peut s’agir là que d’un déni de justice commis envers les français d’origine étrangère et tout particulièrement contre ceux qui dans les années 1940 ont combattu l’occupant, les armes à la main et acquis leur nationalité française « non par le sang reçu mais par le sang versé ».

Par ailleurs, je souhaiterais savoir comment vous allez déterminer « l’origine étrangère » d’un citoyen français ? Se pourrait-il que vous fassiez, comme l’ont fait dans les années 1940, les gouvernements fascistes de Pétain et Laval à l’encontre des juifs, c’est-à-dire, remonter jusqu’à la troisième génération ?

Après votre déclaration, Il me semble indispensable de rappeler les immenses sacrifices consentis aux cours des deux dernières guerres par ceux que l’on appelait alors « Les coloniaux » et dont les enfants ou les petits-enfants, aujourd’hui français, sont les premiers visés par cette loi, que vous souhaiteriez nous imposer.

Pourtant, les immenses nécropoles se trouvant sur le front de l’Est, aussi bien que celles se trouvant devant Rome ou Monte-Cassino, prouvent que des dizaines et des dizaines de milliers de « coloniaux » morts pour la France, reposent loin de leur terre natale.

Le souvenir de leurs sacrifices devrait vous amener à un peu plus de retenue envers les jeunes français descendants de ces soldats, «très souvent malgré eux », qui ont donné leurs vies, afin que notre pays puisse reconquérir son indépendance et sa liberté.

Si pour un même délit ou crime vous décidez d’appliquer des peines différentes en fonction de l’origine d’un individu, pourquoi la même chose ne se passerait-elle pas en fonction de l’opinion des personnes ?

Quelle garantie avons-nous que par la suite, ce même principe ne s’appliquerait-il pas à toute personne ayant commis un autre délit : par exemple, avoir fait grève, ou tout simplement ayant participé à une manifestation que vous n’auriez pas appréciée ?

Le sieur Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, (qui a été condamné le 4 juin dernier à sept cent cinquante euros d’amende par un tribunal pour injure raciale) avec ses nouvelles propositions, nous indique le chemin que votre gouvernement désire prendre.

Il a déjà annoncé vouloir étendre la déchéance de la nationalité française aux auteurs d’homicide, d’excision, de polygamie, d’actes de délinquances graves.

En ce qui concerne ces actes de délinquances graves, ne s’agirait-il pas, tout simplement, de ce que j’évoque au paragraphe précédent ?

Je vous avoue sans ambigüité, que le langage et les méthodes utilisées par votre gouvernement me rappellent ce que j’ai connu avant et pendant l’occupation, période que je croyais désormais révolue.

De toutes façons, quelles que soient les raisons que vous puissiez invoquer, je trouve qu’il est déshonorant pour notre pays que vous menaciez de retirer la nationalité française aux enfants ou aux petits-enfants de personnes qui, dans un passé récent, ont été l’honneur de notre France.

Car c’est un fait reconnu : soixante six ans plus tard les étrangers de « L’affiche Rouge », demeurent pour tous l’image emblématique de la Résistance armée française.

Par ailleurs, bien que vous vous présentiez comme les défenseurs de « L’identité nationale » je constate avec amertume que vous détruisez chaque jour d’avantage la « spécificité » et tout ce qui a fait la grandeur de notre Nation. Jusqu’à notre langue que vous malmenez sans vergogne et que vous vous attachez à faire disparaître en la remplaçant par un immonde « globisch ».

En tant qu’ancien Combattant Volontaire de la Résistance, comment ne serais-je point révolté en apprenant que Denis Kessler, un de vos proches amis, ait osé écrire : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire le programme du Conseil National de la Résistance…  Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie », sans que vous, ni personne dans votre entourage ne se soit insurgé contre ce qui est une véritable provocation à l’égard du monde de la Résistance, auquel vous faîte si souvent référence.

Comme tous les autres membres de ma famille, j’ai connu les agressions et les insultes racistes « Sale macaroni ! La France aux Français ! ».

Pourtant ma famille s’est engagée dès 1940 dans la Résistance (en décembre 1940 mon frère Roger et ses camarades ont fait dérailler, en pleine gare de triage de Fréjus-Plage, 8 wagons de marchandises qui partaient pour l’Allemagne).

En octobre 1942, j’avais seize ans et demi quand j’ai participé pour la première fois à un déraillement. Mes états de services dans la Résistance, (enregistrés au ministère de la Défense) mentionnent une quarantaine d’ennemis abattus.

En mai 1943, mon père et mon frère furent tous deux arrêtés et effroyablement torturés par les carabiniers italiens (évadés lors de leur déportation en Allemagne). Je fus arrêté à mon tour à Lyon en mai 1944, et « interrogé » par Barbie lui-même.

À la libération, mon père, mon frère, mes deux sœurs et moi-même avons tous obtenu la carte de Combattant Volontaire de la Résistance.

Mon frère, arrivé en France à l’âge de dix ans, marié à une française et père de deux enfants français, ne fut naturalisé qu’en 1947, il avait trente trois ans.

Toutefois, bien qu’étranger, il fut pendant la Résistance commandant de maquis et homologué Lieutenant de l’armée française avec parution au ” Journal Officiel “.

Il était invalide de Guerre et Médaillé de la Résistance – depuis son décès en 1962, une rue de Saint-Raphaël porte son nom.

Ma jeune sœur Mimi est Chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier dans l’Ordre National du Mérite. En ce qui me concerne, fils d’immigrés italiens, je suis né en France en 1926 au Muy (Var) et suis devenu français par option à l’âge de dix ans.

Je suis Grand Mutilé de Guerre – Ancien officier FTP-MOI – officier de la Légion d’Honneur – médaillé de la Résistance – décoré par l’Union Soviétique pour ma participation aux combats contre le nazisme – président de l’Amicale des Anciens (FTP-MOI) des Bataillons Carmagnole-Liberté et président de diverses associations d’Anciens Combattants.

Je tiens à préciser que les FTP-MOI, composés quasi exclusivement de combattants étrangers ou d’origine étrangère, sont aujourd’hui reconnus par de nombreux spécialistes de l’histoire contemporaine comme « le fer de lance de la Résistance armée française »

En revanche, un grand nombre « de ces bons français, défenseurs de l’identité nationale» qui avant guerre insultaient les étrangers, je les ai, après la libération, retrouvé en prison pour collaboration avec l’ennemi.

Qui étaient les plus français, Monsieur le Président ?

Il est vraiment intolérable et inadmissible, qu’une telle mesure mettant en cause les gens d’origine étrangère puisse devenir une loi.

En espérant que vous vous ressaisirez et que désormais en France, pays de la liberté et des droits de l’homme, chaque Français, quelle que soit son origine, soit toujours traité avec le respect et la dignité qui est due à tout être humain.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, les salutations Républicaines d’un Résistant d’origine étrangère profondément attaché à la Nation française, à la justice et à la liberté.

 

LES ROMS DE SAINT DENIS

 

http://www.ville-saint-denis.fr/agenda/actualite/291-installation-de-familles-roms-passage-dupont.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-les-roms-de-saint-denis-55946407.html

 

Installation de familles Roms passage Dupont

Les élus continuent d’exiger de l’Etat la prise de toutes les mesures qui s’imposent afin de résorber les campements en assurant à la population Rom un accueil digne dans des terrains aménagés à cet effet sur l’ensemble du territoire

Le lundi 2 août 2010, plusieurs familles Roms originaires de Roumanie se sont installées passage Dupont sur quatre parcelles de terrain inoccupées qui appartiennent à la ville.

Depuis le 6 juillet, ces hommes, femmes et enfants dont la plupart sont scolarises à Saint-Denis, étaient en errance dans les rues de la ville, à la suite de leur expulsion par la Préfecture du terrain du Hanul, où ils étaient installés depuis plusieurs années, après voir fui les discriminations subies dans leur pays d’origine.

Les amalgames et les stigmatisations à l’encontre des gens du voyage et des Roms véhiculées par la réunion inter ministérielle du 28 juillet organisée par Nicolas Sarkozy ne sont pas acceptables.

Convaincue qu’il est possible de mettre fin à l'impasse des successions d'expulsions, la municipalité lance un appel à tous : habitants, associations, ONG, syndicats, acteurs publics et privés, architectes, spécialistes des habitats adaptés, de la gestion logistique d’un campement, juristes, ou enseignants, afin de démontrer ensemble qu'il est possible de faire autrement et de résorber dignement les bidonvilles.

Face à l’installation de ces familles et a l'approche de la rentrée scolaire, la municipalité a décidé de ne pas demander leur expulsion, qui les amènerait de nouveau à l’errance, puis à l’occupation d’un autre terrain, ce qui ne résout rien et aggrave leur misère, leur précarité et engendre des désordres publics.

La volonté de la municipalité est que cette installation soit réalisée dans des règles juridiques et administratives claires et transparentes. Elle a établi un cadre d’installation au travers de la signature d’une convention d’occupation temporaire limitée à un an au plus et d’un protocole de gestion du site. Ce protocole, accepté par les familles, rappelle la nécessité d’un respect strict des règles d’hygiène, de salubrité et de tranquillité pour le voisinage.

Par ailleurs, sur leur proposition, les familles présentes prendront en charge le paiement de l’eau et de l'électricité. De même, elles effectueront les démarches nécessaires pour l’inscription scolaire des enfants.

L’installation des ces familles sur ce secteur en plein réaménagement n’est que provisoire. Elle ne remet pas en cause les projets d’aménagement et des chantiers de logements programmés pour septembre 2011.

Les élus continuent d’exiger de l’Etat la prise de toutes les mesures qui s’imposent afin de résorber les campements en assurant à la population Rom un accueil digne dans des terrains aménagés à cet effet sur l’ensemble du territoire. Elle renouvelle sa demande répétée d’affecter le fort de l’Est à l’accueil des populations en errance.

Le maire, Didier Paillard, et le député, Patrick Braouezec, mobilisent de longue date de nombreux maires du département qui sont confrontés à cette même problématique. Tous ensemble ils demandent depuis plusieurs années la tenue d’une table ronde régionale, afin que l’accueil de ces citoyens européens soit organisé dans l’ensemble de l’Ile-de-France et d'obtenir la levée des mesures transitoires qui empêchent les citoyens roumains et bulgares de s'insérer par l'accès au marche du travail. Pour sa part, la ville de Saint-Denis contribue à une résorption digne des bidonvilles, elle accueille et a cofinancé sur son territoire depuis plus de trois ans un village d’insertion destiné à vingt cinq familles Roms. Une vingtaine de villages d’insertion en Ile-de-France, avec des règles de vie établies dans le dialogue avec les familles, suffirait à résorber dignement la totalité des bidonvilles actuellement existants dans la région.

Saint-Denis le 9 août 2010



 

 

mardi, août 24 2010

SEIZIEME ANNIVERSAIRE DE SAINT BERNARD

 

 

 

Seizième anniversaire du coup de hache au racisme d’état affiché :

NON A LA HONTEUSE POLITIQUE ELECTORALISTE DU BOUC EMISSAIRE!

MANIFESTONS TOUS LE SAMEDI 28 AOÛT A PARTIR DE 13 HEURES PLACE DE LA REPUBLIQUE A PARIS

Trois cent quatorze sans papiers, nourrissons, enfants, mères et pères réfugiés à l’église Saint Bernard avaient été brutalement délogés par des coups de haches et des gaz lacrymogènes le 23 août 1996. Il s’agissait de montrer à un certain électorat raciste la « fermeté » d’une droite politique qui venait à peine de sortir d’un bras de fer social avec un mouvement gréviste qui avait mobilisé plus de trois millions de travailleurs en novembre/décembre 1995.

Dans le cadre de la cohabitation le retour de la « gauche plurielle » au pouvoir qui n’a pas tenu sa promesse d’abroger les lois racistes Pasqua/Debré et de régulariser les sans papiers s’est terminé par le désastre de Le Pen au second tour et son rejet massif à plus de 80% au second tour de la présidentielle.

Profitant de ce double traumatisme – Le Pen au second tour et vote massif contre le candidat fasciste – le vote Sarkozy a fusionné électeurs de droite et d’extrême droite plus même une partie dite « issue de l’immigration » charmée par « la discrimination positive » et des « ministrables des minorités visibles».

Avec les voitures qui flambaient brusquement à nouveau et « les émeutes des banlieues » en 2005 les médias déversaient aux électeurs les explications « raciales » et « ethniques » de « l’insécurité » des Finkielkraut, BHL, Glucksman, Frêche, de Villiers, de l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse, de Pascal Sevran et autres « experts » médiatiques avant l’entrée en scène des Hortefeux, Besson, Estrosi, Mariani, etc, pour banaliser l’entretien officiel en tant que représentant de l’Etat de la parole publique raciste pour accompagner la politique scandaleuse de chasse à l’humain étranger parce que sans papiers.

Le résultat est là : Plus de mille actes racistes ont fait l’objet d’une plainte en 2009 alors qu’ils étaient 467 en 2008 et 321 en 2007. Yves Repiquet président de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) précise :

«  On peut parler d’explosion : deux cent vingt plaintes concernaient des actes de violence l’an dernier contre quatre vingt dix sept l’année précédente. Parmi les victimes, les membres de la communauté maghrébine sont les plus touchés, que ce soit par des actes de violence raciste (33,64% du total) ou par des menaces d’intimidation (29,77%) ».

La surenchère raciste de l’Etat Français est aussi illustrée par la condamnation récente en première instance de M. Hortefeux Ministre de l’intérieur pour propos raciste et qui, chose incroyable, est toujours à son poste.

Au scandale du racisme sans voile d’une droite obsédée par l’électorat lepéniste vient maintenant s’ajouter les scandales de l’argent et de la gabegie par l’étalage d’une « république des copains et des coquins » expression célèbre des années 1930 pour dénoncer la corruption des politiques.

La faillite totale amène la droite décomplexée à ne plus hésiter à voiler par une burqa sur les questions sociales – crise, retraite, chômage, destructions des acquis sociaux, etc., sa stratégie électorale est de jeter en pâture à la vindicte d’un certain électorat les sans papiers, les immigré(e)s, les « minorités visibles Françaises » et les Gens du voyage/Roms/Gitans/Tziganes, etc.

Gageons que ces boucs-émissaires de la décadence morale, politique, économique et sociale de l’élite politique et économique qui gouverne le pays ne suffiront pas à la surenchère anti-républicaine et anti-sociale de la droite lèche botte de l’extrême droite. D’autres boucs-émissaires seront les sdf, les chômeurs, les vieux, les jeunes et les femmes, etc.

Dans une période recul qui se transforme en déchéance immorale, la CNSP rappelle qu’avec le Ministère de la Régularisation de tous les sans papiers (MRTSP), nous avons déposé depuis mars 2010 dernier des critères sur la table du cabinet du Ministre Besson les critères suivants pour lesquels nous attendons toujours une réponse :

La défense du Droit d’Asile, notamment la situation dans les pays d’origine des déboutés du droit d’asile.

L’insertion, la solidarité, la citoyenneté et la durée de présence

La vie privée et familiale

Le travail, la promesse d’embauche et le projet professionnel

Les sans papiers victimes de licenciements

La maladie, les études et les raisons humanitaires

La remise d’un document permettant aux personnes dont les dossiers sont en cours d’instruction de circuler.


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-seizieme-anniversaire-de-saint-bernard-55906948.html


 

 

lundi, août 23 2010

REPUBLIQUE SOLIDAIRE

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20100823/tts-france-securit-villepin-ca02f96.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-republique-solidaire-55849010.html

 

 

Villepin appelle au rassemblement pour effacer la "honte" (Reuters)

Dominique de Villepin appelle lundi les Français à se rassembler pour effacer la "tache de honte" laissée sur le drapeau tricolore par la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, notamment à l'encontre des Roms.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, membre de l'UMP, accuse la droite de "faute morale collective commise en notre nom à tous, contre la République et contre la France".

"Il y a aujourd'hui sur notre drapeau une tache de honte", estime Dominique de Villepin, qui a créé en juin son mouvement politique "République solidaire" et se pose en "alternative républicaine" au chef de l'Etat.

"Il y a aujourd'hui un devoir à remplir pour tous les républicains de France, face à l'hydre qu'un président et ses courtisans voudraient réveiller au fond de chacun de nous, face à la tache qui menace de flétrir l'idée même que nous nous faisons de la France. Un devoir de refus. Un devoir de rassemblement (...) pour préparer l'alternative républicaine qui s'impose", insiste-t-il.

Il dénonce vivement le projet visant à déchoir de leur nationalité certains délinquants qui "ne changerait rien aux difficultés quotidiennes de nos compatriotes", les expulsions de Roms et la stigmatisation des gens du voyage.

"Il aura suffi d'un discours à Grenoble et d'un été, d'un seul été, pour que tout bascule, de la lutte contre l'insécurité à l'indignité nationale", souligne Dominique de Villepin.

"Des solutions existent pourtant. Cela exige de rassembler tous les acteurs, notamment les maires et les associations, de mobiliser avec raison et détermination tous les instruments de la prévention et de la répression en reconnaissant l'ampleur de la question sociale, économique, éducative", ajoute-t-il.

Mi-août, l'un de ses proches, Jean-Pierre Grand, a été rappelé à l'ordre par l'UMP pour avoir comparé la politique du gouvernement de démantèlement des camps de Roms à des "rafles".

Le député de l'Hérault a refusé de revenir sur son expression et souligné que si l'UMP devait "devenir un FN bis, cela se fera sans nous!".


 

samedi, août 21 2010

LAMPEDUSA

 

http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/better/index.php?option=com_content&view=article&id=1401:italie--4-jeunes-migrants-tunisiens-condamnes-a-quatre-ans-de-prison-ferme&catid=102:tous-nos-communiques

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-lampedusa-55752294.html

 


Italie : Quatre jeunes migrants tunisiens condamnés à quatre ans de prison ferme

Communiqué de la FTCR

Le vendredi 13 août 2010, le tribunal de Bari en Italie a condamné quatre jeunes migrants tunisiens à quatre ans de prison ferme, suite à un mouvement de protestation dans les centres de rétention.

Les quatre jeunes font partie d'un groupe composé de dix huit personnes, dont le bateau est arrivé à Lampedusa, en Italie en juin 2010. Ils ont été placés en centre de rétention en attendant leur procès.

Les familles des condamnés, se basant sur des témoignages d'autres détenus, réfutent la version officielle et nient toute implication de leurs proches dans les événements qu'a connu le centre de rétention.

La révolte du Centre d'Identification et d'Expulsion (CIE) de Bari n'est qu'un épisode de la série de protestations qui reprennent de plus belle depuis le début de l'été dans toute l'Italie. Les dernières en date ont éclaté entre le 15 et le 16 août dans les centres de Milan (Via Corelli), de Gorizia (Gradisca d'Isonzo) et de Brindisi (Restinco). Cette recrudescence est due aux conditions de détention extrêmement dégradée, prolongées par les dernières lois européennes sur les délais de rétention et aggravées par la chaleur de ces derniers mois. Ces conditions de détention dégradantes --qui plus est pour des hommes, des femmes et des enfants qui n'ont pas commis de délit-- et l'issue expéditive réservée aux migrants favorisée par les accords répressifs entre l'Italie et les pays d'origine et de transit des migrants, fait de la révolte une réaction de défense normale et légitime. Les conséquences qui en découlent, subies principalement par les migrants, ainsi que les dégâts qui en résultent sont de la responsabilité exclusive des autorités italiennes et des autorités des pays qui collaborent à la répression du droit à la mobilité, garanti à tout un chacun par l'article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) estime que la recrudescence de la répression contre les migrants tunisiens a été rendu possible par les récents accords entre les gouvernements tunisien et italien en matière d'immigration. Ces accords italo-tunisiens, à l'instar des accords franco-tunisiens, bafouent les droits des migrants, comme tous les accords conclus par les gouvernements européens avec les pays africains et méditerranéens qui n'obéissent qu'à des objectifs sécuritaires anti-immigrés.

La FTCR déplore le recours abusif à la justice pour réprimer les nouveaux migrants et dénonce les politiques européennes de gestion sécuritaire de l'immigration et la législation italienne en vigueur qui sont en cause.

La FTCR demande la libération des jeunes tunisiens et la constitution d'une commission d'enquête sur la situation dans les centres de rétentions en Italie.

La FTCR lance un appel au mouvement démocratique, aux défenseurs des droits humains et des droits des migrants en Italie et en Europe pour l'organisation d'une campagne urgente de soutien aux droits des migrants en Italie et à Lampedusa.

La FTCR s'engage à suivre l'affaire sur le terrain afin de rendre justice aux jeunes tunisiens et mobiliser la société civile en faveur de leur cause.

Paris, le 18 aout 2010

Pour la FTCR - Le Président

Tarek Ben Hiba

 

LE CREUSET FRANCAIS

 

« Nous allons réévaluer les motifs pour donner lieu à la déchéance de la nationalité française. La nationalité française doit être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police ou d’un militaire de la gendarmerie, ou de toute personne dépositaire de l’autorité publique. La nationalité française se mérite, et il faut pouvoir se montrer digne. » Et il ajoute : « Quand on tire sur un agent des forces de l’ordre, on n’est plus digne d’être français. »

Ceci dit si le souhait présidentiel exprimé par l’avant dernière phrase était réalisé, un criminel français d’origine étrangère ne devra plus être traité comme les autres citoyens pour la simple raison qu’il soit d’origine étrangère ! Monsieur Sarkozy aurait-il fait cette déclaration si les émeutiers n’étaient pas des Arabo musulmans ? Déchoir ces jeunes de leur nationalité et les renvoyer dans les pays d’origine de leurs parents parce qu’ils sont délinquants ou parce qu’ils sont précisément Arabes ?

Que fera monsieur Sarkozy alors de ceux qui sont de « souche française » et commettront les mêmes actes que ceux qui sont d’origine étrangère ? Et puis, y a-t-il vraiment en France de citoyens « pure souche gauloise » qui n’ont pas des origines étrangères ? S’il en existe réellement, il ne doit pas y en avoir beaucoup, notamment si on tient compte des différentes régions annexées par la France il y a juste quelques siècles en arrière. Enfin, monsieur Sarkozy aurait-il oublié que lui-même est d’origine étrangère ?

Un autre petit rappel à ceux qui s’estime plu Français que les autres et à ceux qui ignorent l’histoire. 1) Ils sont des descendants des travailleurs immigrés qui ont développé l’économie française pendant plus d’un siècle d’endurance. 2) Leurs ascendants sont morts par centaines de milliers sur les champs de bataille pour la France. 3) Sans le sacrifice des ancêtres de ces jeunes Monsieur Sarkozy n’aurait jamais pu devenir président de la République française. Donc ces jeunes à qui on veut retirer la nationalité française ont mérité à plusieurs titres leur nationalité française Et puis, comment monsieur Sarkozy a-t-il oublié que le peuple français appartienne à toutes les races et cultures par son brassage kaléidoscopique séculaire ? Les Français de souche existent-ils réellement ? Devrions-nous rappeler par ailleurs que ces jeunes « délinquants » d’origine arabo musulmane, ont des racines profondes dans ce pays qui remontent au septième siècle de notre ère ?

Oui, ces jeunes que l’on menace de leur retirer la nationalité française sont les descendants des « Sarrasins », les Arabes qui ont gouverné le Sud de la France actuelle pendant plus de deux siècles et demi. Cette réalité historique n’est pas connue des Français, car on leur cache la vérité. Les gens étroit d’esprit ne retiennent de l’histoire que la « victoire de Charles Martel, ou encore la guerre d’Algérie qui a fait perdre le « paradis » aux colons dont les nostalgiques de « l’Algérie française » ont gardé le même mépris qu’ils avaient autrefois envers les « indigènes » de là-bas, vis-à-vis de leurs descendants vivant en France.

Ceux qui nous rappellent à toutes les circonstances la victoire de Charles Martel sur les Arabes dans la bataille de Poitiers en l’an 732, ne disent pas au peuple français que les Arabes sont restés 241 ans dans cette région du Sud de la France après leur défaite à Poitiers. Ce qui signifie que le sang arabe coule dans les veines de millions de français car les « Sarrasins », contrairement aux colons français, se marièrent avec les autochtones là où ils s’installèrent. Il n’y avait pas de ghettos à leur époque comme celui de Villeneuve de Grenoble dont les « délinquants » qui y habitent ont déclenché la colère de monsieur Sarkozy et lui donné le prétexte de relancer ce projet de loi cher au Front national. Ils n’avaient pas non plus le ghetto dans leurs têtes comme ceux que nous constatons aujourd’hui en France, qui se croient supérieurs aux autres et les méprisent parce qu’ils sont différents d’eux.

Les Français ont-ils approuvé le projet de leur président ?

Les « médias-mensonges » enfoncent déjà le clou et accusent soixante dix pour cent de Français d’être racistes (ceux qui ont été sondés et auraient approuvé la déchéance de la nationalité à cette catégorie de Français). Mais les Français ne sont pas dupes, ils savent que ce sont des sondages orientés qui servent une idéologie bien définie. Décidément, les enjeux politiques de l’immigration s’avèrent rentables non seulement sur le plan électoral, mais aussi à faire la promotion des médias qui honorent et propagent la xénophobie en chassant sur le terrain de l’extrême droite.

Que les politiques considèrent l’immigration et sa descendance comme faisant partie du tissu social de la société française; l’immigration est âgée de deux siècles dans ce pays, et elle a fait aussi l’histoire de la France. « On ne peut plus considérer l’immigration comme un problème extérieur, mais on doit la voir comme un problème interne à l’histoire de la société française contemporaine », écrit Gérard Noiriel dans son livre « Le creuset français ». Ce dernier rappelle que la France est le pays qui contient le plus fort taux d’étrangers au monde, et que le tiers de sa population a des origines étrangères.

Enfin, nous suggérons aux dirigeants de ce pays qui ont des responsabilités de mettre en pratique un projet salutaire en matière de logements sociaux et de lutte contre la discrimination pour remédier aux problèmes de la délinquance. Mais aussi en matière d’enseignement de l’histoire et de la promotion des cultures des différentes communautés qui composent la société française pour les valoriser et permettre aux jeunes qui en sont issus d’assumer à la fois leurs différences et leur citoyenneté française.

En ce qui concerne le logement social, nous leurs proposons de se pencher sérieusement sur le projet intitulé : « Propositions d’un nouveau type de logements HLM » que notre association (L’Immigration Repère et Citoyenneté –IRC ») leur avait adressé en 2005. L’idée consiste à obliger les promoteurs immobiliers de réserver aux HLM dix pour cent de logements dans toutes les nouvelles constructions qui seront effectuées dans chaque commune de France au lieur de construire des quartiers purement HLM et créer des ghettos sociaux qui sont de vrais laboratoires de la délinquance.

Chérif Boudelal

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-le-creuset-francais-55743786.html

 

 

PORTELLI CONTRE SARKOZY

 

http://www.chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/08/07/le-sarkozysme-la-droite-extreme-et-l-extreme-droite.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-portelli-contre-sarkozy-55742989.html

 

Le sarkozysme, la droite-extrême et l’extrême-droite

Par Serge Portelli

Qu’il est réconfortant ce premier tollé contre les derniers projets du pouvoir! Premier, puisqu’il faudra nécessairement que nos voix se fassent entendre plus fortement encore pour défendre les valeurs de la République, le 4 septembre prochain. Mais quelle naïveté chez ceux qui y voient un “dérapage”, une “outrance”, une pure opération électoraliste, une manoeuvre de diversion destinée à conquérir des voix du Front National. À croire qu’ils n’ont jamais vraiment lu ni écouté les discours nous sommes pourtant abreuvés depuis quelques années. Aucune des mesures qui nous font frémir ou nous soulèvent le coeur n’est le fait des circonstances. Il n’y a ni exagération ni infléchissement, ni même durcissement d’une ligne politique. Nous sommes dans le droit fil de l’idéologie sarkozyste dont beaucoup s’obstinent encore à nier l’existence et dont l’actuel président de la République n’est jamais que le principal, mais provisoire porte-parole.

Nous assistons à l’une de ses dernières et inévitables évolutions : la confusion, dans une France qui glisse lentement vers la droite, entre cette droite-extrême qu’est le sarkozysme et l’extrême droite classique. Dans le dernier programme en vente à ce jour (car le catalogue varie de jour en jour) nous trouvons donc - la déchéance de leur nationalité française de certains Français “d’origine étrangère” qui auraient volontairement porté atteinte à la vie d’un membre des forces de l’ordre (première version présidentielle) ou (seconde version ministérielle) contre les coupables de polygamie, d’excision, d’appel au travail illégal , voire d’actes de délinquance grave (sic) - la fin de l’acquisition automatique de la nationalité française au moment de la majorité pour des mineurs étrangers s’ils ont commis des actes de délinquance - la dénonciation explicite de l’immigration comme facteur de délinquance - des mesures censées mettre fin au “comportement” de “certains parmi les gens du voyage et les Roms”, dont “la reconduite quasi immédiate des Roms qui auraient commis des atteintes à l’ordre public ou à des fraudes en direction de la Roumanie et de la Bulgarie” et des expulsions des campements illégaux. - des peines de prison pour les parents de mineurs délinquants en cas de défaillance caractérisée (deux ans d’après l’honorable parlementaire, Eric Ciotti, qui dit mieux?) - l’extension du système des peines planchers en cas de violence - une peine de 30 ans de réclusion pour les auteurs de crime contre un représentant des forces de l’ordre...

Ce déluge de réformes n’a que l’apparence d’une énumération à la Prévert. Il faut être aveugle pour ne pas voir, derrière chacune de ces mesures ou de ces déclarations, une conception très précise et singulière de l’homme, de la société et des libertés, un dessein parfaitement réfléchi, extrêmement cohérent et inlassablement répété. Bref, une “idéologie”, terme que le sarkozysme réfute toujours pour en affubler ses adversaires puisque, pour lui, l’idéologie c’est toujours l’autre.

Au fond de cette idéologie, il y a le fantasme archaïque d’une humanité simplifiée, sans le moindre degré de complexité. Avec d’un côté les bons, de l’autre les mauvais. D’un côté, ceux qui respectent des valeurs fondamentales que le candidat à l’élection présidentielle énumérait dans un de ses discours de campagne, à Marseille, le 19 avril 2007: “la famille, la patrie, la religion, la société, le travail, la politesse, l’ordre, la morale”. De l’autre, tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre ne les respectent pas et qui, selon l’une des expressions favorites du régime, ramassée sur le zinc d’un comptoir et à nouveau ressassée ces derniers jours, “empoisonnent la vie des honnêtes gens”. À partir de cette vision manichéenne du monde, se bâtit l’autre fantasme, plus récent, d’une société sans risque, aseptisée, obsédée par une sécurité absolue, dans laquelle les principes de précaution puis d’exclusion s’appliquent à tout ce qui peut représenter un danger. Le ressort idéologique secondaire est donc la peur. Peur, minutieusement entretenue, de tous les fauteurs de trouble de ce nouvel ordre moral et sécuritaire. Dans cette société violente, on préférera stigmatiser, déchoir, humilier, expulser, enfermer que d’affronter les vrais problèmes. Contrairement au credo affiché, il ne s’agit pas d’être efficace, mais de frapper fort, devant les médias, et d’impressionner l’opinion publique.

Rejoignant les thèmes fondamentaux de l’extrême droite, le sarkozysme met au premier rang de ces peurs l’étranger ou l’immigré qu’il assimile constamment au délinquant, fustigeant les “cinquante ans d'immigration insuffisamment régulée” (y compris donc de 2002 à 2004 et de 2005 à 2007...), martelant que “la question des étrangers est un problème majeur dans notre pays” (Frédéric Lefebvre, le 5 août dernier). Si le mot xénophobie a un sens, il faut donc admettre, après tant d’années de démonstration acharnée, que le sarkozysme est xénophobe. Qui a oublié les propos de Nicolas Sarkozy, le 22 avril 2006,: “si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter”, calqués sur le slogan de Philippe de Villiers, rallié depuis lors: “la France, aime-là ou quitte-là”, et directement inspirés de la vulgate lepéniste. Qui ne voit pas la politique inhumaine et féroce de reconduite à la frontière qui brise chaque jour des familles et des vies? Tout ceci sous la houlette d’un calamiteux ministère de “l’identité nationale”. Qui a oublié voici à peine deux mois, la condamnation en première instance à 750 euros de notre jovial ministre de l’intérieur pour injures raciales pour avoir dit, à propos des personnes d’origine arabe: “Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”? Nous sommes face à une xénophobie populiste qui s’inscrit dans le nationalisme le plus obscur, le plus rétrograde qui soit.

Le projet actuel concernant la déchéance de nationalité s’inscrit dans le droit fil de cette idéologie. Il s’appuie sur des notions héritées de notre histoire la plus sombre. L’expression de “Français d’origine étrangère” estampille définitivement le projet. La stigmatisation des Roms et de leur “comportement” est très exactement de la même veine.

 D’autant qu’il confond intentionnellement dans la même opprobre ces citoyens de l’Union Européenne (Bulgares et Roumains) avec les “gens du voyage”, dont l’immense majorité est française. Tout ceci devient insupportable. Nous sommes aux antipodes d’une société républicaine où l’égalité, la liberté, le respect de l’autre, la tolérance, la solidarité, le partage sont à la base de la paix civile et du progrès social. Les Français sont tous égaux devant la loi. Pourquoi ce principe fondamental est-il inscrit à l’article premier de la Constitution?


Parce que la France ne veut plus revivre les abominations d’une politique raciste et xénophobe. Parce que les fondateurs de notre République ont voulu interdire à tous les gouvernants de distinguer selon l’origine. Parce qu’ils ont voulu faire de notre pays une terre d’accueil, de solidarité et d’asile. Oui, ces projets sont anticonstitutionnels. Pire, ils sont indignes.

Les autres mesures sur la délinquance et les mineurs tentent, eux, de nous persuader que nous sommes dans un monde en guerre. Cette énième déclaration des hostilités attire heureusement autant de sourires que les hardiesses d’un général boum-boum dans une opérette d’Offenbach. Selon la recette usée jusqu’à la corde du sarkozysme triomphant, il s’agit de faire voter une nouvelle loi qui, cette fois-ci, on vous le jure, anéantira l’ennemi. Dans cette conception affligeante de la loi, il suffit d’aggraver une peine pour stopper la criminalité. On imagine les délinquants, attentifs, eux, aux éditions de septembre du journal officiel, tourner fébrilement les pages de la rubrique “textes législatifs” et déposer subitement les armes en voyant l’imparable sévérité de ce gouvernement. Arrêtons de plaisanter et de se moquer du peuple. Les peines plancher sont un effroyable échec malgré les statistiques joyeuses du ministère de la justice. On croyait que la récidive avait épuisé jusqu’aux ultimes ressources de la démagogie. Le président de la République a relevé le défi. Lui qui avait promis de régler définitivement le problème de la récidive avant la fin de l’été. 2007. La dernière loi sur le sujet date du mois de mars dernier. Les parents des mineurs récidivistes seraient donc sanctionnés pénalement. Si jamais ce projet lumineux était adopté peut-être se trouvera-t-il un juge - constitutionnel par exemple - pour rappeler que, dans une démocratie, toute responsabilité pénale est individuelle.

 Personne ne peut être puni pour une infraction commise par un autre, même son frère, même ses parents, même ses enfants. Il fut un temps, fort lointain, bien avant la Révolution française, où la responsabilité était familiale. C’était le temps des huttes, des peaux de bêtes, des clans et des vendettas. Le progrès, la civilisation sont passés par là. Le droit aussi. Mais la “performance de la sécurité intérieure”, on peut le comprendre, a ses exigences. Supérieures aux avancées de l’humanité. Il nous fallait, jusque présent, pour tenter de raisonner ce gouvernement, nous arc-bouter sur les principes de la convention européenne des droits de l’homme. Il a fallu se replier sur le programme du conseil national de la résistance. Puis s’arrimer aux acquis de la Révolution. Nous voici rejetés, avec ce projet fou, aux premiers temps de l’humanité.

Certains parlent de Vichy, d’autres même de nazisme. Il faut garder raison. Nous quittons la démocratie - le constat est déjà assez rude - pour nous engager dans un Etat limite où le mot d’ordre est à la répression, aux expulsions, aux enfermements, à la surveillance. Ce qu’il reste de la police est jeté, en pure perte, aux avant-postes d’une bataille purement idéologique. On assiste parallèlement à une mainmise de la police (d’une certaine police en tout cas) sur les institutions de la République. Pas simplement par la nomination de super-policiers comme préfets. Le Figaro nous apprend ainsi que “ce plan de bataille [a été ]soigneusement mis au point par l’Elysée, à coup de réunions secrètes avec la haute hiérarchie policière, sous la houlette sur secrétaire général de l’l’Elysée, Claude Guéant”. On ose à peine rappeler que ce dernier fut nommé directeur général de la police nationale par Charles Pasqua en 1994.

Quel bonheur de voir ainsi la police, aux plus hautes marches de l’Etat, veiller au bon fonctionnement de nos institutions! Quelle chance pour nos libertés, surveillées avec autant de sollicitude par la maréchaussée!

 Toute cette agitation, à moins de deux ans des élections présidentielles, précipite une évolution ancienne et lourde de dangers pour la société française: le renforcement et la banalisation des idées du Front National.

Elle traduit la confusion tragique de deux discours: celui du sarkozysme et celui de l’extrême-droite. Il est encore trop tôt pour savoir qui, dans les urnes, profitera de cette gémellisation des extrêmes si ce n’est que le Front National a l’avantage de l’ancienneté et que l’électorat, sur toute l’étendue de l’échiquier politique, a toujours préféré l’original à la copie. Le sarkozysme s’était jusqu’à présent préservé de ce danger en usant et abusant du discours paradoxal, en citant parfois Jaures ou Blum, en grappillant quelques idées de l’opposition ou en séduisant quelques figures usées de la gauche. Ce temps est passé. Il n’y a plus aucun lien possible entre la gauche et le sarkozysme. Comment ne pas éprouver une sincère compassion pour Jean-Marie Bockel, toujours secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Justice - et des Libertés! - qui vient de se voir confier une mission de réflexion et de proposition sur la prévention de la délinquance des jeunes? Un autre rapport aurait été bienvenu sur la future triple peine qu’instaure le projet de déchéance de la nationalité.


Il va donc falloir s’habituer à ce discours commun, à ces propositions croisées, à cette surenchère permanente du sarkozysme et de l’extrême droite. Nous n’en sommes qu’aux prémisses. Le pire est à venir car cet électorat va vouloir des actes: c’est précisément là que nos compères seront départagés. Attendons-nous à la démagogie la plus épaisse. À d’autres mesures vengeresses. Tous les préjugés, toutes les peurs vont être exploités jusqu’à la lie. Il n’est pas étonnant que, dans un premier temps, ces mesures, habilement présentées, recueillent l’assentiment d’une majorité de la population. Elles sont minutieusement étudiées pour, dans un premier temps, flatter ce qu’il y a de plus bas, de plus vil, de plus vulgaire en nous tous. Mais il suffit d’un peu de réflexion, d’un peu de temps pour que la raison reprenne ses droits.


Il appartient à tous les démocrates, où qu’ils soient, qui refusent ces extrêmes, de se mobiliser. De choisir, comme d’habitude, la voie difficile, longue, risquée de la réflexion, de la mesure, de la responsabilité pour rappeler quelles sont les vraies valeurs de la République.

 

 

BALME CONTRE ESTROSI

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4684

 

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-balme-contre-estrosi-55741656.html



Il est plus que temps de museler la bête immonde !

Depuis la mort d’un jeune gitan, abattu en juillet dernier par les forces de l’ordre public et les évènements de Grenoble, le président de la République, Nicolas Sarközy, et son gouvernement éructent des déclarations, donnent du menton et attisent la haine de l’autre et de la différence. A tel points que même le comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU s’en inquiète ! Après avoir pointé du doigt les gens du voyage (qui sont français), les ROM (qui sont européens) et les étrangers, c’est au tour des maires et des élus locaux d’être accusés d’être responsables de l’insécurité qui règnerait dans certaines villes de France.

Brice HORTEFEUX, conseiller régional UMP d’Auvergne et ministre de l’Intérieur, déclare, fin juillet, vouloir « faire la différence entre les élus qui parlent et ceux qui agissent ». A sa suite, Christian ESTROSI, maire UMP de Nice et ministre de l’Industrie, propose « que les municipalités qui ne se conforment pas à leur obligation de sécurité, de prévention de la délinquance, de lutte contre l’absentéisme scolaire et de réforme des règles d’urbanisme, soient condamnées à une très forte amende ». Il appelle « tous les élus, de gauche comme de droite, à participer à une lutte acharnée, coordonnée et non partisane contre la délinquance ».

Ces aboiements et la bêtise du propos ont du mal à masquer le désengagement de l’État lui-même envers ses obligations, dont certaines restent de sa stricte compétence (fonctions régaliennes) : le maintien de l’ordre, la lutte contre un danger extérieur et la justice. Pour résumer : la sécurité des biens et des personnes est de la responsabilité exclusive de l’État. Il convient donc de re-situer la responsabilité de chacun et de désigner les vrais coupables. De plus, les maires ne sont pas aux ordres de l’État partisan ; ils sont élus du peuple sur la base d’un programme municipal validé par les habitants et l’autonomie des communes ne saurait être remise en cause par quiconque, et a fortiori par un ministre, lui-même élu local. Pour ce qui concerne Grigny, notre programme ne prévoit pas de mener une offensive de division de haine et de peur. Bien au contraire, nous sommes des ardents défenseurs du vivre ensemble, de la convivialité, de l’écoute, du dialogue et les résultats de cet été sont éloquents en terme de statistiques. La ville n’a jamais été aussi calme et sereine. Dans le même temps, faut-il rappeler que le Président Sarközy et son gouvernement démantèlent la police, la gendarmerie la justice et l’éducation nationale en supprimant des milliers d’emplois de fonctionnaires et des structures indispensables ? C’est cela qui est inadmissible. C’est cet état de fait qui participe à aggraver les problèmes de sécurité publique dans tout le pays.

Il est hors de question que j’accepte, en qualité de maire, d’endosser les responsabilités régaliennes de l’État (et qui doivent le rester). Comme dans de nombreuses villes, des moyens communaux sont affectés à la sécurité publique à Grigny et surtout à la prévention et à l’éducation qui en sont l’axe central. Il est hors de question que cela autorise le gouvernement à réduire les siens. Comme dans de nombreuses villes, des moyens communaux sont affectés à l’action sociale à Grigny, ils sont en constante progression. Il est hors de question que cela autorise le gouvernement à poursuivre sa course de séduction en direction des nantis et des fortunés de ce monde et, pour cela, démanteler l’emploi et la protection sociale en France. Les vrais délinquants – en col blanc, ceux-là – sont à la tête des multinationales, des entreprises qui délocalisent et pour partie au sommet de l’État. L’affaire Woerth en est l’illustration du moment.

Contrairement à ce que prétend le maire de Nice – qui participe à sa manière à l’appauvrissent de la population, de par ses fonctions - le maintien de l’ordre public est hautement politique. Les choix de gestion du gouvernement et les moyens qu’il affecte aux collectivités locales, pour les missions qui les concernent, sont déterminants. La confrontation entre les choix qui se font sur le terrain, par les élus locaux proches de leurs concitoyens, et ceux prônés par le président de la République est de plus en plus violente, comme si nous ne vivions pas dans le même monde ! Les valeurs de terre d’accueil et de solidarité nationale sont malmenées et dévoyées par un système qui prône la division et la concurrence à tous les niveaux, y compris au niveau familial et qui se place résolument au service absolu de l’argent roi. Toute l’entreprise de sabotage des services publics attaque les valeurs généreuses et libératrices qui lui sont attachées. Ajoutons à cela que la réforme des collectivités territoriales - qui est un des éléments clé de cette rentrée - ne va pas dans le sens d’une meilleure coordination des actions en matière de prévention, de dissuasion et de répression.

Aujourd’hui, les aspects fascisants de la politique gouvernementale sont davantage que des relents. Un cap dangereux a été franchi cet été. Monsieur Sarközy est prêt à tout pour sa réélection, ses valets aussi. Les bruits de bottes n’ont jamais été aussi proches et le silence de nos intellectuels – où de ce qu’il en reste - devient assourdissant. Il est temps de museler la bête immonde... et de se souvenir du passé.

René BALME, maire de Grigny (Rhône), le 19 août 2010


 

jeudi, août 19 2010

FLOTILLA FREE PRESS

 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9103

 

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-flotilla-free-press-55660676.html



Rapport sur la réunion à Istanbul de Flotilla Free Press

samedi 17 juillet 2010 - Journalistes - FFP

Nous sommes ici aujourd’hui en tant que survivants de cette attaque et en tant que journalistes que les balles israéliennes n’ont pas réduits au silence. Sur ces bateaux qui avaient entrepris d’apporter une aide humanitaire aux civils de Gaza emprisonnés par le blocus illégalement imposé par Israël, il y avait environ 60 membres de la presse en provenance de Turquie et du monde entier.

L’assaut lancé à l’aube visait aussi bien les journalistes que des civils ordinaires. Les membres de la presse ont été confrontés à la mort comme tous les autres passagers.

Les soldats qui sont montés à bord illégalement et qui ont ouvert le feu sur ordre du ministre israélien de la défense, nous ont également empêchés de faire notre travail. En fait, ils nous ont finalement punis parce que nous faisions notre travail ; ceci, en violation flagrante du droit international. L’instrument international pour la citoyenneté et les droits civiques accepté par les Nations unies depuis 1966 et la Déclaration de premiers principes concernant la circulation de masse des médias établie par l’Unesco protègent la liberté pour les journalistes de donner de l’information et interdit qu’on les empêche de l’obtenir, droits qu’ Israël a de toute évidence violés.

Chers amis,

Nous sommes confrontés à une intervention inhumaine qui est allée à l’encontre du droit international et qui a violé les droits humains les plus fondamentaux. Un de nos collègues, Cevdet Kılıçlar, a été brutalement exécuté d’une balle dans le front alors qu’il faisait son devoir de journaliste.

A la fin de cette attaque sanglante, notre dignité humaine a été piétinée quand on nous a forcés à rester à genoux sous un soleil ardent, les mains menottées derrière le dos, ceci en violation grossière de nos droits humains. Notre liberté de rassembler et de garder de l’information a été totalement ignorée. Les émissions en direct et toutes les autres formes de communication avec le monde extérieur ont été interrompues et empêchées par le brouillage de notre connexion satellitaire. Nos ordinateurs, nos caméras, nos cartes mémoire - bref tout l’équipement nécessaire à notre travail - ont été illégalement confisqués et volés. La majorité de ces articles ne nous ont pas été rendus. Le peu que l’on nous a restitué avait été détruit et mis hors service.

Le comble c’est que tous nos effets personnels - livres, vêtements, chaussures et même brosses à dents -ont tous été volés. Une partie de notre argent et de nos passeports ont été confisqués et ne nous ont jamais été restitués.

On nous a arrêtés sous la menace des armes. Les soldats nous ont menottés. Nous avons été illégalement interrogés à plusieurs reprises comme si nous étions des criminels. Nous avons dû subir des fouilles humiliantes au corps, des fouilles complètes au corps, pour empêcher que des images atteignent le monde extérieur. Ils n’ont pas reconnu ni respecté ni notre carte de presse, ni le fait que nous appartenions à des associations de presse nationales et internationales. On nous a dit plusieurs fois et de façon brutale et grossière qu’être membres de la presse ne voulait rien dire. Nous avons été kidnappés et illégalement détenus en prison pendant deux jours. Pendant ce temps, on ne nous a pas permis de nous mettre en communication avec nos associations de presse, nos employeurs, voire nos familles. On ne nous a pas attribué d’avocat et en fait beaucoup d’entre nous n’ont même pas obtenu l’aide des conseils de nos gouvernements. Nous ne pouvions ni recevoir de l’information du monde extérieur ni en envoyer.

Chers amis,

Les droits et les libertés de la presse qui sont garantis par les accords internationaux ont été bafoués, ignorés et traités avec le plus grand mépris par Israël. La règle de droit - une des valeurs communes à toute l’humanité - a été ignorée. Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas garder le silence, que ce soit en tant qu’êtres humains, ou en tant que membres de la presse. Nous devons protéger les droits pour lesquels beaucoup se sont battus et beaucoup se sont tellement sacrifiés pour que nous puissions en jouir aujourd’hui.

C’est la raison pour laquelle nous avons établi une plate-forme intitulée Flotilla Free Press (FFP). Nous vous communiquerons les faits nouveaux et les nouvelles concernant ce qui nous est arrivé en tant que journalistes pendant cette nuit sanglante et les mesures que nous prenons pour faire valoir nos droits sur notre site Internet qui porte le même nom.

Nous avons fait des recherches sur nos droits dans le cadre du droit international. Nous avons lancé une action en justice avec nos amis journalistes du monde entier et nous engageons des poursuites aussi bien dans nos pays qu’en Israël

Nous, en tant que journalistes, poursuivrons ce processus jusqu’à son terme en engageant des poursuites pour dommages psychologiques et matériels en vertu du droit national et international afin que les parties coupables de ces crimes haineux contre l’humanité, cette tache sur l’histoire de l’humanité, soient punies et traduites en justice.

Conformément aux informations communiquées par nos avocats au sujet du statut juridique de cette action en justice, nous estimons qu’il est utile de vous faire connaître les demandes que nous adressons aussi bien aux Nations unies qu’au gouvernement israélien.

Les accords internationaux interdisent l’interception des bateaux en haute mer. Or, l’attaque s’est produite dans les eaux internationales qui sont en haute mer. Conformément à la Convention de Genève de 1958 et au contrat de loi maritime des Nations unies, la haute mer désigne les eaux qui ne relèvent de la domination d’aucun État. C’est le principe de la liberté en haute mer. Le gouvernement israélien a commis un crime en interceptant et en abordant notre bateau en violation complète des contrats, des coutumes et des traités internationaux. Ceux qui ont donné l’ordre d’attaquer et ceux qui l’ont exécuté doivent être tenus responsables par des tribunaux internationaux indépendants. Les décisions résultant de cette enquête et les poursuites qui seront menées seraient conformes à la conscience humaine et tout d’abord aux principes du droit.

Israël a violé le droit international en s’emparant de notre matériel technique. L’État israélien doit rendre immédiatement cet équipement, intact, aux journalistes.

L’attaque contre la Flottille de la liberté a été une attaque contre la liberté de la presse. Cet événement doit faire l’objet d’une enquête menée par une commission internationale impartiale sous la supervision des Nations unies. Le gouvernement israélien doit verser un dédommagement à ceux qui ont souffert de cet événement y compris à leurs familles.

L’État israélien a fait un usage disproportionné de la force et a également ignoré les lois des Nations unies qui empêchent l’usage délibéré de la force contre des journalistes et des civils.

Il n’y avait aucune arme à bord. Il y avait au contraire des médicaments, de la nourriture, de l’équipement pour des jeux d’enfants et d’autres types d’aide humanitaire. Chose plus importante, Israël le savait. Les Nations unies doivent prendre plusieurs mesures, y compris des sanctions économiques contre Israël. Tant les Nations unies que le Conseil de sécurité doivent traiter cette affaire de manière sérieuse. Cet incident doit être condamné dans les termes les plus fermes par le Conseil de sécurité.

De même, les associations internationales de presse doivent rédiger des résolutions condamnant le gouvernement israélien qui a empêché les journalistes de faire leur travail.

Nous persisterons dans nos demandes adressées à la communauté internationale.

Nous poursuivrons notre bataille pour protéger la liberté des médias.

Nous continuerons à communiquer la vérité.

On ne nous réduira pas au silence.

* Journalistes membres de Flotilla Free Press (FFP) 

 

COORDINATION NATIONALE DES SANS PAPIERS

 

RELEVE DES CONCLUSIONS DE LA REUNION DES CSP ET DE LA CNSP DU 14 AOÛT 2010

Présents : CNSP, CSP 75, CSP92, CSP93, CSP11 RB, CSP11, CSP18, CSP17,  CSP19, CSP Turks et Kurdes, CSP Vitry, ALIFSI, CSP59.

Réunis à l’initiative de la CNSP, les CSP présents après analyse de la situation dans les localités et au plan national ont adopté les conclusions suivantes :

L’envoi d’une lettre au cabinet du Ministre BESSON pour lui rappeler ses engagements de nous répondre sur les critères que nous lui avons remis à sa demande et que toute les Préfectures de France reçoivent les CSP dans le cadre des réexamens des dossiers des sans papiers.

L’envoi d’une lettre au cabinet du Ministre BESSON pour demander que la liste des marcheurs de Paris à Nice puisse être examinée et régularisée par les préfectures concernées.

L’organisation d’une manifestation nationale décentralisée en cette période de ramadan le samedi 28 août prochain à l’occasion du  quatorzième anniversaire du coup de hache de Saint Bernard. A Paris une manifestation regroupant tous les CSP d’Île de France plus les partenaires associatifs, syndicaux et politiques et chaque CSP et partenaires associatifs, syndicaux et politiques dans chaque province.

Participation de tous les CSP aux manifestations prévues et annoncées par les partenaires du mouvement de lutte des sans papiers contre les récentes déclarations racistes et anti républicaines du pouvoir de la droite extrême le samedi 4 septembre.

Participation de tous les CSP aux grèves et manifestations de défense de la retraite à l’appel des partenaires syndicaux le 7 septembre partout autour du mot d’ordre : pour la régularisation et le droit à une retraite à soixante ans permettant de vivre correctement.

Le 17 septembre commence l’examen de la loi BESSON, recherchons une grande salle en région parisienne pour tenir le samedi 18 septembre les états généraux des CSP de France avec invitation des CSP d’Europe et des USA (recherche de salle).

L’Union Romani Espagne à travers l’appel lancé par son président Juan de Dios Ramirez HEREDIA appelle à une plainte contre l’Etat Français et à une manifestation à Paris à laquelle n’est pas du tout le bienvenu Le Pen et le Front National, les CSP s’engagent à participer massivement à celle ci dès que la date et le lieu dans Paris seront fixés.

La réunion a adopté une résolution sur l’unité des sans papiers en lutte à travers les CSP et l’unité entre CSP/CNSP d’une part et associations, syndicats et forces progressistes et républicaines partenaires d’autre part.

Les CSP doivent envoyer à l’adresse électronique coordnatsanspap@wanadoo.fr leur adhésion ou la confirmation de celle ci à la CNSP. Une nouvelle réunion rassemblant les CSP qui l’auront fait sera fixée pour réorganiser sur la base de la charte et de la plateforme de la CNSP en la dotant d’un bureau fonctionnel, notamment à Paris.

Pour cela chaque CSP recevra la charte et la plateforme afin de s’imprégner des documents fondamentaux de la CNSP fondement de l’unité des CSP et qui définissent les objectifs et règles du mouvement national de lutte des sans papiers auto-organisés.


RESOLUTION ADOPTE PAR LES CSP LE 14 AOÛT 2010 POUR L’UNITE DES SANS PAPIERS, DES CSP ET DE L’ENSEMBLE DU MOUVEMENT DEMOCRATIQUE DE LUTTE POUR LA REGULARISATION DE TOUS LES SANS PAPIERS

Depuis 2004 la division mine le mouvement de lutte des sans papiers et soutiens pour la régularisation globale (CSP, partenaires associatifs, syndicaux, progressistes). Par la présente les CSP s’engagent à lutter pour la solidarité et l’unité de notre lutte commune pour la Régularisation de tous les sans papiers.

Le poison de la division est suscitée et propagée par la politique du gouvernement qui fait tout pour empêcher l’unité de tous les acteurs du combat social pour la régularisation : les CSP, les syndicats, les associations et autres forces progressistes anti racistes.

La désunion s’est traduite par des manifestations, des actions non coordonnées, par la non concertation sur des propositions communes lors des rencontres avant l’actuelle circulaire Besson et avant l’ex-circulaire Hortefeux sur le « critère travail » et par des discussions séparées avec le gouvernement. Au final à chaque fois on s’est fait avoir, les sans papiers et le vivre ensemble dans l’égalité sont perdants.

La résistance courageuse à l’offensive répressive de Sarkozy Hortefeux Besson existe certes, mais elle est isolée, éparpillée, et donc insuffisante pour imposer un rapport de forces au gouvernement. Les CSP d’un côté et les syndicats, les associations de l’autre agissent isolément les uns des autres consacrant un sectarisme dominant au sein de notre mouvement.

Cette expérience désastreuse de désunion a une conséquence très grave : Il n’existe plus de fait une capacité de résistance coordonnée de la lutte des sans papiers et soutiens au plan national, le rapport des forces est largement en faveur du gouvernement de la droite extrême qui en profitent pour s’engager dans une offensive électoraliste « sécuritaire » raciste indigne du pays berceau des droits de l’homme.

Rebâtir le partenariat de lutte CSP/CNSP, Associations, Syndicats et forces progressistes républicaines et L’UNITE SONT DEVENUS LA CONDITION NECESSAIRE POUR VAINCRE SARKOZY HORTEFEUX BESSON. Pour refaire l’unité de notre mouvement de lutte pour les papiers pour tous, nous devons TOUS remettre au centre les principes suivants :

Le respect de l’auto-organisation démocratique des CSP et de leur autonomie de décision et des règles d’organisation dont se sont dotés les sans papiers au plan local et national.

Le respect de l’autonomie de décision démocratique des syndicats et associations partenaires.

La mise en place d’un cadre de concertation, d’échanges et de décisions communs au plan national, cadre qui existe d’ailleurs souvent au plan local. Cadres qui doivent aussi servir à unir notre intervention commune auprès de l’Etat et des préfectures.

Le rejet de toutes rumeurs sans preuve qui peuvent être distillées par ailleurs par l’adversaire, le gouvernement, pour semer les graines de la discorde et de la désunion. L’exigence de la preuve doit être la chose la mieux partagée par tous.

Le respect réciproque et l’égalité doivent être les règles en vigueur.

La CNSP a reçu mandat des CSP et du Ministère de la régularisation de Tous les sans papiers (MRTSP) de prendre toutes les initiatives pour réaliser l’objectif de refaire l’unité de l’ensemble du mouvement de lutte pour la régularisation globale.

Dans ce cadre nous leur demandons d’examiner les critères suivants que nous avons soumis au Ministère BESSON comme base pour l’élaboration de lois et d’une politique progressistes et humanistes dignes du vivre ensemble dans l’égalité :

La défense du Droit d’Asile, notamment la situation dans les pays d’origine des déboutés du droit d’asile.

L’insertion, la solidarité, la citoyenneté et la durée de présence

La vie privée et familiale

Le travail, la promesse d’embauche et le projet professionnel

Les sans papiers victimes de licenciements

La maladie, les études et les raisons humanitaires

La remise d’un document permettant aux personnes dont les dossiers sont en cours d’instruction de circuler.



CHARTE ET PLATEFORME de la CNSP

Les Collectifs de Sans Papiers de France réunis le 20 juillet 1996 à Paris ont fondé la Coordination Nationale des Sans Papiers (CNSP). Il s’agit de la structure nationale qui unifie les luttes des collectifs et matérialise ainsi la revendication des papiers pour tous.

PRINCIPES CONSTITUTIFS

L’autonomie du mouvement de lutte des Sans Papiers et l’unité avec le mouvement démocratique, anti raciste, anti fasciste et pour l’égalité des Droits dans le but de créer le rapport de force nécessaire à la régularisation globale des Sans Papiers.

L’instance fondamentale de décision de la CNSP est l’Assemblée Générale des délégués des Collectifs de Sans Papiers. Chaque Collectif a une voix et doit verser une cotisation de cent francs (quinze euros) par mois.

Le Secrétariat National ou Bureau est la structure exécutive des décisions prises en Assemblée Générale. Mise en place de commissions de travail et des tâches spécifiques peuvent être confiées à des Collectifs ou à des compétences sollicitées par l’Assemblée Générale ou le Secrétariat. En cas de crise au sein du mouvement, recours est fait au Collège des délégués élus de l’Assemblée Générale de la CNSP.

Composition du Secrétariat ou Bureau : - chargé des actions, manifestations – chargé des relations avec le mouvement démocratique – chargé de la communication et de l’information (communiqué, déclaration, tracts, journal, compte rendu et résolution) – chargé des finances et archives de la lutte – chargé des relations avec les Collectifs – chargé de l’animation et de la sécurité des manifestations et actions - chargé des questions juridiques –

Les principes de fonctionnement : - Collégialité – transparence – démocratie (majorité simple) – respect des charges et responsabilités – intégrité – solidarité et unité - exécution des décisions de l’Assemblée Générale et du Secrétariat National–

Sanctions qui relèvent d’une décision de l’Assemblée Générale (AG) : - Avertissement – Blâme – exclusion.

Plateforme

Régularisation de tous les Sans papiers avec la carte de dix ans

Respect du droit d’asile ratifié par la France

Libération et régularisation des Sans Papiers en prison pour défaut de papiers

Moratoire sur les expulsions dans le cadre de l’examen et du réexamen des dossiers

Fermeture des centres de rétention et non à la construction de nouveaux

Abrogation de la double peine

Abrogation des lois racistes

Définition d’une politique et d’une loi progressiste de l’immigration

Adoptée le 20 juillet 1996 et Refait à PARIS le 24/11/02


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-coordination-nationale-des-sans-papiers-55659829.html

 

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