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Quelques extraits d'un article du Monde, le 1er avril.

La source est ici.


... Seule certitude à ce jour : le cœur, c'est-à-dire le combustible nucléaire des réacteurs 1, 2 et 3 en activité lors de l'accident (le réacteur 4 était déchargé et les 5 et 6 à l'arrêt), a fondu dans les heures qui ont suivi la perte de l'alimentation électrique et de la source de refroidissement de la centrale. [...]. Le combustible n'a pas été refroidi pendant 14 heures pour le réacteur 1, et environ 7 heures pour les tranches 2 et 3.

Il s'est alors formé un corium, un magma à très haute température (plus de 2 000 °C) extrêmement radioactif, agrégeant uranium, plutonium, produits de fission et métal fondu provenant des gaines de combustible en alliage de zirconium, ainsi que des structures internes des réacteurs. Et ce corium a perforé les cuves métalliques des trois réacteurs.
 

[...]

Toute la question est de savoir où s'est ensuite logé ce magma brûlant. La base des réacteurs est formée d'un socle en béton – un radier – qui peut atteindre 8 mètres d'épaisseur. A environ un mètre sous la surface de ce socle se trouve aussi, prise dans le béton, une couche d'acier. Le corium est-il resté contenu dans la partie supérieure du radier, sans franchir l'enveloppe en acier, comme l'assure Tepco ? A-t-il pénétré plus avant dans le béton et, dans ce cas, jusqu'à quelle profondeur et sur quelle superficie ? [...]

La crainte, majeure dans les semaines qui ont suivi l'accident, que cette matière radioactive n'atteigne le sous-sol du site nucléaire et disperse de la radioactivité dans les eaux souterraines, semble toutefois écartée. « Les mesures de la radioactivité des eaux qui circulent sous les bâtiments montrent que le corium doit être resté bloqué dans le radier. Sinon, cette radioactivité serait beaucoup plus élevée, indique Thierry Charles, directeur général adjoint de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN). En revanche, on ignore où se trouve exactement le corium. »

[...]

L'enjeu est crucial. « La reprise du combustible fondu sera la partie la plus lourde et la plus complexe du chantier de démantèlement », souligne Thierry Charles. Une fois le corium localisé, il faudra fabriquer des outils robotisés de découpe et d'extraction – la radioactivité interdit toute intervention humaine directe –, concevoir des conditionnements adaptés et trouver une solution de stockage aujourd'hui inexistante. La récupération des cœurs perdus de Fukushima ne devrait pas commencer avant 2020 ou 2025, et les opérations sont prévues pour durer entre vingt et trente ans.